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CNRS Editions, Paris, 2012, 80 p.

Plus de 60 ans après son indépendance et plus de 20 ans après son ouverture à l’économie mondiale, l’Inde connaît aujourd’hui un fort taux de croissance qui lui permet de s’affirmer comme un futur acteur majeur des grands équilibres internationaux. Pourtant, cette idée de « miracle indien » est battue en brèche par la persistance d’une pauvreté de masse. Dans l’imaginaire occidental, l’Inde semble en effet toujours naviguer entre parcs informatiques dernier cri et hordes de miséreux. Une analyse plus fine des conséquences sociales d’un tel essor économique s’impose donc.

C’est à cette tâche que s’attelle Christophe Jaffrelot, politologue, directeur du CERI (Centre d’Etudes et de Recherches Internationales) et spécialiste de l’Inde. Il nous livre dans cet ouvrage, bref mais dense, un tableau de la montée des inégalités et de l’instabilité politique du pays, conséquences selon lui de la libéralisation des années 1990.

Dans un premier temps, l’auteur passe rapidement en revue 60 ans de politique économique indienne, de l’économie administrée des années Nehru et Indira Gandhi, à l’ouverture de 1991. Puis il s’interroge plus longuement sur l’impact de la libéralisation (dérégulation, baisse des barrières douanières et des taux d’imposition...) sur la société indienne, cherchant à évaluer si le tournant des vingt dernières années a permis un recul de la pauvreté. Sa conclusion est sans équivoque : la trickle down theory que le gouvernement a faite sienne (« développement par capillarité » ou « par ruissellement », autrement dit l’idée que les revenus des riches sont réinvestis et profitent in fine à tout le monde) est un échec. Christophe Jaffrelot l’exprime clairement : « la libéralisation économique a surtout eu pour effet une forte croissance des inégalités » (p.16). Chiffres et statistiques à l’appui, il met en lumière les nouveaux clivages de la société indienne. Si la pauvreté de masse a diminué en valeur relative, elle n’a fait que se tasser en valeur absolue. Si une classe moyenne a émergé dans les grandes métropoles, les ruraux, et parmi eux en majorité les Dalits (intouchables) et les Adivasis (tribaux), restent très affectés par la pauvreté. A l’échelle du pays aussi, une fracture se dessine entre les Etats de « l’Inde qui brille » (Maharashtra, Gujarat, Tamil Nadu...) et ceux d’une Inde en « décrochage » (Uttar Pradesh, Bihar, Orissa...) (p.41).

Pour illustrer les conséquences de ce « mal-développement » (p.44), Christophe Jaffrelot se saisit dans une deuxième partie de l’exemple de l’insurrection maoïste qui a éclaté en 1967 dans l’Etat du Bengale occidental.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations