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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 08:18

mercredi 9 mars 2016 15:44 par Lucie Rondou

Le Secrétaire général de l’ONU invite les Etats à investir plus de femmes dans les rangs de l’ONU afin de lutter contre les violences faites aux femmes.

Il faut davantage de femmes dans les effectifs des Nations Unies sur le terrain. A l’occasion de la cinquième Assemblée générale de la conférence internationale de Kigali sur le rôle des forces de l’ordre dans la lutte contre les violences faites aux femmes, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, est revenu sur les engagements pris depuis le début de son mandat, en 2007 (Voir : Casques bleus et bérets bleus, la féminisation piétine).

Adoptée en 2000, la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité prévoyait déjà d’« accroître le rôle et la contribution des femmes dans les opérations des Nations Unies sur le terrain ». « Les femmes peuvent mettre les communautés à l’aise et s’ériger comme rôles-modèles pour les femmes locales » avance le Secrétaire général. Depuis son élection en 2007, il ne cesse de le répéter. De belles paroles laissées lettre morte ?

En 2008, il lançait la campagne UNiTE pour sensibiliser sur les violences faites aux femmes, l’ONU a développé à cette occasion une « boîte à outil » standardisée à destination des enquêteurs sur des affaires de viols ou d’agressions genrées. En 2009, l’ONU demandait aux Etats de fournir un effort global afin de doubler l’effectif des femmes dans les rangs de l’ONU. En 2015, les résultats se faisaient faiblement sentir : les femmes représentent 3,2% des effectifs des « casques bleus » contre 2,5% six ans plus tôt. Du côté des « bérets bleus » – les effectifs policiers de l’ONU – on atteint 10% de femmes, mais l’ONU est encore loin de l’objectif 20% fixé en 2009.

Des femmes pour prévenir les violences basées sur le genre

A l’occasion de cette conférence, le Secrétaire général a rappelé la politique onusienne de « tolérance zéro » sur les violences sexuelles. La présence de femmes sur le terrain pourrait entraîner un changement des mentalités et réduire les violences faites au femmes. « La Police joue un rôle essentiel dans la lutte contre les abus sexuels, affirme le Secrétaire général. A travers la police communautaire, les femmes donnent du pouvoir [empower] aux sociétés, gèrent la criminalité, dissuadent la violence, aident à la reconstruction d’un espace sécurisé et favorisent la confiance de la population, continue-t-il. Elles amènent à la vie la résolution 1325. »

De plus, les « bérets bleus » sont souvent au cœur de la démarche des victimes : ils/elles recueillent les témoignages, mettent les victimes en relation avec les instances judiciaires et identifient les agresseurs. Ils/elles sont « la clé d’une prévention efficace » conclut Ban Ki-moon.

Ces déclarations font suite à la sortie du dernier rapport des Nations Unies concernant les abus sexuels commis par des casques bleus sur des populations locales, notamment en République Centrafricaine. L’ONG Human Rights Watch insiste sur l’importance de poursuivre les agresseurs et de prendre en charge les victimes. Pour la première fois, le Secrétaire général a rendu public la nationalité des casques bleus soupçonnés de viol. « La réputation de l’ONU en ce qui concerne la protection des civils est en jeu », a déclaré Sarah Taylor, responsable de plaidoyers auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. En parallèle des promesses de transparence sur les cas d’abus sexuels faites par l’ONU, la sensibilisation des officiers et la féminisation des bérets bleus pourraient permettre une meilleure gestion des violences faites aux femmes.

Europe / Monde

L’ONU souhaite davantage de Bleues sur le terrain

mercredi 9 mars 2016 15:44 par Lucie Rondou Laisser un commentaire

Le Secrétaire général de l’ONU invite les Etats à investir plus de femmes dans les rangs de l’ONU afin de lutter contre les violences faites aux femmes.

Il faut davantage de femmes dans les effectifs des Nations Unies sur le terrain. A l’occasion de la cinquième Assemblée générale de la conférence internationale de Kigali sur le rôle des forces de l’ordre dans la lutte contre les violences faites aux femmes, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, est revenu sur les engagements pris depuis le début de son mandat, en 2007 (Voir : Casques bleus et bérets bleus, la féminisation piétine).

Adoptée en 2000, la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité prévoyait déjà d’« accroître le rôle et la contribution des femmes dans les opérations des Nations Unies sur le terrain ». « Les femmes peuvent mettre les communautés à l’aise et s’ériger comme rôles-modèles pour les femmes locales » avance le Secrétaire général. Depuis son élection en 2007, il ne cesse de le répéter. De belles paroles laissées lettre morte ?

En 2008, il lançait la campagne UNiTE pour sensibiliser sur les violences faites aux femmes, l’ONU a développé à cette occasion une « boîte à outil » standardisée à destination des enquêteurs sur des affaires de viols ou d’agressions genrées. En 2009, l’ONU demandait aux Etats de fournir un effort global afin de doubler l’effectif des femmes dans les rangs de l’ONU. En 2015, les résultats se faisaient faiblement sentir : les femmes représentent 3,2% des effectifs des « casques bleus » contre 2,5% six ans plus tôt. Du côté des « bérets bleus » – les effectifs policiers de l’ONU – on atteint 10% de femmes, mais l’ONU est encore loin de l’objectif 20% fixé en 2009.

Des femmes pour prévenir les violences basées sur le genre

A l’occasion de cette conférence, le Secrétaire général a rappelé la politique onusienne de « tolérance zéro » sur les violences sexuelles. La présence de femmes sur le terrain pourrait entraîner un changement des mentalités et réduire les violences faites au femmes. « La Police joue un rôle essentiel dans la lutte contre les abus sexuels, affirme le Secrétaire général. A travers la police communautaire, les femmes donnent du pouvoir [empower] aux sociétés, gèrent la criminalité, dissuadent la violence, aident à la reconstruction d’un espace sécurisé et favorisent la confiance de la population, continue-t-il. Elles amènent à la vie la résolution 1325. »

De plus, les « bérets bleus » sont souvent au cœur de la démarche des victimes : ils/elles recueillent les témoignages, mettent les victimes en relation avec les instances judiciaires et identifient les agresseurs. Ils/elles sont « la clé d’une prévention efficace » conclut Ban Ki-moon.

Ces déclarations font suite à la sortie du dernier rapport des Nations Unies concernant les abus sexuels commis par des casques bleus sur des populations locales, notamment en République Centrafricaine. L’ONG Human Rights Watch insiste sur l’importance de poursuivre les agresseurs et de prendre en charge les victimes. Pour la première fois, le Secrétaire général a rendu public la nationalité des casques bleus soupçonnés de viol. « La réputation de l’ONU en ce qui concerne la protection des civils est en jeu », a déclaré Sarah Taylor, responsable de plaidoyers auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. En parallèle des promesses de transparence sur les cas d’abus sexuels faites par l’ONU, la sensibilisation des officiers et la féminisation des bérets bleus pourraient permettre une meilleure gestion des violences faites aux femmes.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations