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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 14:46

Édito du jeudi 7 avril 2016

Quand les libertés sont guidées par le bruit médiatique... ou le silence

Encore une semaine haute en polémiques, où le mot « liberté » a été brandi pour défendre tout et son contraire. A propos de la loi contre le système prostitutionnel adoptée le 6 avril d'abord. Il aura fallu plus de deux ans de débat parlementaire et cinq ans de débat public pour faire entendre les arguments des initiateurs de la loi. Le bruit médiatique dominant était celui des défenseurs de la « liberté de se prostituer » pour respecter la liberté des clients. Pas facile dans ce brouhaha d'en finir notamment avec la loi de 2003 qui désignait les personnes prostituées comme délinquantes alors qu'elles sont le plus souvent victimes de trafics d'êtres humains et de violences dont les clients sont, parfois sans le savoir, les complices. L'un des initiateurs de la loi revient sur le long chemin qu'il aura fallu parcourir pour faire reculer ces clichés.

C'est aussi la liberté que brandissent les défenseurs de la « mode pudique », faisant fi des pressions et menaces qui s'exercent sur nombre de femmes dans le monde pour soustraire une partie de leur corps à la vue des hommes. La sénatrice EELV Esther Benbassa et bien d'autres comparent le port du voile à « l'aliénation » qui conduit les femmes à se mettre en mini-jupe. Mais aucune femme n'a jamais été lapidée pour avoir refusé de porter une mini-jupe, répondent en chœur celles qui ont bien du mal à faire comprendre qu'elles ne s'attaquent pas aux femmes voilées mais à la signification politique de l'enferment du corps des femmes. Ce qui n'empêche pas de récuser les diktats de la mode.

Autre sujet, moins bruyant dans les médias, la finale de l'Eurocoupe de basket, 100 % française. Féminine. Donc diffusée sur aucune chaîne nationale. Encore une occasion ratée d'encourager la moitié féminine de l'humanité à pratiquer des sports de compétition. Ces sports collectifs qui permettent d'acquérir des qualités de combativité, de sens de la gagne pourtant indispensables quand on veut accéder à des postes de pouvoir. Mais ce silence médiatique laisse entendre aux filles que le sport collectif n'est pas pour elles. Tandis que les garçons sont sans cesse stimulés. Le tam tam médiatique guide la liberté de choix.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations