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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 10:28

mardi 12 juillet 2016 15:23 par Arnaud Bihel 5 commentaires

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Une affiche de l’enseigne Bagelstein surfait sur l’affaire Baupin : message insultant, atteinte à l’image des femmes, dénonce le Jury de déontologie publicitaire.

Après la polémique, le coup de sifflet du gendarme de la publicité contre Bagelstein. Dans un avis que Les Nouvelles NEWS ont pu consulter mardi 12 juillet, le JDP, Jury de déontologie publicitaire, juge que la chaîne de sandwicheries a enfreint les règles de déontologie en surfant sur l’affaire Baupin.

« En utilisant l’événement comme sujet de plaisanterie, ce procédé banalise les pratiques de harcèlement et les traite comme dépourvues de gravité, ce qui ne peut qu’avoir pour effet de porter atteinte à l’image des victimes de tels agissements, mais aussi des femmes et de leur dignité », relève le JDP.

Début juin, des affiches de Bagelstein mettaient en scène ce dialogue fictif :

« – Il est chaud votre trou ?
– Evidemment monsieur.
– Je peux passer quand ?
– Quand vous voulez entre 8h et 21h.
– Quel âge ?
– Comment ça, quel âge ? Maximum quelle heure ? Nos bagels sont frais du matin.
– Vos bagels ?
– Ben oui, monsieur Baupin. On vend des bagels, nous.
– Désolé, c’est une erreur… je compte sur votre discrétion, merci ».

Vivement critiquée, accusée de rire d’accusations de harcèlement sexuel pour vendre des sandwiches, Bagelstein avait rapidement retiré cette campagne et présenté des excuses. Mais entre temps le gendarme de la pub avait reçu pas moins de 400 plaintes émanant de particuliers, ainsi que des associations Les Chiennes de Garde et Osez le Féminisme. Et l’avis rendu par le JDP est particulièrement sévère, dénonçant une banalisation du harcèlement, une « atteinte à l’image » des femmes, un message « insultant » :

La « pub Baupin » épinglée par le JDP n’est pas le seul outil de communication controversé de Bagelstein, qui revendique « l’irrévérence ». L’enseigne « est coutumière d’une communication publicitaire d’un goût douteux et particulièrement sexiste et homophobe, socle de leur stratégie marketing, basée sur de prétendus décalage et humour », dénoncent les Chiennes de Garde. En rappelant par exemple les petites phrases que l’enseigne utilise sur ses emballages, ses menus ou ses murs – par exemple : « L’amour c’est sportif, surtout quand l’un des deux n’est pas d’accord ».

Des éléments de communication sexistes, d’autres homophobes, qui ont également été vivement critiqués ces dernières semaines. Au point de provoquer la naissance d’un nouveau collectif féministe, Insomnia, qui a multiplié les actions ces dernières semaines contre des restaurants Bagelstein.

« Ces phrases, se référant uniquement aux femmes en tant qu’objets sexuels, renforcent les stéréotypes et participent au climat sexiste qui légitime les violences faites aux femmes », insistent les Chiennes de Garde.

Mais il est difficile de porter plainte devant le Jury de déontologie publicitaire contre ces messages, « qui existent depuis des mois, voire des années. Car le JDP ne peut juger que sur des éléments précis et nouveaux », relève la présidente de l’association, contactée par Les Nouvelles NEWS.

« De plus en plus, le JDP rend des avis de cet ordre contre les publicités sexistes », se félicite Marie-Noëlle Bas. « Le gros problème c’est que ça arrive en général après la campagne, et du coup ça ne sert pas à grand chose. » En tout cas, Bagelstein est désormais dans le viseur des associations.

« Je veux bien entendre que leur communication soit décalée, mais le sexisme et l’homophobie ne sont pas admissibles. Et on n’hésitera pas à les épingler s’ils récidivent », insite la présidente des Chiennes de Garde. « Pour nous, ce qui est important, c’est de montrer à quel point toute la communication de Bagelstein est sexiste. »

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations