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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 06:52

 

 

J’étais en début de semaine à Athènes pour une mission d’enquête organisée par le groupe de travail que je pilote au sein du groupe S&D sur l’extrémisme, le populisme, le nationalisme et la xénophobie. Avec 3 de mes collègues députées européennes socialistes1, nous avons rencontré et interrogé de nombreux acteurs pour essayer de saisir au mieux la situation : le maire d’Athènes, des associations d’habitants, des ONG de soutien aux migrants, Médecins du Monde, mais aussi les ministres de l’Ordre Public, et celui de la Justice.

La situation dans la capitale grecque est particulièrement critique. La situation économique et sociale est, on le sait, catastrophique. Le pouvoir d’achat des grecs s’est effondré, le chômage est au plus haut, et les tensions sociales sont particulièrement exacerbées, d’autant que les perspectives économiques peinent à s’améliorer. A cette situation déjà particulièrement difficile, s’ajoute une forte pression migratoire. En effet, la grande majorité des entrées de migrants clandestins dans l’Union toute entière se concentre par la frontière gréco-turque. Demandeurs d’asile fuyant la Syrie, l’Afghanistan ou l’Afrique, migrants économiques originaires des Balkans jusqu’au Pakistan, la Grèce est la porte d’entrée européenne, débordant largement les capacités des autorités locales.

A Athènes, plusieurs dizaines de milliers de personnes d’origines très diverses erraient dans la ville, vivotant de mendicité et de larcins, dans les parcs publics, sans aucune perspective. Surfant sur l’insécurité réelle et croissante dans la capitale, l’inquiétude des habitants, et l’inaction des pouvoirs publics locaux, des groupes issus du mouvement néo nazi Aube Dorée, ont organisé des opérations de « protection » des Athéniens pour « nettoyer la ville » de ces migrants. Intimidations, agressions physiques, expulsions forcées, chasses à l’homme et violences de toutes formes sont devenues quotidiennes. Des témoins rapportent qu’il est arrivé parfois que lorsqu’on s’adresse à la police, elle recommande de s’adresser plutôt à l’Aube Dorée, plus efficace et mieux équipée qu’eux pour « faire le ménage ». Un jeune irakien a été tué à coups de couteau au mois d’août dernier et on ne compte plus les passages à tabac. Il est d’autant plus difficile de les comptabiliser, justement, que les victimes d’agressions -quelles qu’elles soient d’ailleurs- ne portent pas plainte par peur de représailles, et c’est donc l’accès même au droit et à la Justice qui est atteint. C’est la loi de la jungle qui règne, et aujourd’hui les débordements vont au delà de la seule question migratoire : sont désormais dans le collimateur de ces milices les grecs issus de l’immigration, mais aussi les homosexuels, les handicapés mentaux et toute personne pouvant apparaître comme différente. Une situation qui fait véritablement froid dans le dos.

Alors quelles responsabilités invoquer ?

Les citoyen-ne-s grecs, qui ont fait entrer le mouvement néo nazi Aube Dorée au Parlement, en leur accordant 7% des voix et 21 sièges lors des dernières législatives ?

Une partie des policiers grecs, qui, bien que disposant de trop peu de moyens, ont une attitude très complaisante avec les exactions de l’Aube Dorée dont ils sont largement sympathisants ?

Les dirigeants grecs, qui ont reçu des millions d’euros d’aide européenne pour précisément mieux gérer les populations migrantes, que ce soit pour l’asile ou l’immigration économique, et qui peinent à faire sortir de terre quelques rares centres de rétention ou d’hébergement ?

La crise économique qui perdure et qui plonge les Grecs dans une insécurité et une angoisse non seulement sociales, mais désormais politiques et identitaires ?

La Troïka et les institutions européennes, qui s’obstinent à imposer à la Grèce des plans d’austérité déséquilibrés donc inefficaces ?

Probablement un peu de tout cela. Si l’on essaie de tirer quelques enseignements de cette mission, je listerais ceux-ci :

Il est évident que la crise économique est un facteur d’explication majeur de cette situation de dérive xénophobe. C’est un phénomène récurrent dans l’Histoire et la Grèce des années 2010 n’y échappe pas. Mais si la réduction du chômage et le retour de la croissance aideront certainement à apaiser la situation, c’est autre chose qui se joue actuellement. La violence d’Aube Dorée libère une autre violence dans la société, parmi les citoyens : le délitement, sous nos yeux, de l’État de droit et de la démocratie.

Il faut donc agir à plusieurs niveaux : tout d’abord, une condamnation nette et sans appel doit être affirmée à tous les niveaux vis à vis de ces phénomènes de violence. La peur qui paralyse les Grecs amène une forme d’indifférence envers ces agressions et ces ratonnades. Le retour de l’accès au droit, la sanction pénale de ces actes odieux, et le rétablissement de la Justice face à la loi du plus fort sont des préalables indispensables.

Ensuite, l’action doit être organisée du niveau local au niveau européen de manière simultanée. Le Maire d’Athènes regrettait le manque total de coordination entre les différents acteurs (police, Justice, collectivités locales, ONG, État grec, Union européenne). Il est urgent d’organiser cette coordination pour mener une action efficace.

Enfin, et bien que j’aie l’impression de le répéter un peu trop souvent, c’est par la solidarité que l’Union pourra sortir des multiples crises qui frappe ses membres. Il faut apporter un soutien logistique et financier massif qui soit utile sur le terrain, et mettre en place les outils législatifs européens pour aider la Grèce à gérer cette population migrante.

Les échos avec l’histoire européenne des années 30 dans la situation grecque d’aujourd’hui sont terriblement inquiétants, et notre responsabilité est immense.

1 – Sylvana Rapti (Grecque), Emine Bozkurt(Néerlandaise) et Kinga Goncz (Hongroise)

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 06:34

Conditions de détention «inadmissibles» à Nouméa

5 octobre 2012 à 11:01
Christiane Taubira, le 24 septembre 2011 à Montpellier
Christiane Taubira, le 24 septembre 2011 à Montpellier (AFP)

La mission envoyée par le ministère de la Justice en Nouvelle-Calédonie a constaté l'ampleur de la tâche en vue d'une mise en conformité de la prison de Camp Est.

Les conditions de détention à la prison de Nouvelle-Calédonie ont été jugées «inadmissibles» par les membres de la mission envoyée sur place par la garde des Sceaux Christiane Taubira, pour proposer des pistes d’amélioration du sort des détenus, ont-ils déclaré vendredi à Nouméa. Conduite par Mireille Imbert-Quaretta, conseillère d’Etat, la mission a séjourné une semaine dans l’archipel et a rencontré près d’une centaine de personnes dont des détenus de cette prison, qui s’y entassent à plus de 400 pour 226 places.

Mireille Imbert-Quaretta était accompagnée de Frédéric Desportes, avocat général à la Cour de cassation, et de Laurent Ridel, directeur interrégional des services pénitentiaires. «Les conditions sont absolument inadmissibles. A la maison d’arrêt, il y a six détenus dans des cellules de 11 mètres carrés. Celui qui est en haut dans les lits superposés n’a que 50 centimètres au-dessus de la tête et ne peut même pas s’asseoir», a-t-elle déclaré à la presse.

La prison de Nouméa, appelée Camp Est, a été récemment le théâtre de deux débuts de mutinerie, tandis que l’insalubrité et la surpopulation dans ces bâtiments, qui datent du bagne, sont dénoncées depuis de nombreuses années par les organisations de défense des droits de l’homme. En juillet dernier, l’Etat a été condamné à indemniser une trentaine de détenus pour «conditions de détention indignes» et plusieurs dizaines d’autres dossiers sont en cours d’examen.

«Notre mission a été très positive et tous nos interlocuteurs lui ont montré de l’interêt», a également indiqué Mireille Imbert-Quaretta. Elle a en outre indiqué que la priorité des détenus, avec lesquels elle s'était entretenue, était la réinsertion alors qu’aucune formation diplômante n’est actuellement dispensée au Camp Est. Ce domaine est de la compétence du gouvernement local.

Le 15 novembre, la mission rendra son rapport à la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Elle devrait proposer de construire sur le site du Camp Est, ou sur un autre lieu, un nouvel établissement pénitentiaire ainsi que des améliorations à la coordination de tous les services, qui prennent en charge les détenus. D’ici là, le programme de rénovation du Camp Est sera poursuivi, la construction d’une nouvelle prison nécessitant entre huit et dix ans.

 

Libération

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Revue de presse
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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 05:11

Article des Echos du 25 septembre 2012

A la veille de la remise du rapport sur la RGPP, la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique déclare aux «Echos» que sa «priorité est de renouer le dialogue social car on ne peut pas réformer l'action publique sans les fonctionnaires». Elle se dit «favorable au recours à un fonds d'urgence » pour les départements, mais prévient que «les collectivités seront associées à l'effort de redressement des comptes en 2014 et 2015».

Réforme de l'Etat, nouvelle étape de la décentralisation, définition d'une action publique « plus lisible, plus efficace et moins coûteuse » comme l'affirmait en juillet le gouvernement... La remise, mardi soir, au Premier ministre et à Marylise Lebranchu du rapport sur la Révision générale des politiques publiques (RGPP) donne le coup d'envoi de discussions qui s'annoncent serrées. Toute la difficulté pour la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique est qu'elle doit attendre que se déroulent, au Sénat les 4 et 5 octobre, les Etats généraux de la démocratie territoriale, tout en organisant le travail du séminaire gouvernemental prévu fin septembre. Certains rêvent d'y voir débattu l'octroi d'une plus grande liberté d'action aux préfets pour mieux coller aux besoins du terrain. D'autres veulent en profiter pour réduire le rôle de l'administration d'Etat pour donner plus de latitudes aux pouvoirs locaux. Les volets transport et énergie, où il est question de donner plus de pouvoirs de décision aux régions, promettent aussi d'âpres débats. Une chose est sûre : les délais sont serrés, le projet de loi devant être discuté en janvier puis voté au printemps.

Le rapport sur le bilan de la RGPP est remis mardi. Quelles sont ses conclusions ?

La RGPP a été avant tout un tract politique flattant la démagogie anti-fonctionnaires. Après échange avec les rapporteurs, il ressort que pour eux, la RGPP a été un fourre-tout, un recyclage de décisions anciennes. Personne ne remet en cause la nécessité de réformer les politiques publiques mais le travail a été faussé par une approche idéologique et menée sans concertation. Ma priorité est de renouer le dialogue social car on ne peut pas réformer l'action publique sans les fonctionnaires. Le précédent gouvernement a déformé l'Etat. Nous allons le reformer autour d'une conviction partagée avec Jean-Marc Ayrault : il n'y a pas d'action publique sans Etat fort.

Mais l'Etat n'assume-t-il pas trop de missions ?

L'enjeu, c'est l'action publique, les missions qui en découlent et la meilleure organisation pour la conduire. Plus la crise est forte, plus le besoin de services publics est fort. Ce n'est pas un « cadeau » aux citoyens mais un droit et le filet de sécurité de ceux qui sont fragilisés par la crise. Nous devons redire que le service public, c'est une présence, une écoute et une compétence disponibles sur tout le territoire.

Pourquoi mener de front décentralisation et réforme de l'Etat ?

Nous voulons un seul texte de loi. Il est écrit, il est prêt. Son but : organiser le « qui fait quoi » pour une meilleure efficacité de l'action publique. Il y aura des transferts de compétence qui s'appliqueront uniformément sur le territoire. Les collectivités qui le souhaiteront expérimenteront en outre leurs propres transferts : un département pourra, par exemple, confier aux intercommunalités la mission de promouvoir le tourisme. Mais il devra alors, pour rationaliser, fermer son comité départemental.

Nous allons créer de nouveaux outils de gouvernance : les conférence territoriales des compétences viendront clarifier sur le terrain le rôle de chacun et le Haut conseil des territoires permettra à l'Etat et aux collectivités de discuter de l'action publique, son organisation, son efficacité et son financement. L'acte trois de la décentralisation conduira probablement à des transferts d'effectifs mais sans tomber dans l'excès : nous ne reproduirons pas l'erreur commise avec les techniciens et ouvriers de service en 2004.

Cela veut dire que les effectifs de l'Etat vont diminuer ?

Encore une fois, il s'agit d'affecter les moyens sur les missions prioritaires. Mais nous ne nous interdisons pas de créer des postes là où il y a des manques flagrants. Je pense notamment aux corps de contrôle. Certains abattoirs, par exemple, sont quasiment en auto contrôle, ce dont on ne peut pas se satisfaire.

Faut-il demander aux collectivités locales de faire des économies ?

Je me bats pour faire passer l'idée que 1 point de dépense publique, c'est 0,5 point de croissance. Et les services non marchands représentent 4 points de croissance. Pour 2013, les dotations ont été sanctuarisées afin de préserver l'investissement public et la croissance liée. Ensuite, les collectivités seront associées à l'effort de redressement des comptes publics pour les années 2014 et 2015, sauf retour à meilleure fortune. Cet effort sera mesuré par rapport à celui de l'Etat. Nous voulons leur laisser le temps et discuter largement les modalités d'une telle orientation.

Dans l'immédiat, une trentaine de départements sont en difficulté. Comment les aider ?

Je suis favorable au recours à un fonds d'urgence car je ne vois pas ce que l'on gagnera collectivement à avoir des départements dans le rouge. Il ne peut pas y avoir de développement économique sans cohésion sociale de qualité. Or la cohésion sociale est LE métier des départements. Mais ce geste ne serait pas lié au projet de loi sur la décentralisation.

Et pour l'avenir ?

Une réforme fiscale locale est prévue. Elle doit se faire dans le cadre du pacte de confiance et de solidarité entre l'Etat et les collectivités. Les régions ont quasiment perdu tout pouvoir de décision sur l'évolution des taux. Elles doivent retrouver plus d'autonomie. Les départements ont besoin d'une assiette dynamique car les droits de mutation sont beaucoup trop cycliques. Ils demandent à toucher un pourcentage de la CSG pour financer l'aide sociale. Cela peut être une piste. Il y a aussi la question des droits de mutation à titre gracieux, pour lesquels nous devons revenir à quelque chose de plus juste.

Le financement des collectivités est lui aussi déséquilibré...

Elles ont besoin de 18 milliards d'euros de prêts par an. Le projet de future banque publique des territoires, sous la conduite de la Banque postale et de la Caisse des Dépôts, est actuellement ralenti par les négociations avec la Commission européenne. Je suis favorable à la création de l'Agence de financement des collectivités, mais à une condition, qu'il n'y ait aucune mise en cause de la responsabilité de l'Etat par l'intermédiaire d'un établissement public à caractère industriel et commercial destiné à garantir les prêts des collectivités. Une solution serait de revoir le projet en intégrant une structure à statut mutualiste en lieu et place de l'EPIC.

Que proposez-vous sur le dossier des emprunts toxiques ?

Il doit être suivi au niveau national. Je constate que la médiation, en son état actuel, ne fonctionne pas. Les outils et les missions de la cellule de suivi doivent être renforcés.

La RGPP s'est aussi appuyée sur des délégations de services publics à des opérateurs privés. Allez-vous revenir dessus ?

Le précédent gouvernement est parti du principe qu'une mission confiée au privé est forcément mieux faite et revient moins cher. C'est faux. On peut s'interroger sur certains retours en régie mais il est compliqué de revenir sur des contrats passés.

Le point d'indice sera-t-il de nouveau gelé en 2013 ?

Pas forcément. L'enveloppe dédiée aux rémunérations est gelée mais on peut faire des arbitrages en son sein. Aucun sujet n'est tabou et je sais que l'attente des agents est forte mais il faudra être réaliste et sortir du débat sur le seul point. Nous ouvrirons le 9 octobre une vaste concertation sur les carrières, les parcours professionnels et les rémunérations.

Les grilles salariales se sont tassées avec les hausses du SMIC. Vont-elles être revues ?

Je suis résolue à rééchelonner les grilles. C'est un travail fastidieux, qui prendra plusieurs années, mais indispensable.Il faut redonner aux agents des catégories B et C, l'espoir d'une progression salariale juste, digne de ce nom, au cours de leur carrière.

Allez-vous poursuivre la politique de rémunération au mérite ?

Surtout pas. C'est une politique qui achetait le silence des fonctionnaires sur les suppressions de poste par des primes dites de performance. Cette approche, déguisée en bonne intention, était une hypocrisie puisque les primes étaient dérisoires et la baisse de la qualité des conditions de travail, bien réelle. Les agents y ont perdu sur toute la ligne.

Les agents des finances sont vent debout contre les suppressions de postes. Que leur répondez-vous ?

En cette période de crise d'une gravité exceptionnelle, la France a élu un président et a validé ses priorités : l'école, la justice, la police et Pôle emploi. Ces efforts sont justes et je les assume totalement.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Revue de presse
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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 05:04

jeudi 27 septembre 2012

Le 4 mai, la loi sur le harcèlement sexuel a été abrogée, entraînant l'extinction de toutes les affaires en cours. Une nouvelle loi a été promulguée le 6 août. « Beaucoup de victimes pensaient, alors, que les procédures reprendraient leur cours, mais c'est faux ! expliquent les juristes de l'AVFT (1). En France, on ne peut pas porter plainte deux fois pour les mêmes faits. »

Pour être examinée à nouveau, une affaire devrait être requalifiée, par exemple en agression sexuelle ou harcèlement moral. Le ministère de la Justice estime que cela ne sera possible que dans la moitié des 2 000 affaires concernées. « De plus, il n'y a pas rétroactivité : on ne peut être puni que selon une loi promulguée avant le délit. » Donc, les victimes qui n'ont pas porté plainte pour des faits antérieurs au 6 août ne pourront plus le faire. Témoignages de trois femmes de l'Ouest tombées dans ce trou noir.

« Un vide monumental »

Laura (2) travaillait dans l'immobilier. Son chef lui fait subir des commentaires, avances sexuelles et gestes déplacés. Elle s'oppose. Il l'isole et dévalorise son travail. « Quand j'ai compris que ma plainte s'effaçait, j'ai été pétrifiée. Deux ans que j'essayais de défendre ma dignité. Lui, il a dû sabrer le champagne ! Humiliée, j'ai pensé prendre mes enfants et fuir ce pays. La plainte que j'ai déposée pour harcèlement moral tient toujours. Mais, au procès, comment l'évoquer sans parler du harcèlement sexuel qui était la base de tout ? Quelque chose est cassé en moi. J'ai dû changer de métier : jamais plus je ne pourrai assister un homme. »

Julie (2) travaillait dans la restauration. Elle a porté plainte pour harcèlement et agression sexuelle, le jour même de l'abrogation de la loi. « C'est comme si la justice vous disait qu'on a le droit de vous faire ça. 'Désolé, vous avez été harcelée trop tôt ou trop tard.' Il y aura procès pour agression sexuelle. Mais tous mes témoins apparaissaient dans la partie 'harcèlement' car il m'a isolée pour m'agresser. L'abrogation a créé un vide monumental. »

Le harceleur de Myriam (2) était un client de son entreprise. « Au lieu de me défendre et de perdre un gros client, ma direction m'a rétrogradée à un autre poste. Je n'ai pas porté plainte tout de suite. Maintenant, c'est trop tard. Pourtant, un procès, ça aide à tourner la page. Ça ne répare pas, mais on y entend la condamnation de celui qui nous a brisée. »

Certaines de ces victimes pourront saisir le tribunal des prud'hommes. Dans quelques cas, elles pourront réclamer des dommages et intérêts devant un tribunal civil.

Audrey GUILLE
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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 13:39

Nous avons le plaisir de vous informer du vernissage de l'exposition Dystopia de Thierry Liégeois à la Galerie Angle à St-Paul-Trois-Châteaux. Thierry Liégeois a séjourné en juillet et août à Moly-Sabata dans le cadre d'un partenariat avec l'IAC-Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne/Rhône-Alpes. Thierry Liégeois est un des quatre artistes des Galeries Nomades 2012.

DYSTOPIA - THIERRY LIEGEOIS

Vernissage samedi 6 octobre - 18h

©Thierry Liegeois, 2012

Bonjour,

Dans le cadre du dispositif Galeries Nomades2012, en coproduction avec l’Institut d’art contemporain Villeurbanne/Rhône-Alpes, Angle art contemporain accueille l’exposition Dystopia de THIERRY LIEGEOIS et vous invite à son VERNISSAGE le SAMEDI 6 OCTOBRE à 18H.

Le travail de Thierry Liegeois, composé de sculptures, installations, vidéos et dispositifs sonores et visuels, puise ses références dans différents domaines de création, de culture populaire et de contre-culture. Métaphores d’un climat social, les œuvres de Thierry Liegeois créent une ambiance particulière, vaguement menaçante, et proposent une immersion dans des espaces étranges, qui sont souvent habités d’une présence animale. À ANGLE, il conçoit des œuvres caractérisées par la puissance évocatrice du son et par l’expression d’une certaine violence, présente dans les procédés de sculptures ou à travers les images et allégories.

Né en 1983, Thierry Liegeois vit et travaille à Lyon. Il est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon depuis 2010.

EXPOSITION DU 10 OCTOBRE AU 24 NOVEMBRE 2012

OUVERTURE DU MERCREDI AU SAMEDI DE 14H À 18H

Angle art contemporain - Place des arts - 26130 Saint-Paul-Trois-Châteaux - www.angle-art.fr





Angle Art Contemporain / Tél : 04 75 04 73 03 / Courriel : contact@angle-art.fr

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Résidence d’artistes

1 rue Moly-Sabata

38550 Sablons

04 74 84 28 47

www.moly-sabata.com

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La Région Rhône-Alpes et le Conseil Général de l’Isère soutiennent
la Fondation Albert Gleizes pour son programme de résidences d’artistes à Moly-Sabata

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans informations
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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 13:37

5-7-qualite-air.jpg Les 5 à 7 de l’éco-construction® sont des rencontres techniques, pointues et riches en échanges, à destination de tous les acteurs du bâtiment  : maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre (architectes, bureaux d’étude), entreprises du bâtiment.

L'ensemble des partenaires sont heureux de vous convier à cette nouvelle édition du 5 à 7 sur la qualité de l'air intérieur en présence de Suzanne DEOUX : Docteur en médecine. Professeur associée à l'Université d'Angers, co-gérante de MEDIECO Conseil et Formation en santé dans le bâtiment.

 

Vous pourrez également, dès 16h visiter les bâtiments de la Fédération Française du bâtiment à Valence (Rénovation performante) ou de la CAPEB à Guilherand-Granges (Construction performante).

 

 

Pour vous inscrire c'est ici : http://goo.gl/3mkmx

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Colloques, réunions
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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 23:46


PROJECTION du film
« les réquisitions de MARSEILLE »

 

ANNONAY
salle Jean Jaurès, bd de l’Europe
19 et 20 octobre 2012


Rétrospective sur La RÉSISTANCE
Le Conseil National de la Résistance et ses acquis sociaux
Par Pierre BONNAUD
Historien
Avec la participation de
Raoul Galataud
ancien résistant

 

 

Une trentaine de panneaux retraçant cette période mis à disposition par le
MUSÉE de LA
RÉSISTANCE du
TEIL

 

Groupement Oeuvres Laïques
Annonay
Tél : 04 75 67 60 01
Mail : gola07@wanadoo.fr
Site : www.golaannonay.
asso.fr
34 Avenue de l’Europe
Annonay

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Colloques, réunions
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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 10:00


Publié le 25 septembre 2012 par Égalité

S’il fallait définir le théâtre de Marine Bachelot, c’est le mot « militant » qui viendrait à l’esprit. Pour cette féministe impossible d’écrire ou de mettre en scène en faisant abstraction de ses convictions.

« Mon expérience militante, les réunions tous les quinze jours puis les soirées où des amitiés ont commencé à se développer, tout ça a rapidement contaminé mon travail » explique-t-elle, se souvenant de cette marche de nuit dans les rues de Rennes, un soir d’octobre 2007 où elle a vraiment pris conscience que les femmes devaient encore se battre au quotidien pour occuper leur place dans la société.

 « Pendant dix ans, dit-elle encore, j’ai fait des recherches sur le théâtre d’intervention et j’ai toujours voulu faire du théâtre politique, engagé. Il y a donc eu une rencontre entre mon théâtre et mon engagement militant. Le féminisme est aujourd’hui un des axes principaux de mon travail ».

Ses lectures des théoriciennes du féminisme mais aussi l’actualité et l’histoire impulsent et nourrissent son écriture. D’abord à partir de lectures-débats de manifestes féministes, aujourd’hui avec des pièces qu’elle écrit et met en scène, elle a permis à tout un public non seulement de se poser des questions sur la place des femmes dans la société mais aussi de s’interroger sur sa propre place. « Dans le débat qui suit les spectacles, raconte la jeune femme, on voit des hommes qui prennent la parole pour dire : ” j’ai pris conscience que je suis à tous points de vue du côté des dominants mais qu’est-ce que je peux faire maintenant ? ” Je ne suis pas là pour apporter des solutions mais pour susciter les discussions ».

