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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 20:07

Le collectif Prenons la Une soumet aux rédactions des outils pour utiliser les mots justes afin de ne plus minimiser les violences faites aux femmes.


 

« Aujourd’hui, en Espagne, aucun média n’oserait plus employer le terme ‘crime passionnel’ », assure Pilar Lopez Diez, qui n’est pas étrangère à cette situation. Cette docteure en sciences de l’information a aidé le quotidien espagnol Publico à adopter, en 2008, une charte sur le traitement des violences de genre. D’autres journaux du pays ont, depuis, adopté des recommandations. Au tour de la France ? Jeudi 17 novembre, Pilar Lopez Diez accompagnait le collectif français de femmes journalistes Prenons la Une, qui dévoilait ses « outils à l’usage des journalistes » pour un traitement juste des violences faites aux femmes.

« La cause des violences de genre, c’est la domination et le contrôle exercés par certains hommes sur leurs compagnes »

Chaque année, en France, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime. Plus de 80 000 subissent un viol ou une tentative de viol. Il ne s’agit que d’une partie des violences subies par les femmes. Et pourtant, trop souvent dans la presse, ce phénomène de société est réduit à l’état de fait divers. « Les titres, les mots, les images, régulièrement, ne sont pas justes », résume Claire Alet, l’une des fondatrices de Prenons la Une. Exemple criant parmi tant d’autres, ce titre et cette illustration :

violences

 

Humour, relativisation des faits, voire dépréciation de la victime… la façon dont les journalistes parlent des violences de genre peut contribuer « à les banaliser ou à les excuser », comme le rappelle Sophie Gourion créatrice duTumblr « Les mots tuent ». En parlant de « drame conjugal » ou de « crime passionnel », on entre dans le domaine de « l’immunité amoureuse » que dénonçait Natacha Henry dès 2011 dans nos colonnes.

Car « la cause première des violences de genre, c’est la domination et le contrôle exercés par certains hommes sur leurs compagnes », rappelle Pilar Lopez Diez.« Parler de crime passionnel, c’est suggérer que l’amour et la violence sont compatibles. Que l’on peut réduire à l’état d’objet quelqu’un qu’on aime. Les femmes victimes de violences entendent ces mots comme une injure », insiste le magistrat Edouard Durand. Le « crime passionnel » toujours pas mort, déplorions-nous encore il y un an.

Onze recommandations

Parce que les journalistes ont une responsabilité sociétale, le collectif Prenons la Une a donc établi des « outils à l’usage des journalistes » – à télécharger ici. Onze recommandations pour traiter sans sexisme des violences de genre. À commencer par bannir ces trop habituels « crime passionnel » ou « drame familial », pour privilégier « meurtre conjugal » ou « meurtre par le partenaire intime ».

Utiliser les mots justes, toujours, en ne confondant pas « harcèlement sexuel », « agression sexuelle » et « viol ». Et, dans la mesure du possible, contextualiser et rappeler le numéro de téléphone national, anonyme et gratuit, pour l’écoute et l’orientation des femmes victimes de toutes violences, le 3919.

Interpellées par Prenons La Une, plusieurs rédactions se sont déjà engagées à utiliser ces outils. Parmi elles, Les Nouvelles NEWS, en toute logique, mais aussi France Médias Monde, France Inter, France Info, Elle, Causette, Alternatives Economiques, Libération et L’Humanité. Le collectif attend les signatures d’autres médias d’ici au 25 novembre, journée internationale contre les violences faites aux femmes. Il y a peu, le Haut Conseil à l’Egalité recommandait justement d’élaborer des « chartes pédagogiques relatives au traitement médiatique des violences faites aux femmes »

 

Danièle Soubeyrand-Géry
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:35
Alerte Egalité / Haut Conseil à l'Egalité
 
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 2 NOVEMBRE 2016
 
Aujourd’hui sort en librairie le Guide pratique

pour une communication publique sans stéréotype de sexe
 
Mercredi 2 novembre, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes publie en librairie son « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe », en partenariat avec la Documentation Française. A cette occasion et dans le cadre du plan de mobilisation contre le sexisme, la ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des femmes signera la convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe, de même que le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, et le Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.
 
Le marché de la communication publique est estimé à plus de 1 milliard d’euros chaque année.  Colloques, campagnes d’affichage, spots radios, …Celle-ci touche toute la population, de l’échelon le plus local jusqu’au Gouvernement. Néanmoins, si l’égalité entre les femmes et les hommes est aujourd’hui promue à tous les niveaux, la communication publique est encore largement vectrice de stéréotypes de sexe :
- dans le langage : en usant du masculin dit « neutre » et « universel » dans les textes officiels mais aussi dans les noms de titres et métiers, ce qui contribue à invisibiliser les femmes ;
- dans les images : en enfermant les femmes et les hommes dans des représentations stéréotypées : couleurs douces ou rose pour les femmes/sombres ou bleu pour les hommes, positions lascives ou maternantes des femmes/ambition et domination pour les hommes ;
- à la tribune et au micro avec une présence déséquilibrée des femmes et des hommes.
Au travers de 10 recommandations concrètes, le Guide du HCE donne des clés pour faire en sorte que la communication contribue à la lutter contre les stéréotypes, au lieu de les laisser perdurer, voire les entretenir.
 
Après le franc succès de la version 2015 du Guide (près de 10 000 exemplaires diffusés à des partenaires-clefs et 20 interventions de sensibilisation), ce guide peut désormais être un outil pour chaque personne ayant la volonté de s’engager pour une communication exemplaire, dans son association, son entreprise, ou son organisation. Vendu par la Documentation Française au prix de 3,50 €, il peut être commandé dans toutes les librairies.
 
Il y a un an, le HCE avait également encouragé les pouvoirs publics à signer une Convention d’Engagement pour une communication publique sans stéréotype  de sexe. Un an plus tard, la liste des signataires compte de nombreuses institutions et organisations fortes de symbole, qui entament une démarche de sensibilisation et de changement des pratiques en interne : le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), le Ministère de la Justice, la région Bretagne, Universcience ou encore l’association Communication Publique, …
 
Communiquer sans sexisme est possible et l’engouement pour le Guide atteste d’une large volonté de promouvoir une alternative positive et égalitaire.  Le HCE espère, grâce à cette diffusion plus massive et grand public, que c’est la société toute entière qui se saisira de cette question.
 
Pour consulter le Guide : bit.ly/2fgIjbx
Pour le commander en ligne : bit.ly/2fbW3Wa
Pour télécharger les visuels : bit.ly/2fcaGc1
Pour signer la convention d’engagement : bit.ly/2eU9kV6
La liste des signataires à ce jour : bit.ly/2fuNglZ
Consulter le Guide
 
Le Haut Conseil à l'Egalité (HCE) est l'instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l'égalité des sexes. Créé en 2013, le HCE est composé de 72 membres représentant la diversité des acteurs et actrices des politiques d'égalité femmes-hommes. Le HCE apporte son expertise aux pouvoirs publics et mobilise la société à partir de son travail de concertation, d'évaluation des politiques publiques, de formulation de recommandations, et d'animation du débat public.
 

©Haut Conseil à l’Égalité, 2016.
Tous droits réservés.
www. haut-conseil-egalite.gouv.fr
Contact : haut-conseil-egalite@pm.gouv.fr

 





 

Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes · 99 rue de Grenelle, Paris, France · Paris 75007 · France
 
Danièle Soubeyrand-Géry
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:35
Alerte Egalité / Haut Conseil à l'Egalité
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COMMUNIQUE DE PRESSE DU 2 NOVEMBRE 2016
 
Aujourd’hui sort en librairie le Guide pratique

pour une communication publique sans stéréotype de sexe
 
Mercredi 2 novembre, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes publie en librairie son « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe », en partenariat avec la Documentation Française. A cette occasion et dans le cadre du plan de mobilisation contre le sexisme, la ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des femmes signera la convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe, de même que le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, et le Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.
 
Le marché de la communication publique est estimé à plus de 1 milliard d’euros chaque année.  Colloques, campagnes d’affichage, spots radios, …Celle-ci touche toute la population, de l’échelon le plus local jusqu’au Gouvernement. Néanmoins, si l’égalité entre les femmes et les hommes est aujourd’hui promue à tous les niveaux, la communication publique est encore largement vectrice de stéréotypes de sexe :
- dans le langage : en usant du masculin dit « neutre » et « universel » dans les textes officiels mais aussi dans les noms de titres et métiers, ce qui contribue à invisibiliser les femmes ;
- dans les images : en enfermant les femmes et les hommes dans des représentations stéréotypées : couleurs douces ou rose pour les femmes/sombres ou bleu pour les hommes, positions lascives ou maternantes des femmes/ambition et domination pour les hommes ;
- à la tribune et au micro avec une présence déséquilibrée des femmes et des hommes.
Au travers de 10 recommandations concrètes, le Guide du HCE donne des clés pour faire en sorte que la communication contribue à la lutter contre les stéréotypes, au lieu de les laisser perdurer, voire les entretenir.
 
Après le franc succès de la version 2015 du Guide (près de 10 000 exemplaires diffusés à des partenaires-clefs et 20 interventions de sensibilisation), ce guide peut désormais être un outil pour chaque personne ayant la volonté de s’engager pour une communication exemplaire, dans son association, son entreprise, ou son organisation. Vendu par la Documentation Française au prix de 3,50 €, il peut être commandé dans toutes les librairies.
 
Il y a un an, le HCE avait également encouragé les pouvoirs publics à signer une Convention d’Engagement pour une communication publique sans stéréotype  de sexe. Un an plus tard, la liste des signataires compte de nombreuses institutions et organisations fortes de symbole, qui entament une démarche de sensibilisation et de changement des pratiques en interne : le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), le Ministère de la Justice, la région Bretagne, Universcience ou encore l’association Communication Publique, …
 
Communiquer sans sexisme est possible et l’engouement pour le Guide atteste d’une large volonté de promouvoir une alternative positive et égalitaire.  Le HCE espère, grâce à cette diffusion plus massive et grand public, que c’est la société toute entière qui se saisira de cette question.
 
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Danièle Soubeyrand-Géry
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:38

Nouvelles News

 

arringatoreAvec davantage de professeurs masculins, l’image de la discipline sera moins dégradée : cette remarque dans le rapport officiel du CAPES de Lettres ne passe pas. Un collectif interpelle le ministère.


 

Quelques mots qui « légitiment l’opinion sexiste qui voudrait que l’enseignement soit moins crédible assuré par des femmes » : un collectif d’enseignant.e.s ne digère pas le rapport officiel du CAPES de Lettres 2016, et le fait savoir dans une pétition : ‘Contre le sexisme du rapport du CAPES’

L’auteur du rapport incriminé, le président du jury et Inspecteur général de l’Éducation nationale Patrick Laudet, s’y félicite que de plus en plus d’hommes s’orientent vers le métier de professeur de Lettres – dont le concours du CAPES est la porte d’entrée : en 2016, les garçons représentaient 23% des admis, contre 17% en 2013.1

« Pour qui est légitimement soucieux de parité, c’est là une tendance vraiment encourageante », juge Patrick Laudet. Mais le message se gâte ensuite peu à peu. Voir de plus en plus de garçons est « un symptôme d’attractivité nouvelle pour le métier de professeur de Lettres. Enseigner les lettres n’est pas une spécificité féminine et nos élèves ont besoin de l’expérimenter au quotidien. Ils y gagneront incontestablement, les garçons entre autres ». Et de conclure : « La présence accrue d’hommes pour enseigner les Lettres contribuera à affiner l’image parfois dégradée qu’ils [les élèves, NDLR] ont de la discipline. »

« Une candidate au CAPES va comprendre qu’elle sera moins prise au sérieux qu’un garçon, c’est grave ! »

En substance, donc, les élèves auraient une mauvaise image des études littéraires parce que les enseignants y sont surtout des enseignantes. Voilà de quoi « répandre le soupçon de non-légitimité qui pèse sans cesse sur les femmes en les accusant d’être à l’origine du manque d’une légitimité d’une profession », dénonce la pétition lancée par le collectif Égalité enseignement. Celui-ci, composé d’une dizaine de professeur.e.s de différents niveaux, qui ont passé des concours d’enseignement, s’est constitué en réaction directe à ce rapport. Il demande à la ministre de l’Éducation nationale d’en effacer cette « remarque misogyne ».

Sophie, l’une des membres du collectif, est professeure de Lettres et donne justement des cours de préparation au CAPES. « J’essaie de donner confiance aux candidates, et en face on tombe sur un discours décourageant. Une jeune fille qui va préparer le concours va sans doute lire ce rapport. Et ce qu’elle va comprendre, c’est qu’elle sera moins prise au sérieux qu’un garçon, c’est grave ! »

Le collectif explique : « Que les métiers où les femmes sont majoritaires soient très souvent moins attractifs (en termes de reconnaissance sociale et matérielle) c’est un fait. Cependant (…) ce rapport confond singulièrement la cause et l’effet. » Car « ce n’est pas la féminisation des effectifs qui déclasse les métiers. On peut penser que c’est au contraire le déclassement social, dû à des raisons concrètes (les conditions matérielles d’exercice : salaires, moyens, nombre d’élèves, affectations) ainsi qu’à des raisons symboliques (manque de reconnaissance par les autorités étatiques) qui provoque, parmi d’autres facteurs, la féminisation des métiers. »

« J’ai l’impression que nos collègues ou nos supérieurs sont dans l’ensemble plus rétrogrades que nos élèves »

« Ce qui nous a choqués », poursuit Sophie, « c’est qu’on trouve cette remarque dans un rapport officiel, alors même que l’Éducation nationale est censée lutter contre les stéréotypes sexistes. C’est malheureusement quelque chose qu’on entend très souvent, mais d’habitude en mode opinion personnelle, bruits de couloirs… »

« Ce qui nous a fait hurler, c’est aussi l’hypocrisie derrière son soutien affiché à la parité. Se féliciter qu’il y ait davantage d’hommes dans un métier féminisé, très bien. Mais il faudrait aussi se soucier du fait que, plus on monte les échelons, moins on voit de femmes. Les nominations d’enseignants en classe prépa, par exemple, sont à la discrétion de l’Inspection générale. Et là, on a vraiment l’impression qu’il y a un favoritisme pour les garçons », témoigne la professeure de Lettres.

Voir aussi : Le “métier de mère de famille” incompatible avec celui de prof de khâgne

Alors, au-delà de la pétition, pourquoi pas un Tumblr sur le sexisme dans l’Éducation nationale, comme ceux créés récemment par des assistantes parlementaires, ou encore des avocates ? « C’est vrai que cela manque », observe Sophie. « Une des personnes du collectif a d’ailleurs parlé avec ses collègues de l’absence d’autrices au bac littéraire. Et l’un d’eux lui a répondu : ‘C’est parce que les femmes s’épanouissent dans la maternité, et pas dans la littérature’ ». Autre exemple : « Dans les colloques de recherche, on entend toujours des remarques sexistes sous prétexte de compliments. Du genre : “Je ne saurais dire si ta communication était bien, tu es tellement jolie qu’on ne fait que te regarder, pas t’écouter” ».

En attendant, le collectif entend prochainement donner davantage d’ampleur médiatique à sa pétition. Et Sophie se réjouit déjà de la richesse des commentaires qui l’accompagnent. Autre motif d’espoir : « J’ai l’impression que nos collègues ou nos supérieurs sont dans l’ensemble plus rétrogrades que nos élèves. Non, nos élèves n’ont pas une vision dégradée des Lettres parce que leurs profs sont des femmes ! ».

 

Danièle Soubeyrand-Géry
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:34

 

 
 

Aucune féminisation dans le dernier bilan des matinales des radios dressé par l’Ina. Entre 17% et 22% de femmes invitées sur les grandes radios généralistes.


 

Les femmes, grandes oubliées des matinales de France Inter. C’est l’un des chiffres les plus frappants de l’analyse des matinales radio 2015 publiée par l’Ina (Institut national de l’audiovisuel) mercredi 26 octobre.

En 2014, 27% des invité.e.s de la matinale (le 7/9) de France Inter en semaine étaient des femmes, ce qui en faisait la radio généraliste tendant le plus vers la parité. Il faut dire que le patron de Radio France s’était engagé à atteindre la barre des 30%.

Voir : Les matinales des radios, toujours des ‘matimâles’

Mais patatras ! En 2015, elles n’étaient plus que 17% des invité.e.s du 7/9. Une dégringolade de 10 points. Ce qui fait de France Inter avec Europe 1, la radio qui a invité la part de femmes la plus faible dans ses matinales en 2015. Les deux autres radios généralistes déjà étudiées en 2014, Europe 1 et RTL, ont également vu – dans une moindre mesure – le pourcentage de femmes invitées baisser en 2015. Le constat positif est pour RTL, qui monte péniblement à 22% (+3 points en un an).

matinales2016

Globalement, l’étude de l’INA constate, « comme en 2014 une surreprésentation d’invités hommes dans les matinales, ce quelles que soient les chaînes » : de fait, en moyenne, 8 invités sur 10 sont des hommes. Les matinales sont toujours des « « matimâles ».

« Les radios invitent en proportion plus de femmes dans leurs matinales du week-end que dans celles de la semaine », observe aussi l’étude et c’était déjà le cas en 2014. Le phénomène est particulièrement observable dans les Matins de France Culture, où la part des invitées femmes est de 31 % en 2015, contre 20 % la semaine.

Dans ces matinales, ce sont les personnalités politiques qui occupent le devant de la scène. En l’occurence, des hommes politiques. Dans le Top 20 des invité.e.s par nombre de passage ne se trouvent que trois femmes. Marine Le Pen à la 5ème place, Nathalie Kosciusko-Morizet à la 12ème et Najat Vallaud-Belkacem à la 15ème. Elles figuraient déjà dans le Top 20 en 2014, en compagnie de Marisol Touraine qui cette fois ne s’y trouve pas.

Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 11:10

 

 

Le théâtre des Célestins de Lyon, dirigé par un binôme, Claudia Stavisky et Marc Lesage et qui fait une belle place aux femmes dans sa programmation, accueillait lundi 17 Octobre Les Rencontres de l’Egalité Femmes/hommes dans les Arts et la Culture. L’association HF est née à Lyon en 2008 et a depuis essaimé largement en France. Sa mission : repérer les inégalités entre les femmes et les hommes du secteur culturel, rassembler et diffuser les statistiques et sensibiliser et mobiliser les professionnel.les et responsables politiques du secteur.

Propos institutionnels d’ouverture

400 personnes environ ont écouté et échangé après les interventions d’ouverture, dont celle de Madame la Ministre Laurence Rossignol, Ministre des familles, de l’Enfance et des Droits des femmes  (pourquoi pas la Ministre de la Culture se sont étonné.es certain.es ?) et de Thérèse Rabatel, adjointe au Maire de Lyon en charge de l’Egalité Femmes-Hommes. Thérèse Rabatel  mène depuis 2011 des actions pour plus d’égalité dans des champs variés  voulant imposer un modèle de progrès et de démocratie en instaurant comme dans beaucoup d’autres pays européens des gender-budgeting. Trop de femmes sont exclues de lieux financés par l’argent public. Elle veille aussi à une communication visuelle et à une écriture sans stéréotype de la Mairie, accompagnée pour cela par des universitaires. Le plan d’actions 2016/2019 comprend 90 entrées dans des compétences différentes.

Madame Rossignol a insisté sur l’écart entre la perception de la réussite des femmes dans le domaine de la culture et la réalité comme le montre le dernier rapport du SACD  (société des Auteurs et Compositeurs dramatiques). Si 52% des étudiant.es en spectacle vivant sont des femmes, on a seulement 1% de compositrices, 4% de chefs d’orchestre, 21% d’autrices, 27% de metteuses en scène et 37% de chorégraphes. On retrouve cette situation de discrimination à tous les niveaux, réalisatrices de films et de séries télévisées, direction de théâtres, scénaristes. Conséquences, non seulement le public est privé des créations des femmes, mais on impose à tous des visions masculines du monde et comme  on voit peu les femmes  on en conclut qu’elles ne sont pas créatrices.

Il faut passer de l’incitation qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui, à l’obligation de 40% de femmes à tous les niveaux car dix ans après le rapport de Reine Prat sur la place des femmes dans les institutions culturelles, les nouvelles statistiques montrent  que la situation change peu et reste très préoccupante. C’est aussi une exigence d’une société moderne et démocratique.

Deux tables rondes

  1. Déconstruire l’inégalité  

Quatre grands témoins étaient réunis :  Sophie Deschamps, Vice présidente de la SACD, Gaêl Octavia artiste et mathématicienne, Yves Raibaud géographe et Catherine Vidal, neurobiologiste. Catherine Vidal a réaffirmé que le cerveau est plastique et que l’idée que les femmes et les hommes ont des cerveaux différents est fausse. Ceux qui disent le contraire ont 50 ans de retard. Yves  Raibaud a démontré combien l’art urbain est  masculin et qu’il laisse voir l’homme dans la ville par les espaces qui lui sont dédiés comme les skate parcs, les grands stades.  Mais de bonnes pratiques sont possibles comme à Paris et Bordeaux.

Sophie Deschamps a rappelé qu’en 2016 tous les chiffres collectés par Reine Prat montraient que les femmes dans tous les domaines artistiques n’atteignaient pas les 33% dit de la mixité nécessaires pour ne plus être invisibles. Le SCAD propose donc pendant 3 ans d’augmenter de 5% par an le nombre de femmes dans tous les secteurs. Mais il faut que l’état prenne ses responsabilités et fasse de cette progression une obligation. Comme disait Einstein, on ne peut pas priver la science de la moitié du génie en excluant les femmes. De la même manière la nourriture intellectuelle ne peut pas être pensée que par les hommes.

  1. Construire l’égalité 

Des responsables du secteur culturel se sont exprimés sur les moyens d’agir pour une égalité réelle.

Gaêlle Abily, Vice- Présidente de l’égalité F/H en région Bretagne, adjointe à la culture à Brest, membre du HCEfh et de la FNCC, a développé les mesures prises dans sa collectivité : formation de tous les agents des services et des élu.es en charge des domaines culturels, action sur l’angle strictement financier en interrogeant à qui va l’argent public et avancée sur un budget genré. Elle suggère aussi de s’inscrire dans des labellisations nationales comme les villes du matrimoine, Ville patrimoine et histoire avec un volet sur l’apport des femmes à l’histoire. Ces labellisations  peuvent être des leviers efficaces et donner de la légitimité aux actions et à celles et ceux qui les portent.

Alban Richard directeur du CCN de Caen et Carole Thibaut directrice du CCD de Montluçon ont avec conviction montré que le système en place n’est pas qu’un système discriminant pour les femmes, mais c’est aussi un système sclérosant, à l’inverse de ce que doit être la création artistique. La culture étouffe sous l’entre-soi repéré partout. Des quotas sont nécessaires pour des raisons politiques et artistiques. Ils insistent aussi sur un changement managérial nécessaire qui soit une recherche d’ouvertures. Il faut expérimenter  d’autres modes de fonctionnement, s’interroger sur ce que l’on fait sinon « on va dans le mur » comme le dit Carole Thibaut. S’il faut faire, il faut aussi faire savoir.

Frédéric Joly fondatrice et directrice administrative de Arty Farty à Lyon, travaille dans le domaine des musiques actuelles pas aussi masculines, machistes et sexistes qu’on pourrait le croire. Son équipe de 23 personnes compte 13 femmes, porte entre autre Les Nuits sonores qui ont trouvé très vite un large public et donne à voir  des femmes. Elle souligne l’importance dans ce domaine des réseaux européens.

En conclusion, l’idée des quotas comme en politique, semble une nécessité momentanée et les intervenants pensent  que les progrès iront vite. Dans quelques années on  aura oublié les quotas. A voir…

Conférence de Clôture : « La sexuation du monde, contretemps et dérèglement »

Geneviève Fraisse, philosophe, militante et directrice de recherche émérite au CNRS, a choisi une focale d’observation originale, décalée d’autres approches féministes et politiques. Pour elle, l’émancipation des femmes, contrairement à celles des esclaves et des colonisés ne semble toujours pas accomplie. Cette question demeure essentielle pour notre société.

 

Danièle Soubeyrand.

Danièle Soubeyrand-Géry
21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 09:39

 

A quelques jours du retour de La Manif pour tous dans la rue, la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée a adopté, mardi 11 octobre, un rapport de 24 recommandations.

LE MONDE |

Dès les premières lignes, le ton est donné : « Il n’existe pas de “théorie du genre”. » A quelques jours du retour de La Manif pour tous dans la rue, dimanche 16 octobre, et après une nouvelle polémique lancée par le pape au début d’octobre sur le contenu des manuels scolaires français, qui inciteraient les élèves à aller « contre les choses naturelles », la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale a adopté, mardi 11 octobre, un rapport qui prend à contre-pied ces attaques.

Lire aussi :   Critiques après les propos du pape sur la « théorie du genre » dans les manuels scolaires

L’objectif de la députée (PS) Maud Olivier, rapporteure de la délégation, est clair : débarrasser le mot « genre » de son aura sulfureuse, dresser l’inventaire des travaux de chercheurs sur le sujet, et inciter les pouvoirs publics à les utiliser davantage.

« Le terme a fait l’objet d’une campagne de désinformation. Je voulais mettre en avant l’existence des travaux scientifiques sérieux menés sur le sujet depuis de nombreuses années, explique la députée, qui a auditionné une vingtaine de personnes, en majorité des universitaires. Ces travaux sont importants pour lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes, car ils font comprendre en quoi les différences entre les sexes sont socialement construites, et comment cela joue négativement pour les femmes, et parfois pour les hommes. »

Dans les annexes du rapport, qui reproduisent les auditions de la mission d’information, la sociologue Laure Bereni, chargée de recherche au CNRS, répond dans le détail aux attaques des militants « anti-genre » qui redoutent que ce concept ne serve à promouvoir une indifférenciation des sexes dans la société, plus particulièrement chez les jeunes.

Outil d’identification des inégalités

« [Le concept de genre] ne revient pas à nier la matérialité des corps ou la biologie, a-t-elle expliqué aux élus. Bien sûr, il existe des différences physiologiques qui ne sont absolument pas niées (…). Les études de genre cherchent à montrer que ces différences biologiques ne s’expriment jamais de manière brute. Elles sont toujours filtrées par un système social qui va sélectionner ces différences, les mettre en saillance, leur donner un sens. »

Ce mécanisme varie en fonction des sociétés et des époques. Ainsi, en Occident, jusqu’au milieu du XXsiècle, des justifications biologiques étaient données pour écarter les femmes de certaines professions. « Elles ne pouvaient pas être avocates parce qu’on pensait qu’elles n’avaient pas voix suffisante, et qu’elles seraient trop sensibles et soumises à leurs humeurs », rappelle la chercheuse pour illustrer son propos.

Le genre est un outil d’identification des stéréotypes sexistes et des inégalités, rappelle le rapport. Dès l’origine, il a aussi été un instrument de contestation. « Les études de genre ne se contentent pas de dire qu’il y a des rôles sociaux féminins et masculins, elles disent plus que cela, explique Mme Bereni. Il existe une asymétrie systématique entre les femmes et les hommes, et dans la plupart des sociétés, les ressources matérielles ou symboliques sont distribuées de manière inégale. »

L’école n’est « pas neutre »

Cette vision heurte les opposants au concept de genre, qui comme les militants de La Manif pour tous défendent une répartition traditionnelle des rôles dans la famille, fondée sur la complémentarité hiérarchique des sexes.

« Chaque instance de socialisation (famille, école, médias, ou tout autre environnement social) participe à la reproduction de rôles sexués stéréotypés », écrit Maud Olivier, qui cite des études montrant que dès le cinquième mois de grossesse, le comportement des parents change selon le sexe annoncé de l’enfant.

L’école n’est « pas neutre » non plus, selon elle. Les filles participent davantage aux jeux d’imitation (dînette, poupée), tandis que les garçons prennent part aux jeux de construction. Les pratiques sportives sont différenciées, les qualités louées ne sont pas les mêmes (les petites filles sont félicitées pour leur apparence ou l’esthétique de leurs créations, les garçons pour leurs performances), etc.

Autocensure chez les filles

Des distinctions qui conduisent à développer des compétences différentes, et in fine, engendrent de l’autocensure chez les filles, qui s’orientent vers des filières moins prestigieuses malgré de bons résultats scolaires. Loin de récuser l’apport du genre dans l’éducation, la députée appelle au contraire à l’utiliser davantage, à la fois dans la formation des professeurs et dans les manuels.

Le concept pourrait également trouver des applications dans l’urbanisme et la santé, où les stéréotypes conduisent par exemple à sous-diagnostiquer certaines maladies identifiées comme masculines (maladies cardio-vasculaires) ou féminines (ostéoporose) chez le sexe opposé. Elle formule 24 recommandations dans ce sens. Le rapport n’a pas fait polémique à l’Assemblée. La délégation aux droits des femmes, composée d’élus de toutes tendances politiques, l’a voté à l’unanimité.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/10/12/theorie-du-genre-les-deputes-demelent-le-vrai-du-faux_5012395_3224.html#mh4Sf4evh6Zr00Fx.99
Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 09:27

http://www.neonmag.fr/video-klaire-fait-grr-rien-dans-le-ventre-479109.html

 
KLAIREFAITGRR
  •  
  • 28 septembre a lieu la journée mondiale pour le droit à l’avortement. Et parce que certains souhaitent encore le faire disparaître, Klaire fait Grr, en vidéo.

 

 

 
 
 
 
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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 18:38
 

António Guterres sera le 9ème Secrétaire général de l’ONU

 
 
 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a porté son choix sur le Portugais António Guterres pour succéder à Ban Ki-moon. Un homme, après huit autres. La campagne pour une femme Secrétaire générale dénonce un choix « injuste ».


 

Comme ses huit prédécesseurs, le neuvième Secrétaire général des Nations Unies sera un homme. La candidature du Portugais António Guterres a reçu, mercredi 6 octobre, l’approbation unanime des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, lors d’un sixième scrutin informel. Lors des cinq précédents tours de scrutin, l’ancien Premier ministre portugais avait toujours fait la course en tête.

António Guterres a occupé le mandat de Secrétaire général du HCR, le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés, de 2005 à 2015.

Le Conseil de sécurité doit encore voter formellement, jeudi 6 octobre, et présenter son choix à l’Assemblée générale de l’ONU, à laquelle il revient de l’élire Secrétaire général. S’il est effectivement élu, António Guterres prendra ses fonctions pour cinq ans à l’issue du mandat de Ban Ki-moon, le 1er janvier 2017.

« Un désastre pour l’égalité des droits et l’égalité des sexes »

Cette nomination reste une surprise, dans la mesure où une règle informelle de rotation géographique voulait que le poste revienne à un.e représentant.e d’Europe de l’est. Elle est aussi synomyme d’amertume pour les mouvements qui faisaient campagne depuis des mois pour qu’enfin une femme devienne Secrétaire générale (Voir : Plaidoyer pour une femme à la tête de l’ONU). « Il est grand temps », avait jugé Ban Ki-moon lui-même.

Mais malgré la parité entre les candidat.e.s et des candidatures féminines de poids, comme Helen Clark ou Christiana Figueres, jamais une femme n’a paru en mesure de l’emporter. La favorite initiale, la Bulgare Irina Bokova, était loin de faire l’unanimité. Au point que la Bulgarie avait, le 28 septembre, choisi une autre candidate, Kristalina Georgieva. Sans succès, donc.

La campagne de soutien à une femme Secrétaire générale, WomanSG estime dans un communiqué que « le choix d’un homme, encore une fois, comme Secrétaire général est un désastre pour l’égalité des droits et l’égalité des sexes. Il est injuste à la fois pour les femmes et pour l’Europe de l’est, et témoigne des habituels arrangements en coulisses qui prévalent toujours à l’ONU. Il y avait sept formidables candidates, et au bout du compte il apparaît qu’aucune n’a jamais été sérieusement prise en considération ».

Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 18:33


Conseil municipal du 29 Septembre 2016
lntervention de Daniel Breuiller, maire d’Arcueil, en réponse au vœu du FN « ma ville sans migrants »
"Ce vœu est une insulte à l’histoire de notre pays et de notre commune.
Je vais vous rappeler la Constitution de 1793 :« Tout étranger âgé de 21 ans, qui domicilié en France, y vit de son travail, ou acquiert une propriété ou épouse une française ou adopte un enfant ou nourrit un vieillard, tout étranger enfin, qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice des droits des citoyens français. »
Voilà plus de deux siècles, la République se définissait ouverte et accueillante. Votre pensée est moyenâgeuse,
Arcueil a accueilli bien des migrants : Marie Curie par exemple, Antoine Marin dont un prix d’art contemporain porte le nom… Combien de familles venues d’Italie ou d’Espagne fuyant le fascisme, combien de familles juives d’Europe de l’Est dont plusieurs, hélas, livrées par la police de Pétain au régime Nazi.
Des gens célèbres mais aussi des maçons, des carriers, des ouvriers, des instituteurs, des réalisateurs, des commerçants.
Dulcie September, luttant en France contre le régime de l’apartheid jusqu’à son assassinat. Des réfugiés chiliens fuyant Pinochet et même sans doute des réfugiés roumains fuyant la dictature Ceausescu.
Si
nous avions fermé la porte aux migrants vous ne trouveriez guère de médecins à l’accueil des urgences de l’hôpital, les poubelles ne seraient plus ramassées dans nos rues, votre colistière ne serait peut-être pas à vos côtés ce soir et Picasso n’aurait pas rencontré Julio Gonzalez ici même.

Votre vœu est une honte à propos des réfugiés alors qu’en ce moment même des enfants meurent sous les bombes à Alep, des familles sont affamées, les opposants politiques assassinés en Syrie, au Soudan ou en Erythrée.
Votre voeu est une honte parce que plus de 11 000 personnes ont péri en Méditerranée au cours des deux dernières années.
Notre ville s’est déclarée prête voilà un an à participer à l’accueil de réfugiés car Calais, les bidonvilles qui fleurissent sont une indignité. A ce jour nous n’avons pas été sollicités, mais je réitère au nom de la majorité municipale notre disponibilité à accueillir les deux ou trois familles que les engagements internationaux nous demanderaient d’accueillir.
Il y a 36 000 communes en France, les engagements internationaux de la France parlent de 30 000 réfugiés, l’évacuation de Calais et des autres camps concerne 12 000 personnes. Cela ne fait même pas une famille par commune ! Et nous ne pourrions pas ?
A Arcueil, des particuliers se sont portés volontaires pour accompagner ces migrants dans leur insertion et même plusieurs pour les loger. Une famille syrienne vit depuis 3 ans dans un logement de 30m² avec 3 enfants. Elle est avocate, lui ingénieure et ils vivent en faisant des ménages et des traductions.
Beaucoup de familles françaises ont un parent ou un aïeul étranger. Ici même dans le conseil nous avons des parents, grands-parents venus de Belgique, de Guinée, du Cameroun, de Pologne, d’Algérie, du Maroc, de Roumanie, de Serbie, du Portugal, d’Espagne…
Ils forment notre nation par leur adhésion aux valeurs de la République.
Votre
vœu cultive le fonds de commerce de votre parti, la peur, la haine de l’étranger. Marion Maréchal Le Pen parle des migrants comme la « poussière » que l’on disperse. Elle dit « ça » pour qualifier des humains.

Ces discours, cette attitude ressemblent énormément aux années 1930 lorsque, la crise économique s’aggravant, des gouvernements ont fait des juifs, le bouc émissaire de la colère de leurs peuples.
Les êtres humains ont en eux, la capacité à s’élever, la capacité d’empathie et de fraternité.
Ils ont aussi des pulsions de mort et de violence contre lesquelles la culture, l’éducation et l’amour de son prochain doivent former rempart.
Vous portez une très lourde responsabilité en appuyant sur ces tentations de haine et de xénophobie.
Nous ne vous laisserons pas dénaturer notre pays."

Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
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