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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 18:29

 

 

Regards de femmes dénonce la maltraitance par personne ayant autorité à l’égard des fillettes affublées du voile islamique. Le voilement des fillettes est un risque majeur pour leur développement cognitif et social et leur santé psychique et physique

Dans les espaces publics, en France et pas seulement dans les théocraties musulmanes, on peut voir des fillettes pré-pubères entièrement enveloppées dans de sombres voiles.

L’indifférence sociétale est inacceptable vis-à-vis de cette maltraitance.

Pourquoi la société française obéirait-elle aux préceptes d’imams qui préconisent le voilement intégral dès le plus jeune âge, voire dès la naissance afin de protéger l’enfant de la convoitise sexuelle des hommes : « Les parents d'une fillette doivent lui couvrir le visage et lui imposer le voile (…) pour ne pas tenter les pervers » (Abdallah Daoud[1]).

Pourquoi la prévention des abus sexuels passerait par la seule occultation de la « proie » plutôt que par l’éducation et la sanction des prédateurs ? Les fillettes n’ont pas à se cacher dans l’espace public sous le prétexte qu’elles seraient une tentation pour des prédateurs masculins à qui l’interdit des violences envers les filles n’a jamais été posé

D’autre part, si une fillette sur cinq est, en moyenne, victime d’agressions sexuelles, un garçonnet sur 13 l’est aussi (OMS, 2016). Alors, pourquoi ne pas voiler les petits garçons également ?

C’est que, par-delà l’évidente discrimination,  il s’agit surtout de familiariser avec le voile, habituer la future femme à se voiler, car elle est destinée à le rester, pour le restant de ses jours. Le voile n’a donc pas pour seule fonction de la protéger de la « convoitise » masculine, mais de l’assigner à sa seule condition d’objet sexuel et de reproductrice, puisqu’il lui est permis de l’ôter après la ménopause.

MALTRAITANCE SELON L’ENJEU SANITAIRE ET SOCIAL 

Pour l’OMS, la maltraitance à enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir.

La santé est définie « comme un état de complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ».

Or, le voilement des fillettes compromet la santé dans ces trois composantes, puisqu’il intervient à une étape cruciale du développement physique, affectif, psychologique, cognitif et relationnel. L'enfance est une période d'intenses changements qui affectent le développement physique (et les habiletés motrices), le cerveau, la cognition (mémoire, raisonnement, compréhension du monde etc.), le langage et la capacité à communiquer, les apprentissages, les émotions et leur gestion, les relations sociales, la santé en général.

Santé physique

Parmi les conséquences délétères du port du voile concernant la santé physique, la carence en vitamine D est  constatée chez les femmes. C’est dire si le voilement des fillettes leur fait courir un risque majeur, à ce stade de développement staturo-pondéral : retard de croissance, diminution des défenses immunitaires, hypotonie musculaire, convulsions hypocalcémiques, etc.

A noter également la perte de cheveux. Asphyxiés par la contention des heures durant, les cheveux finissent par dépérir et tomber. Or, la chevelure n’est pas un simple ornement mais a des fonctions vitales d’écran contre les agressions externes et de régulateur de la température à la surface du crâne.

 

Santé mentale

Sur le plan psychique, le voile qui a pour objet déclaré de protéger les femmes de la concupiscence des hommes ou les hommes de la tentation sexuelle, aboutit à réduire tout le corps de la fillette à son seul sexe anatomique, à un âge où elle ne peut assumer psychologiquement ce trop-plein de sexualité.

Les promoteurs du voile l’opposent à « l’hypersexualisation » des fillettes « occidentales », exhibées dans des concours de beauté. Mais qu’est donc le voile sinon un marqueur indélébile de la sexualisation du corps ? Ou plus exactement de l’objectivation sexuelle de l’enfant, amputée de tout autre attribut que son corps ou plutôt son sexe.

La préconisation du voile pour la petite fille présuppose une perception sexualisée, voire génitalisée, de l'adulte masculin à l'endroit de son corps et de son sexe

Le voile enferme dès lors la fillette dans une double contrainte : il les « adultifie » en tant qu’être sexué (ne faisant aucune différence entre sexualité infantile et adulte) et il les « infantilise» en tant qu’être humain. Comme souvent, la seule issue est le refuge dans la maladie mentale. C’est le cri d’alarme poussé par Dr Aslem Lazaar Selimi, (6 avril 2016) :

« Il faut sauver les petites filles. Je suis psy à l’hôpital de Nabeul (Tunisie), et tous les jours, des médecins m’adressent des petites filles voilées, pour «troubles psychogènes » !!! Facile pour moi d’identifier l’origine de ces troubles, pas besoin d’être psy pour comprendre qu’un voile, ça voile! »

Le bien-être social

Comment ouvrir le champ des possibles des fillettes alors que le voile implique des restrictions à sa liberté de déplacement (entravant les activités exploratoires nécessaires à sa découverte du monde), à sa curiosité naturelle (nécessaire à son développement intellectuel), à ses activités ludiques, artistiques (musique, dessin, théâtre, etc.), sportives et bien entendu à ses contacts humains. Voiler la tête, c’est entraver la liberté et la pensée.

Le développement cognitif et psycho-affectif est bien freiné, faute de stimulation intellectuelle et affective. Faute surtout d’introduction de l’altérité. Comment s’ouvrir à l’autre différent, qui seul peut vous enrichir ? Quelle culture de l’intolérance prône-t-on ? Quelles relations à l’autre prépare-t-on ?

C’est dire que le voile bride toute volonté et tout potentiel d’épanouissement chez la petite fille, toute ambition toute prétention à être l’égale de ses frères, et lui trace un seul destin : celui de reproductrice d’une gent masculine et des valeurs patriarcales et machistes.

Le voile est une entrave absolue au développement relationnel. Il exclut, en effet, d’emblée la moitié mâle de l’humanité et de même les non-musulmanes ou les musulmanes ne le portant pas. Il enferme très tôt l’enfant dans un monde clos évocateur des gynécées d’antan.

MALTRAITANCE SELON LES DROITS DE L’ENFANT 

L’imposition du port du voile à une enfant est une maltraitance qui doit être signalée aux autorités compétentes.

L’Association tunisienne des droits de l’enfant a dénoncé le voilement des petites filles comme « un crime contre l’enfance » (janvier 2013).

En effet, le voilement précoce contrevient à toutes les dispositions de la Convention relative aux droits de l’enfant. Il bafoue ses quatre principes fondamentaux : la « non-discrimination » (traitement différencié des genres), « l’intérêt supérieur de l’enfant » (bafoué par celui des parents et de la communauté), « le droit de vivre, survivre, se développer » (ce dernier gravement menacé) et « le respect des opinions de l’enfant » (qui ne se limitent pas à être le clone de leur mère).

Le voilement précoce enfreint plusieurs droits de l’enfant, tels : « Le droit d’être protégé des maladies, (…), le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance (…), le droit d’être protégé contre toutes formes de discrimination, le droit de jouer et d’avoir des loisirs, le droit à la liberté d’information, d’expression et de participation ».

L’imposition du port du voile bafoue surtout le droit de l’enfant de décider de son propre devenir et le compromet gravement, Le voile n’est pas un simple ornement vestimentaire, mais l’imposition d’un véritable style de vie, qui implique un mode d’existence singulier.

Obliger des fillettes à se voiler, c’est aussi les condamner de facto à ne jamais quitter la religion musulmane. Le devoir des parents est, certes, de transmettre les valeurs ancestrales à leurs enfants mais en forgeant leur esprit critique afin qu’ils y adhèrent volontairement, en connaissance de cause et en toute liberté, et non par soumission craintive.

Le devoir du parent est de préparer un futur adulte libre et responsable

CONTRE LA SOCIETE DES OMBRES

Altération physique, psychique, cognitive et sociale, mais également véritable culture de l’intolérance que promeut le projet de société préconisé par les voileurs de fillettes. C’est la perpétuation de la guerre des sexes.

Il faut condamner ces pratiques d’un autre âge où les fillettes n’avaient même pas le droit de vivre ; certains se résignent aujourd’hui à leur accorder l’unique privilège de survivre à seule fin de les reproduire, eux, ces hommes qui ont en partage la haine des femmes, acharnés à les éliminer, au moins de leur vue, dans un monde clos, codifié selon des règles purement arbitraires.

Les priver de vie sociale, les assigner au rôle d’objet sexuel, évoluant en marge de la société, sans autre fonction que celles de la reproduction et du nourrissage. Quelle place pourra prendre, dans son milieu social, une « citoyenne » qui a été amputée de son enfance, de sa confiance en soi et en l’autre et de toute compétence sociale. La communauté qui se revendique de cette lecture islamique « innovante » exclut la « moitié du Ciel » de son appartenance à l’humanité.

Ce sont les mères qui voilent ici leurs filles comme elles les excisent là.

Une mère voilée et sacralisée en tant que telle ne peut que concourir au maintien de ce désordre établi. Et à l’avènement d’une société clivée où les femmes ne seraient que des ombres mais jamais des sujets. Une société non démocratique.

Docteure Saïda Douki Dedieu, professeure émérite de psychiatrie à la Faculté de médecine de Tunis, ancienne professeure associée de psychiatrie à l’Université Claude Bernard de Lyon, présidente de la Fédération des psychiatres arabes de 2001 à 2008

Docteure Hager Karray, psychiatre, psychanalyste, praticienne hospitalière au CHS de Chambéry (France),

Michèle Vianès, Présidente de Regards de Femmes, essayiste

Voici le lien pour écouter l’émission.  Un auditeur (vers la 35ème  minute) a confirmé que le voilement des fillettes  pré-pubères n’était pas une prescription religieuse mais que des parents voilaient leur fillettes pour les préparer à porter le voile toute leur vie. Comme dressage, difficile de faire mieux.

 

 

 

 


Le voilement des fillettes risque majeur pour leur développement et leur santé

 

Regards de femmes dénonce la maltraitance par personne ayant autorité à l’égard des fillettes affublées du voile islamique. Le voilement des fillettes est un risque majeur pour leur développement cognitif et social et leur santé psychique et physique

Dans les espaces publics, en France et pas seulement dans les théocraties musulmanes, on peut voir des fillettes pré-pubères entièrement enveloppées dans de sombres voiles.

L’indifférence sociétale est inacceptable vis-à-vis de cette maltraitance.

Pourquoi la société française obéirait-elle aux préceptes d’imams qui préconisent le voilement intégral dès le plus jeune âge, voire dès la naissance afin de protéger l’enfant de la convoitise sexuelle des hommes : « Les parents d'une fillette doivent lui couvrir le visage et lui imposer le voile (…) pour ne pas tenter les pervers » (Abdallah Daoud[1]).

Pourquoi la prévention des abus sexuels passerait par la seule occultation de la « proie » plutôt que par l’éducation et la sanction des prédateurs ? Les fillettes n’ont pas à se cacher dans l’espace public sous le prétexte qu’elles seraient une tentation pour des prédateurs masculins à qui l’interdit des violences envers les filles n’a jamais été posé

D’autre part, si une fillette sur cinq est, en moyenne, victime d’agressions sexuelles, un garçonnet sur 13 l’est aussi (OMS, 2016). Alors, pourquoi ne pas voiler les petits garçons également ?

C’est que, par-delà l’évidente discrimination,  il s’agit surtout de familiariser avec le voile, habituer la future femme à se voiler, car elle est destinée à le rester, pour le restant de ses jours. Le voile n’a donc pas pour seule fonction de la protéger de la « convoitise » masculine, mais de l’assigner à sa seule condition d’objet sexuel et de reproductrice, puisqu’il lui est permis de l’ôter après la ménopause.

MALTRAITANCE SELON L’ENJEU SANITAIRE ET SOCIAL 

Pour l’OMS, la maltraitance à enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir.

La santé est définie « comme un état de complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ».

Or, le voilement des fillettes compromet la santé dans ces trois composantes, puisqu’il intervient à une étape cruciale du développement physique, affectif, psychologique, cognitif et relationnel. L'enfance est une période d'intenses changements qui affectent le développement physique (et les habiletés motrices), le cerveau, la cognition (mémoire, raisonnement, compréhension du monde etc.), le langage et la capacité à communiquer, les apprentissages, les émotions et leur gestion, les relations sociales, la santé en général.

Santé physique

Parmi les conséquences délétères du port du voile concernant la santé physique, la carence en vitamine D est  constatée chez les femmes. C’est dire si le voilement des fillettes leur fait courir un risque majeur, à ce stade de développement staturo-pondéral : retard de croissance, diminution des défenses immunitaires, hypotonie musculaire, convulsions hypocalcémiques, etc.

A noter également la perte de cheveux. Asphyxiés par la contention des heures durant, les cheveux finissent par dépérir et tomber. Or, la chevelure n’est pas un simple ornement mais a des fonctions vitales d’écran contre les agressions externes et de régulateur de la température à la surface du crâne.

 

Santé mentale

Sur le plan psychique, le voile qui a pour objet déclaré de protéger les femmes de la concupiscence des hommes ou les hommes de la tentation sexuelle, aboutit à réduire tout le corps de la fillette à son seul sexe anatomique, à un âge où elle ne peut assumer psychologiquement ce trop-plein de sexualité.

Les promoteurs du voile l’opposent à « l’hypersexualisation » des fillettes « occidentales », exhibées dans des concours de beauté. Mais qu’est donc le voile sinon un marqueur indélébile de la sexualisation du corps ? Ou plus exactement de l’objectivation sexuelle de l’enfant, amputée de tout autre attribut que son corps ou plutôt son sexe.

La préconisation du voile pour la petite fille présuppose une perception sexualisée, voire génitalisée, de l'adulte masculin à l'endroit de son corps et de son sexe

Le voile enferme dès lors la fillette dans une double contrainte : il les « adultifie » en tant qu’être sexué (ne faisant aucune différence entre sexualité infantile et adulte) et il les « infantilise» en tant qu’être humain. Comme souvent, la seule issue est le refuge dans la maladie mentale. C’est le cri d’alarme poussé par Dr Aslem Lazaar Selimi, (6 avril 2016) :

« Il faut sauver les petites filles. Je suis psy à l’hôpital de Nabeul (Tunisie), et tous les jours, des médecins m’adressent des petites filles voilées, pour «troubles psychogènes » !!! Facile pour moi d’identifier l’origine de ces troubles, pas besoin d’être psy pour comprendre qu’un voile, ça voile! »

Le bien-être social

Comment ouvrir le champ des possibles des fillettes alors que le voile implique des restrictions à sa liberté de déplacement (entravant les activités exploratoires nécessaires à sa découverte du monde), à sa curiosité naturelle (nécessaire à son développement intellectuel), à ses activités ludiques, artistiques (musique, dessin, théâtre, etc.), sportives et bien entendu à ses contacts humains. Voiler la tête, c’est entraver la liberté et la pensée.

Le développement cognitif et psycho-affectif est bien freiné, faute de stimulation intellectuelle et affective. Faute surtout d’introduction de l’altérité. Comment s’ouvrir à l’autre différent, qui seul peut vous enrichir ? Quelle culture de l’intolérance prône-t-on ? Quelles relations à l’autre prépare-t-on ?

C’est dire que le voile bride toute volonté et tout potentiel d’épanouissement chez la petite fille, toute ambition toute prétention à être l’égale de ses frères, et lui trace un seul destin : celui de reproductrice d’une gent masculine et des valeurs patriarcales et machistes.

Le voile est une entrave absolue au développement relationnel. Il exclut, en effet, d’emblée la moitié mâle de l’humanité et de même les non-musulmanes ou les musulmanes ne le portant pas. Il enferme très tôt l’enfant dans un monde clos évocateur des gynécées d’antan.

MALTRAITANCE SELON LES DROITS DE L’ENFANT 

L’imposition du port du voile à une enfant est une maltraitance qui doit être signalée aux autorités compétentes.

L’Association tunisienne des droits de l’enfant a dénoncé le voilement des petites filles comme « un crime contre l’enfance » (janvier 2013).

En effet, le voilement précoce contrevient à toutes les dispositions de la Convention relative aux droits de l’enfant. Il bafoue ses quatre principes fondamentaux : la « non-discrimination » (traitement différencié des genres), « l’intérêt supérieur de l’enfant » (bafoué par celui des parents et de la communauté), « le droit de vivre, survivre, se développer » (ce dernier gravement menacé) et « le respect des opinions de l’enfant » (qui ne se limitent pas à être le clone de leur mère).

Le voilement précoce enfreint plusieurs droits de l’enfant, tels : « Le droit d’être protégé des maladies, (…), le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance (…), le droit d’être protégé contre toutes formes de discrimination, le droit de jouer et d’avoir des loisirs, le droit à la liberté d’information, d’expression et de participation ».

L’imposition du port du voile bafoue surtout le droit de l’enfant de décider de son propre devenir et le compromet gravement, Le voile n’est pas un simple ornement vestimentaire, mais l’imposition d’un véritable style de vie, qui implique un mode d’existence singulier.

Obliger des fillettes à se voiler, c’est aussi les condamner de facto à ne jamais quitter la religion musulmane. Le devoir des parents est, certes, de transmettre les valeurs ancestrales à leurs enfants mais en forgeant leur esprit critique afin qu’ils y adhèrent volontairement, en connaissance de cause et en toute liberté, et non par soumission craintive.

Le devoir du parent est de préparer un futur adulte libre et responsable

CONTRE LA SOCIETE DES OMBRES

Altération physique, psychique, cognitive et sociale, mais également véritable culture de l’intolérance que promeut le projet de société préconisé par les voileurs de fillettes. C’est la perpétuation de la guerre des sexes.

Il faut condamner ces pratiques d’un autre âge où les fillettes n’avaient même pas le droit de vivre ; certains se résignent aujourd’hui à leur accorder l’unique privilège de survivre à seule fin de les reproduire, eux, ces hommes qui ont en partage la haine des femmes, acharnés à les éliminer, au moins de leur vue, dans un monde clos, codifié selon des règles purement arbitraires.

Les priver de vie sociale, les assigner au rôle d’objet sexuel, évoluant en marge de la société, sans autre fonction que celles de la reproduction et du nourrissage. Quelle place pourra prendre, dans son milieu social, une « citoyenne » qui a été amputée de son enfance, de sa confiance en soi et en l’autre et de toute compétence sociale. La communauté qui se revendique de cette lecture islamique « innovante » exclut la « moitié du Ciel » de son appartenance à l’humanité.

Ce sont les mères qui voilent ici leurs filles comme elles les excisent là.

Une mère voilée et sacralisée en tant que telle ne peut que concourir au maintien de ce désordre établi. Et à l’avènement d’une société clivée où les femmes ne seraient que des ombres mais jamais des sujets. Une société non démocratique.

Docteure Saïda Douki Dedieu, professeure émérite de psychiatrie à la Faculté de médecine de Tunis, ancienne professeure associée de psychiatrie à l’Université Claude Bernard de Lyon, présidente de la Fédération des psychiatres arabes de 2001 à 2008

Docteure Hager Karray, psychiatre, psychanalyste, praticienne hospitalière au CHS de Chambéry (France),

Michèle Vianès, Présidente de Regards de Femmes, essayiste

Voici le lien pour écouter l’émission.  Un auditeur (vers la 35ème  minute) a confirmé que le voilement des fillettes  pré-pubères n’était pas une prescription religieuse mais que des parents voilaient leur fillettes pour les préparer à porter le voile toute leur vie. Comme dressage, difficile de faire mieux.

 

 

 

 


[1] Un imam saoudien veut voiler intégralement les bébés filles. http://oumma.com/15673/un-imam-saoudien-veut-voiler-integralement-bebes-fille, 4 février 2013.

[1] Un imam saoudien veut voiler intégralement les bébés filles. http://oumma.com/15673/un-imam-saoudien-veut-voiler-integralement-bebes-fille, 4 février 2013.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 14:13
 
 
 
Hémicycle du Sénat © Sénat

Les sénateurs se pencheront ce vendredi sur l’instauration d’une peine d’inéligibilité pour les personnes condamnées pour violences. Une mesure que les députés avaient rejetée en juillet dernier. « Exemplarité », chiche ?


 

« Comment un responsable de violences contre une femme peut-il devenir ministre ? ». La question posée mardi 11 octobre par Isabelle Attard à propos de Jean-Michel Baylet appelle une réponse simple : parce que rien ne l’en empêche.

La députée rappelait une ancienne accusation de violences physiques portée par une collaboratrice de celui qui était alors sénateur. Un homme qui a violemment frappé une femme peut-il représenter la République ? Plus qu’une question appelant une réponse, c’est un débat moral qu’a (re)lancé Isabelle Attard. Moral, car judiciairement Jean-Michel Baylet est blanc comme neige. L’affaire a été classée.

Le débat ne peut donc se placer que sur le plan de l’éthique. Et au nom de « l’État exemplaire » prôné par François Hollande. La députée a beau jeu de rappeler également ce que lançait le chef de l’État le 8 mars dernier : « La lutte contre les violences faites aux femmes est une exigence, pas une priorité, c’est une exigence ».

Question d’exigence purement éthique, dans le cas de Jean-Michel Baylet… comme dans n’importe quel cas, d’ailleurs. La loi n’impose en rien l’exemplarité d’un élu, et les parlementaires ne semblent pas avoir l’intention de la changer.

Sentiment d’impunité

L’intervention d’Isabelle Attard était d’ailleurs parfaitement raccord avec le calendrier parlementaire. Car les sénateurs examinent en ce moment la loi Égalité et Citoyenneté. Et, dans ce cadre, vont avoir à statuer sur des amendements visant à rendre obligatoire une peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour violences ou agressions sexuelles. Une mesure réclamée de longue date par l’association des Élu.e.s contre les violences faites aux femmes.

Pour les auteur.e.s de ces amendements, quelques centristes d’une part, une poignée de socialistes d’autre part, le groupe écologiste enfin, c’est le « devoir d’exemplarité » des élus qui justifie une telle peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour violences. « L’ampleur des violences, notamment sexuelles, et le sentiment d’impunité de beaucoup de leurs auteurs est inacceptable. Il est important que cela soit réaffirmé », soulignent les auteur.e.s de l’amendement version PS.

Alors, les sénateurs seront-ils sensibles à cette « exigence » ? Réponse ce vendredi 14 octobre au matin, quand reprendra l’examen du texte. Mais il y a fort à parier que la mesure sera rejetée. Comme un amendement similaire l’avait été, en juillet, à l’Assemblée nationale, ce qui avait d’ailleurs fait grincer bien des dents. Au Sénat, la commission spéciale a déjà rendu un avis défavorable sur ces amendements.

Principale raison invoquée, dans les deux chambres : le risque d’inconstitutionnalité. Un risque qui n’a rien d’évident, et qu’il ne coûte rien de prendre ; par le passé, les parlementaires ont déjà voté à maintes reprises, sans s’embarrasser de tels scrupules, des dispositions courant le risque d’être inconstitutionnelles. Mais, après tout, il ne s’agit ici que de se montrer exemplaires.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 20:49

Communiqué de presse du 22 septembre 2016

Le HCE appelle à une réaction forte des dirigeant.e.s et autorités Européennes
contre l’interdiction totale du droit à l’avortement en Pologne

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes s’inquiète de voir le Parlement polonais en passe d’adopter une loi interdisant totalement l’avortement – même en cas de viol ou d’inceste - qui exposerait les femmes et adolescentes, comme les médecins et personnels soignants, à une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.

Le HCE condamne avec la plus grande fermeté cette proposition de loi liberticide et réactionnaire, contraire aux droits humains et, au premier chef, aux droits des femmes, qui aurait pour effet de priver les femmes polonaises du droit à disposer librement de leur corps et à décider de leur propre vie, à commencer par le choix du nombre de leurs enfants et de l’espacement de leurs naissances. L’autonomie des femmes repose sur la maîtrise individuelle de leur fécondité.

Les lois interdisant l’avortement pour enfermer les femmes dans un rôle de reproductrices, répondant aux injonctions des autorités, des églises ou de la domination masculine, renvoient à des périodes autoritaires et sombres en Europe. Décidément, les droits des femmes sont les premiers droits humains bafoués, le sort qui leur est réservé constituant un véritable baromètre de la démocratie.

Cette violation de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes polonaises contreviendrait aux obligations internationales librement consenties par la République de Pologne, et notamment :

  • La Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’encontre des Femmes de 1979
  • La déclaration et le Programme d’Action de la Conférence de Pékin de 1995 qui met en évidence « la nécessité d’éviter les avortements non sécurisés et leurs complications pour les femmes »
  • La Convention européenne des Droits humains : la Cour de Strasbourg a déjà sanctionné la violation par la Pologne de l’article 3 sur le Droit à la vie et de l’article 8 sur le Droit au respect de la vie privée et familiale.

Cette régression des droits des femmes dans l’un des Etats-membres de l’Union européenne est inacceptable. Le HCE appelle les Etats-membres de l’Union européenne, comme les Présidents du Conseil, de la Commission et du Parlement européens à réagir avec la plus grande fermeté. Parce qu’il doit être garanti par les institutions européennes pour toutes les femmes, le droit à l’avortement doit être inscrit dans la Charte européenne des droits fondamentaux.

Le Haut Conseil à l'Egalité (HCE) est l'instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l'égalité des sexes. Créé en 2013, le HCE est composé de 72 membres représentant la diversité des acteurs et actrices des politiques d'égalité femmes-hommes. Le HCE apporte son expertise aux pouvoirs publics et mobilise la société à partir de son travail de concertation, d'évaluation des politiques publiques, de formulation de recommandations, et d'animation du débat public.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:24

À la tête des académies, 15 femmes et 15 hommes. C’est une première en plus de 200 ans. Le ministère se félicite d’avoir anticipé la loi sur les nominations équilibrées.

Pour la première fois depuis la création des académies, en 1808, la France compte autant de rectrices que de recteurs. Après de nouvelles nominations intervenues mercredi 14 septembre en Conseil des ministres, deux rectrices supplémentaires prendront leurs fonctions à la tête d’académies début octobre.

Voilà la parité atteinte, avec « 15 rectrices et 15 recteurs à la tête des 30 académies, contre 9 rectrices et 21 recteurs avant le début du quinquennat. La parité est également assurée en ce qui concerne les vice-recteurs », précise dans un communiqué le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

« Ces nominations participent du mouvement de féminisation de l’encadrement supérieur (…) pour lequel la ministre Najat Vallaud-Belkacem a mobilisé son administration pour tenir les objectifs fixés par la loi du 12 mars 2012, modifiée par la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes », souligne le ministère.

La loi sur les nominations équilibrées dans la haute fonction publique adoptée le 12 mars 2012 impose que ces nominations concernent chaque année au moins 40% de personnes de l’un ou l’autre sexe à partir de 2018 (une échéance que la loi pour l’égalité réeelle a ramenée à 2017). Outre les recteurs/rectrices, plus de 4 000 postes de hauts fonctionnaires sont concernés.

Le ministère entendait « atteindre par anticipation » ces objectifs fixés par la loi en 2012. Ses services ont mené « une politique des ressources humaines globale pour mieux promouvoir les perspectives de carrière des femmes et leur accès aux postes d’encadrement. Une démarche de revue de l’encadrement a été engagée pour disposer d’une connaissance plus approfondie des viviers de recrutement. »

« Cette politique pour l’égalité entre les femmes et les hommes concerne également le secteur de l’enseignement supérieur et la recherche », ajoute le ministère. Najat-Vallaud Belkacem conclut justement mercredi 14 septembre la 9e conférence européenne sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’enseignement supérieur et la recherche, qui se tient au Collège de France à Paris.

Mais dans ce secteur la France est encore un mauvais élève européen. La ministre l’admettait d’ailleurs en avril 2015 : « Nous ne pouvons pas nous résoudre à ce qu’avec seulement 6,5% de femmes dirigeantes dans le supérieur, soit moitié moins que dans les autres pays de l’Union européenne, la France soit en fin de classement en matière d’accès des femmes aux responsabilités. »

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:22

Elles l’appellent la technique de « l’amplification ». Une femme émet une idée, ses collègues féminines la reprennent pour lui apporter du crédit. Voilà l’astuce dont usent les femmes de l’équipe de Barack Obama lors de réunions. Et cela semble bien fonctionner.

Comment s’imposer en réunion lorsqu’on est une femme ? La journaliste Juliet Eilperin du Washington Post a posé la question aux femmes travaillant à la Maison Blanche auprès de Barack Obama. « Quand elles sont arrivées, leur voix étaient parfois ignorées », rapporte la journaliste. Lors du premier mandat de Barack Obama, les hommes représentaient deux tiers de son personnel et de ses conseillers principaux. Pas facile pour les femmes, minoritaires, de se faire entendre.

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 09:39

« Où est l’argent pour les droits des femmes ? » C’est le titre d’un rapport qui doit être présenté ce jeudi. Il souligne la piètre contribution de l’Etat français à la cause, tant au niveau national qu’international. Et recommande d’augmenter sérieusement ces budgets.

Mais pour défendre les droits des femmes, il faudrait aussi cesser de financer des activités qui alimentent le sexisme.

Comment sont financés les films recalés au test de Bechdel qui entretiennent la culture de la domination masculine ? ( Voir : Cinéma : mieux vaut être un homme pour faire financer son film). Même question pour les séries, les jeux vidéos, le théâtre, les expos de peintres hommes et tout ce que les artistes peuvent produire. Combien d’argent public pour ces œuvres disant en creux qu’un grand auteur est forcément un homme et diffusant des clichés sexistes ?

Combien d’argent public est affecté par les municipalités à des clubs sportifs ne comptant quasiment que des licenciés hommes ? Combien de garçons, combien de filles dans les skateparks financés par les villes ? L’espace public est beaucoup plus occupé par les hommes que par les femmes, les femmes s’y sentent moins en sécurité... il serait temps de regarder si la distribution des deniers publics n’y serait pas pour quelque chose. (Voir aussi notre colloque "le sexe de la ville")

Comment sont financés les livres scolaires qui diffusent leur dose de clichés sexistes ?

Quid des syndicats qui se soucient comme d’une guigne d’égalité professionnelle et discutent avec vigueur les règles sur la pénibilité du travail seulement quand ce travail est masculin ? Quid des aides diverses aux entreprises, qui atterrissent très peu dans des poches d’entrepreneures ? (Voir aussi notre colloque "le sexe de l'économie")

Et les médias d’information… Depuis plus de 20 ans, les études du GMMP montrent avec une constance déconcertante qu’ils entretiennent et renforcent les stéréotypes de sexe. Ces médias sont partiellement financés par des deniers publics sans que des critères d’égalité des sexes ne viennent conditionner ces aides. Même le quotidien sportif L’Equipe dont la surface éditoriale parle d’hommes à plus de 90 % reçoit ces aides sans difficulté.

Et surtout, ces médias distribuent le pouvoir de la parole, celui qui permet de hiérarchiser les priorités politiques. Pourquoi lutter contre les violences faites aux femmes si ces violences sont le plus souvent présentées comme du dépit amoureux ou un acte sexuel que la victime a bien cherché ? Pourquoi vouloir davantage de femmes au pouvoir si ceux qui prennent la parole laissent penser qu’il n’y a aucun problème de ce côté-là ? La liberté d’expression a un coût et celles et ceux qui donnent à voir les inégalités entre hommes et femmes n’ont pas les moyens de cette liberté.

Voilà deux ans, un rapport du Haut conseil à l’égalité préconisait l’éga-conditionnalité dans l’attribution des fonds publics. Pas de bras, pas de chocolat ; pas de parité, pas de fonds publics. Il aurait fallu développer et amplifier une première mesure inscrite dans la loi du 4 août 2014 : les communes de plus de 20 000 habitants doivent réaliser des rapports annuels d’égalité femmes-hommes préalables à des mesures de rééquilibrage. A ce jour 70% des communes concernées n’auraient pas ébauché le début du commencement de ces rapports….

NOUVELLES NEWS;

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 11:06

Lundi 22 Août « Et qui va faire la vaisselle, on fait des manifestations » Travail salarié, travail domestique

Avec Michelle Perrot, Patric Jean, Rachel Silvera, La Barbe, Femmes en lutte 93, Prenons la Une et Bas les pattes, Les animatrices du projet Egalicrêche à Toulouse.

Mardi 23 Août « Nos corps, nos choix » IVG et maternité

Avec Marie-Laure Brival, Marion Charpenel,Anne-Cécile Maylfert, Marie Hélène Lahaye, Lucille Ruault, Diane Roman et Delphine Lance, Les filles des 343, Le planning familial de Toulouse, Des militantes du planning contre les violences obstétricales, Une future mère porteuse

Mercredi 24 Août « Quand c’est non, c’est non » Les violences faites aux femmes

AvecClémentine Autain, Christelle Hamel, Nacira Guénif Souleyma, Suzy Rotman, La compagnie des cents culottes, Anaïs Bourdet, du Tumblr « Paye ta shnek », Les membres du collectif féministes contre le cyber harcèlement

Jeudi 25 Août « Nos désirs font désordre » Sexe, genre et sexualités

Avec Natacha Chetcuti-Osorovitz, Les dégommeuses, Fières, L’association Griselidis et le mouvement du Nid à Toulouse, Une conseillère conjugale du centre de planification de Mirepoix

Vendredi 26 Août « Ne nous libérez pas, on s’en charge » Vers un féminisme post-colonial

Avec Christine Delphy, Caroline De Haas, Maboula Soumahoro, Hanane Karimi, Christine le Doaré, Amandine, Many et Sharone, afroféministes, Nargesse et Hawa, féministes voilées, Le collectif féministes intersectionnel contre le cyber harcèlement.

Réécoutable et podcastable

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 21:48

jeudi 11 août 2016 15:36

Des sportives définies par leur mari ou par leur physique… Les Jeux olympiques de Rio ne sont pas exempts de titres ou commentaires sexistes. En voici un concentré, que vous êtes invité.e.s à enrichir – cet article sera régulièrement mis à jour.

Dans les médias, qui montera sur le podium du sexisme à Rio ? Une toute récente étude menée par des chercheur.e.s de l’université de Cambridge sur un large échantillon d’articles de presse, relevait que les sportives sont bien plus associées que les sportifs à leur statut marital et leur apparence physique, et moins à leurs résultats. Aux Jeux olympiques de Rio, les commentaires et les titres de presse en donnent jour après jour des exemples précis. En voici une liste non-exhaustive, mise à jour jusqu’à la fin des JO :

Elles ont beau être des athlètes performantes, elles n’en sont pas moins parfois définies en fonctions d’hommes, qui représentent l’exemple à suivre.

En France, L’Equipe juge ainsi en titre, mercredi 10 août, que la judokate Clarisse Abegnenou (médaille d’argent) « peut devenir Riner au féminin », référence au champion Teddy Riner. (Signalé par une lectrice)

Tandis que la triple médaillée d’or en natation Katie Ledecky ne parvient pas à se défaire du surnom de « Phelps au féminin » (qui lui accole par exemple en France Le Figaro, ou en version anglophone (« female Michael Phelps »), le Daily Mail.

Pire encore, les sportives peuvent même disparaître derrière un homme, qui récupère les lauriers.

Ainsi, le commentateur de la chaîne états-unienne NBC, Dan Hicks, faisait du mari et entraîneur de la nageuse Hongroise Katinka Hosszú le « responsable » de la victoire de la championne sur 400m quatre nages individuel (elle a depuis ajouté deux autres médailles d’or à son palmarès). Après avoir tenté de s’expliquer, Dan Hicks a finalement présenté ses excuses à la nageuse.

Autre exemple, ce titre d’un journal de Chicago qui titrait le 7 août : « Corey Cogdell, la femme du défenseur des Chicago Bears [equipe de football américain] Mitch Unrein, remporte une médaille de bronze ». Son nom disparaît même dans le tweet du journal :

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 21:41

L’association Femmes SDF, créée en 2000 à Lyon, s’est constituée autour des questions que pose l’existence des femmes SDF. Quelle histoire personnelle les a conduites dans cette situation ? L’errance féminine est-elle identique à l’errance masculine ?… L’association a pour objectif de faire changer le regard de la société sur ces femmes, et de faire changer le regard que ces femmes portent sur elles-mêmes. L’originalité du travail mené par l’association est aussi d’impliquer les femmes concernées et de s’appuyer sur leur parole et leur vécu. En décembre 2004, le Local des femmes SDF a ouvert ses portes. Maïwen Abjean, directrice de l’association présente le Local.

Quels sont les principes de fonctionnement du Local ?

Le Local des femmes a été inventé, dans un entre-deux, hors de la rue et en amont de l’insertion, pour permettre à ces femmes avec le temps de rompre avec l’errance. Trois permanences d’accueil permettent aux femmes de venir se poser dans la journée, de s’accorder du bien-être, dans l’anonymat et la sécurité. C’est un espace protégé qui prend en compte la personne dans sa globalité et redonne sa place à un corps particulièrement mis à mal, agressé, violenté.

Ce lieu leur offre plusieurs possibilités de renouer au bien-être et aux soins : la douche, le bain, une chambre avec de bons lits, les crèmes, le maquillage. Elles peuvent « poser leur corps de femme », s’abandonner et se sentir peu à peu en paix. Elles peuvent prendre du temps pour elles. Elles peuvent se stabiliser en étant bien dans leur peau. Elles peuvent « raconter leurs cicatrices » , « dire les ampoules aux pieds », parler de leurs maux.
Elles vont ainsi renouer avec leur corps, avec leur intimité, avec elles mêmes : changer le regard qu’elles ont sur elles-mêmes, retrouver confiance en elles.

Ce lieu est aussi un premier point d’ancrage. Elles sont « en mille morceaux », c’est l’essence même de l’errance. Avec le temps, au Local, la personne se rassemble. Aller vers un lieu qui existe, s’y autoriser une pause, c’est sortir du circuit de la rue, de l’errance et de leur enfermement. C’est risquer des rencontres, la confrontation avec un monde autre que la rue.

Ces temps de pause leur offrent l’opportunité de se reconnecter aux gestes de la vie ordinaire, tels que choisir ce que l’on veut manger, le préparer ensemble, manger sur une table, mettre la table, prendre des habitudes lors de leur passage… Tous ces petits riens de la vie ordinaire qu’elles retrouvent en ce lieu, sont des premiers pas vers la réémergence du désir. Retrouver le désir, le partager avec d’autres, c’est à nouveau se sentir exister au milieu des autres.

Ce Local des femmes est enfin un lieu d’accompagnement individuel et collectif. Les femmes qui le souhaitent peuvent solliciter le soutien de l’équipe pour être accompagnées dans leurs démarches (logement, administratif, santé, juridique, lien familial…) Le rôle du Local des femmes est alors de faciliter, de mettre en lien, de donner accès, de rassurer, d’accompagner, de contenir, pour que ces femmes puissent avoir accès à leurs droits et les exercer.

Les femmes qui le souhaitent sont également accompagnées collectivement, pour prendre une place, participer, s’impliquer dans des projets.

Quelles sont les différences par rapport à un accueil pour hommes SDF ?

L’association est fondée sur la reconnaissance et la prise en compte des spécificités du vécu des femmes en errance :

– Conditions de survie : corps abîmé et oublié, contraintes liées à l’hygiène, problèmes de santé spécifiques.

– Stratégies de protection : invisibilité (se cacher), masculinisation, protection d’un compagnon / d’un groupe / d’un chien, perte de son identité sexuée.

– Violences spécifiques : relations hommes/femmes primaires (espace public majoritairement masculin), violences conjugales, agressions dont agressions sexuelles, prostitution de survie…

– Honte, culpabilité, regard de la société particulièrement culpabilisateur sur les femmes.

Quel est le profil de ces femmes ? Combien de femmes avez-vous reçues depuis l’ouverture du Local ?

A ce jour, près de 900 femmes ont poussé la porte du Local, avec des profils et des parcours très hétérogènes et présentant des problématiques diverses.

Par rapport au logement : situation de vie à la rue (dormant ou ayant dormi dans des lieux non prévus pour l’habitation (rue, squat, tente, voiture, gare…), ou en hébergement chez des tiers en système débrouille et de manière instable, en hébergement d’urgence, en hébergement d’insertion, en logement accompagné, en logement de droit commun.

Par rapport à la situation administrative : femmes seules ou en famille (très souvent familles monoparentales), françaises, ressortissantes de l’Union Européenne et hors UE, en demande d’asile (Congo, Angola…), en demande de titre de séjour, sans-papiers…

Par rapport aux ressources financières : grande précarité matérielle, bénéficiaires des minimas sociaux, très petites retraites, absence totale de ressources financières, manche, non-recours aux droits sociaux.

Par rapport à la santé : problématique omniprésente de santé physique et/ou mentale, grande souffrance psychique, suivis psychiatriques fréquents, nombreuses hospitalisations, difficultés d’accès aux droits et aux soins, problématique d’addictions, non-recours aux soins.

Par rapport au lien social et familial : pauvreté/rupture des liens familiaux, isolement, ruptures multiples de liens sociaux, souvent histoires de placement.

Par rapport à la citoyenneté : peu accès à la parole et à l’expression, en marge des dispositifs de participation citoyenne, pas de participation à l’action collective et sociale.

Il est à noter que ces femmes sont de tout âge (de 18 à 80 ans), et que 50% ont moins de 40 ans ; qu’elles sont de plus en plus en situation d’errance avec leurs enfants ; qu’elles peuvent être accompagnées d’animaux. Ces femmes cumulent très souvent plusieurs de ces difficultés, et ce de manière persistante.

Toutes vivent une forte souffrance intérieure et répètent des situations d’échecs et de violences très dures, elles sont dans un cycle dont elles ont beaucoup de mal à sortir. Beaucoup d’entre elles ont un lourd passé vécu dans la famille ou ailleurs.

Depuis l’ouverture du Local, nous avons eu plus de 15 000 passages. Certaines viennent très régulièrement, d’autres viennent plus épisodiquement mais gardent tout de même un lien privilégié avec l’association, certaines viennent une fois et on ne les revoit jamais…

L’année 2015

L’année 2015 a marqué une très forte augmentation de la fréquentation par rapport à l’année 2014, qui représentait déjà l’année la plus intense en termes de fréquentation depuis la création de l’accueil de jour.

+30% en nombre de passages.

+40% en nombre de femmes différentes accueillies.

+70% en nombre de nouvelles femmes accueillies.

Mais 2015 fut une année clé de tous points de vue : explosion du nombre de passages et de femmes accueillies au Local, sur-fréquentation des accueils, saturation des services et dispositifs d’accompagnement social, d’hébergement, de santé (accès bloqués, délais particulièrement longs, durcissement des voies d’accès…).

Quelles améliorations observez-vous après leur passage ?

Les évolutions s’effectuent de manière très subtile et progressive, mais profonde.

Tout d’abord, la possibilité de se poser, de prendre soin de soi, de retrouver les rituels de la vie quotidienne, de reprendre « sa » parole, contribue à un mieux-être, à une meilleure santé, au sens global du terme. Avec notre soutien, certaines s’engagent dans des démarches pour accéder aux soins, à un hébergement ou un logement, à une activité professionnelle. Elles finissent par changer de regard sur elles-mêmes et sur les autres femmes ayant des parcours et des vécus très hétérogènes. Des solidarités et des amitiés naissent.

Le fait de participer à la vie du Local (courses, repas, ménage, conseil de vie sociale), aux maraudes avec l’équipe salariée, aux actions de sensibilisation et autres projets de l’association (spectacle, recherche-action sur le lieu de vie) les sociabilise.

Enfin, souvent ces femmes « se rassemblent ». Avec le temps, dans la construction d’un lien même fragile, renouent avec leur histoire, parfois avec leur famille.

Propos recueillis par Caroline Flepp 50-50 magazine

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 10:34

Plein soleil, ambiance festive ce 10 juillet place de la République. Les militant-e-s laïques et féministes commencent à s’attrouper. Les femmes sans voile d’Aubervilliers et de la Brigade des mères déploient paisiblement leurs affichettes et leurs banderoles au pied de la statue de la Liberté sur le socle de pierre gris surchauffé. Les textes sont explicites: “ le voile = inégalité ”, “ voile interdit aux mineures filles ”, » solidarité avec les femmes mortes pour ne pas le porter ”…

Comme chaque année depuis le lancement de la journée internationale “ femmes sans voile ”, le collectif d’Aubervilliers et la Brigade des mères ont tenu leur promesse : malgré l’euphorie de la finale de l’Euro, il fallait se mobiliser pour dénoncer l’emprise chaque jour croissante du voile islamique symbole de l’oppression des femmes. Les associations laïques et féministes ont répondu présentes à l’appel.

Quelque deux cents personnes se pressent au pied de la statue de la Liberté sous un soleil de plomb. Soudain, un petit groupe de jeunes garçons et filles commencent à insulter les organisatrices qui déployaient leurs banderoles, les traitant de “racistes” et les bousculant. Il faut l’intervention des policiers pour éloigner les fauteuses/fauteurs de trouble. Nadia B. du collectif d’Aubervilliers prend la parole en premier, décrivant avec force ce que représente le voile en tant que signe d’inégalité et porte drapeau de l’islam politique. Quant à Nadia R. de la Brigade des mères, elle dénonce les pressions dont sont victimes celles qui osent affirmer leur opposition à l’influence des intégristes au niveau local : la voix étranglée par l’émotion elle indique que ses enfants ont été agressés physiquement. Les responsables des associations solidaires saluent le courage de ces femmes et font le lien avec les combats pour l’universalité des droits des femmes face aux attaques des tenants du relativisme culturel dans les instances internationales.

L’une des revendications principales cette année est l’interdiction du port du voile pour les filles mineures. Avant de chanter l’hymne du Liberté du MLF: Debout femmes esclaves/Et brisons nos entraves : Debout ! debout ! l’une des intervenantes s’est exclamée, sous les applaudissement qu’elle espérait que la grande ferveur qui a accompagné la finale de l’Euro soit aussi celle de tout un pays derrière ses valeurs communes de liberté, égalité, fraternité et laïcité.

Annie Sugier 50/50 Magazine

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Danièle Soubeyrand-Géry - dans Femmes
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