Ainsi en 2009 pour son spectacle déambulatoire Histoire de femmes et de lessives qui retrace l’histoire d’une institution de rééducation pour jeunes filles, elle a libéré la parole des anciennes pensionnaires, celles qu’elle a rencontrées pour écrire la pièce mais aussi les autres venues nombreuses aux représentations.

 

 

 

L’improbable rencontre de Jésus, Angela Davis, Shérazade, Eve et Freud …

Au fil des autres spectacles – La femme, ce continent noir  en 2010,  A la racine en 2011 ou encore  La place du chien créée cet été dans la capitale bretonne – Marine continue de s’attaquer au patriarcat, « ennemi du féminisme » et aux violences de toutes sortes qui découlent, pour elle, d’un même système de domination. Elle revendique de pouvoir le faire parfois avec humour comme lorsqu’elle imagine l’improbable rencontre de Jésus, Angela Davis, Shérazade, Eve et Freud …

Au sein du collectif rennais Lumière d’Août, elle a su apporter une nouvelle façon d’envisager la création. «Le féminisme devient, dit-elle, un matériau commun de réflexion même si ce n’est pas sans heurt. Chacun doit faire son cheminement à son rythme, parfois les discussions partent en vrille. Mais les choses les plus radicales, quand elles sont intégrées dans un spectacle, passent beaucoup mieux ».

Autre expérience en marge des spectacles, Marine a prêté son concours à un travail réalisé par une compagnie de danse – Danse à tous les étages – auprès de femmes éloignées du monde du travail. Leurs fragilités psychologiques, leurs relations difficiles avec des conjoints parfois violents ont été réinvesties dans un spectacle qui a conduit certaines à des actes décisifs dans leur vie personnelle.

« Le théâtre militant, conclut Marine Bachelot, a aussi cette fonction de nous réchauffer, de trouver collectivement une nouvelle énergie ». Une utilité sociale en quelque sorte que la jeune femme revendique pleinement, heureuse dit-elle « de se sentir utile » dans ce combat.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Revue de presse
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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 08:14

Le Ministère des Affaires étrangères soutient deux programmes en direction des jeunes vivant en France et désireux de s'impliquer dans des actions de solidarité internationale.

 

- Le programme Jeunesse et Solidarité Internationale (JSI) vise à soutenir la rencontre entre jeunes du Nord et du Sud par la réalisation de chantiers communs au Sud ou en France. - Le dispositif interministériel Ville, Vie, Vacances et Solidarité Internationale (VVVSI) soutient la réalisation de chantiers de développement mis en oeuvre par des jeunes issus de zones relevant de « la politique de la ville ». Intervenante Françoise Blanchouin (FONJEP).

Date : vendredi 5 octobre de 9h30 à 12h à RESACOOP

Durée : une demi journée

Public : Initiation- Cet atelier s'adresse aux associations, mouvements ou fédérations de jeunesse, engagés ou souhaitant s'engager dans ce type de programme.
Tarifs : Gratuite

Contact : Isabelle Taine - mail@resacoop.org
Téléphone :    04 72 77 87 67       
Inscription
indispensable : http://www.resacoop.org//Boite_Outils/se-former/formationResacoop.asp et par mail mail@resacoop.org 

 

 

 

Antonio SILVEIRA

Chargé de Mission GIP RESACOOP Réseau Rhône-Alpes d'Appui à la Coopération Internationale

19, rue d'Enghien, 69002 Lyon

Tél. 04 72 77 87 67 / www.resacoop.org

 

Skype : asilveiraresacoop

Rejoignez notre  page facebook Antonio SILVEIRA RESACOOP

 

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Colloques, réunions
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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 11:28

Bonjour,

 

Le Festival Images et Paroles d’Afrique est lancé !

 

Il a commencé lundi dernier par l’installation d’une exposition photographies de Daniel Durand au cinéma de Privas.

 

Ci-joint vous trouverez la plaquette programme du festival contenant le programme détaillé des manifestations à venir.

Vous pouvez également consulter le programme sur notre site Internet : www.ipa-festival.com

 

En espérant vous voir nombreux au cours de toutes ces manifestations,

 

Amitiés solidaires

 

Lise Carré

Animatrice Coordinatrice

Ardèche Afrique Solidaires

04.75.20.82.99

06.48.39.45.19

www.ipa-festival.com

 

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Informations
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