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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 19:04

Mis en ligne le 03/06/14 I Rédaction par Manon Deniau

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En signant la Charte de monoparentalité de K d’urgences ce lundi, 16 entreprises françaises s'engagent pour une organisation du travail non discriminante pour les parents seuls.

«Je suis révoltée par la capacité d'indifférence de cette société en plein changement. Cette société qui ignore ses mutations», Christine Kelly, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et ancienne journaliste, s’alarme de la situation des familles monoparentales. En 2010, elle a fondé K d'urgences, une association qui aide sur le terrain, ces foyers dont la vie est compliquée. Cette année, à grand renfort de stars de la politique, de l’entreprenariat et même du showbiz, elle lance la Charte de monoparentalité.
Lundi soir en présence de la maire de Paris, Anne Hildago et de la Ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse des Sports Najat Vallaud Belkacem, responsables politiques, associations et représentants d’entreprise se bousculaient à l’Hôtel de ville de Paris pour assister aux premières signatures de la Charte. Parmi les 22 signataires, l'Oréal, GDF-Suez ou Ikea, L'Express, LVMH, Fédération française de basket-ball, Christian Dior Couture ou encore Assistance-Publique Hopitaux de Paris. Coca-Cola France serait aussi sur le point de signer la Charte.. Tous s’engagent à faciliter vie professionnelle et vie personnelle des parents seuls et de leurs enfants en 5 points :

- accorder une attention particulière aux situations monoparentales,
- aider les salarié-e-s pour la garde d'enfant,
- aménager temps et conditions de travail,
- assurer l'accès aux mêmes opportunités professionnelles que les autres,
- évaluer la situation tous les deux ans.

85 % de femmes

Aujourd'hui, les foyers monoparentaux représentent près de 2 millions de personnes en France, chiffre en perpétuelle augmentation. Ils sont constitués à 85 % de femmes et à 15 % d'hommes. « Les jeunes mères célibataires d’enfants de moins de trois ans, peu ou pas qualifiées, sont à cet égard les plus vulnérables sur le marché du travail » souligne un rapport du Centre d'études de l'emploi (Cee) réalisé il y a sept ans. L'âge, le niveau de diplôme, la catégorie socioprofessionnelle et surtout le sexe sont des facteurs déterminants pour l'accès à l'emploi (voir -> La monoparentalité se développe surtout chez les moins diplômées ). Et quand emploi il y a, les femmes doivent le plus souvent se contenter de contrats précaires (CDD, contrats aidés, intérim).

Les entreprises, bientôt exemplaires ?

Depuis 1976, l'Etat français a mis en place plusieurs aides financières pour aider à la (ré)insertion professionnelle telles que l'allocation de parent isolé (API), l'Allocation de soutien familial (ASF), le Revenu minimum d'insertion (RMI) ainsi que l'aide au logement. Mais ces aides sont complexes.

« Est-ce que 92 € d'API et 90 € d'ASF permettent de vivre ? » interpelle Christine Kelly. Elle a donc choisi de s'adresser à de grandes entreprises pour donner l'exemple sur les questions d'emploi de parents isolés.

Chèques emplois services, possibilité de prendre des congés pendant les vacances scolaires, crèche dans les entreprises, voilà quelques propositions faites par les signataires. Bruno Le Roux, président du groupe Parti Socialiste à l'Assemblée nationale, approuve cette idée : « Ce sont les prémices d'une nouvelle organisation du travail. C'est un coup d'envoi. » Un début,. Mais pas question d'agrandir le nombre de signataires sans raison pour Christine Kelly : «Je veux d'abord des résultats, j'aurai des résultats, je vise des résultats.» Résultats attendus donc, en 2016.

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Danièle Soubeyrand-Géry
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