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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:34

A la veille de la 13ème journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, l’UNICEF a revu ses estimations à la hausse. La pratique recule dans le monde, mais pas suffisamment.

S’il est impossible de connaître le nombre exact de femmes et filles ayant subi des mutilations génitales féminines (MGF), l’UNICEF a revu ses estimations largement à la hausse, vendredi 5 février, à la veille de la 13ème journée internationale de la tolérance zéro à l’égard de ces pratiques. Le dernier rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance montre que « les MGF sont une question de droits humains qui affecte les femmes et les filles dans toutes les régions du monde ».

Dans les 30 pays du monde où la pratique est la plus courante, ce sont 200 millions de femmes et de filles qui auraient subi une forme de mutilation génitale / excision – alors que le nombre avancé précédemment était de 130 millions. Un cinquième d’entre elles, 44 millions, ont moins de 14 ans. Et la moitié des personnes concernées vivent dans trois pays : l’Ethiopie, l’Egypte et l’Indonésie.

Si l’UNICEF a revu ses estimations à la hausse, c’est d’ailleurs en grande partie à cause de ce dernier pays, où de nouvelles données ont été collectées. C’est aussi en raison de l’accroissement de la population dans les pays concernés. Même si, malgré tout, la pratique est en recul. En 30 ans, le taux de MGF chez les filles de 15 à 19 ans a chuté de 41 points de pourcentage au Liberia, 31 points au Burkina Faso, 30 au Kenya ou 27 en Egypte.

Depuis 2008, plus de 15 000 communautés dans 20 pays ont publiquement déclaré l’abandon des MGF, et 5 pays ont adopté des lois criminalisant la pratique. Dernier en date, en novembre 2015, la Gambie, pays qui connaît le plus fort taux de filles de moins de 14 ans excisées (56%). Fin 2012, une résolution contre l’excision et les mutilations génitales féminines avait été adoptée à l’ONU, soutenue par une majorité de pays.

Voir : Première internationale pour dire non à l’excision

« Mais le taux de progrès global ne suffit pas à compenser la hausse de la population », insiste l’UNICEF. Si les taux de déclin observés ces trois dernières décennies se maintiennent, plus de 63 millions de filles seront encore excisées d’ici à 2050, estimait l’UNICEF en 2014.

Voir : « Accélérer les efforts » contre l’excision et les mariages précoces

En France, « le phénomène existe et concerne des milliers de femmes qu’il est urgent de mieux protéger, et mieux accompagner », souligne le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes. « Bien que les enquêtes exhaustives fassent défaut, comme c’est le cas pour la plupart des violences machistes, la dernière en date – de 2004 – estime entre 42 000 et 61 000 le nombre de femmes adultes excisées résidant en France. » Douze ans après cette étude, le Haut Conseil à l’Egalité « souhaite que ces chiffres soient précisés et actualisés ».

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes