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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 11:07
 

 

Nous vous l'avons présenté à plusieurs reprises dans cette lettre d'information : le projet de loi « Égalité et citoyenneté » a été adopté ce jeudi en lecture définitive à l'Assemblée nationale. Enrichi par les citoyen.ne.s, invité.e.s au printemps dernier à participer à une consultation numérique, puis par le travail parlementaire, ce texte porté par le gouvernement est riche en mesures fortes et innovantes, autour de trois axes : la « citoyenneté et l'émancipation des jeunes » (généralisation du service civique, création d'un congé d'engagement associatif, carte de volontaire en service civique, ouverture de l'accès à la CMU-C aux jeunes âgés de 18 à 24 ans...), la « mixité sociale et l'égalité des chances » (attribution des logements sociaux plus juste et plus transparente...), et « l'égalité réelle », qui vise à renforcer la lutte contre toutes les discriminations.

Plusieurs amendements du gouvernement et de la députée Maud Olivier, soutenus par Catherine Coutelle, viennent également renforcer l'égalité entre les femmes et les hommes dans notre droit, avec l'inscription attendue du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes dans la loi, en faisant du sexisme une circonstance aggravante de tous les crimes et délits, ou encore en confiant au CSA la mission de veiller à l'image des femmes apparaissant dans les publicités.

 
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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 10:44
Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, le 24 août 2014 à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)
Sophie BrunnFrance Télévisions
Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont souvent fait cause commune : au PS au début des années 2000, où ils ont milité dans le même courant. Ou encore dans le gouvernement de Manuel Valls, dont ils ont été remerciés en même temps. Aujourd'hui, ils sont tous deux des prétendants de la primaire de la gauche. Montebourg revendique une candidature "sociale républicaine", "au cœur des gauches", quand Hamon se situe à la gauche du PS. Qu'est-ce qui les différencie aujourd'hui dans leurs programmes ? Franceinfo s'est penché sur leurs propositions : ce qui les rapproche et ce qui les différencie.

Sur le monde du travail

Ce que dit Benoît Hamon : "Je mettrai en place un revenu universel d’existence pour éradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre pour les Français-e-s."

Ce que pense Arnaud Montebourg :"Nous prônons plutôt finalement la société du travail. Il faut que chacun puisse avoir un revenu, mais sur la base d'efforts, et pas sur la base du simple fait de respirer", dit son directeur de campagne François Kalfon.

Ils ne sont pas tout à fait d'accord. A travers le débat sur le revenu universel perce une différence d'approche sur les questions liées au travail. Si l'on caricature à l'extrême, c'est "Montebourg le productiviste" contre "Hamon le décroissant". "Notre conviction, c'est que le progrès technologique permettra de produire plus de richesse avec moins d'heures de travail. Se pose donc la question de la répartition de cette richesse", explique Mathieu Hanotin, son directeur de campagne. Hamon veut encourager la diminution du temps de travail ou mettre en place un revenu universel d'existence.

A l'inverse, dans le camp d'Arnaud Montebourg, on estime que le revenu universel n'est pas la solution. Pour Christian Paul, député "frondeur" et soutien de l'ancien ministre du Redressement productif, "d'une certaine façon, le revenu universel c'est l'acceptation d'un chômage de masse. Il coûte très cher, sans garantir des créations d'emplois. Mieux vaut utiliser cet argent pour de la formation, ou des dispositifs" comme "Zéro chômeur de longue durée". Entre les deux candidats, "il y a donc une approche différente de la politique économique mais aussi du modèle de développement", poursuit Christian Paul.

Sur la VIe République

Ce que dit Arnaud Montebourg : "Je propose de faire adopter par référendum, dès l’été 2017, une réforme politique d’envergure qui établira une République nouvelle. Elle procédera d’un double mouvement : d’une part l’augmentation de la responsabilité des dirigeants politiques, d’autre part, l’entrée des citoyens dans le système politique."

Ce que dit Benoît Hamon : "J’établirai un mandat présidentiel non-renouvelable de sept ans avec un rôle nouveau : le président sera responsable de l’équilibre entre les pouvoirs, du respect des libertés (saisine du Conseil constitutionnel) et des intérêts de long-terme de la nation (environnement, santé, paix et stabilité internationale)."

Ils sont d'accord. "C'est lui le dépositaire, ils ont tous copié ses idées", assure-t-on chez Arnaud Montebourg. En 2001 déjà, c'est lui qui avait lancé la convention pour la VIe république. Un ensemble de propositions repris à l'époque par le NPS, le Nouveau Parti socialiste, lancé par Montebourg, Peillon et Hamon. Aujourd'hui, "il s'agit de remettre le citoyen au cœur du processus démocratique", dit-on dans l'entourage de Benoît Hamon. Montebourg et Hamon proposent tous les deux d'introduire de la proportionnelle à l'Assemblée, de réformer le Sénat en profondeur, notamment en y faisant siéger des citoyens tirés au sort, ou de limiter l'article 49.3 aux textes budgétaires.

Sur l'Europe

Ce que dit Montebourg : "Il va falloir aller casser un peu de vaisselle à Bruxelles. Ca suffit l'austérité!"

Ce que dit Hamon: "Je forgerai une alliance des gauches européennes pour imposer un moratoire sur le pacte de stabilité. L’austérité est inefficace et contribue à augmenter la dette."

Ils sont plutôt d'accord. Pour "sauver" l'Europe, ils affichent une différence de méthode : Montebourg prétend réformer l'Europe "au forceps", quand Hamon veut trouver des alliés pour se faire entendre. "On n'obtiendra rien en tapant du poing sur la table ou en agitant le chiffon rouge", explique-t-on chez Hamon. Mais les deux candidats partagent le même objectif : en finir avec l'"Europe de l'austérité", symbolisée par le "dogme" des 3% de déficit.

Tous deux partisans de la relance, ils se distinguent sur les moyens d'y parvenir : Hamon veut un Smic européen, Montebourg un plan d'augmentation des salaires. Ils plaident pour une harmonisation fiscale et la remise en cause de la directive sur les travailleurs détachés, et souhaitent aussi que l'Europe protège mieux ses marchés et ses entreprises, notamment grâce au protectionnisme. "Ils restent européens tous les deux, aucun n'est souverainiste", dit Christian Paul. A l'opposé de Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite, lui, une sortie des traités européens.

Sur la laïcité

Ce que dit Arnaud Montebourg : "La laïcité doit écarter de la décision publique toute transcendance. Elle doit permettre de se garder de la tyrannie, celle de la minorité (c'est le communautarisme) comme celle de la majorité (c'est l'identitarisme)."

Ce que dit Benoit Hamon : "La laïcité est un principe qui irrigue la République, dans le respect de tous, pas un outil contre une religion ou l'absence de religion."

Ils n'ont pas la même vision. Dans l'éventail des positions qui traversent la gauche sur ces questions, Benoît Hamon assume d'être à l'opposé de Manuel Valls, chef de file des "ultra-laïcs". Et Montebourg affirme être à un point d'équilibre entre les deux. Ainsi, Montebourg ne souhaite pas légiférer pour interdire le voile à l'université (alors que Valls y est favorable) ou régir la place du voile dans l'entreprise. Dans son équipe, on insiste sur le fait que "la mixité n'est pas négociable dans l'espace public". Allusion aux propos controversés de Benoît Hamon, interrogé sur un reportage montrant des quartiers populaires dans lesquels les femmes ne sont pas les bienvenues. "Remettons des questions sociales avant de mettre des questions religieuses sur ces sujets-là", a notamment réagi l'ancien ministre de l'Education.

Sur le cannabis

Ce que dit Benoît Hamon : "Je légaliserai le cannabis et j’encadrerai sa distribution. Il faut tuer les trafics à la source et protéger nos citoyens des pratiques des dealers. J’utiliserai les 568 millions d’euros annuels utilisés pour la répression à des fins de prévention et d’information sur les risques associés à cette consommation."

Ce que dit Arnaud Montebourg : "Je considère qu'en terme de santé publique, nous ne pouvons pas nous permettre une dépénalisation. Nous avons investi tant d'énergie de la puissance publique pour dissuader les Français de consommer de l'alcool et de fumer, qu'envoyer un message sur un nouvelle addiction plus grave en terme de santé publique serait pour moi une erreur pour le pays."

Ils ne sont pas du tout d'accord. Dans l'entourage d'Arnaud Montebourg, on estime que la dépénalisation ne limiterait en rien l'économie souterraine générée par le trafic de cannabis mais aussi d'autres drogues.

Malgré leurs différences, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sont tout à fait susceptibles de se rapprocher au second tour de la primaire si l'un d'eux est qualifié. Surtout s'il s'agit de s'opposer à Manuel Valls, dont ils combattent tous deux le positionnement. "Assez naturellement, je ne voterai pas Valls au second tour", dit ainsi un très proche de Benoît Hamon.

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Danièle Soubeyrand-Géry
19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 13:35

Photo d'illustration - LyonMag

 

Photo d'illustration - LyonMag

 

Comme chacun le sait, le président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes a, depuis son élection, endossé le costume de Monsieur Laveplusblanc.

 

 

Nul ne songerait à reprocher à Laurent Wauquiez d’avoir lancé une vaste chasse aux gaspillages. Interdiction formelle donc de reproduire l’épisode Farida Boudaoud et ses notes de taxis colossales lors de la présidence Queyranne.

Mais en nous plongeant dans les plannings de service des chauffeurs, nous avons déniché quelques utilisations que d’aucuns pourraient qualifier d’abusives.

 

En premier lieu, le cas de la vice-présidente aux Lycées Béatrice Berthoux qui utilise régulièrement une voiture et un chauffeur pour effectuer les 35 malheureux kilomètres entre son domicile de Limas et son bureau au siège de la Région à la Confluence. Que ses collègues qui habitent à plusieurs centaines de kilomètres de Lyon agissent de la sorte est plus logique. Ils profitent du temps de trajet (qui se calcule en heures) pour travailler dans la voiture.

 

Mais dans le cas de Béatrice Berthoux, on peut penser qu’elle pourrait utiliser sa propre voiture (ou sauter dans un train) ; cela éviterait à un chauffeur de la Région de faire deux allers-retours à chaque fois qu’elle se rend à son bureau. Peut-être faut-il voir là la raison qui l’a poussée à préférer la Région au Département. Lorsqu’elle était vice-présidente du Conseil départemental, c’est avec sa propre voiture qu’elle venait à Lyon.

 

Nous aurions en revanche mauvaise grâce à faire ce même reproche au premier vice-président Étienne Blanc (qui habite à la frontière suisse) ou à son collègue Éric Fournier qui, lui, réside à Chamonix.

 

Nos deux élus ont néanmoins quelques progrès à faire. Ils semblent ignorer qu’il existe à Lyon un réseau de transports en commun tout à fait performant. Cela éviterait par exemple à Étienne Blanc de recourir à une voiture et à un chauffeur lorsqu’il va de la Confluence à l’Hôtel du gouverneur ou au Cercle de l’Union place Bellecour. Dans un cas, il peut utiliser le métro qui le pose tout près, dans l’autre, il a le choix entre le métro ou la navette Presqu’île (rebaptisée S 91).

Éric Fournier, lui, semble ignorer que pour aller à la gare de la Part-Dieu, il existe un tramway direct. Quant à Florence Verney-Caron, on s’étonne qu’elle se croit obligée de faire appel à une voiture et un chauffeur pour aller de son domicile de Caluire à la gare.

 

Laurent Wauquiez gagnerait à passer un coup de fil à la sénatrice et présidente du Sytral Annie Guillemot pour qu’elle lui offre quelques plans du réseau des TCL. Voilà qui pourrait être utile à sa directrice de cabinet qui découvrirait que pour se rendre rue Royale (dans le 1er arrondissement) il existe une solution alternative à la voiture-chauffeur de la Région.

 

Autres handicapés des transports en commun, le directeur général des services (DGS) et le directeur adjoint (DGA). Le premier ignore probablement qu’il est très simple d’emprunter le tram pour aller du siège de la Confluence à la Chambre régionale des comptes située boulevard Vivier-Merle, dans le 3e arrondissement. Quant au second, on imagine sans peine qu’il aurait bien évidemment renoncé à la voiture-chauffeur s’il avait su que l’on peut facilement se rendre rue Moncey en tram ou en métro.

À défaut, l’un et l’autre pourraient d’ailleurs tout à fait utiliser la voiture de service que la Région met à leur disposition.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 10:58

Sexe, race,  pratique du pouvoir et l’idée de nature de Colette Guillaumin, 1978 réédité. Ce texte de n’a pas pris beaucoup de rides !

 

Introduction

 

En 1978, Colette Guillemin fait paraître un texte fondateur dans les Questions féministes n°2 qui théorise l'appropriation des femmes à travers l'idéologie naturaliste  et propose une analyse en termes de construction sociale du genre. Elle invente et développe le terme sexage.

Elle s’appuie sur deux faits dominants.  Le premier est un rapport de pouvoir, coup de force permanent qu’est l’appropriation de la classe des femmes par la classe des hommes. L’autre est un effet idéologique, l’idée de nature, cette « nature » supposée rendre compte de ce que seraient les femmes. « L’appropriation  des femmes est explicite dans l’habitude sémantique très banale de mentionner les acteurs sociaux  femmes prioritairement par leur sexe (« femmes », les femmes) ; Toute qualification est omise  ou refusée au sexe féminin…. Ce qui est dit  et uniquement dit à propos des êtres humains femelles, c’est leur position effective dans les rapports de classe : celle d’être en premier et fondamentalement des femmes ». Femmes nous sommes, ce n’est pas un qualificatif parmi d’autres c’est notre définition sociale.

Un élève a été puni, une jeune fille a reçu un blâme (rapport Ecole Polytechnique)/ Un président, un ouvrier, un tourneur et une femme/ Ils ont assassinés des dizaines de milliers d’ouvriers, d’étudiants, de femmes (F.Castro à propos du régime de Battista)

Je me limiterai à la première partie de l’article, l’appropriation des femmes, l’appropriation concrète, la réduction de femmes à l’état d’objet matériel.  Lorsqu’elle est vendue sur le marché du travail,  elle est beaucoup moins payée que les hommes (40 ans après peu de changements !), et le travail domestique des femmes, qu’elles soient salariées ou non est accompli sans salaire. L’appropriation physique dans les rapports de sexe contient l’accaparement de la force de travail. « Nommé  esclavage et servage  dans l’économie foncière, ce type de rapport peut être désigné sous le terme de sexage ».

 

I. L’expression concrète de l’appropriation

Dans les rapports de sexage, appropriation  de l’ensemble du groupe des femmes ou du corps individuel de chaque femme Colette Guillaumin distingue :

L’appropriation du temps : le temps est approprié explicitement dans le contrat de mariage en ce qu’il n’y a aucune mesure de ce temps et aucune limitation à son emploi. « Tout se passe comme si l’épouse appartenait en nue-propriété à l’époux et la classe des femmes en usufruit à chaque homme, et particulièrement à chacun de ceux qui ont acquis l’usage privé de l’une d’entre elles ». Aux femmes, le ménage, la surveillance des enfants, la préparation de la nourriture…..

L’appropriation des produits du corps : dans le mariage le nombre d’enfants n’est pas soumis à contrat, n’est pas fixé avec l’épouse. Le corps individuel matériel des femmes dans ce qu’il fabrique (les enfants, le lait) appartient à un autre qu’elle-même, comme c’était le cas dans l’esclavage de la plantation. Depuis 1976, quelques avancées : l’autorité du père devenue parentale en 2002, les prestations sociales ne sont plus automatiquement versées au père  depuis 2010

L’obligation sexuelle : Comment nommer cette relation ? « Services sexuels »? Devoir comme les devoirs de classe ? Cuissage ? Droit de cuissage ? On a toujours appris qu’à des droits correspondent des devoirs, ce qu’on n’a pas précisé c’est qu’au droit des uns correspond le devoir des autres. Il existe deux formes principales de l’usage sexuel, celui qui intervient par contrat non monétaire, dans le mariage et celui directement monnayé, la prostitution. La vente limite l’usage physique à l’usage sexuel, dans le mariage les usages sont beaucoup plus larges.

La charge physique des membres invalides du groupe ainsi que des membres valides de sexe mâle dans une relation non évaluée, ni temporellement, ni économiquement. Quand ces tâches sont exercées professionnellement, elles le sont essentiellement par les femmes.

 

II l’Appropriation matérielle de l’individualité corporelle

« La vente ou  l’échange de biens et spécialement de l’émanation corporelle qu’est la force de travail constitue la vérification de la propriété de soi-même (je ne peux vendre que ce qui m’appartient). D’ailleurs pendant longtemps le salaire des femmes appartenaient à leurs maris, ils étaient donc possesseurs de l’outil-de-travail-femme.

« L’appropriation des femmes, le fait que c’est leur matérialité en bloc qui est acquise est si profondément admis qu’il n’est pas vu ».

Plusieurs moyens pour s’approprier la classe des femmes :

Le marché du travail : les femmes sont encore trop souvent mises en demeure de trouver un emploi d’épouse, de femme donc de SE vendre et non de vendre leur force de travail pour pouvoir vivre et faire vivre leurs enfants (rémunération inférieure des femmes, idée du salaire complémentaire, plus fort taux de chômage…)

Le confinement dans l’espace : le domicile familial est encore fixé par l’époux et ce confinement est intériorisé, modèle de grille intérieure difficilement surpassable en terme d’efficacité. L’intériorisation s’obtient par dressage positif (reine du foyer, mère irremplaçable…) et négatif (si tu sors mes congénères te traqueront…) Ce fut une des raisons de l’interdiction du travail de nuit des femmes !

La démonstration de force, les coups

La contrainte sexuelle : toute femme non appropriée officiellement par contrat par un seul homme est l’objet d’un concours qui dévoile la nature collective de l’appropriation des femmes et exprime que l’ensemble des hommes dispose de chacune des femmes puisqu’entre eux c’est affaire de négociation ou de lutte pour savoir qui « emportera le morceau». Jusqu’à une période récente, il n’y avait viol que si le propriétaire de la femme, mari ou père, donc des enfants de la femme, risquait de se retrouver avec des « enfants non propres » (code civil).

L’arsenal juridique et le droit coutumier qui parfois s’est imposé. La loi française  du 6 Fructidor an II interdit à tout citoyen sous peine de sanction d’adopter un autre nom que celui qui figure sur son acte de naissance, loi pas appliquée en France où le droit coutumier impose le nom de l’époux. Les femmes sont donc dites exactement pour ce qu’elles sont, appropriées par leurs époux et inexistantes en tant que sujet de la loi.

Conclusion

Constatons que cette analyse aide à lire encore la situation actuelle des femmes en France et ailleurs, elle montre les rouages de la domination des femmes, rouages que nos luttes féministes n’ont pas réussi à enrailler même si la situation s’est améliorée dans quelques domaines, tout au moins pour l’instant. Dans la deuxième partie de l’article, Colette Guillaumin traite de l’idée de « nature », supposée rendre compte de ce que seraient les femmes.

Ce texte, dans son intégralité, est  illustré de nombreux exemples et références historiques. Relisons le.

Danièle Soubeyrand

 

 

 

 

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Danièle Soubeyrand-Géry
24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 20:07

Le collectif Prenons la Une soumet aux rédactions des outils pour utiliser les mots justes afin de ne plus minimiser les violences faites aux femmes.


 

« Aujourd’hui, en Espagne, aucun média n’oserait plus employer le terme ‘crime passionnel’ », assure Pilar Lopez Diez, qui n’est pas étrangère à cette situation. Cette docteure en sciences de l’information a aidé le quotidien espagnol Publico à adopter, en 2008, une charte sur le traitement des violences de genre. D’autres journaux du pays ont, depuis, adopté des recommandations. Au tour de la France ? Jeudi 17 novembre, Pilar Lopez Diez accompagnait le collectif français de femmes journalistes Prenons la Une, qui dévoilait ses « outils à l’usage des journalistes » pour un traitement juste des violences faites aux femmes.

« La cause des violences de genre, c’est la domination et le contrôle exercés par certains hommes sur leurs compagnes »

Chaque année, en France, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime. Plus de 80 000 subissent un viol ou une tentative de viol. Il ne s’agit que d’une partie des violences subies par les femmes. Et pourtant, trop souvent dans la presse, ce phénomène de société est réduit à l’état de fait divers. « Les titres, les mots, les images, régulièrement, ne sont pas justes », résume Claire Alet, l’une des fondatrices de Prenons la Une. Exemple criant parmi tant d’autres, ce titre et cette illustration :

violences

 

Humour, relativisation des faits, voire dépréciation de la victime… la façon dont les journalistes parlent des violences de genre peut contribuer « à les banaliser ou à les excuser », comme le rappelle Sophie Gourion créatrice duTumblr « Les mots tuent ». En parlant de « drame conjugal » ou de « crime passionnel », on entre dans le domaine de « l’immunité amoureuse » que dénonçait Natacha Henry dès 2011 dans nos colonnes.

Car « la cause première des violences de genre, c’est la domination et le contrôle exercés par certains hommes sur leurs compagnes », rappelle Pilar Lopez Diez.« Parler de crime passionnel, c’est suggérer que l’amour et la violence sont compatibles. Que l’on peut réduire à l’état d’objet quelqu’un qu’on aime. Les femmes victimes de violences entendent ces mots comme une injure », insiste le magistrat Edouard Durand. Le « crime passionnel » toujours pas mort, déplorions-nous encore il y un an.

Onze recommandations

Parce que les journalistes ont une responsabilité sociétale, le collectif Prenons la Une a donc établi des « outils à l’usage des journalistes » – à télécharger ici. Onze recommandations pour traiter sans sexisme des violences de genre. À commencer par bannir ces trop habituels « crime passionnel » ou « drame familial », pour privilégier « meurtre conjugal » ou « meurtre par le partenaire intime ».

Utiliser les mots justes, toujours, en ne confondant pas « harcèlement sexuel », « agression sexuelle » et « viol ». Et, dans la mesure du possible, contextualiser et rappeler le numéro de téléphone national, anonyme et gratuit, pour l’écoute et l’orientation des femmes victimes de toutes violences, le 3919.

Interpellées par Prenons La Une, plusieurs rédactions se sont déjà engagées à utiliser ces outils. Parmi elles, Les Nouvelles NEWS, en toute logique, mais aussi France Médias Monde, France Inter, France Info, Elle, Causette, Alternatives Economiques, Libération et L’Humanité. Le collectif attend les signatures d’autres médias d’ici au 25 novembre, journée internationale contre les violences faites aux femmes. Il y a peu, le Haut Conseil à l’Egalité recommandait justement d’élaborer des « chartes pédagogiques relatives au traitement médiatique des violences faites aux femmes »

 

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Danièle Soubeyrand-Géry
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:35
Alerte Egalité / Haut Conseil à l'Egalité
 
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 2 NOVEMBRE 2016
 
Aujourd’hui sort en librairie le Guide pratique

pour une communication publique sans stéréotype de sexe
 
Mercredi 2 novembre, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes publie en librairie son « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe », en partenariat avec la Documentation Française. A cette occasion et dans le cadre du plan de mobilisation contre le sexisme, la ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des femmes signera la convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe, de même que le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, et le Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.
 
Le marché de la communication publique est estimé à plus de 1 milliard d’euros chaque année.  Colloques, campagnes d’affichage, spots radios, …Celle-ci touche toute la population, de l’échelon le plus local jusqu’au Gouvernement. Néanmoins, si l’égalité entre les femmes et les hommes est aujourd’hui promue à tous les niveaux, la communication publique est encore largement vectrice de stéréotypes de sexe :
- dans le langage : en usant du masculin dit « neutre » et « universel » dans les textes officiels mais aussi dans les noms de titres et métiers, ce qui contribue à invisibiliser les femmes ;
- dans les images : en enfermant les femmes et les hommes dans des représentations stéréotypées : couleurs douces ou rose pour les femmes/sombres ou bleu pour les hommes, positions lascives ou maternantes des femmes/ambition et domination pour les hommes ;
- à la tribune et au micro avec une présence déséquilibrée des femmes et des hommes.
Au travers de 10 recommandations concrètes, le Guide du HCE donne des clés pour faire en sorte que la communication contribue à la lutter contre les stéréotypes, au lieu de les laisser perdurer, voire les entretenir.
 
Après le franc succès de la version 2015 du Guide (près de 10 000 exemplaires diffusés à des partenaires-clefs et 20 interventions de sensibilisation), ce guide peut désormais être un outil pour chaque personne ayant la volonté de s’engager pour une communication exemplaire, dans son association, son entreprise, ou son organisation. Vendu par la Documentation Française au prix de 3,50 €, il peut être commandé dans toutes les librairies.
 
Il y a un an, le HCE avait également encouragé les pouvoirs publics à signer une Convention d’Engagement pour une communication publique sans stéréotype  de sexe. Un an plus tard, la liste des signataires compte de nombreuses institutions et organisations fortes de symbole, qui entament une démarche de sensibilisation et de changement des pratiques en interne : le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), le Ministère de la Justice, la région Bretagne, Universcience ou encore l’association Communication Publique, …
 
Communiquer sans sexisme est possible et l’engouement pour le Guide atteste d’une large volonté de promouvoir une alternative positive et égalitaire.  Le HCE espère, grâce à cette diffusion plus massive et grand public, que c’est la société toute entière qui se saisira de cette question.
 
Pour consulter le Guide : bit.ly/2fgIjbx
Pour le commander en ligne : bit.ly/2fbW3Wa
Pour télécharger les visuels : bit.ly/2fcaGc1
Pour signer la convention d’engagement : bit.ly/2eU9kV6
La liste des signataires à ce jour : bit.ly/2fuNglZ
Consulter le Guide
 
Le Haut Conseil à l'Egalité (HCE) est l'instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l'égalité des sexes. Créé en 2013, le HCE est composé de 72 membres représentant la diversité des acteurs et actrices des politiques d'égalité femmes-hommes. Le HCE apporte son expertise aux pouvoirs publics et mobilise la société à partir de son travail de concertation, d'évaluation des politiques publiques, de formulation de recommandations, et d'animation du débat public.
 

©Haut Conseil à l’Égalité, 2016.
Tous droits réservés.
www. haut-conseil-egalite.gouv.fr
Contact : haut-conseil-egalite@pm.gouv.fr

 





 

Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes · 99 rue de Grenelle, Paris, France · Paris 75007 · France
 
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Danièle Soubeyrand-Géry
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:35
Alerte Egalité / Haut Conseil à l'Egalité
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COMMUNIQUE DE PRESSE DU 2 NOVEMBRE 2016
 
Aujourd’hui sort en librairie le Guide pratique

pour une communication publique sans stéréotype de sexe
 
Mercredi 2 novembre, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes publie en librairie son « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe », en partenariat avec la Documentation Française. A cette occasion et dans le cadre du plan de mobilisation contre le sexisme, la ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des femmes signera la convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe, de même que le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, et le Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.
 
Le marché de la communication publique est estimé à plus de 1 milliard d’euros chaque année.  Colloques, campagnes d’affichage, spots radios, …Celle-ci touche toute la population, de l’échelon le plus local jusqu’au Gouvernement. Néanmoins, si l’égalité entre les femmes et les hommes est aujourd’hui promue à tous les niveaux, la communication publique est encore largement vectrice de stéréotypes de sexe :
- dans le langage : en usant du masculin dit « neutre » et « universel » dans les textes officiels mais aussi dans les noms de titres et métiers, ce qui contribue à invisibiliser les femmes ;
- dans les images : en enfermant les femmes et les hommes dans des représentations stéréotypées : couleurs douces ou rose pour les femmes/sombres ou bleu pour les hommes, positions lascives ou maternantes des femmes/ambition et domination pour les hommes ;
- à la tribune et au micro avec une présence déséquilibrée des femmes et des hommes.
Au travers de 10 recommandations concrètes, le Guide du HCE donne des clés pour faire en sorte que la communication contribue à la lutter contre les stéréotypes, au lieu de les laisser perdurer, voire les entretenir.
 
Après le franc succès de la version 2015 du Guide (près de 10 000 exemplaires diffusés à des partenaires-clefs et 20 interventions de sensibilisation), ce guide peut désormais être un outil pour chaque personne ayant la volonté de s’engager pour une communication exemplaire, dans son association, son entreprise, ou son organisation. Vendu par la Documentation Française au prix de 3,50 €, il peut être commandé dans toutes les librairies.
 
Il y a un an, le HCE avait également encouragé les pouvoirs publics à signer une Convention d’Engagement pour une communication publique sans stéréotype  de sexe. Un an plus tard, la liste des signataires compte de nombreuses institutions et organisations fortes de symbole, qui entament une démarche de sensibilisation et de changement des pratiques en interne : le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), le Ministère de la Justice, la région Bretagne, Universcience ou encore l’association Communication Publique, …
 
Communiquer sans sexisme est possible et l’engouement pour le Guide atteste d’une large volonté de promouvoir une alternative positive et égalitaire.  Le HCE espère, grâce à cette diffusion plus massive et grand public, que c’est la société toute entière qui se saisira de cette question.
 
Pour consulter le Guide : bit.ly/2fgIjbx
Pour le commander en ligne : bit.ly/2fbW3Wa
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Danièle Soubeyrand-Géry
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:38

Nouvelles News

 

arringatoreAvec davantage de professeurs masculins, l’image de la discipline sera moins dégradée : cette remarque dans le rapport officiel du CAPES de Lettres ne passe pas. Un collectif interpelle le ministère.


 

Quelques mots qui « légitiment l’opinion sexiste qui voudrait que l’enseignement soit moins crédible assuré par des femmes » : un collectif d’enseignant.e.s ne digère pas le rapport officiel du CAPES de Lettres 2016, et le fait savoir dans une pétition : ‘Contre le sexisme du rapport du CAPES’

L’auteur du rapport incriminé, le président du jury et Inspecteur général de l’Éducation nationale Patrick Laudet, s’y félicite que de plus en plus d’hommes s’orientent vers le métier de professeur de Lettres – dont le concours du CAPES est la porte d’entrée : en 2016, les garçons représentaient 23% des admis, contre 17% en 2013.1

« Pour qui est légitimement soucieux de parité, c’est là une tendance vraiment encourageante », juge Patrick Laudet. Mais le message se gâte ensuite peu à peu. Voir de plus en plus de garçons est « un symptôme d’attractivité nouvelle pour le métier de professeur de Lettres. Enseigner les lettres n’est pas une spécificité féminine et nos élèves ont besoin de l’expérimenter au quotidien. Ils y gagneront incontestablement, les garçons entre autres ». Et de conclure : « La présence accrue d’hommes pour enseigner les Lettres contribuera à affiner l’image parfois dégradée qu’ils [les élèves, NDLR] ont de la discipline. »

« Une candidate au CAPES va comprendre qu’elle sera moins prise au sérieux qu’un garçon, c’est grave ! »

En substance, donc, les élèves auraient une mauvaise image des études littéraires parce que les enseignants y sont surtout des enseignantes. Voilà de quoi « répandre le soupçon de non-légitimité qui pèse sans cesse sur les femmes en les accusant d’être à l’origine du manque d’une légitimité d’une profession », dénonce la pétition lancée par le collectif Égalité enseignement. Celui-ci, composé d’une dizaine de professeur.e.s de différents niveaux, qui ont passé des concours d’enseignement, s’est constitué en réaction directe à ce rapport. Il demande à la ministre de l’Éducation nationale d’en effacer cette « remarque misogyne ».

Sophie, l’une des membres du collectif, est professeure de Lettres et donne justement des cours de préparation au CAPES. « J’essaie de donner confiance aux candidates, et en face on tombe sur un discours décourageant. Une jeune fille qui va préparer le concours va sans doute lire ce rapport. Et ce qu’elle va comprendre, c’est qu’elle sera moins prise au sérieux qu’un garçon, c’est grave ! »

Le collectif explique : « Que les métiers où les femmes sont majoritaires soient très souvent moins attractifs (en termes de reconnaissance sociale et matérielle) c’est un fait. Cependant (…) ce rapport confond singulièrement la cause et l’effet. » Car « ce n’est pas la féminisation des effectifs qui déclasse les métiers. On peut penser que c’est au contraire le déclassement social, dû à des raisons concrètes (les conditions matérielles d’exercice : salaires, moyens, nombre d’élèves, affectations) ainsi qu’à des raisons symboliques (manque de reconnaissance par les autorités étatiques) qui provoque, parmi d’autres facteurs, la féminisation des métiers. »

« J’ai l’impression que nos collègues ou nos supérieurs sont dans l’ensemble plus rétrogrades que nos élèves »

« Ce qui nous a choqués », poursuit Sophie, « c’est qu’on trouve cette remarque dans un rapport officiel, alors même que l’Éducation nationale est censée lutter contre les stéréotypes sexistes. C’est malheureusement quelque chose qu’on entend très souvent, mais d’habitude en mode opinion personnelle, bruits de couloirs… »

« Ce qui nous a fait hurler, c’est aussi l’hypocrisie derrière son soutien affiché à la parité. Se féliciter qu’il y ait davantage d’hommes dans un métier féminisé, très bien. Mais il faudrait aussi se soucier du fait que, plus on monte les échelons, moins on voit de femmes. Les nominations d’enseignants en classe prépa, par exemple, sont à la discrétion de l’Inspection générale. Et là, on a vraiment l’impression qu’il y a un favoritisme pour les garçons », témoigne la professeure de Lettres.

Voir aussi : Le “métier de mère de famille” incompatible avec celui de prof de khâgne

Alors, au-delà de la pétition, pourquoi pas un Tumblr sur le sexisme dans l’Éducation nationale, comme ceux créés récemment par des assistantes parlementaires, ou encore des avocates ? « C’est vrai que cela manque », observe Sophie. « Une des personnes du collectif a d’ailleurs parlé avec ses collègues de l’absence d’autrices au bac littéraire. Et l’un d’eux lui a répondu : ‘C’est parce que les femmes s’épanouissent dans la maternité, et pas dans la littérature’ ». Autre exemple : « Dans les colloques de recherche, on entend toujours des remarques sexistes sous prétexte de compliments. Du genre : “Je ne saurais dire si ta communication était bien, tu es tellement jolie qu’on ne fait que te regarder, pas t’écouter” ».

En attendant, le collectif entend prochainement donner davantage d’ampleur médiatique à sa pétition. Et Sophie se réjouit déjà de la richesse des commentaires qui l’accompagnent. Autre motif d’espoir : « J’ai l’impression que nos collègues ou nos supérieurs sont dans l’ensemble plus rétrogrades que nos élèves. Non, nos élèves n’ont pas une vision dégradée des Lettres parce que leurs profs sont des femmes ! ».

 

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Danièle Soubeyrand-Géry
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:34

 

 
 

Aucune féminisation dans le dernier bilan des matinales des radios dressé par l’Ina. Entre 17% et 22% de femmes invitées sur les grandes radios généralistes.


 

Les femmes, grandes oubliées des matinales de France Inter. C’est l’un des chiffres les plus frappants de l’analyse des matinales radio 2015 publiée par l’Ina (Institut national de l’audiovisuel) mercredi 26 octobre.

En 2014, 27% des invité.e.s de la matinale (le 7/9) de France Inter en semaine étaient des femmes, ce qui en faisait la radio généraliste tendant le plus vers la parité. Il faut dire que le patron de Radio France s’était engagé à atteindre la barre des 30%.

Voir : Les matinales des radios, toujours des ‘matimâles’

Mais patatras ! En 2015, elles n’étaient plus que 17% des invité.e.s du 7/9. Une dégringolade de 10 points. Ce qui fait de France Inter avec Europe 1, la radio qui a invité la part de femmes la plus faible dans ses matinales en 2015. Les deux autres radios généralistes déjà étudiées en 2014, Europe 1 et RTL, ont également vu – dans une moindre mesure – le pourcentage de femmes invitées baisser en 2015. Le constat positif est pour RTL, qui monte péniblement à 22% (+3 points en un an).

matinales2016

Globalement, l’étude de l’INA constate, « comme en 2014 une surreprésentation d’invités hommes dans les matinales, ce quelles que soient les chaînes » : de fait, en moyenne, 8 invités sur 10 sont des hommes. Les matinales sont toujours des « « matimâles ».

« Les radios invitent en proportion plus de femmes dans leurs matinales du week-end que dans celles de la semaine », observe aussi l’étude et c’était déjà le cas en 2014. Le phénomène est particulièrement observable dans les Matins de France Culture, où la part des invitées femmes est de 31 % en 2015, contre 20 % la semaine.

Dans ces matinales, ce sont les personnalités politiques qui occupent le devant de la scène. En l’occurence, des hommes politiques. Dans le Top 20 des invité.e.s par nombre de passage ne se trouvent que trois femmes. Marine Le Pen à la 5ème place, Nathalie Kosciusko-Morizet à la 12ème et Najat Vallaud-Belkacem à la 15ème. Elles figuraient déjà dans le Top 20 en 2014, en compagnie de Marisol Touraine qui cette fois ne s’y trouve pas.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 11:10

 

 

Le théâtre des Célestins de Lyon, dirigé par un binôme, Claudia Stavisky et Marc Lesage et qui fait une belle place aux femmes dans sa programmation, accueillait lundi 17 Octobre Les Rencontres de l’Egalité Femmes/hommes dans les Arts et la Culture. L’association HF est née à Lyon en 2008 et a depuis essaimé largement en France. Sa mission : repérer les inégalités entre les femmes et les hommes du secteur culturel, rassembler et diffuser les statistiques et sensibiliser et mobiliser les professionnel.les et responsables politiques du secteur.

Propos institutionnels d’ouverture

400 personnes environ ont écouté et échangé après les interventions d’ouverture, dont celle de Madame la Ministre Laurence Rossignol, Ministre des familles, de l’Enfance et des Droits des femmes  (pourquoi pas la Ministre de la Culture se sont étonné.es certain.es ?) et de Thérèse Rabatel, adjointe au Maire de Lyon en charge de l’Egalité Femmes-Hommes. Thérèse Rabatel  mène depuis 2011 des actions pour plus d’égalité dans des champs variés  voulant imposer un modèle de progrès et de démocratie en instaurant comme dans beaucoup d’autres pays européens des gender-budgeting. Trop de femmes sont exclues de lieux financés par l’argent public. Elle veille aussi à une communication visuelle et à une écriture sans stéréotype de la Mairie, accompagnée pour cela par des universitaires. Le plan d’actions 2016/2019 comprend 90 entrées dans des compétences différentes.

Madame Rossignol a insisté sur l’écart entre la perception de la réussite des femmes dans le domaine de la culture et la réalité comme le montre le dernier rapport du SACD  (société des Auteurs et Compositeurs dramatiques). Si 52% des étudiant.es en spectacle vivant sont des femmes, on a seulement 1% de compositrices, 4% de chefs d’orchestre, 21% d’autrices, 27% de metteuses en scène et 37% de chorégraphes. On retrouve cette situation de discrimination à tous les niveaux, réalisatrices de films et de séries télévisées, direction de théâtres, scénaristes. Conséquences, non seulement le public est privé des créations des femmes, mais on impose à tous des visions masculines du monde et comme  on voit peu les femmes  on en conclut qu’elles ne sont pas créatrices.

Il faut passer de l’incitation qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui, à l’obligation de 40% de femmes à tous les niveaux car dix ans après le rapport de Reine Prat sur la place des femmes dans les institutions culturelles, les nouvelles statistiques montrent  que la situation change peu et reste très préoccupante. C’est aussi une exigence d’une société moderne et démocratique.

Deux tables rondes

  1. Déconstruire l’inégalité  

Quatre grands témoins étaient réunis :  Sophie Deschamps, Vice présidente de la SACD, Gaêl Octavia artiste et mathématicienne, Yves Raibaud géographe et Catherine Vidal, neurobiologiste. Catherine Vidal a réaffirmé que le cerveau est plastique et que l’idée que les femmes et les hommes ont des cerveaux différents est fausse. Ceux qui disent le contraire ont 50 ans de retard. Yves  Raibaud a démontré combien l’art urbain est  masculin et qu’il laisse voir l’homme dans la ville par les espaces qui lui sont dédiés comme les skate parcs, les grands stades.  Mais de bonnes pratiques sont possibles comme à Paris et Bordeaux.

Sophie Deschamps a rappelé qu’en 2016 tous les chiffres collectés par Reine Prat montraient que les femmes dans tous les domaines artistiques n’atteignaient pas les 33% dit de la mixité nécessaires pour ne plus être invisibles. Le SCAD propose donc pendant 3 ans d’augmenter de 5% par an le nombre de femmes dans tous les secteurs. Mais il faut que l’état prenne ses responsabilités et fasse de cette progression une obligation. Comme disait Einstein, on ne peut pas priver la science de la moitié du génie en excluant les femmes. De la même manière la nourriture intellectuelle ne peut pas être pensée que par les hommes.

  1. Construire l’égalité 

Des responsables du secteur culturel se sont exprimés sur les moyens d’agir pour une égalité réelle.

Gaêlle Abily, Vice- Présidente de l’égalité F/H en région Bretagne, adjointe à la culture à Brest, membre du HCEfh et de la FNCC, a développé les mesures prises dans sa collectivité : formation de tous les agents des services et des élu.es en charge des domaines culturels, action sur l’angle strictement financier en interrogeant à qui va l’argent public et avancée sur un budget genré. Elle suggère aussi de s’inscrire dans des labellisations nationales comme les villes du matrimoine, Ville patrimoine et histoire avec un volet sur l’apport des femmes à l’histoire. Ces labellisations  peuvent être des leviers efficaces et donner de la légitimité aux actions et à celles et ceux qui les portent.

Alban Richard directeur du CCN de Caen et Carole Thibaut directrice du CCD de Montluçon ont avec conviction montré que le système en place n’est pas qu’un système discriminant pour les femmes, mais c’est aussi un système sclérosant, à l’inverse de ce que doit être la création artistique. La culture étouffe sous l’entre-soi repéré partout. Des quotas sont nécessaires pour des raisons politiques et artistiques. Ils insistent aussi sur un changement managérial nécessaire qui soit une recherche d’ouvertures. Il faut expérimenter  d’autres modes de fonctionnement, s’interroger sur ce que l’on fait sinon « on va dans le mur » comme le dit Carole Thibaut. S’il faut faire, il faut aussi faire savoir.

Frédéric Joly fondatrice et directrice administrative de Arty Farty à Lyon, travaille dans le domaine des musiques actuelles pas aussi masculines, machistes et sexistes qu’on pourrait le croire. Son équipe de 23 personnes compte 13 femmes, porte entre autre Les Nuits sonores qui ont trouvé très vite un large public et donne à voir  des femmes. Elle souligne l’importance dans ce domaine des réseaux européens.

En conclusion, l’idée des quotas comme en politique, semble une nécessité momentanée et les intervenants pensent  que les progrès iront vite. Dans quelques années on  aura oublié les quotas. A voir…

Conférence de Clôture : « La sexuation du monde, contretemps et dérèglement »

Geneviève Fraisse, philosophe, militante et directrice de recherche émérite au CNRS, a choisi une focale d’observation originale, décalée d’autres approches féministes et politiques. Pour elle, l’émancipation des femmes, contrairement à celles des esclaves et des colonisés ne semble toujours pas accomplie. Cette question demeure essentielle pour notre société.

 

Danièle Soubeyrand.

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Danièle Soubeyrand-Géry