Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 00:40

Faire la campagne en Nouvelle Calédonie, c’est comme faire la campagne en France mais aussi autrement.

 

Accueillie très chaleureusement par l’équipe de campagne, un tout petit groupe très actif et présent, la campagne ici pour moi c’est :

 

Des permanences au local où tous les après midi on peut  retrouver la mandataire de Hollande Marie Paule (elle me donne d’énormes pamplemousses de plus d’un kg de son jardin !) et Raymond trésorier, mais aussi photographe  de campagne

Des tracts à distribuer particulièrement dans mon quartier de Tours de Magenta, HLM regroupant environ 4000 personnes. La distribution est très aisée car dans certains immeubles, il y a jusqu’à 136 boîtes aux lettres, 98 dans le mien ! Ma moyenne baisse selo l’heure de distribution et si je bavarde avec des habitants !

Des réunions du comité de direction animée de main de maître par Jean Pierre Directeur de campagne.

Des discussions autour des textes des tracts.

Une newsletter de campagne œuvre de Jean François et du secrétaire du PS Michel, un blog  pscaledonie.ouvaton.org

 

La campagne est menée par un comité de soutien présidé par Octave Togna  (voir sa biographie sur winipékia) qui réunit tous les mouvements ( dits groupes de pression) du FLNKS aux côtés du PS et de ses sympathisants.

Rencontrer et échanger avec les membres du FLNKS est vraiment une chance pour approcher un peu mieux la Nouvelle Calédonie et sa complexité politique.

 

Des meetings, ce soir le 3ème à Nouméa, dans un quartier populaire dans une salle de boxe.

 

 

Arrivée de JJQueyranne et T.Lataste à l'aéroport

 

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De gauche à droite, marie Paule, Moi, JJQueyranne, T.Lataste , Octave , Jean Pierre, Michel

 

Le temps fort de la semaine dernière a été la venue de Jean Jacques Queyranne ,ancien secrétaire d’état à l’outremer au moment des accords de Nouméa et Thierry Lataste, ancien haussaire ( plus ou moins équivalant à un préfet) 

J’ai eu le plaisir d’être invitée par l’équipe de les accueillir et j’ai partagé outre des temps publics à un déjeuner de travail ( photos)

 

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DSC_0686.JPGCoutume

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Ici les meetings ont quelques spécificités. Le président du Comité de soutien fait la coutume aux chefs de tribus du lieu où se passe la réunion et à la fin , double Hymne, kanak et Marseillaise. Mais pas de pot de l’amitié…..

 

 

 

 

 

 

 

 

Equipe "technique" fin meeting. DSC_0644.JPG

 

 

 

 

Ce tract que j’ai rédigé avec Octave, reprend bien l’engagement des composantes du Comité de Soutien. Il est parti pour la Province Nord où le FLNKS a de nombreux élus.

 

 

Fédérer autour de François Hollande, porteur d’un projet de Gauche

La section PS-NC a réuni autour de F. Hollande, non seulement ses militants et sympathisants, mais aussi le Palika, l’Union Calédonienne, l’Union Progressiste Mélanésienne, le Rassemblement Démocratique Océanien et le LKS. Le ciment de cette unité, le front commun, ce sont bien sûr les valeurs de Gauche que nous partageons tous. Comme l’a dit Aloïsio SAKO, être de Gauche, c’est mettre L’humain d’abord, le mettre au centre de nos choix et de nos décisions.

C’est sur ce principe que se sont organisées de tout temps les sociétés océaniennes. Et comme l’humain n’est jamais seul, être de Gauche, c’est penser d’abord les liens de solidarité et de partage entre tous, a rappelé Guy Pascal, particulièrement soucieux de l’insertion des jeunes. « Si tu n’es pas bien, je ne peux pas être bien. »

C’est pourquoi a expliqué Déwé Gorodey, il faut donner toute sa place à la citoyenneté qui nous met sur un pied d’égalité. La liberté voulue par la gauche, c’est aussi la liberté d’expression, donc celle de la presse, qu’il faut garantir efficacement. Toutes ces valeurs accompagnent le processus de décolonisation.

La Gauche, c’est aussi depuis 1956, comme l’a rappelé Gérard Reignier, l’émancipation du Pays avec la loi Deferre, qui a instauré la première autonomie du Pays. C’est la Paix et la stabilité que nous ont apporté l’accord de Matignon avec Michel Rocard et l’accord de Nouméa avec Lionel Jospin et Jean-Jack Queyranne.

L’avenir de la Nouvelle-Calédonie ne se comprend pas sans un développement durable, respectueux de l’humain, de l’environnement et des liens sociaux. Un des outils de ce développement a été l’accord de Bercy, qui a débouché sur l’usine du Nord, accord  signé par la gauche en 1998, qui a été le levier du rééquilibrage. Jean-Paul Caillard a montré des pistes de développement diversifié, facteur de durée et de rééquilibrage. Cela ne sera possible que s ‘il y a continuité de l’état dans la Recherche.

Michel Jorda a rappelé que la liberté des personnes n’est possible que si leur sécurité est assurée, entre autres par une police de proximité, et la justice garantie par les poursuites de tous les délinquants, y compris financiers. Pour garantir ces poursuites, une justice n’est efficace que si elle est indépendante. D’autre part, le lien social ne tient que si les inégalités sont aplanies : la fiscalité est un des principaux mécanismes de la redistribution solidaire, et la lutte contre la vie chère est aussi facteur d’égalité.

Avec François Hollande, le changement c’est maintenant, ici aussi. 

François Hollande  nous accompagnera. Choisir un président, c’est choisir un projet de société et nous voulons un projet de Gauche, fondé sur l’Humain pour notre « Terre de parole, terre de partage ».

François Hollande a pris 30 engagements pour les Outre-mers, dont la moitié pour la seule Nouvelle-Calédonie. Il s’est engagé à appliquer l’accord de Nouméa « avec loyauté, impartialité et volontarisme, en association et informant au maximum les citoyens et en respectant pleinement le choix des Calédoniens.» C’est  ça le changement.

Le changement dépend de nous ! Votons et faisons voter.

Par Danièle Soubeyrand-Géry - Publié dans : Mes engagements
Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 23:16

 

Michel Destot (député-maire PS de Grenoble) : « Il faut rétablir la confiance avec les acteurs de l'enseignement supérieur et la recherche »

« Les acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche ont été trop négligés dans les réformes entreprises au cours des cinq dernières années. Nous devons donc rétablir la confiance avec eux. » C'est ce que déclare Michel Destot, député-maire PS de Grenoble (1), dans une interview accordée à AEF à l'occasion de la parution, lundi 16 avril 2012, de son ouvrage intitulé « 2012-2017 : quel avenir pour l'enseignement supérieur et la recherche ? », et dont il commente les dix propositions (2). En matière de recherche privée et partenariale, Michel Destot souhaite « doubler le nombre d'ETI » (entreprises de taille intermédiaire), « étendre le crédit impôt recherche aux dépenses d'innovation » et concentrer les pôles de compétitivité sur « une dizaine de grands pôles urbains et régionaux ». Dans le domaine de la recherche publique, il est partisan de restaurer « l'évaluation par les pairs », d' « unifier les moyens aujourd'hui dispersés », de remettre les organismes publics au coeur du « soutien à des recherches 'à risque' » et d'assurer aux doctorants des « moyens décents » et des « débouchés suffisants ». Il évoque aussi l'enseignement supérieur, dont il faut « démocratiser davantage l'accès, ce qui suppose de s'attaquer aux deux problèmes majeurs que sont l'orientation et l'échec en premier cycle ». Il appelle de ses voeux deux « mesures fortes » : « établir un contrat d'autonomie entre l'État, l'université et les territoires » et « rééquilibrer la gouvernance et restaurer la collégialité au sein de l'université ».

AEF : Vous publiez un ouvrage intitulé « 2012-2017 : quel avenir pour l'enseignement supérieur et la recherche ? », qui formule dix propositions (1) et qui prolonge un précédent livre sur « ETI et PME : pour une innovation compétitive ». Quel en est le principal fil conducteur ?

Michel Destot : Je défends l'idée qu'il existe un continuum entre la formation, l'enseignement supérieur, la recherche, l'innovation et l'industrie, dont l'organisation administrative trop cloisonnée de notre pays ne tient pas suffisamment compte. Ceci se traduit notamment par le fait que nous raisonnons toujours, dans le domaine de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, selon une définition nationale des politiques, en minimisant leurs dimensions stratégiques européenne et régionale. Cette logique a atteint ses limites.

AEF : Quelles sont vos principales propositions pour y remédier ?

Michel Destot : Au niveau de l'enseignement supérieur, nous proposons dans le livre une loi d'orientation mettant au centre la réussite de l'étudiant, comme le soutiennent François Hollande, candidat du PS à l'élection présidentielle, et Vincent Peillon, son conseiller en charge de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Ceci passe par l'amélioration de la condition de vie étudiante, la revalorisation des filières courtes et la lutte contre l'échec universitaire. Si la gauche accède aux responsabilités, il faudra immédiatement appliquer deux mesures fortes : d'une part, établir un contrat d'autonomie entre l'État, l'université et les territoires ; d'autre part, rééquilibrer la gouvernance et restaurer la collégialité au sein de l'université. Enfin, un changement de méthode s'impose. Il va sans dire qu'il est absolument nécessaire de placer les forces syndicales de la recherche et de l'enseignement supérieur au centre de la concertation, comme le rappelle François Hollande. Les acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche ont été trop négligés dans les réformes entreprises au cours des cinq dernières années. Nous devons donc rétablir la confiance avec l'ensemble des acteurs.

AEF : Envisagez-vous aussi d'intervenir pour rehausser l'effort de R&D du secteur privé, que d'aucuns jugent insuffisant ?

Michel Destot : Cette faiblesse est indéniable. La recherche des entreprises n'est pas assez encouragée par l'État, ni suffisamment raccrochée au levier européen et à l'accompagnement des collectivités territoriales. Ce n'est pas un scoop que de dire que Bercy pilote mal l'ensemble des entreprises françaises. Or l'État devrait être avant tout dans un rôle de stratège pour définir, en liaison avec l'Union européenne, les filières prioritaires qu'il convient de soutenir. Cela dit, il ne faut pas tomber non plus dans l'auto-flagellation systématique : les grands groupes français sont performants sur la scène internationale. En revanche, j'observe qu'ils ne sont pas assez soutenus au niveau européen.

AEF : La structure industrielle française elle-même, caractérisée par un faible nombre d'ETI, pèse-t-elle aussi sur les performances françaises en matière de recherche et d'innovation ?

Michel Destot : C'est un facteur essentiel. Le passage du statut de PME à celui d'ETI se fait mal en France : nous n'avons que 4 700 ETI contre 15 000 en Allemagne, et seulement 380 de plus de 1 000 salariés. Mais l'une des explications vient de ce que dans notre pays, les PME les plus performantes sont absorbées par les grands groupes avant qu'elles ne se transforment en ETI. Je propose pour ma part de doubler le nombre d'ETI en quinze ans, en jouant sur deux leviers : le premier consiste à passer d'une logique de soutien à la recherche à un véritable soutien à l'innovation en privilégiant les innovations de rupture par rapport aux innovations incrémentales ; le second à mieux rationaliser l'accompagnement qu'apportent les collectivités territoriales : les régions devraient se focaliser sur l'accompagnement des PME-PMI, tandis que les pôles urbains devraient se concentrer sur les ETI.

AEF : Qu'entendez-vous par passer d'une logique de soutien à la recherche à une politique d'innovation ?

Michel Destot : Là où le soutien à la recherche s'adresse avant tout aux scientifiques, une politique d'innovation prend en compte les besoins des chefs d'entreprise, pour qui la recherche n'est pas une finalité, mais un moyen d'accroître des parts de marché et d'en conquérir de nouveaux. Prenons l'exemple du CIR (crédit impôt recherche) : tant qu'il sera seulement basé sur de stricts critères de recherche, il favorisera les grands groupes, qui disposent de leurs propres centres de recherche, au détriment des PME pour qui il est difficile de se doter d'une véritable capacité de R&D. Or elles devraient y être aidées, mais cela ne peut se faire efficacement que si l'on tient compte de leur degré de maturité en R&D.

AEF : Est-ce à dire que vous suggérez d'étendre le crédit impôt recherche aux dépenses d'innovation ?

Michel Destot : Il faut en effet descendre un peu le curseur, de manière à ce que le crédit impôt recherche soutienne des efforts plus appliqués, et notamment la réalisation de prototypes. Il est nécessaire de porter les efforts sur l'aval au moment des transferts de technologie, via une évolution au profit d'un crédit impôt innovation, ou CII. Je suis par conséquent partisan non pas de restreindre l'accès des grands groupes au crédit impôt recherche – sauf à corriger ici ou là quelques effets d'aubaine – mais d'étendre la portée du dispositif aux dépenses d'innovation, situées en aval (prototypes, préséries, protection de la propriété intellectuelle…). Les ETI-PME doivent également davantage en bénéficier afin de renforcer leur poids et leur rôle dans la R&D privée française.

AEF : Quel bilan faites-vous des pôles de compétitivité ?

Michel Destot : J'observe que partout dans le monde, les grandes technopoles présentent deux caractéristiques majeures : d'abord, un ancrage dans le temps, car il faut du temps pour que les chercheurs, les innovateurs, les industriels et les collectivités territoriales apprennent à travailler ensemble ; ensuite, un caractère pluridisciplinaire en privilégiant le travail en réseau. Vouloir spécialiser les pôles est une erreur, car c'est de la fertilisation croisée entre les différentes disciplines et des secteurs que naît l'innovation. La Silicon Valley en fournit un bon exemple aux États-Unis, et je pense qu'en France, le pôle grenoblois en fait la même démonstration.

Les pôles de compétitivité sont probablement la meilleure idée que la France ait eue depuis longtemps, mais elle a malheureusement été gâchée par le fait d'en concevoir 71, ce qui a conduit à une dispersion des moyens et à les avoir tous cantonnés dans une spécialité bien précise, nuisant à ce qui fait toute la dynamique d'un cluster. Une dizaine de pôles en France et une cinquantaine au niveau européen pourrait être le bon niveau. Pour parvenir à cette pluridisciplinarité, il faudrait concentrer l'effort sur quelques grands pôles urbains et régionaux, quitte à ce qu'en contrepartie soient prévues des compensations pour les territoires qui n'en auront pas et les PME-PMI qui n'en feront pas partie.

AEF : Quelle organisation étatique vous semblerait-elle la mieux adaptée au déploiement d'une telle politique ?

Michel Destot : Il faudrait à la France un grand ministère regroupant l'enseignement supérieur, la recherche et l'industrie, pour asseoir le continuum. Il faut parvenir à coordonner progressivement ces politiques au sein d'une organisation matricielle incluant les niveaux de la région, de l'État et de l'Europe pour chacun des domaines concernés. Prenez le cas d'une usine traditionnelle dans le secteur du textile au XXe siècle : les salariés y sont des ouvriers disposant d'un CAP, d'un BEP… Aujourd'hui, les « usines » du XXIe siècle sont davantage composées d'ingénieurs, de docteurs, de post-doctorants… Pour innover, il faut favoriser un écosystème de l'innovation : cela nécessite de mêler à l'intérieur et entre les entreprises des compétences variées et nouvelles. L'industrie française a besoin de collaborateurs très bien formés. Ainsi, relier l'enseignement supérieur à l'innovation, et donc à l'industrie, devient une absolue nécessité.

AEF : Quel regard portez-vous plus spécifiquement sur la politique de recherche et d'enseignement supérieur des cinq dernières années ?

Michel Destot : La base essentielle consiste d'après moi à assurer à ces secteurs, au vu de leurs échelles de temps, des ressources pérennes à travers les contrats passés entre l'État, les collectivités, les établissements d'enseignement supérieur et les grands établissements de recherche, dont la durée pourrait par exemple être calée sur celle du quinquennat. Nous ne songeons pas à remettre en cause l'autonomie des universités, mais si celles-ci n'ont pas les moyens qui vont avec, nous allons droit dans le mur. C'est exactement comme pour la décentralisation : sans moyens, elle n'existe pas. Il faut aussi corriger une certaine imprécision qui demeure dans la gouvernance des universités, en y réintroduisant plus de collégialité, comme l'a annoncé François Hollande dans son discours au Biopôle de Nancy, début mars.

Sur l'enseignement supérieur, François Hollande propose d'en démocratiser davantage l'accès, ce qui suppose de s'attaquer aux deux problèmes majeurs que sont l'orientation et l'échec en premier cycle, et d'en accroître le rayonnement international. Je pense qu'il faut aussi traiter un grave manque de vocations scientifiques et techniques, ainsi qu'un problème récurrent de trop grande coupure entre la recherche et la formation. Les PRES (pôles de recherche et d'enseignement supérieur) ont commencé à s'y attaquer par le haut, en harmonisant les formations doctorales. La contractualisation avec l'État et les régions pourrait aussi en faire un point d'attention, tout comme la recherche de synergies entre les PRES et les pôles de compétitivité.

AEF : Et en matière de recherche publique ?

Michel Destot : Notre candidat l'a rappelé à Nancy : en dix ans, en intensité de recherche, la France est passée de la 4e à la 15e place des pays de l'OCDE. Or, c'est la recherche qui soutient l'industrie française ! Il me paraît par conséquent essentiel de relancer des programmes de recherche ambitieux au niveau européen. Ensuite, il faut modifier le dispositif d'évaluation des chercheurs, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, en restaurant l'évaluation de la recherche par les pairs, et rappeler dans le même temps que les organismes publics de recherche sont et seront des acteurs clés de la politique nationale de recherche, et qu'ils ont donc un rôle essentiel à jouer dans le soutien à des recherches « à risque » qui préparent de futures ruptures scientifiques. Il est aussi nécessaire de simplifier le « mille-feuille » institutionnel afin de lui assurer sa cohérence et son efficacité.

Je suis convaincu qu'il faut également unifier les moyens aujourd'hui dispersés entre différentes sources : ANR (Agence nationale de la recherche), FUI (fonds unique interministériel), PIA (programme d'investissements d'avenir), ce dernier, je dois le dire, ayant été particulièrement bien calibré par la mission coprésidée par Alain Juppé et Michel Rocard.

Enfin, au plan européen, je pense qu'il faut remettre en cause la manière dont est conçu le PCRD (programme-cadre de recherche et développement) : les filières prioritaires doivent en être définies par le politique, pour éviter que l'Europe ne perde pied industriellement dans des secteurs où, comme le numérique et les télécommunications, elle disposait d'une réelle avance scientifique.

AEF : Les jeunes chercheurs sont confrontés de manière chronique à des difficultés d'insertion professionnelle, particulièrement dans le secteur privé. Comment pourrait-on améliorer leur situation ?

Michel Destot : Dans son programme, François Hollande rappelle qu'il est indispensable de conforter les jeunes chercheurs, en octroyant des moyens décents aux doctorants et en leur assurant des débouchés suffisants tant à l'université et dans la recherche publique que dans le monde des entreprises. L'émergence de jeunes équipes de recherche est aussi un enjeu considérable pour l'avenir de notre recherche. D'autant que leur situation n'est pas sans avoir des répercussions sur le vivier des compétences scientifiques et techniques dont le pays a pourtant grand besoin. Dans le domaine de l'ingénierie, par exemple, il n'y a plus assez de diplômés de niveau master, au point qu'il faudrait arriver à doubler leur nombre à brève échéance. Ici aussi le retour à la confiance est indispensable.

AEF : Concrètement, quelles dispositions vous paraîtraient-elles utiles ?

Michel Destot : Aider les doctorants, cela passe déjà par leur éviter les petits boulots pour vivre : il faut leur assurer des revenus qui, selon moi, doivent se situer dans l'échelle haute des différents niveaux d'allocation qui existent aujourd'hui. Il faut reconnaître la thèse dans les conventions collectives et la considérer comme une qualification professionnelle figurant dans les grilles de salaires. Il faut aussi tirer leurs débouchés vers le haut, en faisant en sorte qu'ils bénéficient d'embauches privilégiées dans les entreprises – aidées par l'État à travers le conditionnement du crédit impôt recherche – mais aussi dans les filières administratives et techniques, en ouvrant l'accès aux grands corps de l'État aux titulaires de doctorat.

Je suis également favorable à des idées comme celle de développer des diplômes de docteur-ingénieur, dans la mesure où cela renforcerait les relations entre les écoles et les universités et permettrait de former davantage d'ingénieurs à et par la recherche. Enfin, il faut absolument renouer avec une politique d'attractivité vis-à-vis des jeunes chercheurs étrangers et supprimer pour cela la circulaire Guéant, comme François Hollande s'y est engagé dans son programme.

(1) Diplômé de l'Ensam (École nationale supérieure des arts et métiers), docteur en physique nucléaire, chercheur puis directeur de recherche au CEA Saclay puis à Grenoble, Michel Destot a créé et dirigé une start-up de haute technologie qui est devenue une ETI (entreprise de taille intermédiaire). Il est aujourd'hui député-maire PS de Grenoble. Il est également président du Conseil national du Parti socialiste, du cercle de réflexion politique « Inventer à gauche » et de l'AMGVF (Association des maires de grandes villes de France). Il est par ailleurs l'auteur d'un essai de la Fondation Jean Jaurès, intitulé « ETI et PME : pour une innovation compétitive » (septembre 2011).
(2) « 2012-2017 : quel avenir pour l'enseignement supérieur et la recherche ? ». Michel Destot, Fondation Jean-Jaurès, collection « Les Essais » (www.jean-jaures.org). Les dix mesures préconisées dans l'ouvrage sont :
- « développer la professionnalisation de l'enseignement en revalorisant les filières courtes ;
- adopter une loi d'orientation de l'enseignement supérieur faisant de la lutte contre l'échec universitaire une priorité ;
- améliorer la condition étudiante, notamment par des aides financières plus importantes sur critères sociaux ;
- engager notre pays dans la définition d'une véritable stratégie européenne de recherche ;
- instituer un ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation industrielle (MESRII) chargé de mener à bien la nouvelle stratégie nationale et régionale de la recherche et de l'innovation ;
- mieux répartir et sécuriser les ressources des universités par des plans quinquennaux avec l'État et les régions ;
- dynamiser et rationaliser la carte de la recherche afin de renforcer l'attractivité de notre pays et de ses territoires ;
- faciliter le rapprochement entre les grandes écoles, l'université et les centres de recherche ;
- mobiliser des financements autour de thématiques nouvelles et de projets d'avenir ;
- réformer les dispositifs d'aide à l'innovation pour stimuler le développement d'établissements de taille intermédiaire innovants. »

 

 

www.grenoble.fr

Par Danièle Soubeyrand-Géry - Publié dans : informations
Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 13:18

 Le maire de Maxéville revient du Niger, porteur d’un appel à l’aide des tribus touarègues qui luttent contre les extrémistes.

Henri Bégorre, maire de Maxéville. Photo Anthony PICORÉ

Henri Bégorre, maire de Maxéville. Photo Anthony PICORÉ

Henri Bégorre, maire de Maxéville et président du Partenariat français pour l’eau, est rentré hier matin du Niger. Non pas qu’il soit allé en Afrique pour faire du tourisme. C’est tout le contraire. Initialement, ce voyage dans la « zone rouge » d’une Afrique dangereuse, avait pour but de voir dans quelles conditions pouvait se poursuivre la coopération décentralisée des villes de France vers le Mali dans le domaine de l’eau, et de l’assainissement, et de s’assurer sur place de la manière dont l’argent envoyé par les collectivités locales françaises était utilisé.

Le chaos à Gao

Mais ce voyage s’est doublé d’une mission diplomatique puisque l’élu lorrain est revenu avec un appel à l’aide lancé par Bajan Ag Hamatou, chef historique d’une des plus importantes tribus touarègues. Le coordinateur malien de la Ligue populaire et sociale des tribus du Grand Sahara est réfugié au Niger avec les siens, depuis que le chaos règne sur Tombouctou et Gao, les grandes métropoles maliennes, aux mains des salafistes et des islamistes. « Là-bas tout est désorganisé, les villes sont pillées, c’est le chaos total » rapporte Henri Bégorre qui a dû s’entourer de toutes les garanties avant d’effectuer ce voyage que déconseille le Quai d’Orsay. « J’avais des assurances de ce chef touareg. Ma sécurité était garantie par lui » a souligné Henri Bégorre qui sait bien que dans une Afrique en proie au désordre la prise d’otage est monnaie courante. Il rapporte le message d’un des chefs de la tribu des Oullimindes, qui lutte contre la prise de contrôle de son pays par AQMI et les salafistes. « Il demande instamment à la France de continuer à développer la coopération avec les villes maliennes, rapporte Henri Bégorre. Il explique que s’ils n’ont plus d’eau pour faire leurs cultures et nourrir le bétail, dans la situation de grande sécheresse d’aujourd’hui, ils seront une proie facile pour les extrémistes. Ils demandent qu’on les aide à mettre en place une organisation territoriale et qu’on ne les laisse pas tomber ».

Un message que l’élu a enregistré et transmis aux autorités françaises qui suivent de près les événements du Mali, où sont détenus plusieurs otages français

Par Danièle Soubeyrand-Géry - Publié dans : Revue de presse
Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 01:06
Dans ses 60 engagements, le candidat François Hollande à la présidentielle française de 2012 propose la création d’un ministère des Femmes. Des féministes se sont réunies le jeudi 12 avril pour en débattre. Parmi elles, Yvette Roudy, qui fut ministre des droits de la Femme de 1981 à 1986. Elle se bat pour sa restauration avec des idées très précises de ce qu'il devrait être désormais.
16.04.2012Par Florencia Valdés Andino
Des féministes  de toutes les générations avaient rempli le centre Hubertine Auclert dans le XVIIIème arrondissement de Paris.  Le but de la soirée : discuter de la pertinence d’un ministère des Droits des femmes comme celui qui a existé pendant le premier septennat de François Mitterand. Ce ministère a évolué par la suite jusqu’à se diluer aujourd’hui dans le ministère des Solidarités et de la cohésion sociale.

Pour la quarantaine de dames dans cette salle, la question est déjà tranchée. Oui au ministère. Place donc à une autre interrogation "comment faut-il s’y prendre ?".  Yvette Roudy, qui occupa la fonction de 1981 à 1986, affirme : "Le ministre doit être une ministre, une féministe.  Elle doit s’asseoir à la table lors du Conseil hebdomadaire des ministres, elle doit connaître les rouages de la politique. Pour quelqu’un qui vient de la société civile, il est très difficile de comprendre les codes et d’agir. Il faut qu’elle ait l’oreille du président et du Premier ministre. Et surtout, il faut qu’elle ait un culot phénoménal !".

La salle rit aux éclats. "Donne-nous des noms ! Qui est cette super femme ?", crie une dame aux cheveux ébouriffés. Yvette Roudy rit à son tour. "Je ne donnerai pas de noms, répond-t-elle, mais j’ai quelques personnes en tête". L’identité des candidates de Madame la Ministre restera secrète.  

Militante ou apparatchick ?

Il est pourtant évident que cette femme politique âgée de 83 ans fait référence à son propre parcours. En 1965, elle rencontre François Mitterand, et dès 1973 elle prend des responsabilités au sein du Parti socialiste. Élue députée européenne en 1979 sur les listes du PS, elle y fonde la commission des droits des femmes. L'éternelle engagée est ensuite maire et députée de Lisieux dans le Calvados. Et comme sa ministre idéale, elle a eu l’oreille de François Mitterrand, Pierre Mauroy et Laurent Fabius, qui furent tous deux des Premiers ministres du début de la première présidence Mitterrand.    

Certaines anciennes du Mouvement de libération des femmes (MLF), également présentes, ne sont pas convaincues. Pour elles,  entrer au gouvernement, c’est accepter d’être une apparatchick, appartenir au système et abandonner la lutte au nom du compromis. "Quelle serait donc la place des associations dans l’action du ministère ?", s’interrogent-t-elles. "Il faut avoir un pied dedans et un pied dehors", s’exclame Yvette Roudy qui a longtemps fait ce numéro d’équilibriste. Ce qui lui a valu de féroces critiques des deux camps. "On me disait que j’étais une vendue."    

"Il va falloir s’unir pour avoir un vrai poids", lance quelqu’un dans l’assemblée. Sujet sensible. Le mouvement féministe a toujours été divisé en factions. Même aujourd’hui, s’unir semble une utopie. Même si cette conférence est organisée par Féministes en mouvement, une fédération d’une quarantaine d’associations ayant toutes leurs propres combats et n’étant pas toujours d’accord. 

Les partisanes d’un rassemblement se manifestent : "Il ne faut pas se concentrer sur les points qui nous divisent , il faut se concentrer sur les points qui nous unissent". Les esprits s’échauffent, le brouhaha monte. "C’est comme il y a quarante ans",  rit  une militante au décolleté plongeant. Elles s’y croient déjà, il faut encore que François Hollande soit élu.

Un ministère oui, mais pas n'importe lequel

Sandrine Dauphin , docteure en sciences politiques et enseignante à l’université Paris III auteure de "l’Etat et le droit des femmes" (Presses universitaires de Rennes) est plus réservée vis-à-vis de la création d’un ministère des Droits des femmes. "Il ne suffit pas de créer un ministère, il faut aussi voir ce qu’on met derrière. Dispose-t-on uniquement d’un budget de fonctionnement ? C’est-à-dire l’argent accordé aux employés et fonctionnaires. Ou a-t-on un budget d’intervention ? C’est ce qui va déterminer la possibilité d’action du ministère. Même s’il ne s’agit que d’un secrétariat d’Etat mais s'il y a une possibilité d’agir, ça marche. Le budget d’intervention est très symbolique, à l’époque du ministère des Droits des femmes les fonds étaient puisés dans le budget consacré au monde associatif. Ce qui a fait polémique. Il faut également faire attention au choix du ministre. Dans une carrière politique, il n’est pas prestigieux d’avoir ce genre de ministère à sa charge. Il faut prendre tous ces facteurs en considération. Sinon ce n’est que de la poudre aux yeux. Alors que la tendance est à l’économie, y aura-t-il vraiment de la place pour un ministère à part entière ?"
François Hollande au Forum Elle présidentielle 2012. (40 minutes de vidéo)

Un seul ministère n'est pas suffisant

Quelques jeunes dans la salle expriment aussi leurs inquiétudes. "Pour quoi va-t-on se battre si les lois existent déjà ?". Les lois sur l’égalité salariale, l’interruption volontaire de grossesse, la parité en politique… "Mais le combat n’est pas fini ! Il faut instaurer un vrai rapport de forces", répond une militante expérimentée. La jeune fille un peu timide du fond ne fait qu'exprimer un sentiment partagé par des femmes de son âge : le principal est déjà acquis. Une ancienne est là pour lui rappeler que leur mission est loin d’être finie. "Nous vivons une période de régression où les fondamentaux sont remis en cause"

Malgré les divergences manifestes, elles semblent être toutes d’accord sur un point, la transversalité. Lutter pour les droits des femmes dans tous les domaines. Au sein du ministère de la santé pour les questions de maternité, d’IVG et de contraception. Au coeur de celui de la justice pour la pénalisation des violences faites aux femmes, etc. Un seul ministère ne serait pas suffisant.   

A ses 60 engagements, François Hollande a récemment ajouté 40 propositions visant uniquement les femmes, dont un kit contraception pour les jeunes filles comme l’avait proposé Ségolène Royal dans sa région (Poitou Charente dont elle est la présidente) en 2009.  Et il ne serait pas étonnant qu’il soit aussi attentif aux recommandations d'Yvette Roudy. Cette dernière a envoyé une lettre à François Hollande où elle liste tous les prérequis pour disposer d'un vrai ministère des Droits des femmes.

Par Danièle Soubeyrand-Géry - Publié dans : Revue de presse
Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 01:03
Lise London, la femme qui savait dire "non"
 
L'ancienne résistante communiste Lise London, veuve d'Artur London, dont le procès stalinien en Tchécoslovaquie a été rendu célèbre par le film "L'Aveu", s'est éteinte samedi à Paris à l'âge de 96 ans.

"On ne naît pas Résistant, on le devient"

par Pascal Priestley (avec AFP)
Née en 1916 en France de parents espagnols, engagée très tôt au PCF, Elisabeth Ricol rencontre à Moscou en 1935 le communiste tchèque Artur London, qu'elle épouse avant de s'engager dans la guerre civile espagnole.


Sur le front, elle travaille avec le dirigeant français des Brigades internationales André Marty au QG républicain d'Albacete (sud-est de l'Espagne). 70 ans plus tard elle fustigeait encore d'une voix frémissante l'abandon "impardonnable" du Front populaire par les démocraties occidentales, soulignant que seules des "troupes étrangères fascistes" allemandes et italiennes avaient permis la victoire de Franco.

Rejointe par son mari à Paris en février 1939, Lise, mère d'une petite Françoise née en février 1938, s'engage rapidement dans la Résistance, devenant capitaine des Francs-Tireurs et Partisans (FTP).

Arrêtée en 1942 par la police française, elle est jugée en 1943 par le tribunal d'Etat français, qui requiert sa condamnation à mort. Sa peine sera commuée en travaux forcés à perpétuité à la naissance de son fils Gérard, en avril 1943, à la prison La Petite Roquette.
Livrée aux Allemands, Lise London sera déportée en juin 1944 à Ravensbrück puis envoyée dans les Kommandos de Buchenwald.
Zoom:
Lise London, photographiée par la Gestapo en 1942

"On ne naît pas résistant, on devient résistant", dira t-elle. "Quand on vous demande d'exécuter des ordres avec lesquels vous n'êtes pas d'accord, vous devez savoir dire 'non' et maintenir votre 'non', sans faiblir (...) Il n'y a pas de héros nés, ce sont les circonstances qui font les héros".

Communiste fidèle et critique

Après la guerre, elle s'installe en Tchécoslovaquie où son mari devient vice-ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement communiste installé par l'URSS. Mais dans le cadre des purges staliniennes, Artur London tombe en disgrâce et est arrêté en 1951.
C'est durant ses années de prison, qu'il écrit en français les textes qui serviront de canevas à "L'Aveu" et qu'il transmet clandestinement à sa femme, glissés dans des paquets de papier à cigarettes. Dans ces documents, destinés, non à être publiés, mais à informer le Parti communiste français, London décrit les interrogatoires, tortures et procès infligés par le régime stalinien afin de lui extorquer des "aveux".

Artur London, finalement libéré en 1956, se réfugie en France. Son livre "L'Aveu", publié en 1968 chez Gallimard, au moment du "Printemps de Prague" écrasé par les chars soviétiques, sera porté deux ans plus tard à l'écran par Constantin Costa-Gavras, avec Yves Montand dans le rôle d'Artur et Simone Signoret dans celui de Lise.
Lise London, mère d'un troisième enfant, et dont le mari est mort en 1986, livre les moments forts de sa vie et de l'histoire en publiant notamment "La mégère de la rue Daguerre" (Seuil 1995) et "Le Printemps des camarades" (Seuil 1996).

La polémique autour de la publication du livre de Karel Bartosek "Les aveux des archives" (Le Seuil), où l'historien tchèque accuse London d'avoir été lui-même une sorte de commissaire rouge avant d'être victime à son tour du régime, est à l'origine de la publication des pages rédigées par London en prison. Car Lise London, pour faire taire une "campagne pleine d'ignominies", contre-attaque en les dévoilant au public ("Aux sources de l'Aveu" Gallimard, avril 1997).
Militante jusqu'au bout, Lise London, est restée adhérente au Parti communiste, dénonçant "le dévoiement du socialisme par Staline".

Par Danièle Soubeyrand-Géry - Publié dans : Revue de presse

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