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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 10:44

Pour une écriture non discriminante.

Après deux années d'études à Lyon2 pour le Master2 EGALITES (Etudes de Genre Analyses Lectures Interdisciplinaires pour Tisser l'Egalité dans la Société), j'ai décidé de ne plus discriminer les femmes par l'écriture et d'essayer de convaincre. J'ai choisi de donner à lire du masculin et du féminin, de renoncer au soi-disant générique qui n’existe pas en français et qui lorsqu’on l’utilise, puisqu’il est masculin, fait penser à homme, à sexe masculin. La langue française est la face visible du genre et user du masculin est porteur de message subliminal (Eliane Viennot 2014). Les arguments habituels de référence à la Grammaire et à l’Histoire peuvent être aisément écartés. "La réalité sociale et politique interfère sans cesse dans des jugements apparemment techniques " (Eliane Viennot, 2014). On peut d’ailleurs citer la mise au point récente (10 octobre 2014) de l’Académie française convoquée par certains députés : " que chacun-e fasse à sa guise, respecte l’autre et aille en paix… ". Tout discours même sur la grammaire est idéologique. N’avoir recours qu’au masculin empêche les formes féminines d’évoluer et de perdre en particulier leur valeur dépréciative ou péjorative récente, ce qui n‘était pas le cas il y a 4 ou 5 siècles, en particulier pour les noms de métiers. Il me semble nécessaire de les employer, certes par militantisme, mais surtout parce que notre imaginaire social est très associé à notre langage au quotidien.

Pour être aisément lue, j’ai choisi aussi fréquemment que possible l’usage du .e ou .es, d’utiliser des noms féminins puisque " aucun mot n’est rebelle à la féminisation, parce que les mots masculins et féminins dérivent d’une racine et non d’une forme masculine à laquelle il faudrait couper ou ajouter quelques chose" (Eliane Viennot, 2014). Quand c’est possible je préfère la racine +e, comme chercheure plutôt que chercheuse, mot plus facilement englobant et facile à mettre au pluriel (les chercheur.es). Autres solutions : la stratégie du contournement ou celle du doublement. Pour les accords, j’ai conservé ceux qu’entérinent trois siècles de masculinisation sauf les accords de proximité adoptables quand il n’y a pas d’ambiguïté. Cette graphie me semble un outil pour lutter contre les stéréotypes, en particulier dans la police, et pour rappeler que la loi sur la féminisation des grades, des titres et des métiers est utilisable.

Danièle Soubeyrand Master2 Egalités

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