Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 14:00

nShare

C'est l'histoire d'un court-métrage féministe sorti dans une certaine indifférence et qui connaît un immense succès cinq ans plus tard.

Réalisé par Éléonore Pourriat, Majorité Opprimée est sorti en 2010. Ce court-métrage de 10 minutes renverse les rôles. On y suit la journée d'un père de famille qui subit le sexisme d'un monde matriarcal. La force du film – qu'on ne racontera pas ici – réside dans sa construction ; son ton devient de plus en plus grave au fur et à mesure de ce que subit le personnage, des commentaires condescendants jusqu'à la violence... et la culpabilisation.

Pendant 5 ans, Majorité Opprimée n'a pas fait grand bruit. Au début, « l'accueil a été bon mais plutôt calme », témoigne Éléonore Pourriat. Sa mise en ligne sur Youtube en juin 2012 ne lui a pas non plus donné des ailes. Mais par une diffusion virale dont les réseaux sociaux ont le secret, il connaît une deuxième vie depuis le début du mois de février. En France, mais aussi à l'étranger. Plus qu'une résurrection, un triomphe sur internet.

Phénomène mondial

Sa version sous-titrée en anglais, mise en ligne sur Youtube le 5 février, comptabilisait une semaine plus tard plus de 3,5 millions de vues.

La presse anglaise, espagnole ou allemande évoque désormais le phénomène. La réalisatrice Éléonore Pourriat se dit « la première surprise » par ce succès et explique aux Nouvelles NEWS :

« C'est logiquement dû au contexte de ces derniers temps, les débats houleux sur la "théorie" du genre, le mariage homosexuel, et ce faisant une conscience féministe accrue en France. Quand les droits sont en danger, les consciences se réveillent, c'est normal. C'était moins urgent apparemment quand j'ai sorti le film en 2010 ! Pour moi ça l'a toujours été en tout cas, peut-être parce que je suis une fille de soixante-huitarde. »

« Peur irrationnelle »

Le déclic, incontestablement, a été provoqué en France par les attaques contre l'égalité à l'école. Mais le succès international que rencontre son court-métrage montre que les préoccupations ne sont pas que françaises. « C'est extraordinaire que le film touche universellement comme ça », réagit Éléonore Pourriat. Toutefois, si le regard porté sur son film est largement positif, la réalisatrice s'est aussi retrouvée confrontée à des réactions négatives violentes. Au point que les commentaires sur Youtube ont été désactivés. « Je m'attendais à un peu de polémique mais je n'imaginais pas une telle virulence. Certaines personnes se déchaînent, mais à vrai dire ce n'est pas tant contre mon film que par réflexe… Le film n'est plus qu'un prétexte pour défouler leur rancoeur, leur peur irrationnelle. »

« Toutes à poil »...

Et son futur projet fait écho lui aussi à l'actualité. Toute récente, même. Éléonore Pourriat travaille en effet « un faux documentaire sur la mode de l'épilation intégrale chez les jeunes filles ados. Cette "mode" est la plupart du temps imposée par les garçons, et je trouve terrible que ces jeunes femmes qui découvrent leur nouveau corps se retrouvent avec des sexes de petites filles sans pilosité parce qu'elles n'ont pas le choix — sinon elles sont rejetées, par les garçons mais aussi par certaines filles. J'avais pensé au titre "Toutes à poil", quand soudain Jean-François Copé a fait de la pub involontaire pour le livre jeunesse "Tous à poil"… On verra si je garde ce titre, ce n'est pas si grave après tout ! »

Partager cet article

Repost 0
Danièle Soubeyrand-Géry
commenter cet article

commentaires