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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 08:13

mardi 8 mars 2016 17:48 par Marina Fabre

Pourquoi la loi travail risque-t-elle de toucher particulièrement les femmes ? A la veille de la manifestation contre le projet de loi porté par Myriam El Khomri, décryptage féministe.

A la veille de la mobilisation nationale du 9 mars, plusieurs associations féministes, ainsi que « des représentantes syndicales et des chercheures », se mobilisent dans une tribune contre « les violences économiques faites aux femmes et contre le projet de loi travail ».

Déjà, mardi 1er mars, l’association Osez le féminisme, interviewée par Les Nouvelles NEWS, prévoyait un décryptage complet « de ce qui nuit particulièrement aux droits des femmes dans cette loi ». Raphaëlle Rémy-Leleu d’OLF dévoilait plusieurs aspects. Il s’agissait d’abord de noter que les femmes, plus précaires que les hommes, seraient les premières victimes de la loi.

C’est un tel décryptage que propose la tribune publiée ce mardi 8 mars sur un site créé pour l’occasion – « Inégale loi travail ». Pour ses signataires, « le projet de loi travail repose sur l’inversion de la hiérarchie des normes et fait systématiquement primer les accords d’entreprise sur les accords de branche ou la loi. Ce principe est fondamentalement nuisible à la lutte pour l’égalité professionnelle, qui n’a avancé qu’imposée par la loi et sous la pression des luttes féministes ».

Non, la France n’est pas 132ème en matière d’égalité salariale.

La tribune affirme dans son premier paragraphe que « la France se classe 132ème en matière d’égalité salariale sur 145 pays ». Mais il s’agit d’une erreur d’interprétation du « rapport mondial sur l’écart entre les genres » du WEF, comme Les Nouvelles NEWS le rappellent régulièrement. L’écart de salaire horaire entre femmes et hommes est légèrement inférieur en France à la moyenne européenne.

À cet égard le collectif note que les femmes sont plus nombreuses dans les TPE et les PME, des organes où l’implantation syndicale est faible. Ainsi, faire primer les accords d’entreprise « entraînera une baisse des droits et garanties collectives dans les secteurs à prédominance féminine ».

Autre point, le temps de travail, « premier facteur discriminant pour les femmes », estimait Raphaëlle Leleu. « Les femmes font le plus de temps partiel et ont malheureusement la plus grosse charge vie professionnelle vie personnelle ». Ici, c’est la flexibilité voulue par le projet de loi travail, et revendiquée par Myriam El Khomri, ministre du Travail, qui est pointée du doigt.

« Au lieu de réduire la durée légale du travail pour faire converger le temps des hommes et des femmes, et permettre à toutes et à tous d’exercer leurs responsabilités familiales, le projet de loi renforce considérablement la flexibilité. Il augmente les durées maximales de travail, notamment pour les cadres, et renforce les possibilités pour l’employeur de modifier de façon unilatérale les horaires et le temps de travail sans déclencher d’heures supplémentaires ».

Une lecture féministe de la loi travail signée par notamment Christine Delphy, Réjane Sénac ou encore Yveline Nicolas, des féministes qui disent « non au projet de loi travail » et concluent : « Toute réforme du code du travail devrait au contraire se donner pour objectif de faire enfin de l’égalité une réalité ».

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes