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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 09:39

 

A quelques jours du retour de La Manif pour tous dans la rue, la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée a adopté, mardi 11 octobre, un rapport de 24 recommandations.

LE MONDE |

Dès les premières lignes, le ton est donné : « Il n’existe pas de “théorie du genre”. » A quelques jours du retour de La Manif pour tous dans la rue, dimanche 16 octobre, et après une nouvelle polémique lancée par le pape au début d’octobre sur le contenu des manuels scolaires français, qui inciteraient les élèves à aller « contre les choses naturelles », la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale a adopté, mardi 11 octobre, un rapport qui prend à contre-pied ces attaques.

Lire aussi :   Critiques après les propos du pape sur la « théorie du genre » dans les manuels scolaires

L’objectif de la députée (PS) Maud Olivier, rapporteure de la délégation, est clair : débarrasser le mot « genre » de son aura sulfureuse, dresser l’inventaire des travaux de chercheurs sur le sujet, et inciter les pouvoirs publics à les utiliser davantage.

« Le terme a fait l’objet d’une campagne de désinformation. Je voulais mettre en avant l’existence des travaux scientifiques sérieux menés sur le sujet depuis de nombreuses années, explique la députée, qui a auditionné une vingtaine de personnes, en majorité des universitaires. Ces travaux sont importants pour lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes, car ils font comprendre en quoi les différences entre les sexes sont socialement construites, et comment cela joue négativement pour les femmes, et parfois pour les hommes. »

Dans les annexes du rapport, qui reproduisent les auditions de la mission d’information, la sociologue Laure Bereni, chargée de recherche au CNRS, répond dans le détail aux attaques des militants « anti-genre » qui redoutent que ce concept ne serve à promouvoir une indifférenciation des sexes dans la société, plus particulièrement chez les jeunes.

Outil d’identification des inégalités

« [Le concept de genre] ne revient pas à nier la matérialité des corps ou la biologie, a-t-elle expliqué aux élus. Bien sûr, il existe des différences physiologiques qui ne sont absolument pas niées (…). Les études de genre cherchent à montrer que ces différences biologiques ne s’expriment jamais de manière brute. Elles sont toujours filtrées par un système social qui va sélectionner ces différences, les mettre en saillance, leur donner un sens. »

Ce mécanisme varie en fonction des sociétés et des époques. Ainsi, en Occident, jusqu’au milieu du XXsiècle, des justifications biologiques étaient données pour écarter les femmes de certaines professions. « Elles ne pouvaient pas être avocates parce qu’on pensait qu’elles n’avaient pas voix suffisante, et qu’elles seraient trop sensibles et soumises à leurs humeurs », rappelle la chercheuse pour illustrer son propos.

Le genre est un outil d’identification des stéréotypes sexistes et des inégalités, rappelle le rapport. Dès l’origine, il a aussi été un instrument de contestation. « Les études de genre ne se contentent pas de dire qu’il y a des rôles sociaux féminins et masculins, elles disent plus que cela, explique Mme Bereni. Il existe une asymétrie systématique entre les femmes et les hommes, et dans la plupart des sociétés, les ressources matérielles ou symboliques sont distribuées de manière inégale. »

L’école n’est « pas neutre »

Cette vision heurte les opposants au concept de genre, qui comme les militants de La Manif pour tous défendent une répartition traditionnelle des rôles dans la famille, fondée sur la complémentarité hiérarchique des sexes.

« Chaque instance de socialisation (famille, école, médias, ou tout autre environnement social) participe à la reproduction de rôles sexués stéréotypés », écrit Maud Olivier, qui cite des études montrant que dès le cinquième mois de grossesse, le comportement des parents change selon le sexe annoncé de l’enfant.

L’école n’est « pas neutre » non plus, selon elle. Les filles participent davantage aux jeux d’imitation (dînette, poupée), tandis que les garçons prennent part aux jeux de construction. Les pratiques sportives sont différenciées, les qualités louées ne sont pas les mêmes (les petites filles sont félicitées pour leur apparence ou l’esthétique de leurs créations, les garçons pour leurs performances), etc.

Autocensure chez les filles

Des distinctions qui conduisent à développer des compétences différentes, et in fine, engendrent de l’autocensure chez les filles, qui s’orientent vers des filières moins prestigieuses malgré de bons résultats scolaires. Loin de récuser l’apport du genre dans l’éducation, la députée appelle au contraire à l’utiliser davantage, à la fois dans la formation des professeurs et dans les manuels.

Le concept pourrait également trouver des applications dans l’urbanisme et la santé, où les stéréotypes conduisent par exemple à sous-diagnostiquer certaines maladies identifiées comme masculines (maladies cardio-vasculaires) ou féminines (ostéoporose) chez le sexe opposé. Elle formule 24 recommandations dans ce sens. Le rapport n’a pas fait polémique à l’Assemblée. La délégation aux droits des femmes, composée d’élus de toutes tendances politiques, l’a voté à l’unanimité.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/10/12/theorie-du-genre-les-deputes-demelent-le-vrai-du-faux_5012395_3224.html#mh4Sf4evh6Zr00Fx.99
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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 09:27

http://www.neonmag.fr/video-klaire-fait-grr-rien-dans-le-ventre-479109.html

 
KLAIREFAITGRR
  •  
  • 28 septembre a lieu la journée mondiale pour le droit à l’avortement. Et parce que certains souhaitent encore le faire disparaître, Klaire fait Grr, en vidéo.

 

 

 
 
 
 
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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 18:38
 

António Guterres sera le 9ème Secrétaire général de l’ONU

 
 
 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a porté son choix sur le Portugais António Guterres pour succéder à Ban Ki-moon. Un homme, après huit autres. La campagne pour une femme Secrétaire générale dénonce un choix « injuste ».


 

Comme ses huit prédécesseurs, le neuvième Secrétaire général des Nations Unies sera un homme. La candidature du Portugais António Guterres a reçu, mercredi 6 octobre, l’approbation unanime des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, lors d’un sixième scrutin informel. Lors des cinq précédents tours de scrutin, l’ancien Premier ministre portugais avait toujours fait la course en tête.

António Guterres a occupé le mandat de Secrétaire général du HCR, le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés, de 2005 à 2015.

Le Conseil de sécurité doit encore voter formellement, jeudi 6 octobre, et présenter son choix à l’Assemblée générale de l’ONU, à laquelle il revient de l’élire Secrétaire général. S’il est effectivement élu, António Guterres prendra ses fonctions pour cinq ans à l’issue du mandat de Ban Ki-moon, le 1er janvier 2017.

« Un désastre pour l’égalité des droits et l’égalité des sexes »

Cette nomination reste une surprise, dans la mesure où une règle informelle de rotation géographique voulait que le poste revienne à un.e représentant.e d’Europe de l’est. Elle est aussi synomyme d’amertume pour les mouvements qui faisaient campagne depuis des mois pour qu’enfin une femme devienne Secrétaire générale (Voir : Plaidoyer pour une femme à la tête de l’ONU). « Il est grand temps », avait jugé Ban Ki-moon lui-même.

Mais malgré la parité entre les candidat.e.s et des candidatures féminines de poids, comme Helen Clark ou Christiana Figueres, jamais une femme n’a paru en mesure de l’emporter. La favorite initiale, la Bulgare Irina Bokova, était loin de faire l’unanimité. Au point que la Bulgarie avait, le 28 septembre, choisi une autre candidate, Kristalina Georgieva. Sans succès, donc.

La campagne de soutien à une femme Secrétaire générale, WomanSG estime dans un communiqué que « le choix d’un homme, encore une fois, comme Secrétaire général est un désastre pour l’égalité des droits et l’égalité des sexes. Il est injuste à la fois pour les femmes et pour l’Europe de l’est, et témoigne des habituels arrangements en coulisses qui prévalent toujours à l’ONU. Il y avait sept formidables candidates, et au bout du compte il apparaît qu’aucune n’a jamais été sérieusement prise en considération ».

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 18:33


Conseil municipal du 29 Septembre 2016
lntervention de Daniel Breuiller, maire d’Arcueil, en réponse au vœu du FN « ma ville sans migrants »
"Ce vœu est une insulte à l’histoire de notre pays et de notre commune.
Je vais vous rappeler la Constitution de 1793 :« Tout étranger âgé de 21 ans, qui domicilié en France, y vit de son travail, ou acquiert une propriété ou épouse une française ou adopte un enfant ou nourrit un vieillard, tout étranger enfin, qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice des droits des citoyens français. »
Voilà plus de deux siècles, la République se définissait ouverte et accueillante. Votre pensée est moyenâgeuse,
Arcueil a accueilli bien des migrants : Marie Curie par exemple, Antoine Marin dont un prix d’art contemporain porte le nom… Combien de familles venues d’Italie ou d’Espagne fuyant le fascisme, combien de familles juives d’Europe de l’Est dont plusieurs, hélas, livrées par la police de Pétain au régime Nazi.
Des gens célèbres mais aussi des maçons, des carriers, des ouvriers, des instituteurs, des réalisateurs, des commerçants.
Dulcie September, luttant en France contre le régime de l’apartheid jusqu’à son assassinat. Des réfugiés chiliens fuyant Pinochet et même sans doute des réfugiés roumains fuyant la dictature Ceausescu.
Si
nous avions fermé la porte aux migrants vous ne trouveriez guère de médecins à l’accueil des urgences de l’hôpital, les poubelles ne seraient plus ramassées dans nos rues, votre colistière ne serait peut-être pas à vos côtés ce soir et Picasso n’aurait pas rencontré Julio Gonzalez ici même.

Votre vœu est une honte à propos des réfugiés alors qu’en ce moment même des enfants meurent sous les bombes à Alep, des familles sont affamées, les opposants politiques assassinés en Syrie, au Soudan ou en Erythrée.
Votre voeu est une honte parce que plus de 11 000 personnes ont péri en Méditerranée au cours des deux dernières années.
Notre ville s’est déclarée prête voilà un an à participer à l’accueil de réfugiés car Calais, les bidonvilles qui fleurissent sont une indignité. A ce jour nous n’avons pas été sollicités, mais je réitère au nom de la majorité municipale notre disponibilité à accueillir les deux ou trois familles que les engagements internationaux nous demanderaient d’accueillir.
Il y a 36 000 communes en France, les engagements internationaux de la France parlent de 30 000 réfugiés, l’évacuation de Calais et des autres camps concerne 12 000 personnes. Cela ne fait même pas une famille par commune ! Et nous ne pourrions pas ?
A Arcueil, des particuliers se sont portés volontaires pour accompagner ces migrants dans leur insertion et même plusieurs pour les loger. Une famille syrienne vit depuis 3 ans dans un logement de 30m² avec 3 enfants. Elle est avocate, lui ingénieure et ils vivent en faisant des ménages et des traductions.
Beaucoup de familles françaises ont un parent ou un aïeul étranger. Ici même dans le conseil nous avons des parents, grands-parents venus de Belgique, de Guinée, du Cameroun, de Pologne, d’Algérie, du Maroc, de Roumanie, de Serbie, du Portugal, d’Espagne…
Ils forment notre nation par leur adhésion aux valeurs de la République.
Votre
vœu cultive le fonds de commerce de votre parti, la peur, la haine de l’étranger. Marion Maréchal Le Pen parle des migrants comme la « poussière » que l’on disperse. Elle dit « ça » pour qualifier des humains.

Ces discours, cette attitude ressemblent énormément aux années 1930 lorsque, la crise économique s’aggravant, des gouvernements ont fait des juifs, le bouc émissaire de la colère de leurs peuples.
Les êtres humains ont en eux, la capacité à s’élever, la capacité d’empathie et de fraternité.
Ils ont aussi des pulsions de mort et de violence contre lesquelles la culture, l’éducation et l’amour de son prochain doivent former rempart.
Vous portez une très lourde responsabilité en appuyant sur ces tentations de haine et de xénophobie.
Nous ne vous laisserons pas dénaturer notre pays."

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 18:29

 

 

Regards de femmes dénonce la maltraitance par personne ayant autorité à l’égard des fillettes affublées du voile islamique. Le voilement des fillettes est un risque majeur pour leur développement cognitif et social et leur santé psychique et physique

Dans les espaces publics, en France et pas seulement dans les théocraties musulmanes, on peut voir des fillettes pré-pubères entièrement enveloppées dans de sombres voiles.

L’indifférence sociétale est inacceptable vis-à-vis de cette maltraitance.

Pourquoi la société française obéirait-elle aux préceptes d’imams qui préconisent le voilement intégral dès le plus jeune âge, voire dès la naissance afin de protéger l’enfant de la convoitise sexuelle des hommes : « Les parents d'une fillette doivent lui couvrir le visage et lui imposer le voile (…) pour ne pas tenter les pervers » (Abdallah Daoud[1]).

Pourquoi la prévention des abus sexuels passerait par la seule occultation de la « proie » plutôt que par l’éducation et la sanction des prédateurs ? Les fillettes n’ont pas à se cacher dans l’espace public sous le prétexte qu’elles seraient une tentation pour des prédateurs masculins à qui l’interdit des violences envers les filles n’a jamais été posé

D’autre part, si une fillette sur cinq est, en moyenne, victime d’agressions sexuelles, un garçonnet sur 13 l’est aussi (OMS, 2016). Alors, pourquoi ne pas voiler les petits garçons également ?

C’est que, par-delà l’évidente discrimination,  il s’agit surtout de familiariser avec le voile, habituer la future femme à se voiler, car elle est destinée à le rester, pour le restant de ses jours. Le voile n’a donc pas pour seule fonction de la protéger de la « convoitise » masculine, mais de l’assigner à sa seule condition d’objet sexuel et de reproductrice, puisqu’il lui est permis de l’ôter après la ménopause.

MALTRAITANCE SELON L’ENJEU SANITAIRE ET SOCIAL 

Pour l’OMS, la maltraitance à enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir.

La santé est définie « comme un état de complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ».

Or, le voilement des fillettes compromet la santé dans ces trois composantes, puisqu’il intervient à une étape cruciale du développement physique, affectif, psychologique, cognitif et relationnel. L'enfance est une période d'intenses changements qui affectent le développement physique (et les habiletés motrices), le cerveau, la cognition (mémoire, raisonnement, compréhension du monde etc.), le langage et la capacité à communiquer, les apprentissages, les émotions et leur gestion, les relations sociales, la santé en général.

Santé physique

Parmi les conséquences délétères du port du voile concernant la santé physique, la carence en vitamine D est  constatée chez les femmes. C’est dire si le voilement des fillettes leur fait courir un risque majeur, à ce stade de développement staturo-pondéral : retard de croissance, diminution des défenses immunitaires, hypotonie musculaire, convulsions hypocalcémiques, etc.

A noter également la perte de cheveux. Asphyxiés par la contention des heures durant, les cheveux finissent par dépérir et tomber. Or, la chevelure n’est pas un simple ornement mais a des fonctions vitales d’écran contre les agressions externes et de régulateur de la température à la surface du crâne.

 

Santé mentale

Sur le plan psychique, le voile qui a pour objet déclaré de protéger les femmes de la concupiscence des hommes ou les hommes de la tentation sexuelle, aboutit à réduire tout le corps de la fillette à son seul sexe anatomique, à un âge où elle ne peut assumer psychologiquement ce trop-plein de sexualité.

Les promoteurs du voile l’opposent à « l’hypersexualisation » des fillettes « occidentales », exhibées dans des concours de beauté. Mais qu’est donc le voile sinon un marqueur indélébile de la sexualisation du corps ? Ou plus exactement de l’objectivation sexuelle de l’enfant, amputée de tout autre attribut que son corps ou plutôt son sexe.

La préconisation du voile pour la petite fille présuppose une perception sexualisée, voire génitalisée, de l'adulte masculin à l'endroit de son corps et de son sexe

Le voile enferme dès lors la fillette dans une double contrainte : il les « adultifie » en tant qu’être sexué (ne faisant aucune différence entre sexualité infantile et adulte) et il les « infantilise» en tant qu’être humain. Comme souvent, la seule issue est le refuge dans la maladie mentale. C’est le cri d’alarme poussé par Dr Aslem Lazaar Selimi, (6 avril 2016) :

« Il faut sauver les petites filles. Je suis psy à l’hôpital de Nabeul (Tunisie), et tous les jours, des médecins m’adressent des petites filles voilées, pour «troubles psychogènes » !!! Facile pour moi d’identifier l’origine de ces troubles, pas besoin d’être psy pour comprendre qu’un voile, ça voile! »

Le bien-être social

Comment ouvrir le champ des possibles des fillettes alors que le voile implique des restrictions à sa liberté de déplacement (entravant les activités exploratoires nécessaires à sa découverte du monde), à sa curiosité naturelle (nécessaire à son développement intellectuel), à ses activités ludiques, artistiques (musique, dessin, théâtre, etc.), sportives et bien entendu à ses contacts humains. Voiler la tête, c’est entraver la liberté et la pensée.

Le développement cognitif et psycho-affectif est bien freiné, faute de stimulation intellectuelle et affective. Faute surtout d’introduction de l’altérité. Comment s’ouvrir à l’autre différent, qui seul peut vous enrichir ? Quelle culture de l’intolérance prône-t-on ? Quelles relations à l’autre prépare-t-on ?

C’est dire que le voile bride toute volonté et tout potentiel d’épanouissement chez la petite fille, toute ambition toute prétention à être l’égale de ses frères, et lui trace un seul destin : celui de reproductrice d’une gent masculine et des valeurs patriarcales et machistes.

Le voile est une entrave absolue au développement relationnel. Il exclut, en effet, d’emblée la moitié mâle de l’humanité et de même les non-musulmanes ou les musulmanes ne le portant pas. Il enferme très tôt l’enfant dans un monde clos évocateur des gynécées d’antan.

MALTRAITANCE SELON LES DROITS DE L’ENFANT 

L’imposition du port du voile à une enfant est une maltraitance qui doit être signalée aux autorités compétentes.

L’Association tunisienne des droits de l’enfant a dénoncé le voilement des petites filles comme « un crime contre l’enfance » (janvier 2013).

En effet, le voilement précoce contrevient à toutes les dispositions de la Convention relative aux droits de l’enfant. Il bafoue ses quatre principes fondamentaux : la « non-discrimination » (traitement différencié des genres), « l’intérêt supérieur de l’enfant » (bafoué par celui des parents et de la communauté), « le droit de vivre, survivre, se développer » (ce dernier gravement menacé) et « le respect des opinions de l’enfant » (qui ne se limitent pas à être le clone de leur mère).

Le voilement précoce enfreint plusieurs droits de l’enfant, tels : « Le droit d’être protégé des maladies, (…), le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance (…), le droit d’être protégé contre toutes formes de discrimination, le droit de jouer et d’avoir des loisirs, le droit à la liberté d’information, d’expression et de participation ».

L’imposition du port du voile bafoue surtout le droit de l’enfant de décider de son propre devenir et le compromet gravement, Le voile n’est pas un simple ornement vestimentaire, mais l’imposition d’un véritable style de vie, qui implique un mode d’existence singulier.

Obliger des fillettes à se voiler, c’est aussi les condamner de facto à ne jamais quitter la religion musulmane. Le devoir des parents est, certes, de transmettre les valeurs ancestrales à leurs enfants mais en forgeant leur esprit critique afin qu’ils y adhèrent volontairement, en connaissance de cause et en toute liberté, et non par soumission craintive.

Le devoir du parent est de préparer un futur adulte libre et responsable

CONTRE LA SOCIETE DES OMBRES

Altération physique, psychique, cognitive et sociale, mais également véritable culture de l’intolérance que promeut le projet de société préconisé par les voileurs de fillettes. C’est la perpétuation de la guerre des sexes.

Il faut condamner ces pratiques d’un autre âge où les fillettes n’avaient même pas le droit de vivre ; certains se résignent aujourd’hui à leur accorder l’unique privilège de survivre à seule fin de les reproduire, eux, ces hommes qui ont en partage la haine des femmes, acharnés à les éliminer, au moins de leur vue, dans un monde clos, codifié selon des règles purement arbitraires.

Les priver de vie sociale, les assigner au rôle d’objet sexuel, évoluant en marge de la société, sans autre fonction que celles de la reproduction et du nourrissage. Quelle place pourra prendre, dans son milieu social, une « citoyenne » qui a été amputée de son enfance, de sa confiance en soi et en l’autre et de toute compétence sociale. La communauté qui se revendique de cette lecture islamique « innovante » exclut la « moitié du Ciel » de son appartenance à l’humanité.

Ce sont les mères qui voilent ici leurs filles comme elles les excisent là.

Une mère voilée et sacralisée en tant que telle ne peut que concourir au maintien de ce désordre établi. Et à l’avènement d’une société clivée où les femmes ne seraient que des ombres mais jamais des sujets. Une société non démocratique.

Docteure Saïda Douki Dedieu, professeure émérite de psychiatrie à la Faculté de médecine de Tunis, ancienne professeure associée de psychiatrie à l’Université Claude Bernard de Lyon, présidente de la Fédération des psychiatres arabes de 2001 à 2008

Docteure Hager Karray, psychiatre, psychanalyste, praticienne hospitalière au CHS de Chambéry (France),

Michèle Vianès, Présidente de Regards de Femmes, essayiste

Voici le lien pour écouter l’émission.  Un auditeur (vers la 35ème  minute) a confirmé que le voilement des fillettes  pré-pubères n’était pas une prescription religieuse mais que des parents voilaient leur fillettes pour les préparer à porter le voile toute leur vie. Comme dressage, difficile de faire mieux.

 

 

 

 


Le voilement des fillettes risque majeur pour leur développement et leur santé

 

Regards de femmes dénonce la maltraitance par personne ayant autorité à l’égard des fillettes affublées du voile islamique. Le voilement des fillettes est un risque majeur pour leur développement cognitif et social et leur santé psychique et physique

Dans les espaces publics, en France et pas seulement dans les théocraties musulmanes, on peut voir des fillettes pré-pubères entièrement enveloppées dans de sombres voiles.

L’indifférence sociétale est inacceptable vis-à-vis de cette maltraitance.

Pourquoi la société française obéirait-elle aux préceptes d’imams qui préconisent le voilement intégral dès le plus jeune âge, voire dès la naissance afin de protéger l’enfant de la convoitise sexuelle des hommes : « Les parents d'une fillette doivent lui couvrir le visage et lui imposer le voile (…) pour ne pas tenter les pervers » (Abdallah Daoud[1]).

Pourquoi la prévention des abus sexuels passerait par la seule occultation de la « proie » plutôt que par l’éducation et la sanction des prédateurs ? Les fillettes n’ont pas à se cacher dans l’espace public sous le prétexte qu’elles seraient une tentation pour des prédateurs masculins à qui l’interdit des violences envers les filles n’a jamais été posé

D’autre part, si une fillette sur cinq est, en moyenne, victime d’agressions sexuelles, un garçonnet sur 13 l’est aussi (OMS, 2016). Alors, pourquoi ne pas voiler les petits garçons également ?

C’est que, par-delà l’évidente discrimination,  il s’agit surtout de familiariser avec le voile, habituer la future femme à se voiler, car elle est destinée à le rester, pour le restant de ses jours. Le voile n’a donc pas pour seule fonction de la protéger de la « convoitise » masculine, mais de l’assigner à sa seule condition d’objet sexuel et de reproductrice, puisqu’il lui est permis de l’ôter après la ménopause.

MALTRAITANCE SELON L’ENJEU SANITAIRE ET SOCIAL 

Pour l’OMS, la maltraitance à enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir.

La santé est définie « comme un état de complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ».

Or, le voilement des fillettes compromet la santé dans ces trois composantes, puisqu’il intervient à une étape cruciale du développement physique, affectif, psychologique, cognitif et relationnel. L'enfance est une période d'intenses changements qui affectent le développement physique (et les habiletés motrices), le cerveau, la cognition (mémoire, raisonnement, compréhension du monde etc.), le langage et la capacité à communiquer, les apprentissages, les émotions et leur gestion, les relations sociales, la santé en général.

Santé physique

Parmi les conséquences délétères du port du voile concernant la santé physique, la carence en vitamine D est  constatée chez les femmes. C’est dire si le voilement des fillettes leur fait courir un risque majeur, à ce stade de développement staturo-pondéral : retard de croissance, diminution des défenses immunitaires, hypotonie musculaire, convulsions hypocalcémiques, etc.

A noter également la perte de cheveux. Asphyxiés par la contention des heures durant, les cheveux finissent par dépérir et tomber. Or, la chevelure n’est pas un simple ornement mais a des fonctions vitales d’écran contre les agressions externes et de régulateur de la température à la surface du crâne.

 

Santé mentale

Sur le plan psychique, le voile qui a pour objet déclaré de protéger les femmes de la concupiscence des hommes ou les hommes de la tentation sexuelle, aboutit à réduire tout le corps de la fillette à son seul sexe anatomique, à un âge où elle ne peut assumer psychologiquement ce trop-plein de sexualité.

Les promoteurs du voile l’opposent à « l’hypersexualisation » des fillettes « occidentales », exhibées dans des concours de beauté. Mais qu’est donc le voile sinon un marqueur indélébile de la sexualisation du corps ? Ou plus exactement de l’objectivation sexuelle de l’enfant, amputée de tout autre attribut que son corps ou plutôt son sexe.

La préconisation du voile pour la petite fille présuppose une perception sexualisée, voire génitalisée, de l'adulte masculin à l'endroit de son corps et de son sexe

Le voile enferme dès lors la fillette dans une double contrainte : il les « adultifie » en tant qu’être sexué (ne faisant aucune différence entre sexualité infantile et adulte) et il les « infantilise» en tant qu’être humain. Comme souvent, la seule issue est le refuge dans la maladie mentale. C’est le cri d’alarme poussé par Dr Aslem Lazaar Selimi, (6 avril 2016) :

« Il faut sauver les petites filles. Je suis psy à l’hôpital de Nabeul (Tunisie), et tous les jours, des médecins m’adressent des petites filles voilées, pour «troubles psychogènes » !!! Facile pour moi d’identifier l’origine de ces troubles, pas besoin d’être psy pour comprendre qu’un voile, ça voile! »

Le bien-être social

Comment ouvrir le champ des possibles des fillettes alors que le voile implique des restrictions à sa liberté de déplacement (entravant les activités exploratoires nécessaires à sa découverte du monde), à sa curiosité naturelle (nécessaire à son développement intellectuel), à ses activités ludiques, artistiques (musique, dessin, théâtre, etc.), sportives et bien entendu à ses contacts humains. Voiler la tête, c’est entraver la liberté et la pensée.

Le développement cognitif et psycho-affectif est bien freiné, faute de stimulation intellectuelle et affective. Faute surtout d’introduction de l’altérité. Comment s’ouvrir à l’autre différent, qui seul peut vous enrichir ? Quelle culture de l’intolérance prône-t-on ? Quelles relations à l’autre prépare-t-on ?

C’est dire que le voile bride toute volonté et tout potentiel d’épanouissement chez la petite fille, toute ambition toute prétention à être l’égale de ses frères, et lui trace un seul destin : celui de reproductrice d’une gent masculine et des valeurs patriarcales et machistes.

Le voile est une entrave absolue au développement relationnel. Il exclut, en effet, d’emblée la moitié mâle de l’humanité et de même les non-musulmanes ou les musulmanes ne le portant pas. Il enferme très tôt l’enfant dans un monde clos évocateur des gynécées d’antan.

MALTRAITANCE SELON LES DROITS DE L’ENFANT 

L’imposition du port du voile à une enfant est une maltraitance qui doit être signalée aux autorités compétentes.

L’Association tunisienne des droits de l’enfant a dénoncé le voilement des petites filles comme « un crime contre l’enfance » (janvier 2013).

En effet, le voilement précoce contrevient à toutes les dispositions de la Convention relative aux droits de l’enfant. Il bafoue ses quatre principes fondamentaux : la « non-discrimination » (traitement différencié des genres), « l’intérêt supérieur de l’enfant » (bafoué par celui des parents et de la communauté), « le droit de vivre, survivre, se développer » (ce dernier gravement menacé) et « le respect des opinions de l’enfant » (qui ne se limitent pas à être le clone de leur mère).

Le voilement précoce enfreint plusieurs droits de l’enfant, tels : « Le droit d’être protégé des maladies, (…), le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance (…), le droit d’être protégé contre toutes formes de discrimination, le droit de jouer et d’avoir des loisirs, le droit à la liberté d’information, d’expression et de participation ».

L’imposition du port du voile bafoue surtout le droit de l’enfant de décider de son propre devenir et le compromet gravement, Le voile n’est pas un simple ornement vestimentaire, mais l’imposition d’un véritable style de vie, qui implique un mode d’existence singulier.

Obliger des fillettes à se voiler, c’est aussi les condamner de facto à ne jamais quitter la religion musulmane. Le devoir des parents est, certes, de transmettre les valeurs ancestrales à leurs enfants mais en forgeant leur esprit critique afin qu’ils y adhèrent volontairement, en connaissance de cause et en toute liberté, et non par soumission craintive.

Le devoir du parent est de préparer un futur adulte libre et responsable

CONTRE LA SOCIETE DES OMBRES

Altération physique, psychique, cognitive et sociale, mais également véritable culture de l’intolérance que promeut le projet de société préconisé par les voileurs de fillettes. C’est la perpétuation de la guerre des sexes.

Il faut condamner ces pratiques d’un autre âge où les fillettes n’avaient même pas le droit de vivre ; certains se résignent aujourd’hui à leur accorder l’unique privilège de survivre à seule fin de les reproduire, eux, ces hommes qui ont en partage la haine des femmes, acharnés à les éliminer, au moins de leur vue, dans un monde clos, codifié selon des règles purement arbitraires.

Les priver de vie sociale, les assigner au rôle d’objet sexuel, évoluant en marge de la société, sans autre fonction que celles de la reproduction et du nourrissage. Quelle place pourra prendre, dans son milieu social, une « citoyenne » qui a été amputée de son enfance, de sa confiance en soi et en l’autre et de toute compétence sociale. La communauté qui se revendique de cette lecture islamique « innovante » exclut la « moitié du Ciel » de son appartenance à l’humanité.

Ce sont les mères qui voilent ici leurs filles comme elles les excisent là.

Une mère voilée et sacralisée en tant que telle ne peut que concourir au maintien de ce désordre établi. Et à l’avènement d’une société clivée où les femmes ne seraient que des ombres mais jamais des sujets. Une société non démocratique.

Docteure Saïda Douki Dedieu, professeure émérite de psychiatrie à la Faculté de médecine de Tunis, ancienne professeure associée de psychiatrie à l’Université Claude Bernard de Lyon, présidente de la Fédération des psychiatres arabes de 2001 à 2008

Docteure Hager Karray, psychiatre, psychanalyste, praticienne hospitalière au CHS de Chambéry (France),

Michèle Vianès, Présidente de Regards de Femmes, essayiste

Voici le lien pour écouter l’émission.  Un auditeur (vers la 35ème  minute) a confirmé que le voilement des fillettes  pré-pubères n’était pas une prescription religieuse mais que des parents voilaient leur fillettes pour les préparer à porter le voile toute leur vie. Comme dressage, difficile de faire mieux.

 

 

 

 


[1] Un imam saoudien veut voiler intégralement les bébés filles. http://oumma.com/15673/un-imam-saoudien-veut-voiler-integralement-bebes-fille, 4 février 2013.

[1] Un imam saoudien veut voiler intégralement les bébés filles. http://oumma.com/15673/un-imam-saoudien-veut-voiler-integralement-bebes-fille, 4 février 2013.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 14:13
 
 
 
Hémicycle du Sénat © Sénat

Les sénateurs se pencheront ce vendredi sur l’instauration d’une peine d’inéligibilité pour les personnes condamnées pour violences. Une mesure que les députés avaient rejetée en juillet dernier. « Exemplarité », chiche ?


 

« Comment un responsable de violences contre une femme peut-il devenir ministre ? ». La question posée mardi 11 octobre par Isabelle Attard à propos de Jean-Michel Baylet appelle une réponse simple : parce que rien ne l’en empêche.

La députée rappelait une ancienne accusation de violences physiques portée par une collaboratrice de celui qui était alors sénateur. Un homme qui a violemment frappé une femme peut-il représenter la République ? Plus qu’une question appelant une réponse, c’est un débat moral qu’a (re)lancé Isabelle Attard. Moral, car judiciairement Jean-Michel Baylet est blanc comme neige. L’affaire a été classée.

Le débat ne peut donc se placer que sur le plan de l’éthique. Et au nom de « l’État exemplaire » prôné par François Hollande. La députée a beau jeu de rappeler également ce que lançait le chef de l’État le 8 mars dernier : « La lutte contre les violences faites aux femmes est une exigence, pas une priorité, c’est une exigence ».

Question d’exigence purement éthique, dans le cas de Jean-Michel Baylet… comme dans n’importe quel cas, d’ailleurs. La loi n’impose en rien l’exemplarité d’un élu, et les parlementaires ne semblent pas avoir l’intention de la changer.

Sentiment d’impunité

L’intervention d’Isabelle Attard était d’ailleurs parfaitement raccord avec le calendrier parlementaire. Car les sénateurs examinent en ce moment la loi Égalité et Citoyenneté. Et, dans ce cadre, vont avoir à statuer sur des amendements visant à rendre obligatoire une peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour violences ou agressions sexuelles. Une mesure réclamée de longue date par l’association des Élu.e.s contre les violences faites aux femmes.

Pour les auteur.e.s de ces amendements, quelques centristes d’une part, une poignée de socialistes d’autre part, le groupe écologiste enfin, c’est le « devoir d’exemplarité » des élus qui justifie une telle peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour violences. « L’ampleur des violences, notamment sexuelles, et le sentiment d’impunité de beaucoup de leurs auteurs est inacceptable. Il est important que cela soit réaffirmé », soulignent les auteur.e.s de l’amendement version PS.

Alors, les sénateurs seront-ils sensibles à cette « exigence » ? Réponse ce vendredi 14 octobre au matin, quand reprendra l’examen du texte. Mais il y a fort à parier que la mesure sera rejetée. Comme un amendement similaire l’avait été, en juillet, à l’Assemblée nationale, ce qui avait d’ailleurs fait grincer bien des dents. Au Sénat, la commission spéciale a déjà rendu un avis défavorable sur ces amendements.

Principale raison invoquée, dans les deux chambres : le risque d’inconstitutionnalité. Un risque qui n’a rien d’évident, et qu’il ne coûte rien de prendre ; par le passé, les parlementaires ont déjà voté à maintes reprises, sans s’embarrasser de tels scrupules, des dispositions courant le risque d’être inconstitutionnelles. Mais, après tout, il ne s’agit ici que de se montrer exemplaires.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 20:22

Édito du jeudi 29 septembre 2016

Quand la Toile désinforme

Le délit d’entrave numérique à l’IVG veut résoudre une partie du problème de la désinformation. Mais la liberté d’expression sur Internet appartient à ceux qui ont les moyens de gagner la bataille du référencement.

Désormais, ce sont les rois de l’algorithme qui forgent l’opinion. Dans son essai The Filter Bubble (« La bulle filtrante », Penguin Books), Eli Pariser montre que, lorsqu’on s’informe sur Internet, de savants algorithmes nous proposent systématiquement en priorité des données sur ce qui a été analysé comme nos centres d’intérêt par les moteurs de recherche et mettent à distance les informations qui seraient inadaptées à notre profil. Deux personnes qui font une même requête sur un même moteur de recherche n’obtiendront pas les mêmes liens. Ce qui fait craindre un assèchement intellectuel et l’enfermement de chacun dans sa bulle.

Pas extraordinaire pour la démocratie. Pas complètement nouveau non plus. Pierre Bourdieu observait un phénomène assez similaire avec les "vieux" médias de masse filtrés par les suppositions des médiateurs sur les attentes du public.

Mais il n’y a pas que cela. La démocratie est aussi menacée par ceux qui savent se placer sur les moteurs de recherche. Les militants anti-avortement ne se contentent plus de protester devant les centres qui pratiquent l’IVG. Désormais, ils prennent possession de la notion d’avortement sur Internet en se plaçant au mieux sur la route des algorithmes pour dissuader de façon très pernicieuse les internautes d’avoir recours à l’IVG.

Liberté d’expression de qui ? De ceux qui ont les moyens, les autres crient dans le désert

La ministre en charge des Droits des femmes veut mettre le holà à cette pratique en créant un délit d’entrave numérique. La fenêtre de tir est étroite. Il faut légiférer sans contrevenir à la liberté d’expression. Seuls pourront donc être condamnés les sites qui « cherchent à tromper délibérément les internautes en se faisant passer, au premier abord, pour des sites ‘purement informatifs’ ». Les sites défendant ouvertement une opinion anti-IVG ne sont pas interdits, au nom de la liberté d’expression.

Pour bien se placer dans les résultats des moteurs de recherche il faut des moyens techniques, humains et financiers que les associations défendant l’avortement n’ont pas. La bataille du référencement est aussi une question de gros sous. La liberté d’expression appartient surtout à ceux qui ont de l’argent, les autres sont libres de crier dans le désert.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:27

Réserve parlementaire : ce que les député.e.s (ne) donnent (pas) pour l’égalité

Chaque député.e dispose de 130 000 euros de réserve parlementaire. Fawzia Baba-Aissa, du Fonds pour les Femmes en Méditerranée, a calculé qu'en 2015 seulement 1,7% des 80 millions d'euros a été consacré à des associations de femmes. Avant la publication de son étude, elle partage avec........

http://www.lesnouvellesnews.fr/reserve-parlementaire-deputes-egalite/

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 20:52

Chères amies, chers amis,

La lettre ouverte aux ministres Rossignol et Urvoas, "Voilée dès 2 ans Halte à la maltraitance" publiée dans Marianne et laissée sans réponse écrite à ce jour, a été partagée et lue plus de 26 000 fois sur le Facebook de Regards de Femmes. Elle a suscité des commentaires positifs et des interrogations sur les effets du voilement sur la santé des fillettes.

Avec Saida Douki Dedieu, psychiatre et membre du CA de Regards de Femmes, nous avons décidé de faire une synthèse des effets délétères du port du voile pour les fillettes. Cet argumentaire, exhaustif et précisément référencé, a été remis, à sa demande, à Djemila Benhabib pour qu’elle l’utilise lors du procès que lui a intenté l’établissement scolaire « Les écoles islamiques de Montréal ». Je serai d’ailleurs la semaine prochaine à ses côtés au Québec pendant le procès.

Pour vous informer des effets néfastes du voilement des fillettes sur leur développement et leur santé, nous consacrons notre prochain café regards de femmes à cette violence.

Voici ci-dessous l’invitation. Comme d’habitude, vous pouvez vous inscrire par courrier, retour de mail et téléphone..

Au plaisir de vous revoir à cette occasion

Bien cordialement
Michèle vianès

CAFÉ REGARDS DE FEMMES
Restaurant Le Cercle du 6è
me
71 rue Bugeaud – Lyon 6eme – Tél. : 04 78 26 46 28

(Métro Masséna, Parking de l'Europe à 100 m)
Jeudi 6 octobre 2016
19h45 – 23h
« Le voilement des fillettes : Risque majeur pour leur développement cognitif et social
et leur santé physique et psychique»

Grandes témoins : Docteure Saïda Douki Dedieu, Professeure émérite de Psychiatrie de la faculté de médecine de Tunis, ancienne professeure associée de Psychiatrie à l’Université Claude Bernard de Lyon, Présidente de la Fédération des psychiatres arabes de 2001 à 2014
Docteure Hager Karay, psychiatre, psychanalyste, praticienne hospitalière au CHS de la Savoie.
Par une analyse précise et documentée, Saida Douki Dedieu et Hager Karay démontrent que le voilement des fillettes compromet gravement leur santé dans ses trois composantes -physique, mentale et sociale- d’autant plus qu’il intervient à une étape cruciale de leur développement physique, affectif, psychologique et relationnel. Elles rappellent également que ce n’est absolument pas une prescription religieuse.

Lors du café Regards de Femmes, présentation et débat sur les différentes actions de l’association pendant l’été: la participation à l’audition de la France par le comité CEDEF à l’ONU Genève, les réactions face au burkini, la participation au Sommet pour la Paix à Séoul, la présence au côté de Djemila Benhabib, du 26 au 30 septembre, lors du procès que lui intentent les écoles islamiques de Montréal.


Réservation : Regards de femmes 33 rue Bossuet 69006 Lyon, rdf@regardsdefemmes.com ou 06 10 39 94 87
__________________________________________________________________________________
RESERVATION CAFE « REGARDS DE FEMMES » jeudi 6 octobre 2016
NOM : ______________ PRENOM : ________________
(En cas de règlement groupé, merci de mentionner les noms des différents participants)

Dîner-débat (plat + dessert) : 17 € pour les adhérent-e-s, 10 € pour les étudiant-e-s
20 € pour les « pas encore-adhérent-e-s »
Nombre
de réservations _______X 17 €, soit ________€
_______X 20 €, soit ________€
_______X 10 € soit ________€

Règlement par chèque avant le 3 octobre à l’ordre de Regards de Femmes, 33 rue Bossuet – 69006 LYON
(En cas d’annulation, merci de nous prévenir, afin de pouvoir vous rembourser le repas)




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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 20:49

Communiqué de presse du 22 septembre 2016

Le HCE appelle à une réaction forte des dirigeant.e.s et autorités Européennes
contre l’interdiction totale du droit à l’avortement en Pologne

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes s’inquiète de voir le Parlement polonais en passe d’adopter une loi interdisant totalement l’avortement – même en cas de viol ou d’inceste - qui exposerait les femmes et adolescentes, comme les médecins et personnels soignants, à une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.

Le HCE condamne avec la plus grande fermeté cette proposition de loi liberticide et réactionnaire, contraire aux droits humains et, au premier chef, aux droits des femmes, qui aurait pour effet de priver les femmes polonaises du droit à disposer librement de leur corps et à décider de leur propre vie, à commencer par le choix du nombre de leurs enfants et de l’espacement de leurs naissances. L’autonomie des femmes repose sur la maîtrise individuelle de leur fécondité.

Les lois interdisant l’avortement pour enfermer les femmes dans un rôle de reproductrices, répondant aux injonctions des autorités, des églises ou de la domination masculine, renvoient à des périodes autoritaires et sombres en Europe. Décidément, les droits des femmes sont les premiers droits humains bafoués, le sort qui leur est réservé constituant un véritable baromètre de la démocratie.

Cette violation de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes polonaises contreviendrait aux obligations internationales librement consenties par la République de Pologne, et notamment :

  • La Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’encontre des Femmes de 1979
  • La déclaration et le Programme d’Action de la Conférence de Pékin de 1995 qui met en évidence « la nécessité d’éviter les avortements non sécurisés et leurs complications pour les femmes »
  • La Convention européenne des Droits humains : la Cour de Strasbourg a déjà sanctionné la violation par la Pologne de l’article 3 sur le Droit à la vie et de l’article 8 sur le Droit au respect de la vie privée et familiale.

Cette régression des droits des femmes dans l’un des Etats-membres de l’Union européenne est inacceptable. Le HCE appelle les Etats-membres de l’Union européenne, comme les Présidents du Conseil, de la Commission et du Parlement européens à réagir avec la plus grande fermeté. Parce qu’il doit être garanti par les institutions européennes pour toutes les femmes, le droit à l’avortement doit être inscrit dans la Charte européenne des droits fondamentaux.

Le Haut Conseil à l'Egalité (HCE) est l'instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l'égalité des sexes. Créé en 2013, le HCE est composé de 72 membres représentant la diversité des acteurs et actrices des politiques d'égalité femmes-hommes. Le HCE apporte son expertise aux pouvoirs publics et mobilise la société à partir de son travail de concertation, d'évaluation des politiques publiques, de formulation de recommandations, et d'animation du débat public.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes