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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 08:51
 

Ordonnances modifiant le Code du travail : une régression pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ?


Paris - Mardi 19 septembre 2017
 
COMMUNIQUE DE PRESSE
 
Alors que le président de la République a promis de faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une grande cause nationale, le Laboratoire de l'Égalité s'interroge sur les conséquences des nouvelles ordonnances sur l’égalité entre les femmes et les hommes : « Les négociations sur l'égalité professionnelle disposent aujourd'hui d'un cadre, que ces ordonnances semblent transformer en labyrinthe ». Les garanties qu'elles proposent en la matière manquent aujourd’hui de clarté.

Des accords d’entreprises risquent de primer sur les accords de branche

Le Laboratoire de l’Egalité, s’il prend note que l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes fait partie des 11 thématiques pour lesquelles les accords d'entreprise ne pourront pas être moins favorables que les accords de branche, craint néanmoins que, sur la thématique des droits familiaux et des congés exceptionnels, les accords d'entreprises puissent désormais primer sur les accords de branche. Cela signifie qu'en matière de rémunération des congés parentaux ou de congés pour enfants malades (pris en grande majorité par les femmes), d'aménagement de poste pour les femmes enceintes, d’allongement du congé maternité... les salarié.e.s qui bénéficient actuellement de conditions plus favorables que ce qui est imposé par la loi, pourront à l'avenir perdre leurs avantages par accord d'entreprise.

Des inquiétudes sur l’articulation entre la vie professionnelle et la vie personnelle et familiale

Le Laboratoire de l'Égalité s'inquiète que l’articulation entre la vie professionnelle et la vie personnelle et familiale des salarié.e.s - et surtout des femmes, les premières concernées - ne soit plus suffisamment garantie. Ainsi, la flexibilité du travail facilitée par ces ordonnances, notamment en cas de « nécessité pour le fonctionnement de l'entreprise », peut s’avérer plus préjudiciable pour les femmes, en aggravant les inégalités face à l’articulation des temps de vie et à la précarité.

Une possible régression en matière de régularité des négociations obligatoires sur l’égalité professionnelle

Le Laboratoire de l’Égalité s’interroge également sur l’avenir des négociations obligatoires sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ces règles figurent désormais dans le cadre des « dispositions supplétives ». Ce qui laisse la porte ouverte à la signature d'accords a minima dans les entreprises, et à la tenue de négociations tous les 4 ans seulement, contre un an aujourd'hui pour les négociations sur l'égalité salariale. Le Laboratoire de l’Égalité souhaite une réécriture de l’ordonnance n°1 pour éviter toute régression par rapport aux négociations actuelles.
 
Un obstacle aux comparaisons nationales et à l’évaluation des politiques publiques

En outre, le Laboratoire de l’Égalité considère comme une régression la liberté laissée aux négociateur.e.s du nouveau Comité social et économique de l’entreprise de choisir les critères sur l’égalité destinés à figurer dans la Base de données qui a remplacé le Rapport de Situation Comparée (RSC). La diversité des choix au niveau local conduira à rendre impossibles les comparaisons nationales et l’évaluation des progrès (ou des reculs) des politiques d’égalité professionnelle. Pour ne pas perdre les avancées acquises grâce à la création du RSC, il est nécessaire d’uniformiser les données recueillies.

Le risque de transformer l’égalité en variable d’ajustement

À cette complexité s'ajoute le risque de transformer l’égalité en variable d’ajustement aux innombrables contextes locaux. Si, à ce jour, 60% des 50 principales branches et 20.000 des entreprises de plus de cinquante salarié.e.s n’ont entrepris aucune négociation en faveur de l’égalité professionnelle, rien dans les ordonnances ne semble devoir les inciter à se mettre en action. Des garde-fous sont indispensables afin que le Code du travail protège et fasse progresser l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les entreprises.
 
Modifier les ordonnances avant leur adoption

Le président de la République a justifié le recours aux ordonnances en invoquant une nécessaire simplification du Code du travail. Pour ce qui concerne l’égalité professionnelle, les modifications apportées semblent plutôt complexifier les règles existantes. Le Laboratoire de l'Égalité rappelle que toutes réformes engagées par le gouvernement doivent être accompagnées d'une étude d'impact afin de prévenir toute aggravation des inégalités sexuées. Le Laboratoire de l'Égalité demande donc que « des modifications soient apportées à ces ordonnances avant leur adoption en Conseil des ministres, prévue le 25 septembre, puis leur examen par le Parlement. Les évolutions que nous souhaitons permettraient de répondre aux craintes et aux interrogations qu'elles suscitent en matière d'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ».


Le Laboratoire de l’égalité rassemble 1300 hommes et femmes qui partagent une culture commune de l’égalité. Tou.te.s, quelle que soit leur sensibilité politique, sont déterminé.e.s à mobiliser des moyens pour obtenir une mise en œuvre effective de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Les membres proviennent de milieux professionnels très différents : associations, entreprises, réseaux de femmes, fonction publique, syndicats, monde politique, recherche, médias, blogosphère…
Contacts :
Cécile Girard – Coordinatrice   01 57 27 52 39 – 06 29 88 69 15 cecile.girard@laboratoiredelegalite.org
Olga Trostiansky - Présidente 06 77 02 71 26
 
www.laboratoiredelegalite.org/ @laboegalite
 
 
 
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Danièle Soubeyrand-Géry
3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 22:15
 
 

                                          

                                                      JE ME SOUVIENS
                                      (en hommage à Simone VEIL)
                                                 Par Hubert SAGE

 
JE ME SOUVIENS  de l’époque où des centaines de milliers de femmes par an se faisaient avorter clandestinement ; certaines y trouvaient des complications graves et parfois la mort
JE ME SOUVIENS de l’époque où les chefs religieux catholiques et leurs fidèles en politique condamnaient les femmes à se cacher pour avorter en leur promettant la prison.
JE ME SOUVIENS de l’époque où dans certains hôpitaux les femmes accueillies pour des complications de leur avortement clandestin l’étaient par des religieuses hospitalières catholiques qui non seulement se croyaient obligées de les culpabiliser mais leur interdisaient l’anesthésie lors de  leur curetage pour les punir avec la bénédiction des chefs de service hospitaliers, catholiques affirmés eux aussi.
JE ME SOUVIENS  que dans les années précédant la loi VEIL, se sont dressés un peu partout en France des femmes, des citoyens, des responsables politiques, des médecins et internes médecine pour que les avortements se fassent dans des conditions  sanitaires correctes et légalement, notamment par la méthode d’aspiration Karman qui nous étaient venue d’Angleterre.
JE ME SOUVIENS qu’à Lyon, 2 ans environs avant la loi VEIL, nous avons été une quinzaine de médecins et internes en médecine, aidés par une centaine de personnes d’origines diverses, gauchistes, protestants, francs-maçons, socialistes, communistes (eux avec la désapprobation de leurs dirigeants au début),  à braver l’ordre établi en pratiquant les IVG illégalement mais non clandestinement dans un local équipé pour ça et qui nous fut prêté par une organisation protestante, juste en face de la préfecture.(60 à 70 avortements par semaine dès le début)
JE ME SOUVIENS  du danger de répression  qui nous guettait, nous médecins et internes en médecine, celui d’être interdits d’exercer définitivement par un Conseil de l’Ordre des Médecins particulièrement  réactionnaire et obscurantiste, mais nous avions foi dans le fait que généraliser les IVG dans ces conditions allait aboutir à générer une loi de liberté.
JE ME SOUVIENS du temps où Simone VEIL a présenté sa loi et obtenu son adoption à l’Assemblée Nationale, sous les violentes et indignes attaques des obscurantistes essentiellement catholiques ; l’adoption fut d’abord un véritable soulagement pour tous ceux qui s’y était  investi, d’autant plus que la loi VEIL allait plus loin que celle proposée par un certain nombre de responsables politiques de gauche BCBG qui voyaient seulement une loi autorisant l’IVG  par une commission médicale sous certaines conditions (détresse, … ). C’était une loi de liberté totale de choix pour toutes les femmes (hormis bien sur les délais fixés), même la conseillère sociale obligatoirement consultée une semaine avant l’intervention n’avait pas pour mission d’essayer de dissuader. C’était un nouveau droit de liberté acquis.
Simone VEIL a fait faire à la société française un pas de géant, en héritage direct des LUMIERES. Que son souvenir perdure à l’infini !!!Qu’elle repose au PANTHEON !
 
Aussi quand on voit en ces périodes les obscurantistes, à défaut de la faire interdire,  essayer de limiter la loi sur l’IVG comme le suggèrent CIVITAS et SENS COMMUN  (qui avait misé sur Fillon à défaut de Le Pen), on ne peut qu’être vigilant devant les actions des mouvements catholiques intégristes, mais aussi devant les organisations de l’Islam conservateur (comme le CCIF), car tous ont le même objectif,  restreindre la liberté de la femme, donc de la personne humaine, par n’importe quel moyen comme par exemple le port du voile et du burkini ; c’est pourquoi je ne dissocierai jamais la lutte d’un obscurantisme pour un autre
 
Hubert SAGE

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Danièle Soubeyrand-Géry
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 09:33

 

Publié le 06/03/2017
Mise à jour :  cette brève a été mise à jour après sa publication initiale suite à un message de François Moriconi-Ebrard apportant des précisions concernant son article. Dernière mise à jour : 27 mars 2017.

François Moriconi-Ebrard et Joan Perez ont publié en février 2017 un article dans la revue Confins qui présente Shanghai et Canton (Guangzhou) comme les deux agglomérations urbaines les plus peuplées du monde, avec 79,7 millions d'habitants pour la première et 47,5 millions d'habitants pour la seconde, soit respectivement la population de l'Allemagne et de l'Espagne. François Moriconi-Ebrard est l'auteur d'une base de données, Geopolis, publiée en 1994, mais dont les mises à jour ultérieures ne sont pas accessibles. L'article en rappelle brièvement la méthodologie, qui avait été conçue pour permettre la comparaison entre les agglomérations de différents pays : c'est la définition morphologique qui est utilisée, correspondant à la définition française de l'unité urbaine, c'est-à-dire la population agglomérée au dessus d'un seuil minimal. L'article explique que le saut quantitatif impressionnant réalisé par Shanghai et Canton en une décennie est moins le fait de l'exode rural que de l'étalement urbain qui a absorbé dans une même agglomération des villes qui étaient déjà millionnaires. Au sens des auteurs, l'agglomération (ou la « tache urbaine ») de Canton englobe ainsi Macao, Shenzhen et Hong Kong, des villes qui sont toujours distinctes dans d'autres bases de données, comme celle de l'ONU (ci-dessous). L'article est également très intéressant en ce qu'il montre comment, en Chine, la définition administrative et politique de la ville prime sur les autres définitions possibles (morphologique ou fonctionnelle), de façon souvent performative : des espaces ruraux sont décrétés urbains et ils le deviennent effectivement. Les descriptions des formes urbaines de Shanghai et Canton sont complétées par des cartes.

