Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 18:48

Catherine Coutelle

La proposition de loi « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie » présentée par Alain Claeys et Jean Leonetti était discutée mardi et mercredi à l’Assemblée nationale. Membre de l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité, engagée sur ce sujet, Catherine Coutelle fait partie des député-e-s qui ont soutenu une liberté de choix plus avancée pour les patient-e-s. Le point sur ce texte, examiné cette semaine dans l’Hémicycle et qui fera l’objet d’un vote mardi prochain.

Quelles que soient les intimes convictions de chacun-e sur ce sujet éthique, le constat est unanime : la loi du 22 avril 2005, actuellement en vigueur, a montré ses limites. Insuffisantes et trop méconnues, ses dispositions n’ont pas permis de garantir une fin de vie apaisée à chacun-e. Seul un français sur dix a aujourd’hui accès aux soins palliatifs. Des soins qui, de plus, n’interviennent qu’une dizaine de jours en moyenne avant le décès, alors qu’ils pourraient soulager bien plus tôt.

Des avancées pour mieux accompagner la fin de vie

Face à ce constat, la proposition de loi sur la fin de vie élaborée par Alain Claeys et Jean Leonetti crée de nouveaux droits : la sédation profonde et le caractère contraignant des directives anticipées.

L’accès à la sédation profonde et continue consistera en une injection qui plonge le patient dans un état d’inconscience. Ce sera une possibilité afin d’accompagner l’arrêt de traitement en phase terminale d’une maladie grave et incurable.

Les directives anticipées, introduites par la loi de 2005, deviendront quant à elles « contraignantes » : les volontés du patient pourront donc être imposées au médecin. La Ministre de la Santé, des Affaires sociales et des Droits des femmes, Marisol Touraine, a par ailleurs annoncé la création d’un « registre national automatisé », consultable aisément et rapidement par les médecins, afin d’améliorer l’accès à ces directives.

De plus, Marisol Touraine a également annoncé un plan triennal de développement des soins palliatifs dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, mais aussi à domicile. Un enseignement spécifique consacré à l’accompagnement des malades sera mis en place pour les futurs médecins afin de développer la formation des soignants et le développement des unités de soins palliatifs.

Choisir sa fin de vie : des propositions pour aller plus loin

Des avancées saluées par Catherine Coutelle, qui fait cependant partie des nombreuses et nombreux député-e-s estimant que la proposition de loi aurait pu aller plus loin en permettant à chacun-e de faire le choix d’une réelle aide à mourir. C’est pourquoi elle était signataire d’un amendement présenté par Jean-Louis Touraine et Philippe Cordery, similaire dans ses intentions à l’amendement présenté par la députée écologiste de la Vienne, Véronique Massonneau. Objectif ? Offrir la possibilité d’une assistance médicalisée active à mourir, rigoureusement encadrée, à toute personne « majeure et capable, en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable et provoquant une douleur physique ou une souffrance psychique insupportable. ».

Cet amendement, non adopté hier en séance, aurait permis de mettre fin à une situation de fait : certains, grâce à des équipes médicales entreprenantes ou à un départ à l’étranger (la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas notamment) bénéficient d’une fin de vie choisie et apaisée, d’autres meurent dans des conditions douloureuses parce qu’ils ne peuvent pas accéder à ces conditions. On estime aujourd’hui que 2000 à 4000 Français-e-s choisissent, chaque année, de finir leur vie grâce à une assistance active à mourir, dont la clandestinité place tant le patient que le corps médical dans une situation risquée.

Dans le même ordre d’idée, Catherine Coutelle soutenait également un autre amendement porté par Jean-Louis Touraine, sur le sujet de la médiation, et non adopté non plus hier. Que proposait-il ? Qu’une médiation soit possible dans le cas où aucun consensus ne peut émerger au sein de l’entourage d’un patient dont l’état ne permet pas d’exprimer sa volonté. Le cas de Vincent Lambert démontre malheureusement que la décision d’arrêt des traitements ou, au contraire, du maintien en vie d’une personne, peut être génératrice de conflits entre les différentes parties engagées. La médiation, indépendante, impartiale et neutre, aurait eu pour objectif d’aider à rapprocher les points de vue et à rétablir un dialogue entre les proches lorsque celui-ci est rompu, dans l’espoir de parvenir à une décision partagée.

Si l’ensemble de ces propositions n’a pas été adopté, Catherine Coutelle pense toutefois que, « alors que l’opinion y est très favorable, l’Assemblée aurait pu dès maintenant aller plus loin. »

Partager cet article

Repost 0
Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
commenter cet article

commentaires