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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 20:49

Communiqué de presse du 22 septembre 2016

Le HCE appelle à une réaction forte des dirigeant.e.s et autorités Européennes
contre l’interdiction totale du droit à l’avortement en Pologne

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes s’inquiète de voir le Parlement polonais en passe d’adopter une loi interdisant totalement l’avortement – même en cas de viol ou d’inceste - qui exposerait les femmes et adolescentes, comme les médecins et personnels soignants, à une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.

Le HCE condamne avec la plus grande fermeté cette proposition de loi liberticide et réactionnaire, contraire aux droits humains et, au premier chef, aux droits des femmes, qui aurait pour effet de priver les femmes polonaises du droit à disposer librement de leur corps et à décider de leur propre vie, à commencer par le choix du nombre de leurs enfants et de l’espacement de leurs naissances. L’autonomie des femmes repose sur la maîtrise individuelle de leur fécondité.

Les lois interdisant l’avortement pour enfermer les femmes dans un rôle de reproductrices, répondant aux injonctions des autorités, des églises ou de la domination masculine, renvoient à des périodes autoritaires et sombres en Europe. Décidément, les droits des femmes sont les premiers droits humains bafoués, le sort qui leur est réservé constituant un véritable baromètre de la démocratie.

Cette violation de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes polonaises contreviendrait aux obligations internationales librement consenties par la République de Pologne, et notamment :

  • La Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’encontre des Femmes de 1979
  • La déclaration et le Programme d’Action de la Conférence de Pékin de 1995 qui met en évidence « la nécessité d’éviter les avortements non sécurisés et leurs complications pour les femmes »
  • La Convention européenne des Droits humains : la Cour de Strasbourg a déjà sanctionné la violation par la Pologne de l’article 3 sur le Droit à la vie et de l’article 8 sur le Droit au respect de la vie privée et familiale.

Cette régression des droits des femmes dans l’un des Etats-membres de l’Union européenne est inacceptable. Le HCE appelle les Etats-membres de l’Union européenne, comme les Présidents du Conseil, de la Commission et du Parlement européens à réagir avec la plus grande fermeté. Parce qu’il doit être garanti par les institutions européennes pour toutes les femmes, le droit à l’avortement doit être inscrit dans la Charte européenne des droits fondamentaux.

Le Haut Conseil à l'Egalité (HCE) est l'instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l'égalité des sexes. Créé en 2013, le HCE est composé de 72 membres représentant la diversité des acteurs et actrices des politiques d'égalité femmes-hommes. Le HCE apporte son expertise aux pouvoirs publics et mobilise la société à partir de son travail de concertation, d'évaluation des politiques publiques, de formulation de recommandations, et d'animation du débat public.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:24

À la tête des académies, 15 femmes et 15 hommes. C’est une première en plus de 200 ans. Le ministère se félicite d’avoir anticipé la loi sur les nominations équilibrées.

Pour la première fois depuis la création des académies, en 1808, la France compte autant de rectrices que de recteurs. Après de nouvelles nominations intervenues mercredi 14 septembre en Conseil des ministres, deux rectrices supplémentaires prendront leurs fonctions à la tête d’académies début octobre.

Voilà la parité atteinte, avec « 15 rectrices et 15 recteurs à la tête des 30 académies, contre 9 rectrices et 21 recteurs avant le début du quinquennat. La parité est également assurée en ce qui concerne les vice-recteurs », précise dans un communiqué le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

« Ces nominations participent du mouvement de féminisation de l’encadrement supérieur (…) pour lequel la ministre Najat Vallaud-Belkacem a mobilisé son administration pour tenir les objectifs fixés par la loi du 12 mars 2012, modifiée par la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes », souligne le ministère.

La loi sur les nominations équilibrées dans la haute fonction publique adoptée le 12 mars 2012 impose que ces nominations concernent chaque année au moins 40% de personnes de l’un ou l’autre sexe à partir de 2018 (une échéance que la loi pour l’égalité réeelle a ramenée à 2017). Outre les recteurs/rectrices, plus de 4 000 postes de hauts fonctionnaires sont concernés.

Le ministère entendait « atteindre par anticipation » ces objectifs fixés par la loi en 2012. Ses services ont mené « une politique des ressources humaines globale pour mieux promouvoir les perspectives de carrière des femmes et leur accès aux postes d’encadrement. Une démarche de revue de l’encadrement a été engagée pour disposer d’une connaissance plus approfondie des viviers de recrutement. »

« Cette politique pour l’égalité entre les femmes et les hommes concerne également le secteur de l’enseignement supérieur et la recherche », ajoute le ministère. Najat-Vallaud Belkacem conclut justement mercredi 14 septembre la 9e conférence européenne sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’enseignement supérieur et la recherche, qui se tient au Collège de France à Paris.

Mais dans ce secteur la France est encore un mauvais élève européen. La ministre l’admettait d’ailleurs en avril 2015 : « Nous ne pouvons pas nous résoudre à ce qu’avec seulement 6,5% de femmes dirigeantes dans le supérieur, soit moitié moins que dans les autres pays de l’Union européenne, la France soit en fin de classement en matière d’accès des femmes aux responsabilités. »

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:22

Elles l’appellent la technique de « l’amplification ». Une femme émet une idée, ses collègues féminines la reprennent pour lui apporter du crédit. Voilà l’astuce dont usent les femmes de l’équipe de Barack Obama lors de réunions. Et cela semble bien fonctionner.

Comment s’imposer en réunion lorsqu’on est une femme ? La journaliste Juliet Eilperin du Washington Post a posé la question aux femmes travaillant à la Maison Blanche auprès de Barack Obama. « Quand elles sont arrivées, leur voix étaient parfois ignorées », rapporte la journaliste. Lors du premier mandat de Barack Obama, les hommes représentaient deux tiers de son personnel et de ses conseillers principaux. Pas facile pour les femmes, minoritaires, de se faire entendre.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:18

Laurence Rossignol annoncera le 28 septembre des mesures pour contrer les sites internet distillant, sous couvert de neutralité, de fausses informations sur l’avortement.

Bientôt un « délit d’entrave numérique » à l’IVG ? La ministre chargée des Droits des femmes, Laurence Rossignol, l’a annoncé le 17 septembre sur FranceInfo : elle entend prendre des mesures contre les sites internet qui font preuve de « duplicité ».

Des mesures que la ministre annoncera le 28 septembre, journée mondiale pour le droit à l’avortement. Laurence Rossignol a affiché son « point de vue » : ces sites qui prétendent proposer une information neutre sur l’avortement, mais qui sont en fait des faux nez d’associations opposées à l’IVG, constituent un « délit d’entrave numérique ».

En 2013, dans le cadre de l’examen du projet de la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, Laurence Rossignol elle-même, alors en tant que sénatrice, avait fait adopter un amendement pour étendre le champ du délit d’entrave. Il s’agissait alors de sanctionner les tentatives d’empêcher de « s’informer » sur l’IVG – en l’occurrence les actions de blocage des centres. Car, Laurence Rossignol le précisait alors durant les débats, ce délit « ne concerne pas les actions pouvant être menées sur internet. »

La loi pourrait-elle donc encore évoluer pour étendre désormais ce délit d’entrave au champ numérique ? Laurence Rossignol attend le 28 septembre pour définir clairement le cadre de son action, mais l’assure : « Il y aura avant la fin de la législature des mesures qui seront prises pour faire cesser ces sites qui trompent les femmes. »

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 09:39

« Où est l’argent pour les droits des femmes ? » C’est le titre d’un rapport qui doit être présenté ce jeudi. Il souligne la piètre contribution de l’Etat français à la cause, tant au niveau national qu’international. Et recommande d’augmenter sérieusement ces budgets.

Mais pour défendre les droits des femmes, il faudrait aussi cesser de financer des activités qui alimentent le sexisme.

Comment sont financés les films recalés au test de Bechdel qui entretiennent la culture de la domination masculine ? ( Voir : Cinéma : mieux vaut être un homme pour faire financer son film). Même question pour les séries, les jeux vidéos, le théâtre, les expos de peintres hommes et tout ce que les artistes peuvent produire. Combien d’argent public pour ces œuvres disant en creux qu’un grand auteur est forcément un homme et diffusant des clichés sexistes ?

Combien d’argent public est affecté par les municipalités à des clubs sportifs ne comptant quasiment que des licenciés hommes ? Combien de garçons, combien de filles dans les skateparks financés par les villes ? L’espace public est beaucoup plus occupé par les hommes que par les femmes, les femmes s’y sentent moins en sécurité... il serait temps de regarder si la distribution des deniers publics n’y serait pas pour quelque chose. (Voir aussi notre colloque "le sexe de la ville")

Comment sont financés les livres scolaires qui diffusent leur dose de clichés sexistes ?

Quid des syndicats qui se soucient comme d’une guigne d’égalité professionnelle et discutent avec vigueur les règles sur la pénibilité du travail seulement quand ce travail est masculin ? Quid des aides diverses aux entreprises, qui atterrissent très peu dans des poches d’entrepreneures ? (Voir aussi notre colloque "le sexe de l'économie")

Et les médias d’information… Depuis plus de 20 ans, les études du GMMP montrent avec une constance déconcertante qu’ils entretiennent et renforcent les stéréotypes de sexe. Ces médias sont partiellement financés par des deniers publics sans que des critères d’égalité des sexes ne viennent conditionner ces aides. Même le quotidien sportif L’Equipe dont la surface éditoriale parle d’hommes à plus de 90 % reçoit ces aides sans difficulté.

Et surtout, ces médias distribuent le pouvoir de la parole, celui qui permet de hiérarchiser les priorités politiques. Pourquoi lutter contre les violences faites aux femmes si ces violences sont le plus souvent présentées comme du dépit amoureux ou un acte sexuel que la victime a bien cherché ? Pourquoi vouloir davantage de femmes au pouvoir si ceux qui prennent la parole laissent penser qu’il n’y a aucun problème de ce côté-là ? La liberté d’expression a un coût et celles et ceux qui donnent à voir les inégalités entre hommes et femmes n’ont pas les moyens de cette liberté.

Voilà deux ans, un rapport du Haut conseil à l’égalité préconisait l’éga-conditionnalité dans l’attribution des fonds publics. Pas de bras, pas de chocolat ; pas de parité, pas de fonds publics. Il aurait fallu développer et amplifier une première mesure inscrite dans la loi du 4 août 2014 : les communes de plus de 20 000 habitants doivent réaliser des rapports annuels d’égalité femmes-hommes préalables à des mesures de rééquilibrage. A ce jour 70% des communes concernées n’auraient pas ébauché le début du commencement de ces rapports….

NOUVELLES NEWS;

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 08:42

Barnabé Binctin (Reporterre)

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À 41 ans, Laurent Wauquiez cumule les rôles de numéro 2 de Les Républicains et de président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont il fait un laboratoire très droitier de ses ambitions. Pourfendeur autoritaire des « contraintes écologiques », il s’attaque aux associations, notamment paysannes, et soutient des projets destructeurs de la nature, comme l’autoroute A45 ou le Center Parcs de Roybon.

Oui aux autoroutes, non aux parcs naturels : c’est une assemblée plénière somme toute ordinaire qu’a connue le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes (ARA), jeudi 7 juillet à Lyon. En abandonnant le projet de parc naturel régional (PNR) des sources et gorges de l’Allier en même temps qu’il augmentait le financement du projet d’autoroute A45 Lyon-Saint-Étienne, Laurent Wauquiez (Les Républicains) continue dans la droite ligne de ces tous premiers mois à la tête de la région.

Quelques semaines après son élection, il avait déjà remis en cause un autre projet de PNR, celui de la Dombes dans l’Ain [1] Avec neuf parcs déjà existants, la région est la mieux dotée de France : une aubaine pour celui qui pourfend à tout-va les « contraintes écologiques »… Quant au projet d’A45, le nouveau président de la région avait pris de vitesse tous les élus, et jusque dans sa propre majorité, en annonçant un financement de 100 millions d’euros [2]. Mais rien n’avait été voté : il a donc décidé d’y ajouter quelques deniers publics en votant finalement hier une subvention de 132 millions d’euros…

Que Laurent Wauquiez ne soit pas un grand défenseur de la nature n’a rien de vraiment nouveau : aux élections régionales de décembre, le numéro 2 de Les Républicains s’était fait élire en faisant campagne contre les « ayatollahs écologistes » dans des lettres envoyées aux agriculteurs et aux chasseurs [3]. « Mais on ne pensait pas que cela serait aussi grave, aussi vite », dit un militant d’Alternatiba Lyon.

« La montagne ne se résume pas à la saison d’hiver et à ses lobbys industriels »

Aux parcs naturels, Laurent Wauquiez préfère ainsi les Center Parcs et notamment celui de Roybon, pour lequel il a fait voter une subvention de 4,7 millions d’euros le 14 avril dernier [4]. Une vision de la nature qui s’est également manifestée au travers du « plan montagne », révélé en mai, pour lequel la région prévoit 10 millions d’euros, dès 2016, afin de favoriser la neige de culture.

Une hérésie pour Pierre Mériaux, adjoint au tourisme et à la montagne à la mairie de Grenoble : « C’est voir la montagne par le plus petit bout de la lorgnette que de la résumer aux canons à neige. Non seulement la montagne est une sentinelle avancée du changement climatique, et l’industrie du ski y contribue, mais elle en est une des premières victimes. Consommer autant d’argent public pour faire de la neige artificielle sur une fenêtre raccourcie est une ineptie. La montagne ne se résume pas à la saison d’hiver et à ses lobbys industriels. »

En plus des autoroutes, la nouvelle majorité soutient d’autres projets d’infrastructures de transport dans la région. Si elle se montre encore silencieuse sur la question du Lyon-Turin, elle a d’ores et déjà annoncé faire de la gare d’Allan, une « priorité ». Une bétonnisation de plusieurs dizaines d’hectares de terres agricoles, sorte de « réplique locale » de Notre-Dame-des-Landes, comme l’écrivait Corinne Morel-Darleux [5].

« Une mise sous tutelle de la politique agricole de la région par la FNSEA »

En à peine six mois aux manettes de la région ARA, la collection des atteintes à l’environnement se trouve donc bien garnie. Un travail de sape se poursuit par ailleurs : la déconstruction du tissu associatif écologiste. Depuis la prise de fonction de Laurent Wauquiez, nombre d’ONG voient leurs subventions drastiquement réduites, quand elles ne sont pas entièrement supprimées, comme cela semble être le destin de Mountain Wilderness, une association environnementale en charge de la sauvegarde de la montagne.

Parmi les premières visées, les associations travaillant sur l’agriculture. Mais pas n’importe lesquelles : « uniquement celles travaillant sur l’agriculture durable et paysanne », note Paul Chataignon, président de l’Ardear (l’association pour le développement de l’emploi agricole et rural), pour qui l’explication est limpide : « Le nouveau conseil régional compte huit membres, ou anciens, de la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles]. Ils règlent donc leurs comptes. Il y a aujourd’hui une mise sous tutelle de la politique agricole de la région par la FNSEA, pour qui la région était le maillon important qui lui manquait. » Les conséquences ne se sont pas fait attendre : l’Ardear doit perdre 41.000 euros sur l’année 2016. « Elle est de surcroît obligée de travailler avec les chambres d’agriculture, qui sont aussi aux mains de la FNSEA », ajoute Paul Chataignon. Pour une association qui travaille à accompagner les paysans dans leur autonomie et à aider les « hors-cadres familiaux » à s’installer, autrement dit à éviter le circuit traditionnel des chambres d’agriculture, la pilule est amère.

Par ailleurs, Terre de liens, qui aide les paysans à l’acquisition du foncier, devrait perdre 50 % de ses subventions régionales. Pour le réseau des Amap, fort de 225 associations dans la région, on parle de 35 %. Toutes ces structures ont regroupé leur force, avec d’autres, dans le réseau Inpact (Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale), qui a lancé une pétition pour défendre le maintien « de la diversité des structures d’accompagnement agricole ». Mais on ne défie pas ainsi publiquement Laurent Wauquiez : les signataires ont été punis d’une entaille supplémentaire à leur porte-monnaie. « On nous a expliqué qu’on nous enlevait 6.000 euros supplémentaires parce qu’on s’était rebiffés, rapporte Paul Chataignon. Ce sont des gens qui travaillent à la hussarde, ils ne font pas dans le détail. »

À la merci de son pouvoir discrétionnaire

Les conséquences sont sévères : « Il y a un plan social en cours à la Frapna » [Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature], dit Éric Feraille, président de l’association. Car la Frapna voit sa commande publique passer de 750.000 euros par an à moins de 400.000. Conséquences pour cette structure, qui emploie actuellement plus d’une centaine de salariés ? « 20% de notre masse salariée est amené à disparaître en 2016, sans préjuger de 2017, où la tendance risque fort de se poursuivre », commente le responsable, qui dénonce une « volonté de destruction en règle des associations qui agissent en matière d’environnement ».

Le phénomène touche en réalité l’ensemble de la vie sociale : structures d’accompagnement social, projets artistiques ou institutions culturelles sont tous victimes de coupes budgétaires, présentées comme les nécessaires économies d’une institution que Laurent Wauquiez entend mettre « à la diète ». Des métiers du cirque jusqu’au Planning familial, ils sont nombreux à se retrouver aujourd’hui dans le viseur du président de région, à la merci de son pouvoir discrétionnaire.

L’homme se montre nettement moins avare dans d’autres circonstances : l’UNI, syndicat étudiant marqué très à droite, a lui reçu une enveloppe de 50.000 euros. Et si les théâtres de quartiers se trouvent aujourd’hui mis en danger, le festival Jazz à Vienne voit sa subvention doubler, à 150.000 euros. Un événement dont le président, Thierry Kovacs, n’est autre que le maire de Vienne et… le président du parti Les Républicains en Isère.

« Comme souvent, le fond et la forme se rejoignent »

Maire du Puy-en-Velay pendant près de 8 ans (entre 2008 et 2016), Laurent Wauquiez n’oublie pas de servir ses anciens amis avec une subvention de 300.000 euros pour « la mise en lumière » de la ville : histoire peut-être de concurrencer la célèbre fête des lumières lyonnaise et « sa débauche de dépenses en kilowatts et argent public », ironisait Siné Mensuel, le mois dernier.

Un clientélisme qui semble avoir atteint son comble avec le scandale de la maison d’Izieu : menacé d’une perte de financement de 40.000 euros, ce lieu de mémoire dédié aux enfants juifs raflés et exterminés dans l’Ain a pu négocier une diminution de « seulement » 20.000 euros. Soit exactement la somme qui a été allouée à la commune du Chambon-sur-Lignon, autre lieu de la Résistance, dont la maire n’est autre que… la mère de Laurent Wauquiez, Éliane Wauquiez-Motte.

« Comme souvent, le fond et la forme se rejoignent », dit Frédi Meignan, président de Mountain Wilderness France. C’est par des bruits de couloir qu’il a appris que tous ses dossiers de subvention avaient été purement et simplement retirés des ordres du jour des commissions. Autrement dit, il n’a jamais été averti que l’association risquait de perdre 100 % de ses subventions de projet, soit 20.000 euros par an en moyenne depuis plus d’une dizaine d’année. « C’est fréquent qu’il y ait des désaccords avec des collectivités, mais on essaye toujours de dialoguer et de réfléchir ensemble. Là, tout semble complètement fermé. C’est d’une brutalité inouïe », raconte Frédi Meignan.

« Nous avons sollicité plusieurs rendez-vous, mais nous n’avons jamais été reçus. Nous n’avons aucune information directement », confirme de son côté une responsable d’association dans le logement social. « Qu’il y ait des choix politiques, certes, mais là, il s’agit de stopper de manière unilatérale, sans aucune négociation, une convention triennale qui courait encore sur deux ans », témoigne Daniel More, président de Terre de liens Rhône-Alpes.

Un « malin malhonnête »

Ce mauvais traitement n’est toutefois pas réservé aux associations. Au sein même de l’institution, les voix se lèvent pour raconter la violence des rapports avec le nouveau président de région. Une tension qui a culminé lors de l’adoption du premier budget régional, en avril : à cette occasion, fait semble-t-il inédit, la majorité des élus de l’opposition, gauche et Front national réunis, a déserté l’hémicycle pour protester contre l’absence d’informations fournies aux élus dans la préparation du vote. Le signe d’une « dérive autocratique », proclamait Jean-François Debat, conseiller régional et leader du groupe socialiste à la région, tandis que le Front national allait jusqu’à « regretter » le prédécesseur socialiste de Laurent Wauquiez, Jean-Jack Queyranne : « Malgré nos désaccords, il était toujours cordial et laissait tous les groupes d’opposition s’exprimer lors des assemblées plénières. »

Un comportement absolutiste, parfois jusqu’aux dépens de sa propre majorité : les 100 millions d’euros annoncés pour l’A45 ? Son camp l’aurait découvert en même temps que les autres, dans la presse. C’est que le projet d’autoroute serait loin de faire l’unanimité, même à droite : « Wauquiez est un “malin malhonnête”. Il est passé en force car il n’était pas assuré du soutien de ses propres amis. Chez Les Républicains, de nombreux élus locaux et certains députés ne sont pas d’accord avec l’A45, mais il n’y a pas eu de débat. Il y a un manque total de communication et de franchise », rapporte Maurice Fisch, grand opposant au projet [6].

L’arrêt du parc naturel dans l’Allier ? Même décision unilatérale, sans concertation avec les acteurs locaux engagés dans le projet depuis cinq ans. « Un déni de démocratie », lâche Guy Vissac, père du projet et ancien sénateur… de droite. En interne, on rapporte plusieurs cas de « dysfonctionnement » entre les vice-présidents et leur président. En off, une élue raconte comment la vice-présidente aux lycées est dessaisie de ses propres dossiers. Une autre, comment la déléguée aux politiques sociales ne peut renseigner les associations concernées, faute d’information. « Éric Fournier, le vice-président à l’environnement, a essayé de nous défendre et de maintenir notre volume d’activité, témoigne Éric Feraille, président de la Frapna. Il s’est battu mais il a perdu et depuis, il a disparu des écrans radar, il ne parle plus. La communication est verrouillée en haut-lieu. »

« C’est l’homme à l’anorak rouge, qui fait campagne en famille »

Tellement verrouillée qu’il nous a été impossible d’obtenir un quelconque entretien avec la majorité lors de notre passage à Lyon, et ce malgré une demande effectuée plus de dix jours à l’avance. Ni avec le président, Laurent Wauquiez, ni avec l’un de ses vice-présidents dont le même service de communication gère les demandes d’interview. Pour ne pas être trop embêté par la presse, Laurent Wauquiez a d’ailleurs débauché deux pointures journalistiques locales. Frédéric Poignard, alors délégué général du club de la presse de Lyon, est devenu l’attaché de presse de Laurent Wauquiez, tandis que Geoffrey Mercier, journaliste politique au Progrès, en charge notamment des dernières élections régionales, a intégré la direction de son cabinet.

« Il fait peu de cas des contre-pouvoirs et décide tout seul, c’est la définition de l’autoritarisme », analyse Guillaume Dupeyron, directeur de cabinet à la mairie du Ier arrondissement de Lyon. « On est entre Poutine et Louis XIV, c’est le règne de l’absolutisme : le chef donne les ordres et les courtisans obéissent, compare Éric Feraille. C’est d’autant plus dangereux qu’en apparence, c’est un garçon charmant, avenant et policé, style gendre idéal. Mais derrière, c’est un requin sans foi ni loi. »

On parle directement aujourd’hui du style Wauquiez : « Ce côté mielleux, pas du tout technocrate, avec un langage clair et intelligible », souligne Corinne Morel-Darleux, conseillère régionale d’opposition du rassemblement de la gauche et des écologistes. Celui qui est sorti cacique en histoire à l’École normale supérieure soigne son image de « moderne » et maîtrise parfaitement sa communication. « C’est l’homme à l’anorak rouge, qui fait campagne en famille, avec un côté à la fois dynamique et ouvert. Il paraît beaucoup plus sympathique que ne l’était Queyranne, qui est un homme froid », poursuit Nicole Benayoun, cosecrétaire du Parti de gauche dans le Rhône.

« La région est une rampe de lancement »

Un jeu de dupes qu’il assoit sur une politique démagogique : « Ce sont des effets d’annonce permanents : il a fait toute sa campagne sur la baisse des impôts alors que la région n’en lève quasiment aucun… L’essentiel de son budget, c’est la dotation de l’État ! » souligne Corinne Morel-Darleux. Et peu importe s’il faut rétropédaler par la suite, comme sur cette histoire des portiques de sécurité à l’entrée des lycées, annonce faite en janvier pour surfer sur le contexte post-13 novembre en France.

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, le président déchu de la région, Jean-Jack Queyranne, analysait les ressorts de ce qu’il qualifiait de « populisme » : discours réactionnaire et ultrasécuritaire, reprise du « tous pourris » et maquillage des économies… « Depuis son “laboratoire” d’Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez veut s’attacher à façonner un bloc de droite et de droite extrême qui aura un poids politique d’autant plus important qu’il épousera les mouvements de l’opinion et les évolutions du ressenti de la société », écrit-il.

Un « laboratoire » tant les ambitions de Laurent Wauquiez sont claires. À 41 ans, celui qui est également député, est le numéro 2 d’un parti dont il pourrait prendre la tête si Sarkozy devient le candidat de Les Républicains pour 2017.

« La région est une rampe de lancement, il s’en sert comme d’une vitrine où il expérimente sa politique ultralibérale, prévient Corinne Morel Darleux. Ce serait une erreur politique de ne pas interpréter la dimension nationale de ce qu’il se passe en Rhône-Alpes-Auvergne. » Un laboratoire des pires menaces qui guettent la France dès 2017 ? Pour l’heure, conclut Éric Feraille : « La région est aux mains des forces les plus obscurantistes et anti-écologistes de notre République. »

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 08:22

Un peu plus d’un an après la canonisation du pape polonais, Jean-Paul II, l’Eglise a canonisé en grande pompe la fondatrice des Missionnaires de la charité. « Mère Teresa a incarné la dimension féminine du pontificat de Jean-Paul II » estime Mgr Francesco Follo, observateur du Saint-Siège auprès de l’UNESCO. En effet, lui au sommet de l’Eglise, elle en bas de la hiérarchie, ont porté avec une grande efficacité, un message de soumission des femmes au destin que leur imposait leur capacité de procréation. « Même l’enfant non encore né a la vie de Dieu en lui. Nous n’avons pas le droit de détruire cette vie pour quelque raison que ce soit », répétait en effet Mère Teresa à propos de l’avortement tout en rejetant également la contraception. […] chaque année 80 millions de femmes parmi les plus pauvres subissent des grossesses non désirées (souvent à la suite de violences sexuelles) ; 22 millions d’entre elles recourent à des « avortements à risque » […], 50.000 en meurent par an […].

Si l’on se doit de respecter une personne qui a consacré sa vie aux plus démuni-e-s, on ne saurait excuser sa complicité active, y compris à la tribune du prix Nobel, avec une doctrine de l’Eglise qui enferme les femmes et les enfants dans la spirale de la souffrance ainsi que de la violence et qui les condamne, dès à présent et à plus long terme, à la grande pauvreté.

Signataires : La Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), La Ligue du Droit International des Femmes.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 11:06

Lundi 22 Août « Et qui va faire la vaisselle, on fait des manifestations » Travail salarié, travail domestique

Avec Michelle Perrot, Patric Jean, Rachel Silvera, La Barbe, Femmes en lutte 93, Prenons la Une et Bas les pattes, Les animatrices du projet Egalicrêche à Toulouse.

Mardi 23 Août « Nos corps, nos choix » IVG et maternité

Avec Marie-Laure Brival, Marion Charpenel,Anne-Cécile Maylfert, Marie Hélène Lahaye, Lucille Ruault, Diane Roman et Delphine Lance, Les filles des 343, Le planning familial de Toulouse, Des militantes du planning contre les violences obstétricales, Une future mère porteuse

Mercredi 24 Août « Quand c’est non, c’est non » Les violences faites aux femmes

AvecClémentine Autain, Christelle Hamel, Nacira Guénif Souleyma, Suzy Rotman, La compagnie des cents culottes, Anaïs Bourdet, du Tumblr « Paye ta shnek », Les membres du collectif féministes contre le cyber harcèlement

Jeudi 25 Août « Nos désirs font désordre » Sexe, genre et sexualités

Avec Natacha Chetcuti-Osorovitz, Les dégommeuses, Fières, L’association Griselidis et le mouvement du Nid à Toulouse, Une conseillère conjugale du centre de planification de Mirepoix

Vendredi 26 Août « Ne nous libérez pas, on s’en charge » Vers un féminisme post-colonial

Avec Christine Delphy, Caroline De Haas, Maboula Soumahoro, Hanane Karimi, Christine le Doaré, Amandine, Many et Sharone, afroféministes, Nargesse et Hawa, féministes voilées, Le collectif féministes intersectionnel contre le cyber harcèlement.

Réécoutable et podcastable

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 10:51

Communiqué de presse du 25 août 2016

PARITE au Parlement / La France dégringole de la 36ème place à la 60ème place

Le HCE appelle les partis politiques à faire confiance aux femmes candidates.

A la veille des universités d’été des partis politiques et alors que se jouent déjà les investitures pour les élections législatives de 2017, le HCE s’inquiète de la rétrogradation de la France dans le classement international de la parité établi par l’Union interparlementaire: notre pays passe de la 36ème place en juin 2012 à la 60ème 4 ans plus tard en terme de part des femmes dans la chambre basse du Parlement. Les autres pays progressent plus vite que la France. Avec 26,2% de femmes à l’Assemblée nationale, la France est loin derrière la tête du classement, le Rwanda avec 63,8% de femmes, et se classe entre l’Irak et le Pérou.

La loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes prévoit, à partir des législatives de 2017, le doublement des retenues financières aux partis politiques en cas de non présentation d’un nombre égal de femmes et d’hommes candidat.e.s. Il faut donc espérer que l’ensemble des partis politiques contribueront, comme l’article 4 de la Constitution le leur demande, à la mise en œuvre effective de la parité. Pour ce faire, le HCE appelle les formations politiques non seulement à présenter au moins 50% de femmes candidates, mais aussi et surtout à veiller à ne pas réserver aux hommes davantage qu’aux femmes les circonscriptions réputées « gagnables ». En l’état actuel du système électoral, seuls cet engagement et ce volontarisme des partis politiques pourront permettre à la France de retrouver son rang aux avant-postes du classement international de la parité au Parlement.

Plus de 70 après le droit de vote des femmes, et plus de 15 ans après la révision constitutionnelle de 1999 ayant permis les lois dites de parité, le partage à égalité du pouvoir progresse mais doit s’étendre et s’accélérer. C’est une exigence démocratique à laquelle travaille le Haut Conseil à l’Egalité, notamment grâce à un important travail de pédagogie autour des règles paritaires, et d’évaluation et d’information autour des chiffres clés de la parité dans tous les secteurs. C’est le sens de la 3ème édition du « Guide de la parité » produit par le HCE. Pour en savoir plus sur la genèse du principe de parité et les préjugés auxquels il peut encore être confronté, pour en savoir plus sur les lois actuelles et l’état des lieux chiffré, consultez et diffusez le « Guide de la Parité 2016 ». A travers cet outil, le HCE rappelle que les femmes ne sont pas uniquement écartées des sphères du pouvoir politique :

- CULTURE : sur les 100 plus grandes entreprises culturelles, 93 sont dirigées par des hommes ;

- ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : les femmes représentent 55,2% des étudiant.e.s mais seulement 15,6 % des président.e.s des universités françaises ;

- SPORT : les femmes représentent 30,4% des licencié.e.s, mais seulement 10,5% des président.e.s de Fédérations sportives ;

- MEDIAS : les femmes représentent 49,6% de l’auditoire des radios, mais seulement 8% des présentateur.rice.s ;

- ECONOMIE : aucune femme n’est PDG d’une des 40 entreprises du CAC 40, seule une exerce des fonctions exécutives (Engie), et deux sont présidentes (Publicis, Sodexo).

Contact : 06 09 14 43 06 - 01 42 75 69 97 – haut-conseil-egalite@pm.gouv.fr


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Danièle Soubeyrand-Géry
18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 21:48

jeudi 11 août 2016 15:36

Des sportives définies par leur mari ou par leur physique… Les Jeux olympiques de Rio ne sont pas exempts de titres ou commentaires sexistes. En voici un concentré, que vous êtes invité.e.s à enrichir – cet article sera régulièrement mis à jour.

Dans les médias, qui montera sur le podium du sexisme à Rio ? Une toute récente étude menée par des chercheur.e.s de l’université de Cambridge sur un large échantillon d’articles de presse, relevait que les sportives sont bien plus associées que les sportifs à leur statut marital et leur apparence physique, et moins à leurs résultats. Aux Jeux olympiques de Rio, les commentaires et les titres de presse en donnent jour après jour des exemples précis. En voici une liste non-exhaustive, mise à jour jusqu’à la fin des JO :

Elles ont beau être des athlètes performantes, elles n’en sont pas moins parfois définies en fonctions d’hommes, qui représentent l’exemple à suivre.

En France, L’Equipe juge ainsi en titre, mercredi 10 août, que la judokate Clarisse Abegnenou (médaille d’argent) « peut devenir Riner au féminin », référence au champion Teddy Riner. (Signalé par une lectrice)

Tandis que la triple médaillée d’or en natation Katie Ledecky ne parvient pas à se défaire du surnom de « Phelps au féminin » (qui lui accole par exemple en France Le Figaro, ou en version anglophone (« female Michael Phelps »), le Daily Mail.

Pire encore, les sportives peuvent même disparaître derrière un homme, qui récupère les lauriers.

Ainsi, le commentateur de la chaîne états-unienne NBC, Dan Hicks, faisait du mari et entraîneur de la nageuse Hongroise Katinka Hosszú le « responsable » de la victoire de la championne sur 400m quatre nages individuel (elle a depuis ajouté deux autres médailles d’or à son palmarès). Après avoir tenté de s’expliquer, Dan Hicks a finalement présenté ses excuses à la nageuse.

Autre exemple, ce titre d’un journal de Chicago qui titrait le 7 août : « Corey Cogdell, la femme du défenseur des Chicago Bears [equipe de football américain] Mitch Unrein, remporte une médaille de bronze ». Son nom disparaît même dans le tweet du journal :

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes