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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 18:06

Licenciée d’UBS France, abandonnée des pouvoirs publics, la lanceuse d’alerte Stéphanie Gibaud vit aujourd’hui dans une situation d’extrême précarité. Une pétition, qui attend 30 000 signatures supplémentaires pour atteindre 150 000, demande à ce qu’elle soit décorée de la légion d’honneur.

En 2008, Stéphanie Gibaud était directrice marketing de la filiale française d’UBS. Dans le cadre d’un contrôle fiscal de la société, et malgré l’ordre de ses supérieur-e-s, elle refuse de détruire des documents révélant de vastes opérations de fraude. Devenue une figure de proue des lanceuses/lanceurs d’alerte, elle a permis à l’Etat français de récupérer 38 000 comptes cachés en Suisse à hauteur de 16 milliards d’€. A partir de 2011, elle collabore à l’enquête des douanes judiciaires en faisant sortir des documents hautement confidentiels, ce qui la plaçait dans une situation très risquée vis-à-vis de la banque dans laquelle elle était encore employée.

Une guerre psychologique

Elle sera harcelée, traitée d’affabulatrice et renvoyée par la banque en 2012. Son parcours difficile reflète l’absence de protection publique pour les lanceuses/lanceurs d’alerte, en France comme ailleurs. Le récent projet de loi Sapin II prévoit un statut de protection mais Stéphanie Gibaud, interrogée sur Europe 1 le 11 avril 2016, met en garde sur les conditions d’indépendance réelle de l’institution qui en sera chargée. 8 ans après le début du scandale, elle est aujourd’hui sans travail car les entreprises refusent de l’employer, elle vit des minimas sociaux et devrait être expulsée de son logement.

112 000 signataires

Depuis le 5 janvier 2016, une pétition a été lancée à l’initiative de la journaliste Héloïse de Neuville pour demander à François Hollande de remettre la légion d’honneur à Stéphanie Gibaud. Cette distinction pour «service rendu à la France» permettrait que la France reconnaisse et soutienne les nombreux lanceuses/lanceurs d’alerte. Ce geste serait aussi une formidable opportunité pour redonner du sens à une distinction qui en a perdu ces derniers temps. Plus de 112 000 personnes ont signés et une cagnotte a été créée par des signataires pour soutenir la lanceuse d’alerte.

Charlotte Mongibeaux 50/50 Magazine

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