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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 08:57
De l’utilité de la géographie pour comprendre le nouveau monde

Les victoires électorales de Donald Trump et du Brexit en 2016 annoncent-elles la fin de la mondialisation ? (Source : lesechos.fr)

L’année 2016 a enregistré des résultats électoraux inattendus dans plusieurs grands pays développés dont les plus retentissants sont l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et la victoire du Brexit au Royaume-Uni. Parallèlement, plusieurs ouvrages récents annoncent ou espèrent la fin de la mondialisation comme ceux de François Lenglet, Jacques Sapir et Arnaud Montebourg[1]. De son côté le journal Le Monde a cherché à y voir clair en publiant une riche enquête sur la mondialisation (6 articles) en juillet 2016. L’éditorial du même journal publié le 14 novembre 2016 préfère dénoncer le fantasme de la « démondialisation ». Toujours est-il que les réalités du monde contemporain changent vite, surtout depuis la crise financière de 2008-2009. Un « nouveau monde »[2] se met-il en place ? D’une manière plus précise, l’hebdomadaire Le un titre son numéro 136 du 4 janvier 2017 Vers la fin du monde démondialisé ? Dans ce numéro passionnant un géographe, Michel Foucher, pense que « la démondialisation qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation » tandis que l’écrivain Erik Orsenna prescrit « la géographie comme remède au simplisme politique et aux folies mercantiles ».

Quatre cycles de mondialisation selon Michel Foucher

Pour notre part nous avons publié ici même deux articles cherchant à faire une synthèse de la mondialisation contemporaine (http://cafe-geo.net/la-mondialisation-contemporaine-12/ ; http://cafe-geo.net/la-mondialisation-contemporaine-22/). Nous conseillons également la lecture du petit livre concret et rigoureux de Romain Leclerc Sociologie de la mondialisation paru en 2013 dans la collection Repères des éditions de La Découverte. Une autre lecture intéressante : le numéro 364 de janvier 2017 actuellement en kiosque de la revue Alternatives économiques avec pour titre La fin de la mondialisation ?[3]

 

Quant à Michel Foucher il propose un découpage chronologique de la mondialisation en quatre cycles[4]. Une première mondialisation se met en place dans les années 1492-1520 : les Grandes Découvertes permettent la création d’un empire universel avec l’empire espagnol dont le monopole est vite entamé par l’Empire portugais. Une deuxième mondialisation dominée par les Britanniques débute au XIXe siècle avec de nouveaux moyens techniques (navigation à vapeur, télégraphe électrique). Une troisième mondialisation, « américaine » celle-ci, commence entre 1978 et 1991 (la Chine de Deng Xiaoping adopte l’économie de marché, Ronald Reagan et Margaret Thatcher dérégulent le marché, les anciens espaces soviétiques adoptent à leur tour l’économie de marché). L’Internet et les conteneurs sont les principaux outils de cette mondialisation tandis que l’OMC fixe des règles de sécurité juridique pour le commerce international. Aujourd’hui, s’amorce un quatrième cycle de mondialisation de nature multipolaire avec la perte du monopole occidental de la mondialisation et l’émergence de la Chine qui en devient un grand acteur et notamment un producteur de normes.

« La « démondialisation » qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation. (…) Il n’y a donc pas de démondialisation au sens propre. (…) D’où ce sentiment de malaise en Occident, le sentiment d’un déclin parce qu’on ne maîtrise plus tout. (…) Les Chinois font mieux que nous avec nos propres outils ! »[5]

La démondialisation : le mot et le contenu

Tout d’abord rappelons que la paternité du terme « démondialisation » (deglobalization revient à l’économiste philippin Walden Bello qui définit le concept dans son livre Deglobalization, Ideas for a New World Economy (Zed Books, 2002). Pour Walden Bello, la « démondialisation » est présentée comme un modèle alternatif au modèle néolibéral de l’OMC, un modèle qui viserait à réglementer, réguler et discipliner le capitalisme. Ses thèses conçues pour les pays en développement ont cependant été adaptées aux pays développés, surtout après la crise financière de 2008.

Pour l’économiste français Patrick Artus, le terme « démondialisation » est aujourd’hui justifié dans la mesure où il y a bien une démondialisation de la production qui apparaît clairement depuis la crise de 2008. pour au moins deux raisons : la hausse des coûts de production dans les pays émergents et la pression des pays producteurs pour que l’essentiel de la production soit réalisé sur place. A côté de cette démondialisation des biens s’intensifie au contraire la mondialisation numérique et financière.[6]

Pour Michel Foucher, c’est Gordon Brown, alors Premier Ministre britannique,  qui est le premier responsable politique européen à aborder la question de la démondialisation, lors du Forum économique mondial de Davos en 2009, en  s’inquiétant du risque d’un repli sur soi et d’une démondialisation de la finance. Quant au concept repris par Arnaud Montebourg il s’agit en fait d’une autre réalité qui est celle de la réindustrialisation. Toujours est-il que les populations des pays riches s’inquiètent de plus en plus du niveau élevé de chômage, de la dérégulation et de ses conséquences, mais aussi des attentats et de leur exposition médiatique, des flux migratoires… D’où la demande de plus d’Etat pour faire face aux problèmes qui s’accumulent depuis la crise de 2008. Michel Foucher évoque une part de fantasme dans les pays développés portant « sur la difficulté d’accepter la fin de la domination de l’homme blanc » mais en même temps il ne nie pas un retour en arrière possible de la mondialisation. Ceci pour au moins deux raisons : les frictions entre les grandes puissances économiques pouvant engendrer des réactions en chaîne désastreuses, et l’utilisation des sanctions, formes particulières d’une démondialisation imposée.

Un retour de  la géographie selon Erik Orsenna

La position de l’écrivain français Erik Orsenna, économiste de formation, est particulièrement intéressante car il rejette à la fois le déni et le simplisme. Au sujet de l’Europe, il pense que « notre drame, c’est le manque d’Europe » mais qu’en même temps l’Union européenne ne peut continuer à exister telle qu’elle est, c’est-à-dire comme « un espace dit unique alors qu’on permet la course à l’optimisation fiscale » et un organisme incapable de mieux négocier dans le contexte global de guerre économique mondialisée (allusion au dumping chinois). Il dénonce également les responsabilités des décideurs politiques de nos démocraties :

« Les politiques veulent simplifier car on vote pour le simple. Ne parlons pas de populisme mais de simplisme. Bientôt, il n’y aura plus que des simplets au pouvoir. Parmi les nains, ce n’est pas Simplet que j’aurais choisi pour diriger… »[7]

Enfin, il est convaincu que la localisation des lieux de production va évoluer dans le sens du raccourcissement des circuits de distribution parce que la prise de conscience environnementale a eu lieu. Il prédit un bel avenir à la notion de bassin et cite par exemple la nécessité d’une gestion régionale commune du fleuve Sénégal.

« Alors, démondialisation? L’eau dit la vérité. Elle n’est pas transportable. Elle pose la bonne question pour savoir quel est l’est l’espace pertinent de collaboration. Réponse : le bassin. La solution est dictée par la géographie. La gestion commune du fleuve Sénégal est nécessaire. (…) Je crois plutôt qu’on assiste à un retour de la géographie. La mondialisation, c’est tuer la géographie, c’est l’homogénéiser. Bienvenue au divers plutôt qu’à la démondialisation. »[8]

Daniel Oster, le 5 janvier 2017

[1] François Lenglet, La fin de la mondialisation, Fayard, 2013, réédité en poche dans la collection Pluriel, 2014. Jacques Sapir, La démondialisation,Seuil, 2011, réédité en poche dans la collection Points, 2012. Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation !,Flammarion, 2011.

[2] Nous empruntons l’expression « nouveau monde » à Marcel Gauchet qui titre son prochain livre Le nouveau monde (à paraître chez Gallimard le 26 janvier 2017), sachant que le philosophe français se situe sur le plan de l’évolution des idées politiques, principalement celle des transformations de la démocratie depuis la crise économique du milieu des années 1970.

[3] Rappelons que la même revue a publié son numéro 303 de juin 2011 sous le titre Mondialisation : le début de la fin ?

[4] Le un, Vers la fin du monde mondialisé ?, n°136, mercredi 4 janvier 2017.

[5] Michel Foucher, op. cit.

[6] Patrick Artus, op. cit.

[7] Erik Orsenna, Le un, op. cit.

[8] Erik Orsenna, Le un, op. cit.

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De l’utilité de la géographie pour comprendre le nouveau monde

Les victoires électorales de Donald Trump et du Brexit en 2016 annoncent-elles la fin de la mondialisation ? (Source : lesechos.fr)

L’année 2016 a enregistré des résultats électoraux inattendus dans plusieurs grands pays développés dont les plus retentissants sont l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et la victoire du Brexit au Royaume-Uni. Parallèlement, plusieurs ouvrages récents annoncent ou espèrent la fin de la mondialisation comme ceux de François Lenglet, Jacques Sapir et Arnaud Montebourg[1]. De son côté le journal Le Monde a cherché à y voir clair en publiant une riche enquête sur la mondialisation (6 articles) en juillet 2016. L’éditorial du même journal publié le 14 novembre 2016 préfère dénoncer le fantasme de la « démondialisation ». Toujours est-il que les réalités du monde contemporain changent vite, surtout depuis la crise financière de 2008-2009. Un « nouveau monde »[2] se met-il en place ? D’une manière plus précise, l’hebdomadaire Le un titre son numéro 136 du 4 janvier 2017 Vers la fin du monde démondialisé ? Dans ce numéro passionnant un géographe, Michel Foucher, pense que « la démondialisation qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation » tandis que l’écrivain Erik Orsenna prescrit « la géographie comme remède au simplisme politique et aux folies mercantiles ».

Quatre cycles de mondialisation selon Michel Foucher

Pour notre part nous avons publié ici même deux articles cherchant à faire une synthèse de la mondialisation contemporaine (http://cafe-geo.net/la-mondialisation-contemporaine-12/ ; http://cafe-geo.net/la-mondialisation-contemporaine-22/). Nous conseillons également la lecture du petit livre concret et rigoureux de Romain Leclerc Sociologie de la mondialisation paru en 2013 dans la collection Repères des éditions de La Découverte. Une autre lecture intéressante : le numéro 364 de janvier 2017 actuellement en kiosque de la revue Alternatives économiques avec pour titre La fin de la mondialisation ?[3]

 

Quant à Michel Foucher il propose un découpage chronologique de la mondialisation en quatre cycles[4]. Une première mondialisation se met en place dans les années 1492-1520 : les Grandes Découvertes permettent la création d’un empire universel avec l’empire espagnol dont le monopole est vite entamé par l’Empire portugais. Une deuxième mondialisation dominée par les Britanniques débute au XIXe siècle avec de nouveaux moyens techniques (navigation à vapeur, télégraphe électrique). Une troisième mondialisation, « américaine » celle-ci, commence entre 1978 et 1991 (la Chine de Deng Xiaoping adopte l’économie de marché, Ronald Reagan et Margaret Thatcher dérégulent le marché, les anciens espaces soviétiques adoptent à leur tour l’économie de marché). L’Internet et les conteneurs sont les principaux outils de cette mondialisation tandis que l’OMC fixe des règles de sécurité juridique pour le commerce international. Aujourd’hui, s’amorce un quatrième cycle de mondialisation de nature multipolaire avec la perte du monopole occidental de la mondialisation et l’émergence de la Chine qui en devient un grand acteur et notamment un producteur de normes.

« La « démondialisation » qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation. (…) Il n’y a donc pas de démondialisation au sens propre. (…) D’où ce sentiment de malaise en Occident, le sentiment d’un déclin parce qu’on ne maîtrise plus tout. (…) Les Chinois font mieux que nous avec nos propres outils ! »[5]

La démondialisation : le mot et le contenu

Tout d’abord rappelons que la paternité du terme « démondialisation » (deglobalization revient à l’économiste philippin Walden Bello qui définit le concept dans son livre Deglobalization, Ideas for a New World Economy (Zed Books, 2002). Pour Walden Bello, la « démondialisation » est présentée comme un modèle alternatif au modèle néolibéral de l’OMC, un modèle qui viserait à réglementer, réguler et discipliner le capitalisme. Ses thèses conçues pour les pays en développement ont cependant été adaptées aux pays développés, surtout après la crise financière de 2008.

Pour l’économiste français Patrick Artus, le terme « démondialisation » est aujourd’hui justifié dans la mesure où il y a bien une démondialisation de la production qui apparaît clairement depuis la crise de 2008. pour au moins deux raisons : la hausse des coûts de production dans les pays émergents et la pression des pays producteurs pour que l’essentiel de la production soit réalisé sur place. A côté de cette démondialisation des biens s’intensifie au contraire la mondialisation numérique et financière.[6]

Pour Michel Foucher, c’est Gordon Brown, alors Premier Ministre britannique,  qui est le premier responsable politique européen à aborder la question de la démondialisation, lors du Forum économique mondial de Davos en 2009, en  s’inquiétant du risque d’un repli sur soi et d’une démondialisation de la finance. Quant au concept repris par Arnaud Montebourg il s’agit en fait d’une autre réalité qui est celle de la réindustrialisation. Toujours est-il que les populations des pays riches s’inquiètent de plus en plus du niveau élevé de chômage, de la dérégulation et de ses conséquences, mais aussi des attentats et de leur exposition médiatique, des flux migratoires… D’où la demande de plus d’Etat pour faire face aux problèmes qui s’accumulent depuis la crise de 2008. Michel Foucher évoque une part de fantasme dans les pays développés portant « sur la difficulté d’accepter la fin de la domination de l’homme blanc » mais en même temps il ne nie pas un retour en arrière possible de la mondialisation. Ceci pour au moins deux raisons : les frictions entre les grandes puissances économiques pouvant engendrer des réactions en chaîne désastreuses, et l’utilisation des sanctions, formes particulières d’une démondialisation imposée.

Un retour de  la géographie selon Erik Orsenna

La position de l’écrivain français Erik Orsenna, économiste de formation, est particulièrement intéressante car il rejette à la fois le déni et le simplisme. Au sujet de l’Europe, il pense que « notre drame, c’est le manque d’Europe » mais qu’en même temps l’Union européenne ne peut continuer à exister telle qu’elle est, c’est-à-dire comme « un espace dit unique alors qu’on permet la course à l’optimisation fiscale » et un organisme incapable de mieux négocier dans le contexte global de guerre économique mondialisée (allusion au dumping chinois). Il dénonce également les responsabilités des décideurs politiques de nos démocraties :

« Les politiques veulent simplifier car on vote pour le simple. Ne parlons pas de populisme mais de simplisme. Bientôt, il n’y aura plus que des simplets au pouvoir. Parmi les nains, ce n’est pas Simplet que j’aurais choisi pour diriger… »[7]

Enfin, il est convaincu que la localisation des lieux de production va évoluer dans le sens du raccourcissement des circuits de distribution parce que la prise de conscience environnementale a eu lieu. Il prédit un bel avenir à la notion de bassin et cite par exemple la nécessité d’une gestion régionale commune du fleuve Sénégal.

« Alors, démondialisation? L’eau dit la vérité. Elle n’est pas transportable. Elle pose la bonne question pour savoir quel est l’est l’espace pertinent de collaboration. Réponse : le bassin. La solution est dictée par la géographie. La gestion commune du fleuve Sénégal est nécessaire. (…) Je crois plutôt qu’on assiste à un retour de la géographie. La mondialisation, c’est tuer la géographie, c’est l’homogénéiser. Bienvenue au divers plutôt qu’à la démondialisation. »[8]

Daniel Oster, le 5 janvier 2017

[1] François Lenglet, La fin de la mondialisation, Fayard, 2013, réédité en poche dans la collection Pluriel, 2014. Jacques Sapir, La démondialisation,Seuil, 2011, réédité en poche dans la collection Points, 2012. Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation !,Flammarion, 2011.

[2] Nous empruntons l’expression « nouveau monde » à Marcel Gauchet qui titre son prochain livre Le nouveau monde (à paraître chez Gallimard le 26 janvier 2017), sachant que le philosophe français se situe sur le plan de l’évolution des idées politiques, principalement celle des transformations de la démocratie depuis la crise économique du milieu des années 1970.

[3] Rappelons que la même revue a publié son numéro 303 de juin 2011 sous le titre Mondialisation : le début de la fin ?

[4] Le un, Vers la fin du monde mondialisé ?, n°136, mercredi 4 janvier 2017.

[5] Michel Foucher, op. cit.

[6] Patrick Artus, op. cit.

[7] Erik Orsenna, Le un, op. cit.

[8] Erik Orsenna, Le un, op. cit.

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Danièle Soubeyrand-Géry
26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 18:29

 

Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco a récemment pris une résolution introduite par le président du conseil London Breed en réponse à l’élection de Donald Trump. Voici le texte de la résolution :

 

Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco © San Francisco Bay Times Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco © San Francisco Bay Times
ATTENDU QUE, le 8 Novembre 2016 Donald Trump a été élu pour devenir le 45ème président des États-Unis, en conséquence de quoi

 

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : quelles que soient les menaces proférées par le président élu Trump, San Francisco demeurera une Ville Sanctuaire. Nous ne tournerons pas le dos aux hommes et aux femmes originaires d’autres pays qui participent à la grandeur de la ville et qui représentent plus d’un tiers de la population. Il y a ici le Golden Gate : nous construisons des ponts, pas des murs ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous ne reviendrons jamais sur les droits des femmes, que cela soit dans le domaine de la santé, du travail ou dans n’importe quel domaine menacé par un homme qui traite les femmes comme des obstacles à rabaisser ou des objets à agresser. Et non moins important, nous nous assurerons que nos jeunes filles grandiront avec des modèles qui leur montrent qu’elles peuvent être et faire ce qu’elles veulent ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : il n’y aura pas de thérapie de conversion, ni de suppression des droits à San Francisco. Nous avons commencé à accueillir les mariages homosexuels depuis 12 ans et nous n’allons pas nous arrêter maintenant. Et pour toutes les personnes LGBTQ* de tout le pays qui se sentent effrayés, intimidés, ou seuls : vous comptez. Vous êtes vus, vous êtes aimés ; et San Francisco n’arrêtera jamais de se battre pour vous ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous croyons encore au principe fondamental de liberté religieuse de cette nation. Nous ne bannissons pas des personnes pour leur foi. Et les seules listes que l’on garde sont des invitations à venir prier ensemble ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : la vie des personnes de couleur compte à San Francisco, même si cela pourrait ne pas être le cas à la Maison Blanche. Et, guidés par l’équipe de travail du président Obama sur la police du 21ème siècle, nous continuerons à réformer notre service de police et à reconstruire une relation de confiance entre la police et les communautés de couleur afin que tous les citoyens se sentent en sécurité dans leurs quartiers ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : le changement climatique n’est pas un canular ou un complot des Chinois. Dans cette ville entourée d’eau sur trois côtés, la science est importante. Et nous continuerons notre travail sur l’Energie propre, le Zéro déchet, ainsi que tout ce que nous faisons pour protéger les générations futures ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous avons fourni des soins de santé à tous dans cette ville depuis presque une décennie, et si la nouvelle administration va au bout de sa promesse impitoyable d’annuler l’assurance maladie pour 20 millions de personnes, les habitants de San Francisco seront protégés ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION :  nous sommes le lieu de naissance des Nations Unies, une ville rendue plus forte par les milliers de visiteurs internationaux que nous accueillons chaque jour. Nous resterons engagés pour l’internationalisme ainsi que pour nos amis et alliés du monde entier – que cela soit ou ne soit pas le cas de l’administration à Washington ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : San Francisco restera une des premières villes pour le transport et continuera à construire les systèmes Muni et BART [réseaux de transport de San Francisco, NDT] sur lesquels nous pouvons tous compter, même si l’administration de Washington va au bout de son projet de supprimer le financement fédéral pour le transport en commun ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : la Californie est la sixième plus grande économie du monde. La région de la Baie est la capitale de l’innovation du pays. Nous ne serons pas intimidés par les menaces de révoquer notre financement fédéral, et nous ne voulons pas non plus sacrifier nos valeurs ou les membres de notre communauté pour vos dollars ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous condamnons tous les crimes et les discours haineux perpétués en raison de cette élection. Et bien que les États-Unis vont bientôt avoir un président qui a fait preuve d’un manque de respect  envers les valeurs que nous tenons en haute estime à San Francisco, il ne peut pas changer qui nous sommes, et il ne changera jamais nos valeurs. Nous argumentons, nous militons, nous débattons vigoureusement au sein de San Francisco, mais sur ces points nous sommes unis à 100 %. Nous combattrons la discrimination et l’irresponsabilité dans toutes ses formes. Nous sommes une Ville. Et nous avancerons ensemble.

24.12.2016 - San Francisco, Californie - Pressenza New York

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 11:10

 Chères amies, chers amis,
     
Le Comité 1905 Auvergne Rhône-Alpes et Regards de Femmes ont le plaisir de vous inviter à la conférence-débat publique 
                  “ A-t-on le droit de vivre sans religion?
                       JEUDI 26 JANVIER à 19 h 30 
                  Mairie du 6ème Arrondissement de Lyon

L’intervenant sera Mr Joseph MACE SCARON  Président du Comité Editorial de “MARIANNE”.
      
Journaliste et essayiste, Joseph Macé Scaron est l’auteur notamment de “L’horreur religieuse” (Plon novembre 2016), de “La tentation communautaire”(Plon 2001), de “Montaigne, notre nouveau philosophe (Plon 2002) et de “ La Panique identitaire”(Grasset 2014).


Joseph Macé Scaron a été le Président du jury 2016 des “Grands Prix de la Laïcité” organisés par le Comité Laïcité République à l’Hôtel de Ville de Paris,

Le nombre de places étant limité, il est prudent de s’inscrire à l’adresse suivante: “comite1905ra@orange.fr”.

En vous souhaitant de belles fêtes de fin d'année,

Très cordialement à vous

Michèle Vianès
 

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Colloques, réunions
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 11:07
 

 

Nous vous l'avons présenté à plusieurs reprises dans cette lettre d'information : le projet de loi « Égalité et citoyenneté » a été adopté ce jeudi en lecture définitive à l'Assemblée nationale. Enrichi par les citoyen.ne.s, invité.e.s au printemps dernier à participer à une consultation numérique, puis par le travail parlementaire, ce texte porté par le gouvernement est riche en mesures fortes et innovantes, autour de trois axes : la « citoyenneté et l'émancipation des jeunes » (généralisation du service civique, création d'un congé d'engagement associatif, carte de volontaire en service civique, ouverture de l'accès à la CMU-C aux jeunes âgés de 18 à 24 ans...), la « mixité sociale et l'égalité des chances » (attribution des logements sociaux plus juste et plus transparente...), et « l'égalité réelle », qui vise à renforcer la lutte contre toutes les discriminations.

Plusieurs amendements du gouvernement et de la députée Maud Olivier, soutenus par Catherine Coutelle, viennent également renforcer l'égalité entre les femmes et les hommes dans notre droit, avec l'inscription attendue du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes dans la loi, en faisant du sexisme une circonstance aggravante de tous les crimes et délits, ou encore en confiant au CSA la mission de veiller à l'image des femmes apparaissant dans les publicités.

 
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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 10:44
Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, le 24 août 2014 à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)
Sophie BrunnFrance Télévisions
Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont souvent fait cause commune : au PS au début des années 2000, où ils ont milité dans le même courant. Ou encore dans le gouvernement de Manuel Valls, dont ils ont été remerciés en même temps. Aujourd'hui, ils sont tous deux des prétendants de la primaire de la gauche. Montebourg revendique une candidature "sociale républicaine", "au cœur des gauches", quand Hamon se situe à la gauche du PS. Qu'est-ce qui les différencie aujourd'hui dans leurs programmes ? Franceinfo s'est penché sur leurs propositions : ce qui les rapproche et ce qui les différencie.

Sur le monde du travail

Ce que dit Benoît Hamon : "Je mettrai en place un revenu universel d’existence pour éradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre pour les Français-e-s."

Ce que pense Arnaud Montebourg :"Nous prônons plutôt finalement la société du travail. Il faut que chacun puisse avoir un revenu, mais sur la base d'efforts, et pas sur la base du simple fait de respirer", dit son directeur de campagne François Kalfon.

Ils ne sont pas tout à fait d'accord. A travers le débat sur le revenu universel perce une différence d'approche sur les questions liées au travail. Si l'on caricature à l'extrême, c'est "Montebourg le productiviste" contre "Hamon le décroissant". "Notre conviction, c'est que le progrès technologique permettra de produire plus de richesse avec moins d'heures de travail. Se pose donc la question de la répartition de cette richesse", explique Mathieu Hanotin, son directeur de campagne. Hamon veut encourager la diminution du temps de travail ou mettre en place un revenu universel d'existence.

A l'inverse, dans le camp d'Arnaud Montebourg, on estime que le revenu universel n'est pas la solution. Pour Christian Paul, député "frondeur" et soutien de l'ancien ministre du Redressement productif, "d'une certaine façon, le revenu universel c'est l'acceptation d'un chômage de masse. Il coûte très cher, sans garantir des créations d'emplois. Mieux vaut utiliser cet argent pour de la formation, ou des dispositifs" comme "Zéro chômeur de longue durée". Entre les deux candidats, "il y a donc une approche différente de la politique économique mais aussi du modèle de développement", poursuit Christian Paul.

Sur la VIe République

Ce que dit Arnaud Montebourg : "Je propose de faire adopter par référendum, dès l’été 2017, une réforme politique d’envergure qui établira une République nouvelle. Elle procédera d’un double mouvement : d’une part l’augmentation de la responsabilité des dirigeants politiques, d’autre part, l’entrée des citoyens dans le système politique."

Ce que dit Benoît Hamon : "J’établirai un mandat présidentiel non-renouvelable de sept ans avec un rôle nouveau : le président sera responsable de l’équilibre entre les pouvoirs, du respect des libertés (saisine du Conseil constitutionnel) et des intérêts de long-terme de la nation (environnement, santé, paix et stabilité internationale)."

Ils sont d'accord. "C'est lui le dépositaire, ils ont tous copié ses idées", assure-t-on chez Arnaud Montebourg. En 2001 déjà, c'est lui qui avait lancé la convention pour la VIe république. Un ensemble de propositions repris à l'époque par le NPS, le Nouveau Parti socialiste, lancé par Montebourg, Peillon et Hamon. Aujourd'hui, "il s'agit de remettre le citoyen au cœur du processus démocratique", dit-on dans l'entourage de Benoît Hamon. Montebourg et Hamon proposent tous les deux d'introduire de la proportionnelle à l'Assemblée, de réformer le Sénat en profondeur, notamment en y faisant siéger des citoyens tirés au sort, ou de limiter l'article 49.3 aux textes budgétaires.

Sur l'Europe

Ce que dit Montebourg : "Il va falloir aller casser un peu de vaisselle à Bruxelles. Ca suffit l'austérité!"

Ce que dit Hamon: "Je forgerai une alliance des gauches européennes pour imposer un moratoire sur le pacte de stabilité. L’austérité est inefficace et contribue à augmenter la dette."

Ils sont plutôt d'accord. Pour "sauver" l'Europe, ils affichent une différence de méthode : Montebourg prétend réformer l'Europe "au forceps", quand Hamon veut trouver des alliés pour se faire entendre. "On n'obtiendra rien en tapant du poing sur la table ou en agitant le chiffon rouge", explique-t-on chez Hamon. Mais les deux candidats partagent le même objectif : en finir avec l'"Europe de l'austérité", symbolisée par le "dogme" des 3% de déficit.

Tous deux partisans de la relance, ils se distinguent sur les moyens d'y parvenir : Hamon veut un Smic européen, Montebourg un plan d'augmentation des salaires. Ils plaident pour une harmonisation fiscale et la remise en cause de la directive sur les travailleurs détachés, et souhaitent aussi que l'Europe protège mieux ses marchés et ses entreprises, notamment grâce au protectionnisme. "Ils restent européens tous les deux, aucun n'est souverainiste", dit Christian Paul. A l'opposé de Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite, lui, une sortie des traités européens.

Sur la laïcité

Ce que dit Arnaud Montebourg : "La laïcité doit écarter de la décision publique toute transcendance. Elle doit permettre de se garder de la tyrannie, celle de la minorité (c'est le communautarisme) comme celle de la majorité (c'est l'identitarisme)."

Ce que dit Benoit Hamon : "La laïcité est un principe qui irrigue la République, dans le respect de tous, pas un outil contre une religion ou l'absence de religion."

Ils n'ont pas la même vision. Dans l'éventail des positions qui traversent la gauche sur ces questions, Benoît Hamon assume d'être à l'opposé de Manuel Valls, chef de file des "ultra-laïcs". Et Montebourg affirme être à un point d'équilibre entre les deux. Ainsi, Montebourg ne souhaite pas légiférer pour interdire le voile à l'université (alors que Valls y est favorable) ou régir la place du voile dans l'entreprise. Dans son équipe, on insiste sur le fait que "la mixité n'est pas négociable dans l'espace public". Allusion aux propos controversés de Benoît Hamon, interrogé sur un reportage montrant des quartiers populaires dans lesquels les femmes ne sont pas les bienvenues. "Remettons des questions sociales avant de mettre des questions religieuses sur ces sujets-là", a notamment réagi l'ancien ministre de l'Education.

Sur le cannabis

Ce que dit Benoît Hamon : "Je légaliserai le cannabis et j’encadrerai sa distribution. Il faut tuer les trafics à la source et protéger nos citoyens des pratiques des dealers. J’utiliserai les 568 millions d’euros annuels utilisés pour la répression à des fins de prévention et d’information sur les risques associés à cette consommation."

Ce que dit Arnaud Montebourg : "Je considère qu'en terme de santé publique, nous ne pouvons pas nous permettre une dépénalisation. Nous avons investi tant d'énergie de la puissance publique pour dissuader les Français de consommer de l'alcool et de fumer, qu'envoyer un message sur un nouvelle addiction plus grave en terme de santé publique serait pour moi une erreur pour le pays."

Ils ne sont pas du tout d'accord. Dans l'entourage d'Arnaud Montebourg, on estime que la dépénalisation ne limiterait en rien l'économie souterraine générée par le trafic de cannabis mais aussi d'autres drogues.

Malgré leurs différences, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sont tout à fait susceptibles de se rapprocher au second tour de la primaire si l'un d'eux est qualifié. Surtout s'il s'agit de s'opposer à Manuel Valls, dont ils combattent tous deux le positionnement. "Assez naturellement, je ne voterai pas Valls au second tour", dit ainsi un très proche de Benoît Hamon.

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Danièle Soubeyrand-Géry
19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 13:35

Photo d'illustration - LyonMag

 

Photo d'illustration - LyonMag

 

Comme chacun le sait, le président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes a, depuis son élection, endossé le costume de Monsieur Laveplusblanc.

 

 

Nul ne songerait à reprocher à Laurent Wauquiez d’avoir lancé une vaste chasse aux gaspillages. Interdiction formelle donc de reproduire l’épisode Farida Boudaoud et ses notes de taxis colossales lors de la présidence Queyranne.

Mais en nous plongeant dans les plannings de service des chauffeurs, nous avons déniché quelques utilisations que d’aucuns pourraient qualifier d’abusives.

 

En premier lieu, le cas de la vice-présidente aux Lycées Béatrice Berthoux qui utilise régulièrement une voiture et un chauffeur pour effectuer les 35 malheureux kilomètres entre son domicile de Limas et son bureau au siège de la Région à la Confluence. Que ses collègues qui habitent à plusieurs centaines de kilomètres de Lyon agissent de la sorte est plus logique. Ils profitent du temps de trajet (qui se calcule en heures) pour travailler dans la voiture.

 

Mais dans le cas de Béatrice Berthoux, on peut penser qu’elle pourrait utiliser sa propre voiture (ou sauter dans un train) ; cela éviterait à un chauffeur de la Région de faire deux allers-retours à chaque fois qu’elle se rend à son bureau. Peut-être faut-il voir là la raison qui l’a poussée à préférer la Région au Département. Lorsqu’elle était vice-présidente du Conseil départemental, c’est avec sa propre voiture qu’elle venait à Lyon.

 

Nous aurions en revanche mauvaise grâce à faire ce même reproche au premier vice-président Étienne Blanc (qui habite à la frontière suisse) ou à son collègue Éric Fournier qui, lui, réside à Chamonix.

 

Nos deux élus ont néanmoins quelques progrès à faire. Ils semblent ignorer qu’il existe à Lyon un réseau de transports en commun tout à fait performant. Cela éviterait par exemple à Étienne Blanc de recourir à une voiture et à un chauffeur lorsqu’il va de la Confluence à l’Hôtel du gouverneur ou au Cercle de l’Union place Bellecour. Dans un cas, il peut utiliser le métro qui le pose tout près, dans l’autre, il a le choix entre le métro ou la navette Presqu’île (rebaptisée S 91).

Éric Fournier, lui, semble ignorer que pour aller à la gare de la Part-Dieu, il existe un tramway direct. Quant à Florence Verney-Caron, on s’étonne qu’elle se croit obligée de faire appel à une voiture et un chauffeur pour aller de son domicile de Caluire à la gare.

 

Laurent Wauquiez gagnerait à passer un coup de fil à la sénatrice et présidente du Sytral Annie Guillemot pour qu’elle lui offre quelques plans du réseau des TCL. Voilà qui pourrait être utile à sa directrice de cabinet qui découvrirait que pour se rendre rue Royale (dans le 1er arrondissement) il existe une solution alternative à la voiture-chauffeur de la Région.

 

Autres handicapés des transports en commun, le directeur général des services (DGS) et le directeur adjoint (DGA). Le premier ignore probablement qu’il est très simple d’emprunter le tram pour aller du siège de la Confluence à la Chambre régionale des comptes située boulevard Vivier-Merle, dans le 3e arrondissement. Quant au second, on imagine sans peine qu’il aurait bien évidemment renoncé à la voiture-chauffeur s’il avait su que l’on peut facilement se rendre rue Moncey en tram ou en métro.

À défaut, l’un et l’autre pourraient d’ailleurs tout à fait utiliser la voiture de service que la Région met à leur disposition.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 10:58

Sexe, race,  pratique du pouvoir et l’idée de nature de Colette Guillaumin, 1978 réédité. Ce texte de n’a pas pris beaucoup de rides !

 

Introduction

 

En 1978, Colette Guillemin fait paraître un texte fondateur dans les Questions féministes n°2 qui théorise l'appropriation des femmes à travers l'idéologie naturaliste  et propose une analyse en termes de construction sociale du genre. Elle invente et développe le terme sexage.

Elle s’appuie sur deux faits dominants.  Le premier est un rapport de pouvoir, coup de force permanent qu’est l’appropriation de la classe des femmes par la classe des hommes. L’autre est un effet idéologique, l’idée de nature, cette « nature » supposée rendre compte de ce que seraient les femmes. « L’appropriation  des femmes est explicite dans l’habitude sémantique très banale de mentionner les acteurs sociaux  femmes prioritairement par leur sexe (« femmes », les femmes) ; Toute qualification est omise  ou refusée au sexe féminin…. Ce qui est dit  et uniquement dit à propos des êtres humains femelles, c’est leur position effective dans les rapports de classe : celle d’être en premier et fondamentalement des femmes ». Femmes nous sommes, ce n’est pas un qualificatif parmi d’autres c’est notre définition sociale.

Un élève a été puni, une jeune fille a reçu un blâme (rapport Ecole Polytechnique)/ Un président, un ouvrier, un tourneur et une femme/ Ils ont assassinés des dizaines de milliers d’ouvriers, d’étudiants, de femmes (F.Castro à propos du régime de Battista)

Je me limiterai à la première partie de l’article, l’appropriation des femmes, l’appropriation concrète, la réduction de femmes à l’état d’objet matériel.  Lorsqu’elle est vendue sur le marché du travail,  elle est beaucoup moins payée que les hommes (40 ans après peu de changements !), et le travail domestique des femmes, qu’elles soient salariées ou non est accompli sans salaire. L’appropriation physique dans les rapports de sexe contient l’accaparement de la force de travail. « Nommé  esclavage et servage  dans l’économie foncière, ce type de rapport peut être désigné sous le terme de sexage ».

 

I. L’expression concrète de l’appropriation

Dans les rapports de sexage, appropriation  de l’ensemble du groupe des femmes ou du corps individuel de chaque femme Colette Guillaumin distingue :

L’appropriation du temps : le temps est approprié explicitement dans le contrat de mariage en ce qu’il n’y a aucune mesure de ce temps et aucune limitation à son emploi. « Tout se passe comme si l’épouse appartenait en nue-propriété à l’époux et la classe des femmes en usufruit à chaque homme, et particulièrement à chacun de ceux qui ont acquis l’usage privé de l’une d’entre elles ». Aux femmes, le ménage, la surveillance des enfants, la préparation de la nourriture…..

L’appropriation des produits du corps : dans le mariage le nombre d’enfants n’est pas soumis à contrat, n’est pas fixé avec l’épouse. Le corps individuel matériel des femmes dans ce qu’il fabrique (les enfants, le lait) appartient à un autre qu’elle-même, comme c’était le cas dans l’esclavage de la plantation. Depuis 1976, quelques avancées : l’autorité du père devenue parentale en 2002, les prestations sociales ne sont plus automatiquement versées au père  depuis 2010

L’obligation sexuelle : Comment nommer cette relation ? « Services sexuels »? Devoir comme les devoirs de classe ? Cuissage ? Droit de cuissage ? On a toujours appris qu’à des droits correspondent des devoirs, ce qu’on n’a pas précisé c’est qu’au droit des uns correspond le devoir des autres. Il existe deux formes principales de l’usage sexuel, celui qui intervient par contrat non monétaire, dans le mariage et celui directement monnayé, la prostitution. La vente limite l’usage physique à l’usage sexuel, dans le mariage les usages sont beaucoup plus larges.

La charge physique des membres invalides du groupe ainsi que des membres valides de sexe mâle dans une relation non évaluée, ni temporellement, ni économiquement. Quand ces tâches sont exercées professionnellement, elles le sont essentiellement par les femmes.

 

II l’Appropriation matérielle de l’individualité corporelle

« La vente ou  l’échange de biens et spécialement de l’émanation corporelle qu’est la force de travail constitue la vérification de la propriété de soi-même (je ne peux vendre que ce qui m’appartient). D’ailleurs pendant longtemps le salaire des femmes appartenaient à leurs maris, ils étaient donc possesseurs de l’outil-de-travail-femme.

« L’appropriation des femmes, le fait que c’est leur matérialité en bloc qui est acquise est si profondément admis qu’il n’est pas vu ».

Plusieurs moyens pour s’approprier la classe des femmes :

Le marché du travail : les femmes sont encore trop souvent mises en demeure de trouver un emploi d’épouse, de femme donc de SE vendre et non de vendre leur force de travail pour pouvoir vivre et faire vivre leurs enfants (rémunération inférieure des femmes, idée du salaire complémentaire, plus fort taux de chômage…)

Le confinement dans l’espace : le domicile familial est encore fixé par l’époux et ce confinement est intériorisé, modèle de grille intérieure difficilement surpassable en terme d’efficacité. L’intériorisation s’obtient par dressage positif (reine du foyer, mère irremplaçable…) et négatif (si tu sors mes congénères te traqueront…) Ce fut une des raisons de l’interdiction du travail de nuit des femmes !

La démonstration de force, les coups

La contrainte sexuelle : toute femme non appropriée officiellement par contrat par un seul homme est l’objet d’un concours qui dévoile la nature collective de l’appropriation des femmes et exprime que l’ensemble des hommes dispose de chacune des femmes puisqu’entre eux c’est affaire de négociation ou de lutte pour savoir qui « emportera le morceau». Jusqu’à une période récente, il n’y avait viol que si le propriétaire de la femme, mari ou père, donc des enfants de la femme, risquait de se retrouver avec des « enfants non propres » (code civil).

L’arsenal juridique et le droit coutumier qui parfois s’est imposé. La loi française  du 6 Fructidor an II interdit à tout citoyen sous peine de sanction d’adopter un autre nom que celui qui figure sur son acte de naissance, loi pas appliquée en France où le droit coutumier impose le nom de l’époux. Les femmes sont donc dites exactement pour ce qu’elles sont, appropriées par leurs époux et inexistantes en tant que sujet de la loi.

Conclusion

Constatons que cette analyse aide à lire encore la situation actuelle des femmes en France et ailleurs, elle montre les rouages de la domination des femmes, rouages que nos luttes féministes n’ont pas réussi à enrailler même si la situation s’est améliorée dans quelques domaines, tout au moins pour l’instant. Dans la deuxième partie de l’article, Colette Guillaumin traite de l’idée de « nature », supposée rendre compte de ce que seraient les femmes.

Ce texte, dans son intégralité, est  illustré de nombreux exemples et références historiques. Relisons le.

Danièle Soubeyrand

 

 

 

 

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Danièle Soubeyrand-Géry
24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 20:07

Le collectif Prenons la Une soumet aux rédactions des outils pour utiliser les mots justes afin de ne plus minimiser les violences faites aux femmes.


 

« Aujourd’hui, en Espagne, aucun média n’oserait plus employer le terme ‘crime passionnel’ », assure Pilar Lopez Diez, qui n’est pas étrangère à cette situation. Cette docteure en sciences de l’information a aidé le quotidien espagnol Publico à adopter, en 2008, une charte sur le traitement des violences de genre. D’autres journaux du pays ont, depuis, adopté des recommandations. Au tour de la France ? Jeudi 17 novembre, Pilar Lopez Diez accompagnait le collectif français de femmes journalistes Prenons la Une, qui dévoilait ses « outils à l’usage des journalistes » pour un traitement juste des violences faites aux femmes.

« La cause des violences de genre, c’est la domination et le contrôle exercés par certains hommes sur leurs compagnes »

Chaque année, en France, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime. Plus de 80 000 subissent un viol ou une tentative de viol. Il ne s’agit que d’une partie des violences subies par les femmes. Et pourtant, trop souvent dans la presse, ce phénomène de société est réduit à l’état de fait divers. « Les titres, les mots, les images, régulièrement, ne sont pas justes », résume Claire Alet, l’une des fondatrices de Prenons la Une. Exemple criant parmi tant d’autres, ce titre et cette illustration :

violences

 

Humour, relativisation des faits, voire dépréciation de la victime… la façon dont les journalistes parlent des violences de genre peut contribuer « à les banaliser ou à les excuser », comme le rappelle Sophie Gourion créatrice duTumblr « Les mots tuent ». En parlant de « drame conjugal » ou de « crime passionnel », on entre dans le domaine de « l’immunité amoureuse » que dénonçait Natacha Henry dès 2011 dans nos colonnes.

Car « la cause première des violences de genre, c’est la domination et le contrôle exercés par certains hommes sur leurs compagnes », rappelle Pilar Lopez Diez.« Parler de crime passionnel, c’est suggérer que l’amour et la violence sont compatibles. Que l’on peut réduire à l’état d’objet quelqu’un qu’on aime. Les femmes victimes de violences entendent ces mots comme une injure », insiste le magistrat Edouard Durand. Le « crime passionnel » toujours pas mort, déplorions-nous encore il y un an.

Onze recommandations

Parce que les journalistes ont une responsabilité sociétale, le collectif Prenons la Une a donc établi des « outils à l’usage des journalistes » – à télécharger ici. Onze recommandations pour traiter sans sexisme des violences de genre. À commencer par bannir ces trop habituels « crime passionnel » ou « drame familial », pour privilégier « meurtre conjugal » ou « meurtre par le partenaire intime ».

Utiliser les mots justes, toujours, en ne confondant pas « harcèlement sexuel », « agression sexuelle » et « viol ». Et, dans la mesure du possible, contextualiser et rappeler le numéro de téléphone national, anonyme et gratuit, pour l’écoute et l’orientation des femmes victimes de toutes violences, le 3919.

Interpellées par Prenons La Une, plusieurs rédactions se sont déjà engagées à utiliser ces outils. Parmi elles, Les Nouvelles NEWS, en toute logique, mais aussi France Médias Monde, France Inter, France Info, Elle, Causette, Alternatives Economiques, Libération et L’Humanité. Le collectif attend les signatures d’autres médias d’ici au 25 novembre, journée internationale contre les violences faites aux femmes. Il y a peu, le Haut Conseil à l’Egalité recommandait justement d’élaborer des « chartes pédagogiques relatives au traitement médiatique des violences faites aux femmes »

 

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Danièle Soubeyrand-Géry
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:35
Alerte Egalité / Haut Conseil à l'Egalité
 
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 2 NOVEMBRE 2016
 
Aujourd’hui sort en librairie le Guide pratique

pour une communication publique sans stéréotype de sexe
 
Mercredi 2 novembre, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes publie en librairie son « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe », en partenariat avec la Documentation Française. A cette occasion et dans le cadre du plan de mobilisation contre le sexisme, la ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des femmes signera la convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe, de même que le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, et le Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.
 
Le marché de la communication publique est estimé à plus de 1 milliard d’euros chaque année.  Colloques, campagnes d’affichage, spots radios, …Celle-ci touche toute la population, de l’échelon le plus local jusqu’au Gouvernement. Néanmoins, si l’égalité entre les femmes et les hommes est aujourd’hui promue à tous les niveaux, la communication publique est encore largement vectrice de stéréotypes de sexe :
- dans le langage : en usant du masculin dit « neutre » et « universel » dans les textes officiels mais aussi dans les noms de titres et métiers, ce qui contribue à invisibiliser les femmes ;
- dans les images : en enfermant les femmes et les hommes dans des représentations stéréotypées : couleurs douces ou rose pour les femmes/sombres ou bleu pour les hommes, positions lascives ou maternantes des femmes/ambition et domination pour les hommes ;
- à la tribune et au micro avec une présence déséquilibrée des femmes et des hommes.
Au travers de 10 recommandations concrètes, le Guide du HCE donne des clés pour faire en sorte que la communication contribue à la lutter contre les stéréotypes, au lieu de les laisser perdurer, voire les entretenir.
 
Après le franc succès de la version 2015 du Guide (près de 10 000 exemplaires diffusés à des partenaires-clefs et 20 interventions de sensibilisation), ce guide peut désormais être un outil pour chaque personne ayant la volonté de s’engager pour une communication exemplaire, dans son association, son entreprise, ou son organisation. Vendu par la Documentation Française au prix de 3,50 €, il peut être commandé dans toutes les librairies.
 
Il y a un an, le HCE avait également encouragé les pouvoirs publics à signer une Convention d’Engagement pour une communication publique sans stéréotype  de sexe. Un an plus tard, la liste des signataires compte de nombreuses institutions et organisations fortes de symbole, qui entament une démarche de sensibilisation et de changement des pratiques en interne : le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), le Ministère de la Justice, la région Bretagne, Universcience ou encore l’association Communication Publique, …
 
Communiquer sans sexisme est possible et l’engouement pour le Guide atteste d’une large volonté de promouvoir une alternative positive et égalitaire.  Le HCE espère, grâce à cette diffusion plus massive et grand public, que c’est la société toute entière qui se saisira de cette question.
 
Pour consulter le Guide : bit.ly/2fgIjbx
Pour le commander en ligne : bit.ly/2fbW3Wa
Pour télécharger les visuels : bit.ly/2fcaGc1
Pour signer la convention d’engagement : bit.ly/2eU9kV6
La liste des signataires à ce jour : bit.ly/2fuNglZ
Consulter le Guide
 
Le Haut Conseil à l'Egalité (HCE) est l'instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l'égalité des sexes. Créé en 2013, le HCE est composé de 72 membres représentant la diversité des acteurs et actrices des politiques d'égalité femmes-hommes. Le HCE apporte son expertise aux pouvoirs publics et mobilise la société à partir de son travail de concertation, d'évaluation des politiques publiques, de formulation de recommandations, et d'animation du débat public.
 

©Haut Conseil à l’Égalité, 2016.
Tous droits réservés.
www. haut-conseil-egalite.gouv.fr
Contact : haut-conseil-egalite@pm.gouv.fr

 





 

Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes · 99 rue de Grenelle, Paris, France · Paris 75007 · France
 
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Danièle Soubeyrand-Géry
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:35
Alerte Egalité / Haut Conseil à l'Egalité
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COMMUNIQUE DE PRESSE DU 2 NOVEMBRE 2016
 
Aujourd’hui sort en librairie le Guide pratique

pour une communication publique sans stéréotype de sexe
 
Mercredi 2 novembre, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes publie en librairie son « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe », en partenariat avec la Documentation Française. A cette occasion et dans le cadre du plan de mobilisation contre le sexisme, la ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des femmes signera la convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe, de même que le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, et le Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.
 
Le marché de la communication publique est estimé à plus de 1 milliard d’euros chaque année.  Colloques, campagnes d’affichage, spots radios, …Celle-ci touche toute la population, de l’échelon le plus local jusqu’au Gouvernement. Néanmoins, si l’égalité entre les femmes et les hommes est aujourd’hui promue à tous les niveaux, la communication publique est encore largement vectrice de stéréotypes de sexe :
- dans le langage : en usant du masculin dit « neutre » et « universel » dans les textes officiels mais aussi dans les noms de titres et métiers, ce qui contribue à invisibiliser les femmes ;
- dans les images : en enfermant les femmes et les hommes dans des représentations stéréotypées : couleurs douces ou rose pour les femmes/sombres ou bleu pour les hommes, positions lascives ou maternantes des femmes/ambition et domination pour les hommes ;
- à la tribune et au micro avec une présence déséquilibrée des femmes et des hommes.
Au travers de 10 recommandations concrètes, le Guide du HCE donne des clés pour faire en sorte que la communication contribue à la lutter contre les stéréotypes, au lieu de les laisser perdurer, voire les entretenir.
 
Après le franc succès de la version 2015 du Guide (près de 10 000 exemplaires diffusés à des partenaires-clefs et 20 interventions de sensibilisation), ce guide peut désormais être un outil pour chaque personne ayant la volonté de s’engager pour une communication exemplaire, dans son association, son entreprise, ou son organisation. Vendu par la Documentation Française au prix de 3,50 €, il peut être commandé dans toutes les librairies.
 
Il y a un an, le HCE avait également encouragé les pouvoirs publics à signer une Convention d’Engagement pour une communication publique sans stéréotype  de sexe. Un an plus tard, la liste des signataires compte de nombreuses institutions et organisations fortes de symbole, qui entament une démarche de sensibilisation et de changement des pratiques en interne : le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), le Ministère de la Justice, la région Bretagne, Universcience ou encore l’association Communication Publique, …
 
Communiquer sans sexisme est possible et l’engouement pour le Guide atteste d’une large volonté de promouvoir une alternative positive et égalitaire.  Le HCE espère, grâce à cette diffusion plus massive et grand public, que c’est la société toute entière qui se saisira de cette question.
 
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