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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 10:53

Pour relancer la natalité, l’Iran va supprimer toute information sur la contraception et réduire l’accès à l’emploi des femmes sans enfants.

Deux lois en cours d’examen « vont faire reculer les droits des femmes et des filles en Iran de plusieurs décennies », en « privant les femmes de leurs droits fondamentaux pour les considérer comme des machines à bébés », dénonce l’ONG Amnesty International. L’objectif avoué de ces deux lois est de relancer la natalité, en chute libre dans le pays. Le taux de natalité est passé de près de 6% dans les années 1970 à 1,6% aujourd’hui.

La première loi, adoptée en août dernier par le Parlement iranien (Voir : L’Iran renforce sa politique nataliste), est en cours de validation par le Conseil des gardiens de la Constitution. Le texte interdit toute forme de contraception permanente et toute information sur le contrôle des naissances. L’Iran avait déjà supprimé en 2012 les subventions d’Etat au planning familial. Ces mesures « causeront inévitablement un grand nombre de grossesse non désirées, obligeant les femmes à recourir à des avortements à risque » clandestins, souligne Amnesty international. L’avortement n’est autorisé en Iran qu’en cas de danger pour la santé de la mère.

Une deuxième loi doit être examinée au Parlement le mois prochain. Elle vise à « promouvoir la famille », et dans ce sens donne la priorité à l’emploi aux hommes avec enfants, aux hommes mariés sans enfants, et aux femmes mariées avec enfants – dans cet ordre. Le texte incite par ailleurs les juges à ne pas prononcer de divorces, alors qu’il est déjà plus compliqué pour les femmes que pour les hommes de divorcer.

« Ces lois font passer le message que les femmes ne sont faites que pour être des femmes au foyer obéissantes, bonnes à faire des bébés, et laisse entendre qu’elles n’ont pas le droit de faire carrière avant d’avoir rempli ce rôle », commente Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe d’Amnesty international pour le Moyen Orient, en soulignant que les femmes constituaient, jusqu’à récemment, la majorité des diplômés des universités. C’était avant que plusieurs cursus – de l’anglais aux sciences politiques en passant par l’ingénierie – leurs soient fermés en 2012. L’opposante Shirin Ebadi dénonçait déjà, alors, des décisions qui « empêchent l’accès des femmes à l’éducation et leur présence active dans la société ».

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations