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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 19:35

Manifestation historique en Argentine face à l'ampleur des féminicides, conséquences d'une « violence sociale » à l'encontre des femmes.

Au moins 150 000 personnes ont défilé mercredi 3 juin en Argentine, dans la capitale Buenos Aires et de nombreuses autres villes du pays pour s'élever contre les féminicides, au cri de « Ni una menos » (« Pas une de plus »).
Une mobilisation « historique », comme le souligne le quotidien Clarín, qui comme l'ensemble de la presse argentine couvre l'événement à la hauteur de son ampleur.

« Historique », le mot revient à la une de plusieurs journaux jeudi matin en Argentine. De même que ce mot d'ordre #NiUnaMenos. Ce « cri a parcouru le pays », titre le quotidien La Nacion. La une la plus graphique étant celle de Pagina 12.

L'appel à manifester avait été lancé suite à une série de meurtres de femmes particulièrement odieux, et médiatisés. Une institutrice de maternelle égorgée par son ex-mari devant ses élèves. Une femme abattue à la terrasse d'un café par l'homme qu'elle avait quitté. Une adolescente de 14 ans, enceinte, tuée par son ex-petit ami de 16 ans, qui l'a enterrée avec l'aide de proches. Autant de cas de "féminicides", une notion introduite depuis 2012 dans le code pénal argentin.

Pour les associations organisatrices de la manifestation, la loi doit être mieux appliquée. Mais c'est aussi une culture machiste qu'il faut éradiquer. A l'automne dernier, une province argentine avait même décrété "l'état d'urgence social" face aux violences de genre.

"Changer une culture qui tend à présenter les femmes comme des objets de consommation"

« En 2008 ils ont tué une femme toutes les 40 heures. En 2014, une toutes les 30 heures. Ces sept dernières années, les médias ont fait état de 1808 féminicides. Combien de femmes ont été tuées cette année parce qu'elles étaient des femmes ? Nous ne le savons pas. Mais nous savons qu'il faut dire : ça suffit ! ».
Ainsi débutait le discours lu par les organisateurs de la manifestation à Buenos Aires. La première à prendre la parole, l'actrice Érica Rivas, a souligné la nécessité de « changer une culture qui tend à présenter les femmes comme des objets de consommation ».

Érica Rivas a soulevé les vivats de la foule, rapporte La Nacion, lorsqu'elle a présenté le féminicide comme le produit « d'une violence sociale et culturelle que les discours publics et médiatiques rendent légitime chaque fois qu'une femme est traitée de salope parce qu'elle exerce sa sexualité librement, chaque fois qu'elle est jugée pour ce qu'elle fait de son corps, chaque fois qu'elle est considérée comme suspecte parce qu'elle ne veut pas avoir d'enfant, chaque fois qu'on essaie tout simplement de la réduire au rôle de bonne épouse ou de bonne mère, destinée à un mâle ».

Photos Prensa TV Pública, Certains droits réservés

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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