Rappelons que d'après l'ONU, ce sont toujours les agglomérations de Tokyo et Delhi qui sont à la première place (en 2014). Le World urbanization prospect recense les 1691 agglomérations urbaines de plus de 300 000 habitants. 400 d'entre elles sont chinoises (23 %), 167 sont indiennes, et 20 sont françaises. Cette base de données, d'après François Moriconi-Ebrard et l'équipe de Geopolis, pose problème : il s'agit en fait de l'agglomération de bases de données nationales, et l'ONU admet elle-même que la comparaison entre pays est déconseillée. Les fonctionnaires du département population qui actualisent la base de données de l'ONU s'appuient en partie sur la base de données Geopolis mais n'ont qu'une faible marge de manoeuvre par rapport aux données recueillies et transmises par les États. C'est d'ailleurs la difficulté des comparaisons urbaines internationales qui est à l'origine du projet de la base de données Geopolis. L'enjeu est évidemment de nature géopolitique puisqu'on saisit l'importance symbolique des très grandes villes pour un État.
 
Population des dix plus grandes agglomérations urbaines du monde d'après l'ONU (2014)
 
RangAgglomération urbainePopulation en milliers 2014Population estimée en milliers 2030Taux de croissance annuel 2010-2015
en %
1Tokyo37 83337 190+ 0,6
2Delhi24 95336 060+ 3,2
3Shanghai22 99130 751+ 3,4
4Mexico20 84323 865+ 0,8
5São Paulo20 83123 444+ 1,4
6Bombay20 74127 797+ 1,6
7Kinki M.M.A. (Osaka)20 12319 976+ 0,8
8Beijing19 52027 706+ 4,6
9New York – Newark18 59119 885+ 0,2
10Le Caire 18 41924 502+ 2,1

Source : Organisation des Nations Unies, World Urbanization Prospects, 2014, p.26

 

Dans ce classement, Canton (Guangzhou) compte 11,8 millions d'habitants, Shenzhen 10,7 millions, Hong Kong 7,3 millions et Macao 0,6 millions. 

Shanghai est également la deuxième municipalité la plus peuplée du monde : dans ses limites administratives établies par le pouvoir politique, elle compte 24 millions d'habitants. Elle se place derrière Chongqing, la municipalité la plus peuplée du monde avec 32 millions d'habitants.

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Danièle Soubeyrand-Géry
30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 09:16

Sur les 18 films en compétition au 70ème Festival de Cannes, 3 sont réalisés par des femmes. Lynne Ramsay, Naomi Kawase et Sofia Coppola. Le record de 4 réalisatrices, en 2011, reste à battre.

Et qu'on ne vienne pas nous sortir l'explication du talent comme seul critère de choix! Il est temps de s'intéresser aux études sur le genre pour essayer de lever les filtres qui éloignent les femmes de la lumière!

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Danièle Soubeyrand-Géry
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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 09:06
 
 
Objet : On sourit sur le moment, on se venge même et après... c'est fini, c'est trop tard. Comme un air de Turquie.
À :

 
 
Garanti sans virus. www.avast.com

 

 

 

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Danièle Soubeyrand-Géry
27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 18:16

Édito du jeudi 27 avril 2017

Éditorial : La présidente dont nous ne voulons pas

Une femme en passe de devenir présidente ? Les féministes en ont rêvé. Aux États-Unis Hillary Clinton, dès son investiture parlait d’un moment  « historique » parce que sa position envoyait un message « à toutes les petites filles qui rêvent plus grand : Oui, vous pouvez être tout ce que vous voulez, même présidente. » Les grandes dirigeantes donnent à voir de nouveaux modèles pour que les filles et les femmes élargissent le champ des possibles, pour elles et pour l’humanité. « L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain », écrivait Stendhal.

Le problème est que Marine Le Pen, la candidate du Front National, est bien loin de vouloir doubler les forces intellectuelles du genre humain. Bien au contraire. Et les féministes qui publient des tribunes appelant à « faire barrage à l’extrême droite » l’ont très bien expliqué. Non seulement le FN prend régulièrement position en faveur de mesures visant à renvoyer les femmes à la maison, mais la politique économique qu’il prône serait catastrophique pour les femmes. Sans parler de sa xénophobie décomplexée. Au Parlement européen, le FN n’a cessé de se distinguer par ses positions antiféministes, et quand ses lieutenants parlent féminisme, c’est exclusivement pour conspuer l’Islam et attiser la haine des immigré.e.s.

Combattre la démagogie par l’information

À quelques jours du deuxième tour de cette élection présidentielle il faut le marteler, le répéter, combattre par l’information la démagogie affichée par une Marine Le Pen tout sourire.

Il faut dire tout cela pour ne pas laisser les électeurs et électrices s’endormir. Les journalistes le soulignent-ils/elles suffisamment ? Et peuvent-ils/elles donner plus de poids à l’information en laissant pour une fois de côté une "neutralité journalistique" qui n'est qu'hypocrisie, en s'engageant personnellement pour des valeurs ? Non, a répondu la direction de CNews en suspendant d’antenne Audrey Pulvar parce qu'elle a signé une pétition de féministes anti-Front National dans le HuffPost.

Voilà un signe indiscutable de la banalisation du FN. En 2002 les journalistes prenaient clairement position contre le parti d’extrême droite sans être inquiété.e.s. Point positif, néanmoins, des déboires d'Audrey Pulvar : sa mise à l'écart a le mérite de faire connaître ce texte qu'elle a signé.

Pour la rédaction des Nouvelles NEWS, pétition ou pas, c'est une évidence : Marine Le Pen et le Front National ne doivent pas être au pouvoir en France. Il en va non seulement des droits des femmes, mais de l'ensemble des valeurs de la République. Il n'est nullement question de se départir de l'esprit critique indispensable à notre profession mais il serait hypocrite de ne pas l'affirmer clairement : dimanche 7 mai, sans hésitation, nous voterons Emmanuel Macron.

 

 

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Danièle Soubeyrand-Géry
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 18:53

Ma thèse en 180 secondes : assistez à la finale 2017 de l'Université de Lyon

le 20 avril 2017 /

Ma Thèse en 180 secondes propose aux doctorants de présenter, devant un jury et un auditoire profane et diversifié, leur sujet de recherche en termes simples.

 




La finale locale Université de Lyon du concours international francophone Ma thèse en 180 secondes se déroulera jeudi 20 avril à 18h, dans le Grand amphithéâtre de l'UdL.

Quatorze doctorants du site Lyon Saint-Etienne exposeront, en 3 minutes, de manière claire, concise et néanmoins convaincante, leur projet de recherche.
Le jury composé de chercheurs, journalistes et représentants du monde socioéconomique décernera le lauréat Université de Lyon qui accédera à l'étape nationale du concours. Un prix du public sera également décerné.
 

Nos 14 candidats

 
  • Émilie BABUIN : Analyse des représentations, attitudes et positionnements de publics jeunes à l’égard des sciences et techniques appréhendés via la mise en récit.
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Oriane BAULIN : Élaboration de verres métalliques pour applications biomédicales.
    INSA Lyon
  • Caroline BAYART : Synthèse site-spécifique de glycoconjugués.
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Romain BET : Diminuer le risque de récidive : Peut-on se baser sur la personnalité des PPSMJ pour développer un dispositif cognitif adapté ?
    Université Lumière Lyon 2
  • Victoire CARDOT : Effet du TGFB produit par le microenvironnement sur les tumeurs du pancréas exocrine
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Séverine DEROLEZ : La patrimonialisation des objets scientifiques contemporains et leurs contextes de valorisation ; cas de l'accélérateur de particules Cockcroft-Walton
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Nagham EL GHOSSEIN : Etude et modélisation du vieillissement des supercondensateurs lithium-ion en vue de prédire leur durée de vie.
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Lucie GAVIN-PLAGNE : Modélisation du comportement des solutions cryoprotectrices pour les cellules isolées maintenues en suspension
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Jean GOEDERT : Sorties des eaux des premiers tétrapodes : apports des isotopes stables de l'apatite biogène
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Claire-Emmanuelle INDELICATO : Caractérisation des mécanismes impliqués dans la promotion de croissance de la Drosophile par le microorganisme commensal Lactobacillus plantarum
    ENS de Lyon
  • Clémence JOUBERT : Entraînements cognitifs et physiques dans le vieillissement normal
    Université Lumière Lyon 2
  • Éléonore LETTY : Identification et neutralisation des défauts limitant les propriétés électriques du silicium monocristallin pour cellules photovoltaïques à très haut rendement de conversion
    INSA Lyon
  • Riad SAHLI : Mise en glissement des interfaces multicontacts élastomères : étude expérimentale par visualisation in situ
    Ecole Centrale Lyon
  • Thibaut SOUILLIART : Usure des tubes GV générée par des impacts répétés contre les supports à jeu
    Ecole Centrale Lyon

Nos partenaires

Complément date : 
Ma thèse en 180 secondes
Finale locale Université de Lyon
Jeudi 20 avril 2016
18h-20h
Lieux : 
Université de Lyon
Grand Amphitéâtre
90, rue Pasteur, Lyon 7e


Accès:
Tram T1 arrêt "Quai Claude Bernard"
Tram T2 arrêt "Centre Berthelot"

Ma thèse en 180 secondes : assistez à la finale 2017 de l'Université de Lyon

le 20 avril 2017 /

Ma Thèse en 180 secondes propose aux doctorants de présenter, devant un jury et un auditoire profane et diversifié, leur sujet de recherche en termes simples.

 




La finale locale Université de Lyon du concours international francophone Ma thèse en 180 secondes se déroulera jeudi 20 avril à 18h, dans le Grand amphithéâtre de l'UdL.

Quatorze doctorants du site Lyon Saint-Etienne exposeront, en 3 minutes, de manière claire, concise et néanmoins convaincante, leur projet de recherche.
Le jury composé de chercheurs, journalistes et représentants du monde socioéconomique décernera le lauréat Université de Lyon qui accédera à l'étape nationale du concours. Un prix du public sera également décerné.
 

Nos 14 candidats

 
  • Émilie BABUIN : Analyse des représentations, attitudes et positionnements de publics jeunes à l’égard des sciences et techniques appréhendés via la mise en récit.
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Oriane BAULIN : Élaboration de verres métalliques pour applications biomédicales.
    INSA Lyon
  • Caroline BAYART : Synthèse site-spécifique de glycoconjugués.
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Romain BET : Diminuer le risque de récidive : Peut-on se baser sur la personnalité des PPSMJ pour développer un dispositif cognitif adapté ?
    Université Lumière Lyon 2
  • Victoire CARDOT : Effet du TGFB produit par le microenvironnement sur les tumeurs du pancréas exocrine
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Séverine DEROLEZ : La patrimonialisation des objets scientifiques contemporains et leurs contextes de valorisation ; cas de l'accélérateur de particules Cockcroft-Walton
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Nagham EL GHOSSEIN : Etude et modélisation du vieillissement des supercondensateurs lithium-ion en vue de prédire leur durée de vie.
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Lucie GAVIN-PLAGNE : Modélisation du comportement des solutions cryoprotectrices pour les cellules isolées maintenues en suspension
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Jean GOEDERT : Sorties des eaux des premiers tétrapodes : apports des isotopes stables de l'apatite biogène
    Université Claude Bernard Lyon 1
  • Claire-Emmanuelle INDELICATO : Caractérisation des mécanismes impliqués dans la promotion de croissance de la Drosophile par le microorganisme commensal Lactobacillus plantarum
    ENS de Lyon
  • Clémence JOUBERT : Entraînements cognitifs et physiques dans le vieillissement normal
    Université Lumière Lyon 2
  • Éléonore LETTY : Identification et neutralisation des défauts limitant les propriétés électriques du silicium monocristallin pour cellules photovoltaïques à très haut rendement de conversion
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  • Riad SAHLI : Mise en glissement des interfaces multicontacts élastomères : étude expérimentale par visualisation in situ
    Ecole Centrale Lyon
  • Thibaut SOUILLIART : Usure des tubes GV générée par des impacts répétés contre les supports à jeu
    Ecole Centrale Lyon

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Ma thèse en 180 secondes
Finale locale Université de Lyon
Jeudi 20 avril 2016
18h-20h
Lieux : 
Université de Lyon
Grand Amphitéâtre
90, rue Pasteur, Lyon 7e


Accès:
Tram T1 arrêt "Quai Claude Bernard"
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Danièle Soubeyrand-Géry
25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 08:23

Les chiffres-clés de l'égalité femmes hommes 2017 ont été publiés.
Voici le lien pour les consulter sur Internet
http://www.familles-enfance-droitsdesfemmes.gouv.fr/wp-content/uploads/2017/03/27999-DICOM-Brochure-egalite-FH-2017-v4_bd.pdf

Je vous en souhaite bonne lecture et bonne utilisation.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans parité
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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 08:57
De l’utilité de la géographie pour comprendre le nouveau monde

Les victoires électorales de Donald Trump et du Brexit en 2016 annoncent-elles la fin de la mondialisation ? (Source : lesechos.fr)

L’année 2016 a enregistré des résultats électoraux inattendus dans plusieurs grands pays développés dont les plus retentissants sont l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et la victoire du Brexit au Royaume-Uni. Parallèlement, plusieurs ouvrages récents annoncent ou espèrent la fin de la mondialisation comme ceux de François Lenglet, Jacques Sapir et Arnaud Montebourg[1]. De son côté le journal Le Monde a cherché à y voir clair en publiant une riche enquête sur la mondialisation (6 articles) en juillet 2016. L’éditorial du même journal publié le 14 novembre 2016 préfère dénoncer le fantasme de la « démondialisation ». Toujours est-il que les réalités du monde contemporain changent vite, surtout depuis la crise financière de 2008-2009. Un « nouveau monde »[2] se met-il en place ? D’une manière plus précise, l’hebdomadaire Le un titre son numéro 136 du 4 janvier 2017 Vers la fin du monde démondialisé ? Dans ce numéro passionnant un géographe, Michel Foucher, pense que « la démondialisation qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation » tandis que l’écrivain Erik Orsenna prescrit « la géographie comme remède au simplisme politique et aux folies mercantiles ».

Quatre cycles de mondialisation selon Michel Foucher

Pour notre part nous avons publié ici même deux articles cherchant à faire une synthèse de la mondialisation contemporaine (http://cafe-geo.net/la-mondialisation-contemporaine-12/ ; http://cafe-geo.net/la-mondialisation-contemporaine-22/). Nous conseillons également la lecture du petit livre concret et rigoureux de Romain Leclerc Sociologie de la mondialisation paru en 2013 dans la collection Repères des éditions de La Découverte. Une autre lecture intéressante : le numéro 364 de janvier 2017 actuellement en kiosque de la revue Alternatives économiques avec pour titre La fin de la mondialisation ?[3]

 

Quant à Michel Foucher il propose un découpage chronologique de la mondialisation en quatre cycles[4]. Une première mondialisation se met en place dans les années 1492-1520 : les Grandes Découvertes permettent la création d’un empire universel avec l’empire espagnol dont le monopole est vite entamé par l’Empire portugais. Une deuxième mondialisation dominée par les Britanniques débute au XIXe siècle avec de nouveaux moyens techniques (navigation à vapeur, télégraphe électrique). Une troisième mondialisation, « américaine » celle-ci, commence entre 1978 et 1991 (la Chine de Deng Xiaoping adopte l’économie de marché, Ronald Reagan et Margaret Thatcher dérégulent le marché, les anciens espaces soviétiques adoptent à leur tour l’économie de marché). L’Internet et les conteneurs sont les principaux outils de cette mondialisation tandis que l’OMC fixe des règles de sécurité juridique pour le commerce international. Aujourd’hui, s’amorce un quatrième cycle de mondialisation de nature multipolaire avec la perte du monopole occidental de la mondialisation et l’émergence de la Chine qui en devient un grand acteur et notamment un producteur de normes.

« La « démondialisation » qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation. (…) Il n’y a donc pas de démondialisation au sens propre. (…) D’où ce sentiment de malaise en Occident, le sentiment d’un déclin parce qu’on ne maîtrise plus tout. (…) Les Chinois font mieux que nous avec nos propres outils ! »[5]

La démondialisation : le mot et le contenu

Tout d’abord rappelons que la paternité du terme « démondialisation » (deglobalization revient à l’économiste philippin Walden Bello qui définit le concept dans son livre Deglobalization, Ideas for a New World Economy (Zed Books, 2002). Pour Walden Bello, la « démondialisation » est présentée comme un modèle alternatif au modèle néolibéral de l’OMC, un modèle qui viserait à réglementer, réguler et discipliner le capitalisme. Ses thèses conçues pour les pays en développement ont cependant été adaptées aux pays développés, surtout après la crise financière de 2008.

Pour l’économiste français Patrick Artus, le terme « démondialisation » est aujourd’hui justifié dans la mesure où il y a bien une démondialisation de la production qui apparaît clairement depuis la crise de 2008. pour au moins deux raisons : la hausse des coûts de production dans les pays émergents et la pression des pays producteurs pour que l’essentiel de la production soit réalisé sur place. A côté de cette démondialisation des biens s’intensifie au contraire la mondialisation numérique et financière.[6]

Pour Michel Foucher, c’est Gordon Brown, alors Premier Ministre britannique,  qui est le premier responsable politique européen à aborder la question de la démondialisation, lors du Forum économique mondial de Davos en 2009, en  s’inquiétant du risque d’un repli sur soi et d’une démondialisation de la finance. Quant au concept repris par Arnaud Montebourg il s’agit en fait d’une autre réalité qui est celle de la réindustrialisation. Toujours est-il que les populations des pays riches s’inquiètent de plus en plus du niveau élevé de chômage, de la dérégulation et de ses conséquences, mais aussi des attentats et de leur exposition médiatique, des flux migratoires… D’où la demande de plus d’Etat pour faire face aux problèmes qui s’accumulent depuis la crise de 2008. Michel Foucher évoque une part de fantasme dans les pays développés portant « sur la difficulté d’accepter la fin de la domination de l’homme blanc » mais en même temps il ne nie pas un retour en arrière possible de la mondialisation. Ceci pour au moins deux raisons : les frictions entre les grandes puissances économiques pouvant engendrer des réactions en chaîne désastreuses, et l’utilisation des sanctions, formes particulières d’une démondialisation imposée.

Un retour de  la géographie selon Erik Orsenna

La position de l’écrivain français Erik Orsenna, économiste de formation, est particulièrement intéressante car il rejette à la fois le déni et le simplisme. Au sujet de l’Europe, il pense que « notre drame, c’est le manque d’Europe » mais qu’en même temps l’Union européenne ne peut continuer à exister telle qu’elle est, c’est-à-dire comme « un espace dit unique alors qu’on permet la course à l’optimisation fiscale » et un organisme incapable de mieux négocier dans le contexte global de guerre économique mondialisée (allusion au dumping chinois). Il dénonce également les responsabilités des décideurs politiques de nos démocraties :

« Les politiques veulent simplifier car on vote pour le simple. Ne parlons pas de populisme mais de simplisme. Bientôt, il n’y aura plus que des simplets au pouvoir. Parmi les nains, ce n’est pas Simplet que j’aurais choisi pour diriger… »[7]

Enfin, il est convaincu que la localisation des lieux de production va évoluer dans le sens du raccourcissement des circuits de distribution parce que la prise de conscience environnementale a eu lieu. Il prédit un bel avenir à la notion de bassin et cite par exemple la nécessité d’une gestion régionale commune du fleuve Sénégal.

« Alors, démondialisation? L’eau dit la vérité. Elle n’est pas transportable. Elle pose la bonne question pour savoir quel est l’est l’espace pertinent de collaboration. Réponse : le bassin. La solution est dictée par la géographie. La gestion commune du fleuve Sénégal est nécessaire. (…) Je crois plutôt qu’on assiste à un retour de la géographie. La mondialisation, c’est tuer la géographie, c’est l’homogénéiser. Bienvenue au divers plutôt qu’à la démondialisation. »[8]

Daniel Oster, le 5 janvier 2017

[1] François Lenglet, La fin de la mondialisation, Fayard, 2013, réédité en poche dans la collection Pluriel, 2014. Jacques Sapir, La démondialisation,Seuil, 2011, réédité en poche dans la collection Points, 2012. Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation !,Flammarion, 2011.

[2] Nous empruntons l’expression « nouveau monde » à Marcel Gauchet qui titre son prochain livre Le nouveau monde (à paraître chez Gallimard le 26 janvier 2017), sachant que le philosophe français se situe sur le plan de l’évolution des idées politiques, principalement celle des transformations de la démocratie depuis la crise économique du milieu des années 1970.

[3] Rappelons que la même revue a publié son numéro 303 de juin 2011 sous le titre Mondialisation : le début de la fin ?

[4] Le un, Vers la fin du monde mondialisé ?, n°136, mercredi 4 janvier 2017.

[5] Michel Foucher, op. cit.

[6] Patrick Artus, op. cit.

[7] Erik Orsenna, Le un, op. cit.

[8] Erik Orsenna, Le un, op. cit.

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De l’utilité de la géographie pour comprendre le nouveau monde

Les victoires électorales de Donald Trump et du Brexit en 2016 annoncent-elles la fin de la mondialisation ? (Source : lesechos.fr)

L’année 2016 a enregistré des résultats électoraux inattendus dans plusieurs grands pays développés dont les plus retentissants sont l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et la victoire du Brexit au Royaume-Uni. Parallèlement, plusieurs ouvrages récents annoncent ou espèrent la fin de la mondialisation comme ceux de François Lenglet, Jacques Sapir et Arnaud Montebourg[1]. De son côté le journal Le Monde a cherché à y voir clair en publiant une riche enquête sur la mondialisation (6 articles) en juillet 2016. L’éditorial du même journal publié le 14 novembre 2016 préfère dénoncer le fantasme de la « démondialisation ». Toujours est-il que les réalités du monde contemporain changent vite, surtout depuis la crise financière de 2008-2009. Un « nouveau monde »[2] se met-il en place ? D’une manière plus précise, l’hebdomadaire Le un titre son numéro 136 du 4 janvier 2017 Vers la fin du monde démondialisé ? Dans ce numéro passionnant un géographe, Michel Foucher, pense que « la démondialisation qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation » tandis que l’écrivain Erik Orsenna prescrit « la géographie comme remède au simplisme politique et aux folies mercantiles ».

Quatre cycles de mondialisation selon Michel Foucher

Pour notre part nous avons publié ici même deux articles cherchant à faire une synthèse de la mondialisation contemporaine (http://cafe-geo.net/la-mondialisation-contemporaine-12/ ; http://cafe-geo.net/la-mondialisation-contemporaine-22/). Nous conseillons également la lecture du petit livre concret et rigoureux de Romain Leclerc Sociologie de la mondialisation paru en 2013 dans la collection Repères des éditions de La Découverte. Une autre lecture intéressante : le numéro 364 de janvier 2017 actuellement en kiosque de la revue Alternatives économiques avec pour titre La fin de la mondialisation ?[3]

 

Quant à Michel Foucher il propose un découpage chronologique de la mondialisation en quatre cycles[4]. Une première mondialisation se met en place dans les années 1492-1520 : les Grandes Découvertes permettent la création d’un empire universel avec l’empire espagnol dont le monopole est vite entamé par l’Empire portugais. Une deuxième mondialisation dominée par les Britanniques débute au XIXe siècle avec de nouveaux moyens techniques (navigation à vapeur, télégraphe électrique). Une troisième mondialisation, « américaine » celle-ci, commence entre 1978 et 1991 (la Chine de Deng Xiaoping adopte l’économie de marché, Ronald Reagan et Margaret Thatcher dérégulent le marché, les anciens espaces soviétiques adoptent à leur tour l’économie de marché). L’Internet et les conteneurs sont les principaux outils de cette mondialisation tandis que l’OMC fixe des règles de sécurité juridique pour le commerce international. Aujourd’hui, s’amorce un quatrième cycle de mondialisation de nature multipolaire avec la perte du monopole occidental de la mondialisation et l’émergence de la Chine qui en devient un grand acteur et notamment un producteur de normes.

« La « démondialisation » qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation. (…) Il n’y a donc pas de démondialisation au sens propre. (…) D’où ce sentiment de malaise en Occident, le sentiment d’un déclin parce qu’on ne maîtrise plus tout. (…) Les Chinois font mieux que nous avec nos propres outils ! »[5]

La démondialisation : le mot et le contenu

Tout d’abord rappelons que la paternité du terme « démondialisation » (deglobalization revient à l’économiste philippin Walden Bello qui définit le concept dans son livre Deglobalization, Ideas for a New World Economy (Zed Books, 2002). Pour Walden Bello, la « démondialisation » est présentée comme un modèle alternatif au modèle néolibéral de l’OMC, un modèle qui viserait à réglementer, réguler et discipliner le capitalisme. Ses thèses conçues pour les pays en développement ont cependant été adaptées aux pays développés, surtout après la crise financière de 2008.

Pour l’économiste français Patrick Artus, le terme « démondialisation » est aujourd’hui justifié dans la mesure où il y a bien une démondialisation de la production qui apparaît clairement depuis la crise de 2008. pour au moins deux raisons : la hausse des coûts de production dans les pays émergents et la pression des pays producteurs pour que l’essentiel de la production soit réalisé sur place. A côté de cette démondialisation des biens s’intensifie au contraire la mondialisation numérique et financière.[6]

Pour Michel Foucher, c’est Gordon Brown, alors Premier Ministre britannique,  qui est le premier responsable politique européen à aborder la question de la démondialisation, lors du Forum économique mondial de Davos en 2009, en  s’inquiétant du risque d’un repli sur soi et d’une démondialisation de la finance. Quant au concept repris par Arnaud Montebourg il s’agit en fait d’une autre réalité qui est celle de la réindustrialisation. Toujours est-il que les populations des pays riches s’inquiètent de plus en plus du niveau élevé de chômage, de la dérégulation et de ses conséquences, mais aussi des attentats et de leur exposition médiatique, des flux migratoires… D’où la demande de plus d’Etat pour faire face aux problèmes qui s’accumulent depuis la crise de 2008. Michel Foucher évoque une part de fantasme dans les pays développés portant « sur la difficulté d’accepter la fin de la domination de l’homme blanc » mais en même temps il ne nie pas un retour en arrière possible de la mondialisation. Ceci pour au moins deux raisons : les frictions entre les grandes puissances économiques pouvant engendrer des réactions en chaîne désastreuses, et l’utilisation des sanctions, formes particulières d’une démondialisation imposée.

Un retour de  la géographie selon Erik Orsenna

La position de l’écrivain français Erik Orsenna, économiste de formation, est particulièrement intéressante car il rejette à la fois le déni et le simplisme. Au sujet de l’Europe, il pense que « notre drame, c’est le manque d’Europe » mais qu’en même temps l’Union européenne ne peut continuer à exister telle qu’elle est, c’est-à-dire comme « un espace dit unique alors qu’on permet la course à l’optimisation fiscale » et un organisme incapable de mieux négocier dans le contexte global de guerre économique mondialisée (allusion au dumping chinois). Il dénonce également les responsabilités des décideurs politiques de nos démocraties :

« Les politiques veulent simplifier car on vote pour le simple. Ne parlons pas de populisme mais de simplisme. Bientôt, il n’y aura plus que des simplets au pouvoir. Parmi les nains, ce n’est pas Simplet que j’aurais choisi pour diriger… »[7]

Enfin, il est convaincu que la localisation des lieux de production va évoluer dans le sens du raccourcissement des circuits de distribution parce que la prise de conscience environnementale a eu lieu. Il prédit un bel avenir à la notion de bassin et cite par exemple la nécessité d’une gestion régionale commune du fleuve Sénégal.

« Alors, démondialisation? L’eau dit la vérité. Elle n’est pas transportable. Elle pose la bonne question pour savoir quel est l’est l’espace pertinent de collaboration. Réponse : le bassin. La solution est dictée par la géographie. La gestion commune du fleuve Sénégal est nécessaire. (…) Je crois plutôt qu’on assiste à un retour de la géographie. La mondialisation, c’est tuer la géographie, c’est l’homogénéiser. Bienvenue au divers plutôt qu’à la démondialisation. »[8]

Daniel Oster, le 5 janvier 2017

[1] François Lenglet, La fin de la mondialisation, Fayard, 2013, réédité en poche dans la collection Pluriel, 2014. Jacques Sapir, La démondialisation,Seuil, 2011, réédité en poche dans la collection Points, 2012. Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation !,Flammarion, 2011.

[2] Nous empruntons l’expression « nouveau monde » à Marcel Gauchet qui titre son prochain livre Le nouveau monde (à paraître chez Gallimard le 26 janvier 2017), sachant que le philosophe français se situe sur le plan de l’évolution des idées politiques, principalement celle des transformations de la démocratie depuis la crise économique du milieu des années 1970.

[3] Rappelons que la même revue a publié son numéro 303 de juin 2011 sous le titre Mondialisation : le début de la fin ?

[4] Le un, Vers la fin du monde mondialisé ?, n°136, mercredi 4 janvier 2017.

[5] Michel Foucher, op. cit.

[6] Patrick Artus, op. cit.

[7] Erik Orsenna, Le un, op. cit.

[8] Erik Orsenna, Le un, op. cit.

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Danièle Soubeyrand-Géry
26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 18:29

 

Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco a récemment pris une résolution introduite par le président du conseil London Breed en réponse à l’élection de Donald Trump. Voici le texte de la résolution :

 

Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco © San Francisco Bay Times Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco © San Francisco Bay Times
ATTENDU QUE, le 8 Novembre 2016 Donald Trump a été élu pour devenir le 45ème président des États-Unis, en conséquence de quoi

 

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : quelles que soient les menaces proférées par le président élu Trump, San Francisco demeurera une Ville Sanctuaire. Nous ne tournerons pas le dos aux hommes et aux femmes originaires d’autres pays qui participent à la grandeur de la ville et qui représentent plus d’un tiers de la population. Il y a ici le Golden Gate : nous construisons des ponts, pas des murs ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous ne reviendrons jamais sur les droits des femmes, que cela soit dans le domaine de la santé, du travail ou dans n’importe quel domaine menacé par un homme qui traite les femmes comme des obstacles à rabaisser ou des objets à agresser. Et non moins important, nous nous assurerons que nos jeunes filles grandiront avec des modèles qui leur montrent qu’elles peuvent être et faire ce qu’elles veulent ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : il n’y aura pas de thérapie de conversion, ni de suppression des droits à San Francisco. Nous avons commencé à accueillir les mariages homosexuels depuis 12 ans et nous n’allons pas nous arrêter maintenant. Et pour toutes les personnes LGBTQ* de tout le pays qui se sentent effrayés, intimidés, ou seuls : vous comptez. Vous êtes vus, vous êtes aimés ; et San Francisco n’arrêtera jamais de se battre pour vous ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous croyons encore au principe fondamental de liberté religieuse de cette nation. Nous ne bannissons pas des personnes pour leur foi. Et les seules listes que l’on garde sont des invitations à venir prier ensemble ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : la vie des personnes de couleur compte à San Francisco, même si cela pourrait ne pas être le cas à la Maison Blanche. Et, guidés par l’équipe de travail du président Obama sur la police du 21ème siècle, nous continuerons à réformer notre service de police et à reconstruire une relation de confiance entre la police et les communautés de couleur afin que tous les citoyens se sentent en sécurité dans leurs quartiers ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : le changement climatique n’est pas un canular ou un complot des Chinois. Dans cette ville entourée d’eau sur trois côtés, la science est importante. Et nous continuerons notre travail sur l’Energie propre, le Zéro déchet, ainsi que tout ce que nous faisons pour protéger les générations futures ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous avons fourni des soins de santé à tous dans cette ville depuis presque une décennie, et si la nouvelle administration va au bout de sa promesse impitoyable d’annuler l’assurance maladie pour 20 millions de personnes, les habitants de San Francisco seront protégés ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION :  nous sommes le lieu de naissance des Nations Unies, une ville rendue plus forte par les milliers de visiteurs internationaux que nous accueillons chaque jour. Nous resterons engagés pour l’internationalisme ainsi que pour nos amis et alliés du monde entier – que cela soit ou ne soit pas le cas de l’administration à Washington ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : San Francisco restera une des premières villes pour le transport et continuera à construire les systèmes Muni et BART [réseaux de transport de San Francisco, NDT] sur lesquels nous pouvons tous compter, même si l’administration de Washington va au bout de son projet de supprimer le financement fédéral pour le transport en commun ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : la Californie est la sixième plus grande économie du monde. La région de la Baie est la capitale de l’innovation du pays. Nous ne serons pas intimidés par les menaces de révoquer notre financement fédéral, et nous ne voulons pas non plus sacrifier nos valeurs ou les membres de notre communauté pour vos dollars ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous condamnons tous les crimes et les discours haineux perpétués en raison de cette élection. Et bien que les États-Unis vont bientôt avoir un président qui a fait preuve d’un manque de respect  envers les valeurs que nous tenons en haute estime à San Francisco, il ne peut pas changer qui nous sommes, et il ne changera jamais nos valeurs. Nous argumentons, nous militons, nous débattons vigoureusement au sein de San Francisco, mais sur ces points nous sommes unis à 100 %. Nous combattrons la discrimination et l’irresponsabilité dans toutes ses formes. Nous sommes une Ville. Et nous avancerons ensemble.

24.12.2016 - San Francisco, Californie - Pressenza New York

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