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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 09:50

« Un Français sur 5 victime de harcèlement sexuel », affichent les titres de presse. Ou comment le langage invisibilise les femmes, pourtant quatre fois plus concernées que les hommes.

C’est un sondage qui tombe à pic pour les reprises dans la presse, alors que l’affaire Baupin fait encore des vagues.

Un sondage Elabe pour BFMTV 1 publié jeudi 12 mai, selon lequel 18% des personnes interrogées disent avoir subi du harcèlement sexuel. 2 Les femmes, surtout. Elles sont 28%, quatre fois plus que les hommes (7%), à dire avoir été confrontées au harcèlement sexuel (15% « une fois » et 13% « plusieurs fois »).

Près de 8 personnes sur 10 considèrent qu’aujourd’hui en France, le harcèlement sexuel est un phénomène « très » ou « assez » répandu. Les femmes plus que les hommes (85% contre 70%) jugent que le harcèlement sexuel est répandu, « ce qui s’explique par le fait qu’elles en sont plus souvent les victimes », note Elabe. Elles sont aussi plus nombreuses à considérer que la société française est trop laxiste dans ce domaine : 85% dénoncent un certain laxisme, contre 74% des hommes.

Les reprises – nombreuses, donc, dans la presse – donnent par ailleurs à s’interroger sur le langage. Quatre fois plus de femmes que d’hommes disent donc, selon ce sondage, avoir subi du harcèlement sexuel, et pourtant tous les titres affichent cette phrase : « Un Français sur cinq a déjà été victime de harcèlement sexuel ». Français, au masculin, alors que le phénomène concerne bien davantage les Françaises. « L’invisibilité des femmes dans le langage, jusqu’à l’absurde », commente Caroline De Haas.

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Danièle Soubeyrand-Géry
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 10:55

Édito du jeudi 12 mai 2016

Quand le pouvoir libère la parole

Dans « l’affaire Baupin », ce sont des élues qui ont pu briser la loi du silence. Tant que les hommes étaient seuls au pouvoir, c’était quasiment impossible. Avec la parité tout peut changer.

Brouhaha désapprobateur mardi 10 mai à l’Assemblée nationale lorsque la députée Catherine Coutelle, présidente de la Délégation aux Droits des femmes, a évoqué le harcèlement sexuel. Sujet indigne de l’hémicycle ? Tant que le Parlement était un entre-soi masculin, sans doute. Histoires de bonnes femmes, sujets sans importance, plaisanterie, troussage de domestiques... Il suffisait de requalifier des faits de harcèlement en histoires sans importance et menacer de procès en diffamation celles qui oseraient parler. Procès gagnés d’avance. Parole contre parole. Parole d’un puissant contre parole d’une « bonne femme ». L’omerta régnait.

Les tenanciers du quatrième pouvoir participent à l’euphémisation du harcèlement

Avec, le cas échéant, la complicité d’autres hommes de pouvoir, des rédacteurs en chef et directeurs de journaux. Sur France Inter mercredi 10 mai, Charline Vanhoenacker racontait comment un portrait de DSK qu’elle avait écrit dans un journal belge au moment de l’affaire Pyroska Nagy avait été transformé. Son texte parlait d’une « lourde propension au harcèlement ». Et un rédacteur en chef a changé pour « coureur de jupons invétéré ». Un exemple parmi beaucoup d’autres, étouffés dans les coulisses des rédactions.

Notons au passage que des dirigeants de journaux peuvent être eux-mêmes harceleurs - il faudra bien que ça sorte un jour ! Amis avec les puissants, ces tenanciers du quatrième pouvoir participent activement à l'euphémisation généralisée du harcèlement. La lutte contre le harcèlement sexuel, c’était simple comme la rhétorique !

Seulement voilà, les lois sur la parité sont passées par là. Et maintenant, quelques femmes arrivent au pouvoir. Et le pouvoir, c’est la parole. La parole qui permet de donner une autre vision du monde et d’imposer d’autres règles du jeu. C’est bien parce que les victimes du harcèlement de Denis Baupin sont des élues et parce qu’elles se sont rassemblées qu’elles ont pu briser l’omerta.

Alors il faut continuer à imposer des femmes dans tous les lieux de pouvoir politique, économique, médiatique

Alors il faut que la deuxième moitié de l’humanité continue à prendre la moitié des postes partout, à tous les échelons du pouvoir, pour imposer une autre vision du monde. Ce changement de perspective est indispensable pour la lutte contre le harcèlement sexuel mais aussi pour bien d’autres sujets. Combien d’enquêtes sur la perception des inégalités femmes/hommes en entreprise montrent que grosso modo 65% des femmes pensent qu’il y a un problème tandis que 65% des hommes estiment qu’il n’y en a pas. Et comme ce sont eux qui décident… Pas de problème, pas de mesures à prendre (Voir : Direction d’entreprise : les femmes disent oui, ils entendent non).

Et la prise de pouvoir et de parole des femmes ne concerne pas seulement les droits des femmes. Si la deuxième moitié de l’humanité sort de l’ombre et prend la parole à la table du pouvoir, la hiérarchie des sujets politiques devrait changer. Chiche ?

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Danièle Soubeyrand-Géry
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 10:45

Il y a eu les "propos regrettables" du ministre des Finances Michel Sapin sur les sous-vêtements d'une journaliste, puis les accusations d'agression sexuelle et de harcèlement émises à l'encontre de Denis Baupin. Lundi, Mediapart et France Inter ont publié plusieurs témoignages d'élues d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) accablants pour le député écologiste de Paris.

Chaque année, les révélations d'agression et de harcèlement sexuels parmi la classe politique sont pléthore. Elles dépassent les clivages partisans et les différents niveaux de pouvoir, avec à chaque fois le même sentiment : l'impunité. Pour comprendre cette situation, francetv info a interrogé Catherine Le Magueresse, juriste et ancienne présidente de l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT).

Francetv info : Dominique Strauss-Kahn, George Tron et maintenant Denis Baupin... Comment comprendre la répétition des accusations d'agressions sexuelles chez les hommes politiques français ?

Catherine Le Magueresse : Il faut analyser le harcèlement sexuel en politique, à l'aune de ce qu'est la société française aujourd'hui : encore très sexiste, patriarcale et paternaliste. Les droits des femmes sont très récents. Avant mai 68 – qui est une date récente au vue des deux millénaires d'humanité – la femme était la propriété de son père puis de son mari. Depuis, les droits des femmes ont évolué, mais la femme n'a toujours pas acquis de respect absolu et nos institutions sont très en retard sur le sujet.

J'ai assisté à de nombreux procès d'élus jugés pour harcèlement sexuel, et le constat est clair : ils sont convaincus qu'ils ont accès au corps des femmes, que leur pouvoir leur permet tout. On ne peut même pas parler d'hommes malades, ils sont conscients de ce qu'ils font, mais pour eux c'est un droit qui permet toute transgression. Il y a une très grande tolérance sociale à l'égard des violences faites aux femmes, et cela commence par de simples mots.

Peut-on parler d'une "culture de l'impunité" ?

Certainement, et cette culture est "organisée". Il règne dans le milieu politique une culture de la blague "grivoise", qui s'inscrit dans une rigolade collective, banale et sans conséquences. Imaginez que les élus fassent de même avec des blagues racistes ! Il y aurait immédiatement un rappel à l’ordre. Pour les femmes, on considère que cela n'est pas grave. Le fait que la politique française soit exercée en grande majorité par des hommes blancs, sexagénaires, n'arrange évidemment pas les choses...

"Une main aux fesses ? Il n'y a pas mort d'hommes !", "Un regard appuyé ? C'est presque normal." Ceux qui tolèrent ces actes les relativisent toujours avec d'autres faits, alors que ce n'est pas comparable. Ils savent avec les précédentes affaires que ça ne les empêchera pas d'être réélus, alors pourquoi se priver ?

L'agresseur est très organisé. La plupart du temps, il va user de son pouvoir économique, comme le fait de licencier, de refuser un poste... Ou de son pouvoir social, comme le docteur André Hazout, qui a profité de l'état de détresse de ses patientes pour commettre des viols et agressions. On trouve moins de victimes en haut de la pyramide car elles ont le pouvoir de dire non.

Comment expliquer "l'omerta" qui règne à ce sujet au sein de la classe politique ?

On est dans l'entre-soi total. Les agresseurs sont protégés par leurs pairs car ils considèrent que ça ne les regarde pas, ou minimisent les faits pour préserver des intérêts politiques, comme la sauvegarde du parti, un poste d'élu... La plupart du temps, les agresseurs font tout pour être insoupçonnables, ils se dévouent corps et âme à leur métier, ils militent publiquement pour la cause des femmes...

Il n'y a qu'à voir Denis Baupin qui portait la cause des femmes en étendard ! Qui aurait pu le soupçonner ? Il n'existe absolument aucune régulation entre les hommes politiques, d'autant plus qu'il y a toujours une forte "solidarité masculine" qui se fait au détriment des femmes.

Pourquoi les victimes mettent-elles autant de temps à s'exprimer ?

On ne peut jamais savoir comment on réagirait lors d'une agression. Je vois bien les défenseurs de Denis Baupin qui se demandent "pourquoi ses victimes présumées n'ont-elles pas parlé plus tôt ?", "disent-elles vraiment vrai...?" Souvent, la première réaction lors d'une agression, c'est la stupéfaction totale, surtout lorsqu'on vient d'un milieu peu habitué à la violence.

D'après mon expérience, il faut un déclic pour que les victimes s'expriment : la multiplication de témoignages, un moment politique. J'ai le souvenir d'une femme agressée durant toute sa carrière par le même homme. Un jour, ce dernier, poursuivi par une autre femme pour les mêmes faits, est venu lui demander une attestation de moralité. Elle a tellement été éberluée qu'elle s'est décidée à témoigner au procès.

Etre une femme en politique est déjà un lourd combat ; pour accéder au pouvoir, pour y rester et pour se faire respecter. Nombre d'entre elles se disent que si elles répondent à chaque blague sexiste, elles vont perdre toute leur énergie. Elles ne veulent pas passer pour des victimes ou pour des "féministes de base", alors elles laissent passer, retardant encore plus toute dénonciation.

Avec l'affaire Baupin, c'est la première fois que des femmes politiques accusent un de leurs collègues...

C'est évidemment une bonne chose, les choses ont changé. On n'est plus dans une politique de l'alcôve comme dans les années 1970, où on parlait peu de harcèlement sexuel en politique, car les femmes menaient d'autres combats. Cependant, les sanctions sont encore trop faibles pour que ces actes cessent complètement.

La justice est-elle en retard dans ce domaine ?

Bien sûr ! La définition du harcèlement sexuel a mis des années à être établie et le délit a bien failli disparaître en 2012, lorsque Gérard Ducray, ancien élu du Rhône condamné pour harcèlement sexuel, avait obtenu l'abrogation de la loi par question prioritaire de constitutionnalité.

Même lorsque les élus sont condamnés, les magistrats prononcent rarement la peine complémentaire d'inégibilité ou de suppression des droits civiques. Lors d'un vol à main armée, l'arme est confisquée ! Ça devrait aussi être le cas pour les affaires d'agression sexuelle. On doit empêcher les élus de recommencer.

Le problème est que de nombreux juges considèrent que c'est au citoyen de juger l'homme politique, de savoir s'il peut être réélu. En gros, si l'homme politique est bon, on lui tolère le pire dans le privé. Il existe une vraie amnésie concernant ces faits, mais cela concerne aussi les faits de corruption.

A l'étranger, notamment dans les pays anglo-saxons, les scandales sexuels sont motif de démission. Pourquoi la France peine à faire de même ?

La culture de l'égalité entre les hommes et les femmes y est différente. Dans les pays d'Europe du Nord, c'est une évidence. Dès l'école, les enfants sont sensibilisés à ces questions. Je ne vois pas à quel moment un jeune Français peut apprendre la différence entre harcèlement et séduction, sauf à s'y intéresser personnellement ou à l'apprendre de son entourage.

Il n'y a qu'à voir la polémique sur l'Abécédaire de l'égalité qui a entraîné les rumeurs les plus folles... Les jeunes aujourd'hui sont souvent perdus entre cette supposée "séduction à la Française" et le respect des femmes. Tenir la porte à une femme ce n'est pas de la galanterie, c'est du savoir-vivre !

Toute cette culture se retrouve donc évidemment à l'âge adulte. Nous avons aussi une culture politique différente vis-à-vis de nos élus. Les anglo-saxons ont un principe fort vis-à-vis de ceux qu'ils élisent, la "redevabilité". Les Français n'ont pas cette même exigence malheureusement.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans femme
29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 15:25

Olivia Lepropre Journaliste

16/12/15 à 11:04 - Mise à jour à 16:10

Source: Le Figaro

La Harvard Business Review a mené une étude sur la forte présence d'hommes incompétents parmi les instances de direction. Lorsqu'il s'agit de choisir un leader, nous aurions tendance à confondre compétence réelle et confiance en soi.

Lorsqu'il s'agit de choisir un leader, on a tendance à confondre compétence réelle et confiance en soi. © iStock

"La principale raison du déséquilibre du ratio homme/femmes dans le management est notre incapacité à distinguer la confiance (en soi) de la compétence", explique Tomas Chamorro-Premuzic, professeur de psychologie des affaires au University College London. La réalité est plus complexe que le fameux plafond de verre, selon la Harvard Business Review.

Confiance en soi ou compétence ?

C'est cette difficulté à distinguer les signes de compétence et les signes de confiance en soi qui nous ferait croire que les hommes sont de meilleurs meneurs, rapporte le Madame Figaro. "Quand on parle leadership, l'unique avantage des hommes sur les femmes, c'est le fait que les manifestations d'arrogance - sous couvert de charisme ou de charme - sont souvent interprétées comme un potentiel de leadership. Or ces attributs sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.", poursuit Tomas Chamorro-Premuzic.

Une étude de l'Université de l'Ohio confirme qu'un groupe de personnes aura tendance à désigner comme dirigeant quelqu'un de narcissique, d'égocentrique et avec une confiance en lui à toute épreuve. En guise d'explication, la Harvard Business Review fait référence à Sigmund Freud, qui a notamment analysé la manière dont nous donnons le pouvoir à des gens que l'on admire. Dans ces situations, "un groupe de personnes, les suiveurs, ont remplacé leur propre tendance narcissique par celle du leader. Leur amour pour lui est une forme déguisée d'auto-amour ou un substitut à leur incapacité de s'aimer eux-mêmes" écrivait Freud.

C'est la raison pour laquelle beaucoup de "chefs de guerre" accèdent à des postes importants, et finissent par montrer des signes d'incompétence. Pourtant, l'arrogance et l'excès de confiance, indispensables pour être perçus comme bon leader, seraient inversement proportionnels au talent et à la compétence d'un chef, postule la Harvard Business Review. "La plupart des leaders de ce type échouent donc à moyen terme", selon Tomas Chamorro-Premuzic.

Fédérer une équipe autour d'un projet commun

Un bon dirigeant doit se montrer capable de construire et de fédérer une équipe autour d'un projet commun. Et selon une étude publiée par l'American Psychological Association, les femmes, qui ont plus d'intelligence émotionnelle et de considération pour les autres, seraient plus enclines à mettre en oeuvre une bonne dynamique collective. Les femmes adopteraient naturellement des stratégies de management plus efficaces, notamment en s'attachant sur la progression des compétences de l'équipe dans son ensemble.

"En l'absence de véritable méthode pour évaluer les qualités d'un leader et ses réalisations, nous nous laissons aveugler par les parades des vantards", regrette Tomas Chamorro-Premuzic. Les récompenses de management vont, elles aussi, plus souvent à ceux qui savent se vendre, plutôt qu'à ceux qui s'impliquent réellement pour faire avancer leur équipe.

Voici pourquoi il y a tant d'incompétents au pouvoir

Olivia Lepropre Journaliste

16/12/15 à 11:04 - Mise à jour à 16:10

Source: Le Figaro

La Harvard Business Review a mené une étude sur la forte présence d'hommes incompétents parmi les instances de direction. Lorsqu'il s'agit de choisir un leader, nous aurions tendance à confondre compétence réelle et confiance en soi.

Lorsqu'il s'agit de choisir un leader, on a tendance à confondre compétence réelle et confiance en soi. © iStock

"La principale raison du déséquilibre du ratio homme/femmes dans le management est notre incapacité à distinguer la confiance (en soi) de la compétence", explique Tomas Chamorro-Premuzic, professeur de psychologie des affaires au University College London. La réalité est plus complexe que le fameux plafond de verre, selon la Harvard Business Review.

Confiance en soi ou compétence ?

C'est cette difficulté à distinguer les signes de compétence et les signes de confiance en soi qui nous ferait croire que les hommes sont de meilleurs meneurs, rapporte le Madame Figaro. "Quand on parle leadership, l'unique avantage des hommes sur les femmes, c'est le fait que les manifestations d'arrogance - sous couvert de charisme ou de charme - sont souvent interprétées comme un potentiel de leadership. Or ces attributs sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.", poursuit Tomas Chamorro-Premuzic.

Une étude de l'Université de l'Ohio confirme qu'un groupe de personnes aura tendance à désigner comme dirigeant quelqu'un de narcissique, d'égocentrique et avec une confiance en lui à toute épreuve. En guise d'explication, la Harvard Business Review fait référence à Sigmund Freud, qui a notamment analysé la manière dont nous donnons le pouvoir à des gens que l'on admire. Dans ces situations, "un groupe de personnes, les suiveurs, ont remplacé leur propre tendance narcissique par celle du leader. Leur amour pour lui est une forme déguisée d'auto-amour ou un substitut à leur incapacité de s'aimer eux-mêmes" écrivait Freud.

C'est la raison pour laquelle beaucoup de "chefs de guerre" accèdent à des postes importants, et finissent par montrer des signes d'incompétence. Pourtant, l'arrogance et l'excès de confiance, indispensables pour être perçus comme bon leader, seraient inversement proportionnels au talent et à la compétence d'un chef, postule la Harvard Business Review. "La plupart des leaders de ce type échouent donc à moyen terme", selon Tomas Chamorro-Premuzic.

Fédérer une équipe autour d'un projet commun

Un bon dirigeant doit se montrer capable de construire et de fédérer une équipe autour d'un projet commun. Et selon une étude publiée par l'American Psychological Association, les femmes, qui ont plus d'intelligence émotionnelle et de considération pour les autres, seraient plus enclines à mettre en oeuvre une bonne dynamique collective. Les femmes adopteraient naturellement des stratégies de management plus efficaces, notamment en s'attachant sur la progression des compétences de l'équipe dans son ensemble.

"En l'absence de véritable méthode pour évaluer les qualités d'un leader et ses réalisations, nous nous laissons aveugler par les parades des vantards", regrette Tomas Chamorro-Premuzic. Les récompenses de management vont, elles aussi, plus souvent à ceux qui savent se vendre, plutôt qu'à ceux qui s'impliquent réellement pour faire avancer leur équipe.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 15:16

Des femmes dans les CA ? Ça ne s’est pas fait tout seul !

Après de rudes batailles, la part des femmes dans les Conseils d’administration des 600 plus grandes entreprises européennes atteint enfin 25%. Il faut dire et répéter que ça ne s’est pas fait tout seul.

25% de femmes dans les Conseils d’administration (CA) des 600 plus grandes entreprises européennes, c’est un début. Mais la route est encore très longue pour atteindre la parité dans la vie économique. Les femmes sont encore quasiment invisibles dans les comités exécutifs. Et ce n’est pas près de changer. Si la situation s’améliore sur le front des CA, c’est parce que des femmes se sont battues en France pour faire voter des lois imposant des quotas. Elles ont tenu bon quand des parlementaires, influencés par certains dirigeants d’entreprises, manœuvraient pour dégonfler les sanctions prévues.

Si l’Histoire chante la berceuse d’une évolution facile, les générations futures s’endorment

La bataille fut homérique, il faut le dire. Et il faut cesser, d’une façon générale de minimiser l’histoire des combats pour l’égalité entre les sexes. Pour ne pas endormir les générations futures. Si on leur chante la berceuse d’une évolution inéluctable qui advient toute seule, comme par enchantement, elles vont s’endormir. Et les droits pourront reculer.

Aucune avancée vers l’égalité entre femmes et hommes ne s’est faite toute seule. Le film Les Suffragettes, par exemple, rappelle que la bagarre pour le droit de vote n’a pas été une promenade de santé mais un combat cruel, inégal et sans merci. Même le nom des combattantes a été déformé, diminué. Elles s’appelaient « suffragistes », ils leur ont collé le diminutif « ettes ».

Un combat n’a pas la même chance d’aboutir selon l’histoire qu’on raconte. Dans quelques jours seront commémorés les 80 ans du Front populaire. Que seraient devenues ces avancées sociales historiques si elles n’avaient pas été racontées comme elles le sont, avec des batailles, des alliances, des résistances farouches, des passages en force ? Les mobilisations pour améliorer le droit social par la suite auraient-elles été aussi fortes ? L’histoire des hommes est faite d’Odyssées, l’histoire des femmes est anecdotique.

Alors, il ne faudra jamais dire que la présence de femmes dans les CA s’est faite toute seule parce que c’est faux et contreproductif. Nous avons raconté cette histoire depuis que Les Nouvelles NEWS existent, mais elle a commencé bien avant. Et tant qu’on y est, il faut aussi cesser ce discours d’intimidation disant que les quotas ouvrent la porte à des incompétentes. Les quotas sont faits pour éviter que des femmes compétentes soient écartées des postes de pouvoir parce que femmes. Ne pas se tromper d’histoire.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 17:03

Édito du jeudi 21 avril 2016

Ne cachez plus le sport féminin !

Tennis, basket, foot… les médias continuent de traiter par le mépris le sport féminin. Les filles sont priées de comprendre que le sport de compétition n’est pas pour elles. Ce qui a des conséquences lourdes sur leur avenir.

Cocorico, la France est en finale de la Fed Cup ! Ça n’est pas arrivé depuis 11 ans. Pourtant… l’événement ne fait même pas la une du principal quotidien sportif français. La Fed Cup est une compétition de tennis… féminine. Donc on n’en parle pas beaucoup. Quelques jours plus tôt les basketteuses de Bourges et de Valenciennes, pourtant en finale d'une coupe d'Europe, étaient privées d'antenne nationale.

Le sport féminin n'occupe que 7% à 16% (selon les études) de l’espace médiatique consacré au sport, et ça n’est pas près de changer en dépit des coups de mentons résolus des dirigeants de chaînes de télévision.

C’est triste pour les sportives qui aimeraient elles aussi « donner du bonheur à leurs fans », comme on dit quand une équipe masculine gagne. Mais c’est surtout grave pour l’avenir des filles. En ignorant le sport féminin, les médias disent implicitement à la moitié féminine de l’humanité que la compétition sportive n’est pas pour elles, que ce n’est pas leur truc, voire… que ce n’est pas féminin.

En passant à côté de la compétition sportive, les femmes se privent non seulement de plaisir mais elles se privent aussi de développer des qualités qui sont indispensables lorsqu’on a l’ambition de développer une grande carrière.

Sur les 20 femmes les plus puissantes de la planète, 19 ont pratiqué un sport de compétition à haut niveau. Toutes considèrent que leur pratique sportive a été moteur de leur réussite. La compétition sportive permet par exemple d’acquérir le sens du travail en équipe, le sens de la gagne.

Elle inculque le sens du risque indispensable à la réussite professionnelle. On ne peut pas prendre de risque si on n’est pas capable d’envisager la possibilité de l’échec et de rebondir. Quand on fait du sport de compétition, un jour on gagne, le suivant on va peut-être perdre, puis se donner les moyens de gagner à nouveau. Le risque de l'échec fait partie de la règle du jeu.

Pendant que les garçons acquièrent ces notions grâce au sport, les filles apprennent le « complexe de Cendrillon ». Elles jouent à se faire belles pour être choisies par le prince. Elles jouent à s’occuper de la maison. Ensuite Barbie prendra le relais, puis les magazines pour adolescentes. Les filles attendent le prince, puis le mari, puis le patron, puis la promotion. Le féminin est associé à la passivité. Attendre… pas vraiment une qualité idéale pour devenir leader.

Parler de sport féminin dans les médias n’est pas une question d’égo de sportives, c’est un message puissant envoyé à la moitié féminine de l’humanité.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 16:12

Vous pouvez réagir en signant cette pétition proposée par la Drôme

Voici la pétition en ligne sur l’arrêt des CDDRA :

https://www.change.org/p/laurent-wauquiez-pr%C3%A9sident-r%C3%A9gion-auvergne-rh%C3%B4ne-alpes-maintenons-nos-territoires-dynamiques-vivants-et-solidaires

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 22:14

Avortements clandestins à risque, infanticides : « La prohibition de l’avortement au Sénégal entraîne de graves violations des droits des femmes », dénoncent des organisations.

« En février 2014, dans la ville de Ziguinchor, située en Casamance, à l’extrême Sud-Ouest du Sénégal, une petite fille de 11 ans a mis au monde des jumeaux. Elle était tombée enceinte à la suite d’un viol alors qu’elle n’avait que 10 ans. La législation sénégalaise l’empêchant d’avorter, elle a dû mener sa grossesse à terme. Au Sénégal, l’interruption volontaire de grossesse est interdite par la loi. »

C’est ainsi que s’ouvre le rapport intitulé « Je ne veux pas de cet enfant, moi je veux aller à l’école », publié par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et trois organisations sénégalaises – Rencontre africaine des droits de l’homme (RADDHO), Organisation nationale des droits de l’homme (ONDH) et Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH).

« La prohibition de l’avortement au Sénégal entraîne de graves violations des droits des femmes », dénoncent ces organisations. Le Sénégal possède l’une des législations les plus strictes au monde en matière d’IVG. Elle n’est possible qu’en cas de grave danger pour la vie de la mère, mais même dans ce cas la procédure est longue, coûteuse, et n’est donc jamais utilisée. Les avortements clandestins sont punis par le Code pénal et des femmes qui y ont recours encourent jusqu’à deux ans de prison. Le personnel médical qui pratique l’avortement risque également des peines de prison.

Conséquences « désastreuses »

Alors que l’accès à la contraception, bien qu’en progrès, est encore très limité dans le pays, l’interdiction de l’IVG pousse les femmes à avorter clandestinement. Environ 8 à 13% des décès maternels au Sénégal sont causés par ces interventions à risque. Autre terrible conséquence : la perpétration d’infanticides, dont le nombre est « alarmant ». Ces deux infractions constituent 38% des causes de détention des femmes.

Le cas de la fille de 11 ans enceinte après avoir été violée, cité en exergue du rapport, n’est pas isolé. « Le viol est une violence contre les femmes très répandue au Sénégal ». Le CEGID (Centre de Guidance Infantile Familiale) a dénombré en deux ans 420 cas d’abus sexuels sur des mineures âgées de 7 à 14 ans. Presque 30% de ces mineures sont tombées enceintes et 10 à 15% d’entre elles ont dû subir une césarienne à cause de leur jeune âge.

« La grossesse et l’accouchement font peser des risques majeurs sur la vie et la santé des filles qui n’ont pas terminé leur croissance. La césarienne est loin d’éliminer tous les risques. Les grossesses non désirées entraînent des conséquences, en particulier psychologiques, désastreuses pour l’ensemble des femmes et des filles », souligne Selma Hajri, médecin, membre de la délégation de la FIDH.

Un projet de réforme attend

Avec sa loi sur l’avortement, le Sénégal ne respecte pas le Protocole de Maputo, dénoncent les organisations. Ce texte, ratifié par Dakar en 2005, impose aux Etats de garantir le droit à l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste, de danger pour la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus

En 2013, le gouvernement a mis en place un comité chargé de préparer un projet de loi sur l’avortement médicalisé. Un texte a été élaboré, ouvrant la possibilité d’avorter dans les cas énumérés dans le protocole de Maputo. Mais il n’a pas encore connu de suite politique, en raison notamment de l’opposition des autorités religieuses. Le projet de loi doit être présenté à l’Assemblée nationale dans les plus brefs délais, insistent les organisations.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 18:06

Licenciée d’UBS France, abandonnée des pouvoirs publics, la lanceuse d’alerte Stéphanie Gibaud vit aujourd’hui dans une situation d’extrême précarité. Une pétition, qui attend 30 000 signatures supplémentaires pour atteindre 150 000, demande à ce qu’elle soit décorée de la légion d’honneur.

En 2008, Stéphanie Gibaud était directrice marketing de la filiale française d’UBS. Dans le cadre d’un contrôle fiscal de la société, et malgré l’ordre de ses supérieur-e-s, elle refuse de détruire des documents révélant de vastes opérations de fraude. Devenue une figure de proue des lanceuses/lanceurs d’alerte, elle a permis à l’Etat français de récupérer 38 000 comptes cachés en Suisse à hauteur de 16 milliards d’€. A partir de 2011, elle collabore à l’enquête des douanes judiciaires en faisant sortir des documents hautement confidentiels, ce qui la plaçait dans une situation très risquée vis-à-vis de la banque dans laquelle elle était encore employée.

Une guerre psychologique

Elle sera harcelée, traitée d’affabulatrice et renvoyée par la banque en 2012. Son parcours difficile reflète l’absence de protection publique pour les lanceuses/lanceurs d’alerte, en France comme ailleurs. Le récent projet de loi Sapin II prévoit un statut de protection mais Stéphanie Gibaud, interrogée sur Europe 1 le 11 avril 2016, met en garde sur les conditions d’indépendance réelle de l’institution qui en sera chargée. 8 ans après le début du scandale, elle est aujourd’hui sans travail car les entreprises refusent de l’employer, elle vit des minimas sociaux et devrait être expulsée de son logement.

112 000 signataires

Depuis le 5 janvier 2016, une pétition a été lancée à l’initiative de la journaliste Héloïse de Neuville pour demander à François Hollande de remettre la légion d’honneur à Stéphanie Gibaud. Cette distinction pour «service rendu à la France» permettrait que la France reconnaisse et soutienne les nombreux lanceuses/lanceurs d’alerte. Ce geste serait aussi une formidable opportunité pour redonner du sens à une distinction qui en a perdu ces derniers temps. Plus de 112 000 personnes ont signés et une cagnotte a été créée par des signataires pour soutenir la lanceuse d’alerte.

Charlotte Mongibeaux 50/50 Magazine

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans lnformations
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 10:53

Pour relancer la natalité, l’Iran va supprimer toute information sur la contraception et réduire l’accès à l’emploi des femmes sans enfants.

Deux lois en cours d’examen « vont faire reculer les droits des femmes et des filles en Iran de plusieurs décennies », en « privant les femmes de leurs droits fondamentaux pour les considérer comme des machines à bébés », dénonce l’ONG Amnesty International. L’objectif avoué de ces deux lois est de relancer la natalité, en chute libre dans le pays. Le taux de natalité est passé de près de 6% dans les années 1970 à 1,6% aujourd’hui.

La première loi, adoptée en août dernier par le Parlement iranien (Voir : L’Iran renforce sa politique nataliste), est en cours de validation par le Conseil des gardiens de la Constitution. Le texte interdit toute forme de contraception permanente et toute information sur le contrôle des naissances. L’Iran avait déjà supprimé en 2012 les subventions d’Etat au planning familial. Ces mesures « causeront inévitablement un grand nombre de grossesse non désirées, obligeant les femmes à recourir à des avortements à risque » clandestins, souligne Amnesty international. L’avortement n’est autorisé en Iran qu’en cas de danger pour la santé de la mère.

Une deuxième loi doit être examinée au Parlement le mois prochain. Elle vise à « promouvoir la famille », et dans ce sens donne la priorité à l’emploi aux hommes avec enfants, aux hommes mariés sans enfants, et aux femmes mariées avec enfants – dans cet ordre. Le texte incite par ailleurs les juges à ne pas prononcer de divorces, alors qu’il est déjà plus compliqué pour les femmes que pour les hommes de divorcer.

« Ces lois font passer le message que les femmes ne sont faites que pour être des femmes au foyer obéissantes, bonnes à faire des bébés, et laisse entendre qu’elles n’ont pas le droit de faire carrière avant d’avoir rempli ce rôle », commente Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe d’Amnesty international pour le Moyen Orient, en soulignant que les femmes constituaient, jusqu’à récemment, la majorité des diplômés des universités. C’était avant que plusieurs cursus – de l’anglais aux sciences politiques en passant par l’ingénierie – leurs soient fermés en 2012. L’opposante Shirin Ebadi dénonçait déjà, alors, des décisions qui « empêchent l’accès des femmes à l’éducation et leur présence active dans la société ».

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