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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 11:24

Posté le 13 janvier 2016 Par Pierre ALLARIA Aucun commentaire

Laurent Wauquiez a-t-il été élu sur un malentendu ?

L’Eco des Pays de Savoie est un journal qui traite essentiellement d’économie. De notoriété publique, c’est un journal qui ne passe pas pour être de gauche. Dans son dernier édito (n°01/1377 du 8 au 14 janvier 2016), Alain Veyret, le directeur de la publication, est d’ailleurs assez explicite sur ce point. Puisqu’il fait état, parlant de Laurent Wauquiez, de « tous les préjugés favorables que je peux avoir à votre égard ».

Il n’est pas question ici de faire un procès d’intention à l’Eco des Pays de Savoie au prétexte qu’il serait un journal plutôt tourné vers la partie droite de l’échiquier politique. Pas plus qu’à son directeur de la publication, au prétexte qu’il aurait des préjugés favorables à l’égard de Laurent Wauquiez. A chacun ses opinions et la liberté de les avoir. Non, nul procès d’intention en vue. Et presque pas de contradiction non plus. A vrai dire, on serait même plutôt d’accord avec les propos d’Alain Veyret. Pas pour ce qui concerne les préjugés favorables à l’égard de Laurent Wauquiez. Mais pour ce qui concerne le constat que l’éditorialiste de l’Eco des Pays de Savoie fait un mois après la victoire de la liste de Laurent Wauquiez. Et quelques jours après son élection, sans surprise, à la présidence de la région.

Source : Eco des Pays de Savoie n°01/1377

Ce constat, le voici (voir ci-contre extrait de l’édito d’Alain Veyret). Dans le détail, Alain Veyret va plus loin. S’étonnant ou s’inquiétant de ne pas connaitre les intentions réelles du nouveau président de la région en matière d’économie, de transports ou encore de formation. Autrement dit, les piliers des compétences de la région.

Que le quidam électeur de base ne soit pas très au fait des intentions d’un candidat élu, passe encore. Mais quand le directeur de la publication d’un journal sérieux traitant d’un sujet sérieux sur deux départements phares de la région dit être « dans un brouillard des plus épais » (sic), il y a de quoi se poser des questions. Et notamment se demander si la campagne de Laurent Wauquiez ne s’est pas résumée à ces quelques « incantations sécuritaires ou identitaires, bonnes à prendre, mais peu en adéquation avec les compétences régionales prévues dans la loi NOTRe » (sic). Incantations qu’Alain Veyret épingle joyeusement dans son édito.

Pour répondre à la question posée par le titre de cet article, oui, assurément, à la lecture de cet édito, on a vraiment le sentiment que Laurent Wauquiez a été élu sur une imposture. Celle de propositions et de thèmes de campagne sans rapport avec la réalité de la politique qu’il va devoir conduire pendant six ans à la tête de la région. Celle d’une liste mêlant dans un joyeux fourre-tout, centristes prétendument modérés et opposés au cumul des mandats, candidats et idées de la droite extrême, et cumulards en nombre, notamment dans les vice-présidents. Celle d’une liste conduite par un quadragénaire affirmant incarner le renouveau de la politique, lui qui n’a jamais rien fait d’autre que de la politique avant même la fin de ses études. Celle d’une tête de liste qui, dans le fond, n’avait pas grand-chose à proposer, si ce n’est d’incarner une façon, pour les électeurs, de dire leur ras-le-bol de la politique nationale.

Concernant l’aspect renouveau, il faut cependant reconnaitre que face au « dinosaure » Queyranne (70 ans, 38 années de politique au compteur), Wauquiez avait beau jeu de se faire passer pour le petit nouveau. Stratégiquement parlant, le PS a joué perdant d’avance.

Pour l’homme à la doudoune rouge, il reste maintenant à sortir ses supports de l’épais brouillard dans lequel il les a laissés. Une sortie qui ne pourra se faire, pour les plus avisés en tout cas, qu’au travers d’actions et de réalisations concrètes. On en reparle le 13 avril.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations